ISBN : 202079912X
Éditeur : Editions du Seuil (2005)


Note moyenne : 3.71/5 (sur 31 notes) Ajouter à mes livres

Alain Colmont n’a jamais eu de chance dans la vie, mais s’est toujours courageusement battu contre les coups durs. Son père l’ayant abandonné alors qu’il n’avait que sept ans, il s’est retrouvé seul avec une mère dépressive et incapable de subvenir à ses besoins... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par carre, le 13 avril 2012

    carre
    Alain Colmont n'est pas né sous une bonne étoile. Une enfance marquée par l'abandon du père et la dépression chronique de sa mère. Pourtant, Colmont semble conjurer le mauvais sort, il décroche un job de professeur, puis alors qu'il publie son premier roman, la télévision lui propose de devenir scénariste. Mais le destin s'acharne son épouse disparait et sa fille adorée est victime d'un accident qui la défigure, il décide de lui offrir une chirurgie réparatrice.
    Eté. 2003, quartier de Belleville. Un vieux monsieur déambulant dans la rue est recueilli par la police, souffrant d'Alzheimer, très vite son identité connu, il s'avère être le père d'Alain. Obligé de rembourser les frais ocasionnés par son hospitalisation de deux ans, Colmont sombre dans la précarité et se retrouve dans le monde des SDF et autres accidentés de la vie. Et la mort rôde.
    Jonquet se sert une nouvelle fois, d'une trame policière pour dénoncer un monde ou l'égoisme, le profit et l'individualisme ont remplacé la solidarité et l'humain. Il imbrique chaque récit, pour donner un puzzle saisissant de personnages au bord du gouffre, abandonnés et montrés du doigt comme d'éternels assistés. Un tableau désespérant et implacable, heureusement allégé par une pointe d'humour. Jonquet traquait avec un sens de l'observation aigu une société aveugle de ces lachetés.Glaçant mais terriblement réel,
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Aproposdelivres, le 08 février 2011

    Aproposdelivres
    Dès le début du livre, on fait connaissance avec une galerie de personnages tous plus malchanceux les uns que les autres. Alain Colmont : Son père l'a abandonné à l'âge de 7 ans. Sa mère est devenu dépressive. Il a du travailler très tôt. Il s'est remis tout seul aux études, il a obtenu une licence d'histoire et est devenu professeur. Il écrit un jour un roman qui obtient un petit succès et sera adapté pour la télévision. Il quitte alors l'enseignement pour devenir scénariste pour la télévision. A seize ans, sa fille Cécile Colmont est victime d'un grave accident de scooter, elle sera plongée dans le coma avant de se réveiller défigurée. Jacques Brévart est un jeune aide-soignant dont la vie respire l'ennui, c'est le voisin d'Alain. Daniel Tessandier vit dans une chambre de bonne appartenant à une dame charitable, avec le RMI comme unique objectif, il veut conserver un semblant de vie sociale. Gérard Dancourt (Gégé) et Bernard Signot (Nanard) sont deux clochards de Belleville. Un vieil homme sans mémoire, sans papier atteint de la maladie d'Alzheimer qui végète dans la chambre 29 de l'hôpital Lyautey depuis 36 mois. Mathurin Debion est garçon de salle à l'hôpital Lyautey, il est alcoolique et rêve à son île de la Guadeloupe. Tous ces personnages vont se croiser durant l'été 2003 en région parisienne.
    A travers des descriptions précises où le sens du détail rend le récit vivant, l'auteur crée un univers sombre et sordide où de pauvres gars vont faire basculer leurs vies du mauvais côté. C'est l'histoire réaliste d'un drame social découlant de drames personnels.
    Malgré un sujet difficile, Thierry Jonquet a su magnifiquement construire une histoire qui oscille entre la réalité de la canicule, de la rue, du monde des clochards et des sans-abris et la fiction. Une totale réussite !!!


    Lien : http://aproposdelivres.canalblog.com/archives/2009/09/05/14943053.html
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  • Par lovelyrita, le 02 janvier 2012

    lovelyrita
    Les mots claquent comme les torgnoles reçues par la mère du narrateur. F.O.Giesbert nous parle de ce monstre impitoyable, son père, un père lui-même victime de l'une des plus grandes boucheries du XXème siècle : le débarquement de Normandie. C'est d'ailleurs en Normandie que les parents du narrateur se rencontrent. le mariage sera célébré en 1947 à Chicago. Sa mère devient professeur d'université tandis que son père occupe un poste de sous-fifre dans une grande entreprise, rageant de ne pouvant exercer son unique passion : la peinture. Retour en France et naissance du premier garçon, Franz-Olivier qui sera suivi par deux autres garçons et deux filles....
    Pas de non-dits, le narrateur nous révèle tout : sa mère frappée, les vacances minables dans des campings pourris, ses provocations immédiatement sanctionnées par les claques paternelles, sa croyance en Dieu difficilement compatible avec sa pratique frénétique de l'onanisme.... Sans oublier le viol qu'il subira.
    Un livre poignant, tout en émotion mais sans jamais tomber dans le larmoyant facile.... Sur la fin de sa vie, le père fera un geste envers son aîné, mais sa main qui a tant frappé, restera tendue dans le vide. Non, le fils ne pardonnera jamais les coups, les insultes, les humiliations.... Toute la souffrance endurée, la privation d'amour, il l'exprime dans une phrase aussi simple que terrible : "A la morgue c'est la seule fois que je l'ai embrassé. Des années après, j'ai toujours dans la bouche le goût aigre et sucré de ce baiser". Il n'y a plus rien à ajouter.
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    • Livres 1.00/5
    Par SebastienFritsch, le 03 mai 2012

    SebastienFritsch
    lourd, lent, sans rebondissement, cousu de fil blanc ("Est-ce que je vais faire ce que je dois faire ?", se demande le personnage principal. "Ah ben non !", "Ah ben peut-être !" "Ah ben oui, quand même !" "Ah ben finalement pas !"... Que dire d'autre ?
    Ah, oui : pourquoi ce livre est-il présenté comme une roman noir ? C'est une chronique sociale sur les SDF et sur les conditions de vie dans les maisons de retraite (avec, peu finement amenés, les effets dévastateurs de la canicule de 2003). C'est aussi l'histoire d'un père et de sa fille qui finalement finit bien, mais en queue de poisson (comme le reste du livre), à force de tourner en "Ah ben non !" puis "ah ben si !", puis....
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    • Livres 4.00/5
    Par Apikrus, le 10 juin 2011

    Apikrus
    Alain Colmont, quinquagénaire, a plutôt réussi sa vie, mais divers accidents bouleversent les existences de ses proches et par ricochet la sienne. Alors qu'il cherche des solutions aux difficultés financières qui se profilent, il va croiser des individus soucieux de l'aider, mais aussi des personnes prêtes à profiter de la situation à ses dépens. Parmi eux figurent des marginaux dont Jonquet relate parfaitement le parcours et le cadre de vie. C'est surtout dans cette description et dans celle de l'hôpital qui accueille des vieillards en fin de vie que l'auteur excelle - par sa connaissance de ce milieu d'une part, par son talent narratif d'autre part.
    Un bon roman de Jonquet qui m'a davantage fait penser à l'excellent "Le Bal des débris" qu'à "Comedia" qui m'était tombé des mains...
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Citations et extraits

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  • Par Aproposdelivres, le 08 février 2011

    Il se rendit au guichet d'accueil et, sitôt entré dans le hall où se trouvaient le kiosque à journaux et la cafétéria, il eut un rapide aperçu de ce qui l'attendait. Des vieillards des deux sexes erraient en robe de chambre, aggripés à leur déambulateur. D'autres végétaient sur des bancs, le regard vide et le menton dégoulinant de bave, leur bouche édentée grande ouverte. Sans le moindre signe d'agacement, de révolte. Ils tuaient le temps en attendant que le temps les tue.
    Perdu au milieu d'eux, Alain eut l'impression d'avoir été convoqué pour une figuration dans un clip gore inspiré d'un tableau de Goya. Il lui était souvent arrivé d'effectuer une rapide apparition dans des téléfilms dont il avait signé le scénario, juste pour s'amuser, tantôt chauffeur-livreur, tantôt gendarme, tantôt infirmier. Il sentit un frisson lui parcourir l'échine. Erreur de casting ! L'espace d'un instant, l'envie lui prit de déguerpir au grand galop et d'oublier cette vision de cauchemar.

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  • Par litolff, le 28 avril 2012

    Il descendit les marches des trois derniers étages de l’immeuble en retenant ses larmes. Une nouvelle fois il s’était laissé humilier, et de la pire façon qui soit. Un petit billet glissé en douce, comme les pièces qu’elle devait refiler au curé, à la quête, le dimanche à la fin de la messe. Le coup de grâce. D’un autre côté, comment refuser cinquante euros ? Quasiment le huitième de son RMI !
    Un petit bout de papier qui n’avait aucune importance pour la Letillois, pas plus de valeur qu’un Kleenex qu’elle aurait utilisé pour évacuer une chiure de mouche venue souiller un de ses foutus tapis.
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  • Par litolff, le 28 avril 2012

    La chance – mais en eut-il jamais ? – le quitta dès ses plus jeunes années. On
    pourrait dater le début de sa lente dérive le jour anniversaire de ses cinq ans, à savoir le 26 juin 1962, lorsque son père, ivre mort après avoir sifflé un demi-litre de rhum, lui cingla pour la première fois le dos à coups de ceinture devant ses frères et soeurs épouvantés. La mère avait foutu le camp avec un amant de passage, ceci expliquant cela. La scène se déroula dans le séjour d’un F4 dans une cité-HLM de Sarcelles tout juste jaillie de la boue des chantiers.
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  • Par Spilett, le 11 mai 2010

    Des vieillards des deux sexes erraient en robe de chambre, agrippés à leur déambulateur. D'autres végétaient sur des bancs, le regard vide et le menton dégoulinant de bave, leur bouche édentée grande ouverte. Sans le moindre signe d'agacement, de révolte. Ils tuaient le temps en attendant que le temps les tue.
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Vidéo de Thierry Jonquet

Bande annonce de La Piel que Habito, un film de Pedro Almodóvar avec Antonio Banderas. Adaptation de Mygale, le roman de Thierry Jonquet








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