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Michèle Albaret-Maatsch (Traducteur)
ISBN : 2714445039
Éditeur : Belfond (2010)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 170 notes)
Résumé :
Un amour interdit, une terrible trahison, une agression d’une sauvagerie inouïe dans le Mississippi des années 1940. Dans la lignée d’un Faulkner, un roman d’une puissance étonnante qui nous plonge dans la brutalité et les contradictions du Vieux Sud. Présentation du livre

Lorsqu’elle découvre la ferme que son mari Henry vient d’acquérir, Laura McAllan comprend qu’elle n’y sera jamais heureuse. Pourtant, en épouse et mère dévouée, elle s’efforce d’éle... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
Aela
Aela06 juin 2012
Un roman âpre, dur et qui fait réfléchir..
Le portrait d'une Amérique rurale, sudiste, au sortir de la deuxième guerre.
Racisme, guerre, infidélité, meurtre, "Mississipi" aborde les thèmes les plus sombres.
Nous sommes tenus en haleine par cette épopée famililale marquée par la haine, la jalousie, la rivalité entre deux frères.
C'est un récit à plusieurs voix, où s'entremêlent les récits de Hap, de sa femme Florence, le couple de métayers noirs, de Laura et Henry, les employeurs blancs qui s'installent dans cette région sudiste déshéritée, et enfin Jamie, le frère de Henry et Ronsel, le fils du couple de métayers noirs.
Laura est une jeune femme qui va suivre son mari Henry pour exploiter une ferme dans un coin reculé du Mississipi. Les conditions de vie sont très dures et Laura va manquer cruellement d'attentions de son mari et va tomber progressivement amoureuse de son beau-frère Jamie.
Ronsel est le fils du couple de métayers noirs.
Il a fait la deuxième guerre en Europe et il a connu là-bas une jeune Allemande.
Le retour dans l'univers sudiste marqué par la forte discrimination raciale va être très difficile pour lui, pour ne pas dire fatal.
Le décor est planté.
Une véritable tragédie se déroule sous nos yeux, et tout un pan de l'histoire américaine défile ici, marqué par les affrontements raciaux et les agissements du Ku Klux Klan.
Un très beau récit, noir et réaliste qui nous montre l'autre visage de l'Amérique.
C'est le premier roman de Hillary Jordan, qui a passé sa jeunesse entre le Texas et l'Oklahoma.
Il s'agit ici de son premier roman, inspiré par ses souvenirs d'enfance, et qui s'est vu attribuer le Bellwether Prize; livre acclamé par la critique américaine.
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Myriam3
Myriam320 septembre 2014
  • Livres 4.00/5
Mississippi: on pense bien sûr beauté sauvage, eaux brunes et bouillonnantes d'un fleuve, chaleur et moiteur, champs de coton étincelant au soleil, et aussi ségrégation raciale, esclavagisme, KuKlux Klan, pauvreté.
On retrouve tout cela dans ce roman, ou bien presque. La beauté du pays, elle, n'apparaît aux yeux que d'un seul personnage, Henry, sous le regard ironique de sa femme Laura et de son frère Jamie, qui eux n'ont pas choisi de venir s'installer dans cette vaste étendue boueuse.
Mississippi est le premier roman de Hillary Jordan. Si le sujet est classique - famille de cultivateurs d'un côté, famille noire d'un autre, racisme des Etats du Sud - il n'en est pas moins, encore une fois, traité avec beaucoup de force, de subtilité et je dirais même d'originalité.
Ici la parole est donnée à plusieurs individus à tour de rôle, suivant la chronologie du récit. Aux trois personnages cités plus haut, donc, mais également à Ronsel, un jeune noir revenant, décoré, de la guerre, sa mère Florence, illettrée et sage-femme, et son père Hap, pasteur. Nous sommes dans les années 40, après la guerre dont revient aussi Jamie. Celui-ci et Ronsel ont découvert un monde différent, violent certes, mais également où les noirs peuvent ne serait-ce que danser avec une blanche sans être pendu pour autant. Ici, au Mississippi, s'asseoir à côté d'un blanc, lui parler, est déjà trop.
Dans ce livre, grâce à cette narration à plusieurs voix, on repère vite en qui le racisme reflue par tous les pores de sa peau, et celui ou celle qui remet en question cette ségrégation. Et pourtant, même chez les plus tolérants, une grande part de préjugés persiste, c'est dire à quel point c'est ancré dans leur mentalité.
Hillary Jordan nous donne, sans surprise, un regard choquant et tragique sur cet état, vu avec le recul du vingt et unième siècle. C'est un roman brutal et émouvant qui donne une grande part à la féminité et la sensibilité, ça fait du bien dans ce genre de roman.
Je me suis quand même renseignée, ensuite,et j'ai découvert avec stupeur que le dernier amendement interdisant l'esclavage a finalement été officiellement ratifié en ... 2013, et que le mariage gay proclamé dans un autre état ou pays n'y est pas officiellement reconnu. le Mississippi est également l'état le plus pauvre des Etats-unis.
1er livre de mon Challenge ABC 2014-2015, découvert sur la liste Road Trip USA, de Elo972.
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Didili
Didili24 septembre 2015
  • Livres 4.00/5
Achat de ce livre en janvier 2015, je le sors de ma PAL pour une lecture essentiellement dans le train. C'est d'ailleurs où j'écris également ce billet. Je rédige la plupart du temps sur papier et très rarement directement sur mon écran.
Ce livre j'en avais lu du bien sur la blogosphère et je l'avais noté dans ma liste à lire. Étant en version poche aux éditions 10/18 je me le suis offert.
Ah le Mississippi, Mud, Autant en emporte le vent, Racines, Le nord et le sud ... Oui tout un imaginaire que j'aime à alimenter de lectures et de films.
Cet état des USA m'attire indubitablement. Qui sait, j'irais sans doute un jour aux États Unis. ( ce vendredi sur France 3 soir je dois penser à regarder "Faut pas rêver " sur le Mississippi, les légendes du fleuve". )
Dans ce livre nous faisons un bond dans le passé, nous remontons aux années 40, les années d'après guerre dans un état agricole où la nature est sauvage.
Les esclaves noirs des plantations de coton ont un statut légèrement plus élevé à savoir ce sont soit des ouvriers soient des métayers mais les noirs et les blancs se côtoient toujours dans une haine raciale de la part des blancs sur les noirs.
Ce roman est une histoire où s'élève 6 voix,celles de :
Hap et Florence, Henry et Laura et Jamie et Ronsel.
Les chapitres portent le nom des différents narrateurs et personnages de l'histoire.
Tous ces destins s’entrelacent et s'entrechoquent. Il y a de l'amour, il y a de la haine.
La vie agricole n'est pas facile. Laura et Henry se sont installés en pleine cambrousse. Henry réalise là son rêve de propriétaire terrien mais pour Laura habituée au confort de la ville le rêve devient vite cauchemar d'autant que son beau père un vieux acariâtre, exécrable et méchant est sous leur toit à la Bourbière.... Laura sevra se plier à cette vie rude et sans fards. Le couple a deux jeunes filles.
Henry à des ouvriers et un métayer pour l'aider sur la plantation, ce sont des hommes noirs, le métayer c'est Hap accompagné de sa femme Florence et leurs 4 enfants, dont Ronsel une des narrateurs.
Il me reste à vous présenter Jamie qui est le frère d'Henry, le fils du vieux et le beau-frère de Laura.
Voilà, le lieu est donné : Le Mississippi, l'époque : les années 40 d'après guerre et les principaux protagonistes de cette histoire vous sont présentés .
Je dois vous dire également que Ronsel et Jamie sont tous deux des "rescapés" de la Seconde guerre mondiale l'un en tant qu'aviateur Jamie et l'autre en tant que tankiste Ronsel.
Pour l'un comme pour l'autre les traumatismes de la guerre vont fortement influencés leurs histoires et leur lien d'amitié et de soutien...
Revenir au pays c'est aussi à nouveau subir le racisme féroce pour Ronsel. La haine des noirs est violente et ne prends aucunement en compte les espaces de liberté vécus par Ronsel en Europe, ni le fait d'avoir combattu et risquer sa vie pour les USA . Le Klu Klux Klan est là ...
Laura elle aussi devra s’accommoder de bien des choses ... Tout en se faisant aider à la ferme par Florence, la femme de Hap. Une sacrée bonne femme, une sage femme, une mère aimante.
Que dire de ce livre sinon qu'il m'a happée et énormément plu !
Mon seul très petit bémol est l'utilisation par l'auteur d'un langage teinté d'accent noir, à coup de I et de mauvaises conjugaisons pour les personnages noirs...
" Les blancs i avaient déjà, i pensaient : tu m'appartiens maintenant, attends de voir ce que je va te faire " Florence
Lu pour une très grande partie dans le train, je l'ai continué une petit peu au boulot (chut ce n'était qu'une petite page de rien du tout ...) et surtout le soir en arrivant après le train.
J'ai voulu le finir de suite pour savoir comment allait s'en sortir tous les personnages, ou pas ... !!!!

Personnages bien campés, histoire captivante,
je ne peux que vous conseiller ce livre
où le destin des six personnages s'entrelacent et s'entrechoquent
dans la fureur et le sang
sur une terre rude et sauvage
Le Mississippi !
Lien : http://imagimots.blogspot.fr/2015/09/mississippi..
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caro64
caro6425 juin 2011
  • Livres 3.00/5
Une plongée dans la violence et les contradictions du Sud des Etats-Unis des années 1940.
Quand elle débarque dans la ferme que vient d'acquérir son mari Henry, Laura McAllan comprend qu'elle ne sera jamais heureuse. Ce qui la choque en premier, c'est toute cette boue qui se colle partout. le nom de son nouveau logis est tout trouvé : "La bourbière". Et c'est dans ce sale bourbier que cette institutrice de Memphis s'est fourrée. Cultivée, altruiste, un tantinet vieille fille, selon ses proches, elle a finalement accepté d'épouser Henry. Un homme plus âgé qu‘elle, forcément plus avisé, certainement un futur bon père de famille se dit-elle. Sauf qu'Henry, en dépit de nombreuses qualités, a un gros défaut. Son amour pour la terre est sans limite et ne tolère que peu de discussions. Quel dommage pour Laura la citadine ! C'est donc en épouse dévouée et mère protectrice qu'elle s'efforce d'élever ses deux fillettes dans ce taudis sinistre sans électricité et sans eau courante. Sans compter qu'elle passe ses journées de labeur sous la surveillance et l'oeil haineux de son beau-père, acariâtre et raciste. Pourtant, Hap et Florence Jackson, métayers noirs installés sur la propriété, ne ménagent pas leur peine pour lui faciliter un peu la vie.
Alors que les MacAllan s'acharnent pour récolter quelques profits d'une terre peu fertile, que la pluie gonfle le fleuve au point d'inonder toute la ferme, deux soldats reviennent du front. Jamie, le jeune frère d'Henry, est aussi léger, séduisant et sensible que son frère aîné est rude, taciturne, bourru. En sa compagnie, Laura va découvrir des sentiments inconnus et retrouver un peu d'espoir. L'autre soldat, c'est Ronsel, fils des métayers qui croit revenir en héros dans le Mississipi. La guerre en Europe lui a laissé entrevoir la perspective d'une égalité de ses frères d'armes. Son retour dans le Vieux Sud est un désastre. Chacun à sa façon va se charger de lui rappeler qu'il n'est qu'un nègre, un sous-homme à la rigueur. Quel affront s'il rentre à l'épicerie par l'entrée principale ! de quel droit monte-t-il à l'avant de l'automobile de Jamie, le héros blanc américain ? Lui qui vaut à peine mieux qu'une bête, il va le payer cher. N'oubliez pas qu'on est dans le Mississipi !
Une impression de déjà lu quelque part… Il est vrai que j'ai parcouru plusieurs ouvrages dans lequel le racisme était, soit le sujet principal ou en en toile de fond. Alors, Mississippi, ne m'a apporté rien de nouveau. Cependant c'est un bon premier roman, agréable à lire et qu'on ne lâche pas. Car c'est tout en nuances qu'Hillary Jordan donne à entendre la voix de six narrateurs. Les récits de Laura, Henry, Hap, Florence, Jamie et Ronsel sont saisissants et forcément différents. L'ensemble forme un inoubliable choeur pour mieux raconter la violence, la guerre, le racisme. Pour chanter autrement la passion, la tendresse et la fraternité.
A noter qu'il vient de sortir en livre de poche… facile à glisser dans vos bagages, avant de partir en vacances.
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pyrouette
pyrouette06 décembre 2015
  • Livres 5.00/5
Mississippi c'est d'abord le destin d'une femme.Laura, Vieille fille de presque trente ans lorsqu'elle rencontre son futur mari dont elle n'est pas amoureuse, elle répond tout de même aux convenances pour l'amour et la réputation de ses parents. Elle mène une petite vie tranquille, choyée par son époux et sa famille, bénéficiant de tout le confort moderne. Mississippi c'est ensuite la passion d'Henry, son mari, pour la terre et ce qu'elle représente. Son père qui n'était pas fait pour une vie de fermier a profité d'une crue exceptionnelle et des dommages subis pour abandonner ses terres et s'installer en ville. Henry veut son retour aux sources. Il achète quelques hectares de terre loin de la famille de Laura ne s'intéressant pas trop au confort de son épouse. du monde moderne avec tout ce qu'il représente, Laura Bascule dans la boue, la crasse, l'eau du puits, les latrines extérieures. Elle va faire connaissance avec la haine, le racisme, la cruauté. le père d'Henry vient habiter chez eux, puis le jeune frère d'Henry rentre de la guerre. Les personnages sont en place pour le chaos qui va suivre. Cette superbe histoire ressemble au fleuve dont elle porte le nom : puissante, entraînante elle ravage et détruit tout sur son passage.
Lien : http://pyrouette.canalblog.com/archives/2015/12/..
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Citations & extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
AelaAela06 juin 2012
Mais je me trompais. Il y a avait des tas de Blancs là-bas, c'est certain, mais ils ne ressemblaient pas à ceux de chez nous.
Ils n'avaient pas la haine.
En Angleterre, où on a stationné le premier mois, il y avait des gens qui n'avaient encore jamais vu de Noir, mais ils étaient plus curieux qu'autre chose.
Dès l'instant où ils ont vu qu'on était comme tout le monde, ils nous ont traités pareil.
Les filles aussi.
La première fois qu'une fille blanche m'a invité à danser, j'ai failli en tomber à la renverse.
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BMRBMR17 septembre 2010

[...] J'entrais dans la maison quand le marteau s'est abattu sur le premier clou en un bruit délicieusement irrévocable qui a fait sursauter les enfants.
« C'est quoi ça, maman ? a demandé Amanda Leigh.
- C'est ton papa qui ferme le cercueil de Pappy.
- Il va se fâcher ? » a murmuré Bella effrayée.
Laura m'a jeté un petit coup d'oeil farouche.
« Non, ma chérie, a-t-elle répondu. Pappy est mort. Il ne se fâchera plus jamais. Maintenant, mettez votre manteau et vos bottes. Il est temps de porter votre grand-père en terre. »
Heureusement qu'Henry n'était pas là pour entendre la satisfaction dans sa voix.
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Myriam3Myriam319 septembre 2014
Ici, c'est le ventre de la terre. Cette vaste étendue luxuriante entre deux fleuves s'est formée il y a quinze mille ans quand les glaciers ont fondu et gonflé le Mississippi et ses affluents, qui ont fini par déborder et inonder la moitié du continent. Lorsque les eaux ont reflué et réintégré leurs cours d'origine, elles ont rapporté une manne d'alluvions arrachées aux terres qu'elles avaient recouvertes. Elles les ont rapportées ici, dans le Delta, et les ont déposées sur les vallées en riches strates noires.
J'ai enterré mon père dans ce sol-là, ce sol qu'il détestait travailler.
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Myriam3Myriam320 septembre 2014
Ronsel se fichait pas mal d'avoir une terre à lui, mais ça servait à rien de dire ça à mon mari. Autant piler de l'eau dans un mortier. Quand Hap a une idée en tête, l'est sourd et aveugle à tout ce qui ne rentre pas dans le moule. C'est pour ça que c'est un bon prédicateur, sa foi vacille jamais. Les gens voient ça chez lui et ça les ravigore. Mais des fois ce qui marche en chaire va pas à la table de votre cuisine.
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canelcanel12 juin 2011
"Home again, home again, juiggety-jig", dit la comptine. Moricaud, jus de réglisse, mal blanchi, négro. S'en était allé défendre son pays pour découvrir au r'tour que rien n'avait changé ohé ohé. Les Noirs continuaient à voyager à l'arrière des bus, à emprunter les portes de service, à cueillir le coton des Blancs, à demander pardon aux Blancs. On avait répondu à leur appel, on avait fait leur guerre, mais ils s'en foutaient : pour eux, on continuait à n'être que des nègres. Et les soldats noirs qui étaient morts n'étaient que des nègres morts. (p. 162)
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