Un corps massacré est découvert dans un immeuble délabré. Non identifiable. On peut juste constater que c'est une jeune fille. Détail macabre, la main droite a été coupée. Le travail est propre, le tueur s'y connaissait. L'éq... > voir plus
A Paris, la brigade criminelle, rue des Orfèvres, est sur les dents : un cadavre de femme en état de décomposition avancée est retrouvé dans un immeuble sordide, la main droite tranchée. Une équipe, constituée notamment des inspecteurs Rovère, Dimeglio et Dansel et du commissaire Sandoval, enquête. L'affaire est confiée au juge Nadia Lintz qui vient d'emménager dans un nouvel appartement, à proximité de la rue Sainte Marthe où le cadavre a été découvert. Elle se lie avec ses voisins. Un deuxième puis un troisième cadavre sont alors découverts… Le roman s'inscrit d'emblée dans une veine très noire, avec la découverte du premier cadavre et les détails macabres que donne l'auteur. le lecteur en attraperait presque la nausée. Puis le roman devient davantage psychologique, nous décrivant les principaux protagonistes, l'inspecteur Rovère et ses secrets, le juge Nadia Lintz et ses déboires familiaux, Dimeglio et son bilinguisme, … Assez vite, le lecteur devine – quoiqu'il y ait une ambiguïté, et cela donne du suspens au roman – l'identité du meurtrier. Néanmoins, le véritable mobile du tueur ne sera révélé qu'en toute fin de roman, son titre prenant alors tout son sens ; le suspens est ainsi ménagé jusqu'au bout. le lecteur s'attache aux divers personnages, tout en humanité, avec leurs travers et leurs qualités. L'auteur nous dépeint en somme un univers bien sombre, celui de la sphère policière et judiciaire pour lesquelles il dénonce certaines réalités.
Paris, Belleville, de nos jours : une femme est retrouvée morte, la main tranchée au niveau du poignet. Deux autres meurtres selon le même rituel suivront. La jeune Nadia Lintz est nommée juge d'instruction à Paris et cherche un appartement, qu'elle va trouver dans le quartier même des meurtres. L'inspecteur divisionnaire Rovère tâche de trouver l'assassin pendant que son fils est dans le coma. Dans l'arrière-plan, des bandes zonent et agressent les vieux, les prostituées se font trucider pour quelques sous. Chez Jonquet, ça rigole pas. du vrai roman noir, avec une galerie de personnages fouillés et intéressants, ancrés dans une réalité sociale souvent assez sinistre. Si dans le terrifiant Moloch il s'agissait de trafic d'enfant, ici c'est l'ombre de la Shoah qui plane sur le roman, faisant se rejoindre petite et grande histoire.
Connaissez-vous les téléfilms « Boulevard du Palais » sur France 2. Les personnages de Rovère, la juge Nadia Lintz et l'équipe d'enquêteurs... et bien ces personnages ont été tirés du livre Les orpailleurs de Thierry Jonquet. Thierry Jonquet...un maître du polar noir ! Paris, quartier de Belleville, Rue St-Marthe, le cadavre d'une femme vient d'être trouvé par hasard par des pompiers (appelés pour une fuite de gaz dans les environs), dans les combles d'un immeuble voué à être démoli. Visiblement le cadavre est là depuis un moment, une vraie puanteur déjà dans le haut de l'escalier. le corps est en décomposition, recroquevillé le long d'un mur, ruisselant d'insectes divers et enroulé dans un vieux matelas. Pluvinage le médecin légiste, à son arrivée, manipule le corps et découvre la jeune femme. Mains liés derrière le dos, bâillonnée et la main droite tranchée net au niveau du canal carpien. Il s'agit donc d'un meurtre. Peu d'indice, ne serait-ce que pour identifier la jeune femme.
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C'est un modèle de roman policier. Tout y est : intrigue, fausses vraies pistes, écriture nerveuse, style percutant.
En plus l'étude des personnages est remarquable et l'auteur sait nous les rendre proches de nous. Bien plus que les auteurs nordiques actuels
Chapeau bas M. Jonquet
Ce qu'il y a de bien dans ce polar c'est que Thierry Jonquet ne se contente pas de nous décrire des meurtres et des cadavres. Chaque personnage est soigné, décrit assez minutieusement, aussi bien physiquement -mais malgré cela je n'ai vu que les têtes des acteurs incarnant les personnages- que psychiquement. Chacun traîne un passé plus ou moins lourd. Rovère est accro à l'alcool depuis que son fils a eu un accident, Nadia Lintz vient de se séparer de son mari et l'on sent une histoire de famille pas très glorieuse, ... Ils ont tous une vraie épaisseur : on pourrait presque s'attendre à ce qu'ils reviennent dans d'autres romans de Jonquet, ce qui n'a pas l'air d'être le cas. Renseignements pris, merci Dasola, ils sont aussi dans Moloch.
- Je vous préviens, c'est un véritable poème... murmura Dimeglio.
Il tenait sa main plaquée sur le bas de son visage. Son teint, d'ordinaire rubicond, était livide.
- Faites attention en montant, c'est pourri ! ajouta-t-il d'une voix étouffée.
Rovère haussa les épaules et continua seul l'ascension. À partir du troisième, l'escalier était à claire-voie. Penché sur les marches gluantes de crasse humide, il constata que certaines d'entre elles avaient été sciées en leur milieu et laissées ainsi, dans l'espoir évident de piéger les intrus suffisamment imprudents pour se risquer jusque-là (...).
Il choisit une zone vierge de toute piqûre, sur l'avant-bras droit, enfonça l'aiguille puis le piston. Martha sentit une nouvelle vague de bien-être profond l'envahir. Une voix lointaine, très lointaine, s'adressant à elle sans qu'elle puisse discerner à qui elle appartenait. Elle crut être redevenue enfant, bébé : quelqu'un la berçait, la berçait et lui parlait très doucement. Elle répondit d'une voix pâteuse à toutes les questions que la voix lui posait. Puis elle sentit que sa main la chatouillait et elle se mit à rire. Ce n'était pas une chatouille, à présent, mais une brûlure, une sensation de chaleur très agréable, comme celle qui vous prend devant un feu très vif, après un long séjour dans le froid. Ensuite il y eut du rouge, tout autour d'elle, devant ses yeux, une ligne rouge qui ondoyait, ondoyait, se courbait sur elle-même et dessinait un soleil aveuglant, un grand soleil qu'elle voulait contempler, contempler encore. Elle ne le put. Sa tête bascula de côté et elle s'endormit
elle le vit alors délicatement saisir la main, sa main à elle, ce morceau de chair qui ne lui appartenait plus, et la ranger dans un sac de plastique qu'il avait sorti de la poche de son veston. Elle attendait, le visage convulsé par la douleur, par la terreur. Il sortit un second sac de plastique et le lui enfonça sur la tête. Après quoi, il replia le matelas sur elle, et l'abandonna dans l'obscurité du réduit.