> Michèle Albaret-Maatsch (Traducteur)

ISBN : 2714445039
Éditeur : Belfond (2010)


Note moyenne : 4.06/5 (sur 35 notes) Ajouter à mes livres
Un amour interdit, une terrible trahison, une agression d’une sauvagerie inouïe dans le Mississippi des années 1940. Dans la lignée d’un Faulkner, un roman d’une puissance étonnante qui nous plonge dans la brutalité et les contradictions du Vieux Sud. Présentation du li... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (18)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 3.00/5
    Par caro64, le 25 juin 2011

    caro64
    Une plongée dans la violence et les contradictions du Sud des Etats-Unis des années 1940.
    Quand elle débarque dans la ferme que vient d'acquérir son mari Henry, Laura McAllan comprend qu'elle ne sera jamais heureuse. Ce qui la choque en premier, c'est toute cette boue qui se colle partout. le nom de son nouveau logis est tout trouvé : "La bourbière". Et c'est dans ce sale bourbier que cette institutrice de Memphis s'est fourrée. Cultivée, altruiste, un tantinet vieille fille, selon ses proches, elle a finalement accepté d'épouser Henry. Un homme plus âgé qu‘elle, forcément plus avisé, certainement un futur bon père de famille se dit-elle. Sauf qu'Henry, en dépit de nombreuses qualités, a un gros défaut. Son amour pour la terre est sans limite et ne tolère que peu de discussions. Quel dommage pour Laura la citadine ! C'est donc en épouse dévouée et mère protectrice qu'elle s'efforce d'élever ses deux fillettes dans ce taudis sinistre sans électricité et sans eau courante. Sans compter qu'elle passe ses journées de labeur sous la surveillance et l'œil haineux de son beau-père, acariâtre et raciste. Pourtant, Hap et Florence Jackson, métayers noirs installés sur la propriété, ne ménagent pas leur peine pour lui faciliter un peu la vie.
    Alors que les MacAllan s'acharnent pour récolter quelques profits d'une terre peu fertile, que la pluie gonfle le fleuve au point d'inonder toute la ferme, deux soldats reviennent du front. Jamie, le jeune frère d'Henry, est aussi léger, séduisant et sensible que son frère aîné est rude, taciturne, bourru. En sa compagnie, Laura va découvrir des sentiments inconnus et retrouver un peu d'espoir. L'autre soldat, c'est Ronsel, fils des métayers qui croit revenir en héros dans le Mississipi. La guerre en Europe lui a laissé entrevoir la perspective d'une égalité de ses frères d'armes. Son retour dans le Vieux Sud est un désastre. Chacun à sa façon va se charger de lui rappeler qu'il n'est qu'un nègre, un sous-homme à la rigueur. Quel affront s'il rentre à l'épicerie par l'entrée principale ! de quel droit monte-t-il à l'avant de l'automobile de Jamie, le héros blanc américain ? Lui qui vaut à peine mieux qu'une bête, il va le payer cher. N'oubliez pas qu'on est dans le Mississipi !
    Une impression de déjà lu quelque part… Il est vrai que j'ai parcouru plusieurs ouvrages dans lequel le racisme était, soit le sujet principal ou en en toile de fond. Alors, Mississippi, ne m'a apporté rien de nouveau. Cependant c'est un bon premier roman, agréable à lire et qu'on ne lâche pas. Car c'est tout en nuances qu'Hillary Jordan donne à entendre la voix de six narrateurs. Les récits de Laura, Henry, Hap, Florence, Jamie et Ronsel sont saisissants et forcément différents. L'ensemble forme un inoubliable choeur pour mieux raconter la violence, la guerre, le racisme. Pour chanter autrement la passion, la tendresse et la fraternité.
    A noter qu'il vient de sortir en livre de poche… facile à glisser dans vos bagages, avant de partir en vacances.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
  • Par lapetitesteph, le 21 avril 2012

    lapetitesteph
    1939 en Amérique. Laura a 31 ans. Tandis que toutes ses jolies soeurs sont mariées, elle enseigne l'anglais dans une école privée pour garçons, le corps aussi vierge qu'à son adolescence. Un dimanche, son frère Teddy invite à déjeuner son nouveau patron. Ainsi Henry, 41 ans, entre dans la vie de Laura. Ils se marient, 2 filles naissent et vivent un bonheur tranquille durant 6 ans.
    Puis au lendemain de la guerre, Henry annonce qu'il a acheté des terres dans le Mississippi, tout le monde doit suivre, y compris l'acariâtre beau-papa. le quotidien douillet de Laura s'effondre, désormais ses filles et elle pataugeront dans la boue, et vivront dans un taudis sans eau courante ni électricité. La vie est dure et nauséabonde avec pour seule aide Florence dont Henry embauche le mari Hap pour le travail aux champs. On se croirait revenu un siècle en arrière, l'Amérique s'est glorifiée avec le débarquement outre-Atlantique mais au fin fond de ses terres, ce n'est que racisme et ségrégation envers les noirs qu'elle n'a pourtant pas hésité à envoyer au front. Toute cette ambiance malsaine pèse sur Laura qui apprécie Florence.
    Un jour rentrent au pays Jamie, le frère cadet d'Henry et Ronsel, le fils de Florence et de Hap. Jamie malgré ses blessures profondes est comme un rayon de soleil dans la vie de la ferme. Il boit beaucoup mais il est tellement charmeur, toutes les filles l'adorent. Pour Ronsel, le retour est terrible, il n'est plus le soldat libérateur, il est redevenu un noir dans un pays où certains enfilent une cagoule blanche quand ils n'ont pas le courage de lyncher à visage découvert. Jamie et Ronsel vont se fréquenter et personne ne verra cela d'un bon oeil.
    "Mississippi" est le premier roman d'Hillary Jordan. Il est d'une force étonnante. Par son histoire bien sûr mais aussi par sa narration. Elle a choisi de donner la parole à tous ses personnages principaux, Laura, Henry, Jamie, Florence, Hap et Ronsel. le lecteur ne peut être plus proche d'eux et s'y attacher. Néanmoins, il aurait aussi été intéressant de voir à travers les yeux haineux de Pappy, le redoutable beau-père tyrannique.
    "Mississippi" est une chronique des jours ordinaires, une émouvante balade dans l'Amérique profonde des années 40.

    Lien : http://lapetitesteph.blogspot.fr/search/label/Lectures
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par amaryllis, le 13 mai 2012

    amaryllis
    L'histoire : Une famille aux Etats-Unis dans le Mississippi quitte son confort pour s'installer dans une ferme. Dès le début, on est dedans car l'histoire débute avec les deux fils qui enterrent le père. On reprend ensuite le cours de cette histoire un peu avant pour comprendre comment on a pu en arriver là.
    J'ai beaucoup aimé cette histoire, au début j'ai eu un peu de mal avec les personnages pour bien comprendre qui ils étaient, car on est dans leurs pensées, on change à chaque fois de point de vue. Mais passée une trentaine de pages, l'histoire se met bien en place et c'est parti pour un long moment de plaisir.
    L'histoire se déroule alors, peu à peu de nouveaux personnages entrent en scène et apportent des éléments de réponse à ce qui a pu se passer au début. L'histoire avance à coups d'actions qui ne sont pas forcément décrites mais elles sont retrancrites dans les pensées des personnages et souvent par des personnages différents. Ce qui est vraiment intéressant, car les ressentis des personnages ne sont pas les mêmes et cela apporte un éclairage différent à l'histoire. La narration est aussi particulière par le fait qu'il y a des ellipses.
    Les thèmes sont assez variés : l'esclavage tout d'abord et la ségrégation, évidemment l'amour : la vie conjugale, la passion. Des thèmes plutôt bateau mais j'ai été captivée par cette histoire, on prend le parti des personnages, on a envie que certains réagissent, d'autres nous agacent franchement. C'est très vivant et prenant.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par maevedefrance, le 14 janvier 2012

    maevedefrance
    Nous sommes dans le Mississippi, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Laura, qui a épousé Henry sur le tard et un peu en désespoir de cause, lâche son boulot, quitte Memphis, pour le suivre dans le Mississippi profond, celui des fermiers cultivateurs de coton, avec, déjà, comme un mauvais pressentiment. Et elle avait raison de s'inquiéter Laura. Déjà, la belle maison promise n'était qu'un attrappe-nigaud à mari un peu trop confiant. Peu importe, elle accepte, d'aller vivre à la ferme elle-meme, vite nommée "La Bourbière". Dès le premier jour, pas de chance, ses deux petites filles attrappent la coqueluche. Henry demande à la famille de metayers noirs occupant les terres à cultiver, de leur venir en aide. En effet, Florence Hap, sage-femme, s'y connaît en remèdes.
    La vie de ses deux familles vont être inexorablement liées. Toutes les deux ont un gars parti à la guerre. Chez les Jackson, c'est Ronsel qui a été envoyé au front en Allemagne, comme tankiste ; chez les McCallan, c'est Jamie, le frère de Henry, qui a servi dans l'aviation. Pendant la guerre, en Europe, Noirs et Blancs étaient égaux devant l'ennemi. de retour au bercail, les deux jeunes gens, qui ne se connaissaient pas mais vont devenir amis, vont se prendre de plein fouet la rusticité et le racisme qui sévit toujours au Mississippi. Comme le dit Ronsel, en Europe, il était un libérateur, un sauveur. Dans le Mississippi, il n'est qu'un nègre qui pousse sa charrue, comme tant d'autres...
    J'ai souvent eu l'impression de lire des scènes dignes du XVIIIe ou XIXe siècle et non du lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Mais c'était oublier que le Ku Kux Klan et ses idées moyennageuses sévissait encore dans cet Etat américain.Il y a de vrais méchants dans ce roman, comme Pappy - personnage qui n'a d'ailleurs pas d'autre nom -, le père de Jamie et Henry. Mais aussi de vrais héros, Ronsel et Jamie, mais aussi Laura, qui tente de surnager au milieu de tout ça. Henry est un personnage plus trouble. Florence fait parfois peur, même si on comprend parfaitement sa défiance à l'égard des Blancs - et l'issue de l'histoire lui donnera raison.
    Cependant des amitiés et amours clandestines vont se lier (je ne vous dirai pas entre qui !) dans ce roman riche en rebondissements et où sont magnifiquement restituées l'âpreté et l'ingratitude de cet Etat. Chaque personnage prend à tour de rôle la parole plusieurs fois, pour raconter son histoire. J'ai été totalement prise d'effroi devant certaines scènes qui m'ont fait littéralement bondir.
    Un livre, dont on n'a pas beaucoup parlé, mais qui pourtant est de la même veine et a la même force que La couleur des sentiments - qui lui, se déroule vingt ans plus tard. Ca ne donne pas trop envie de se perdre dans les coins perdus du Mississippi, même aujourd'hui ! A découvrir ABSOLUMENT !


    Lien : http://millelectures.canalblog.com
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par BMR, le 17 septembre 2010

    BMR
    Décidément, on n'en finit pas de fréquenter l'Histoire des noirs américains.
    Après l'Oiseau Moqueur, après les Rues de feu, voici la période intermédiaire, pile entre les deux, avec Mississippi de Hillary Jordan.
    De ces trois bouquins, c'est l'Oiseau moqueur de Ann Harper Lee qui emporte la palme, haut la main, et Mississippi est malheureusement loin de pouvoir rivaliser avec.
    Ça commence avec la Guerre (celle de 40) et ça se termine sur les premiers pas de Martin Luther King, vague lueur d'espoir après une histoire très sombre.
    Un bouquin qui s'ouvre sur une scène dantesque (la scène finale, en fait) avec deux frères qui, sous un déluge de pluie, creusent dans la gadoue la tombe de leur père.
    Visiblement encore une histoire de famille pas très unie. Laura épouse Henry, l'un des deux frères. Ils quittent la ville (Memphis) pour aller s'embourber dans une ferme perdue au coeur du delta du Mississippi. Bientôt ils sont obligés de recueillir le père d'Henry, ce vieux con raciste (et bien sûr membre du KKK) qu'on est si content d'enterrer, à la fin.
    Mais ce roman d'Hillary Jordan est vraiment trop caricatural : la descente aux enfers de la gentille Laura n'en finit pas.
    Les gentils noirs de la masure d'à côté, le vieux con raciste qui fait chier tout le monde, même ses propres fils, la belle-fille qui a dû abandonner son piano et qui méritait mieux que de finir les deux pieds dans la gadoue, snif !
    C'est too much et ça manque beaucoup trop de subtilité. Dommage.
    Deux aspects sauve le bouquin.
    Le premier c'est le rappel historique sur tous ces noirs partis guerroyer en Europe contre les nazis. Souvent envoyés en première ligne (façon tirailleurs sénégalais) par des généraux aussi racistes sur notre front de l'Est qu'ils l'étaient l'année précédente dans leur propre Sud.
    Sauf que tous ces soldats noirs seront bientôt acclamés comme tous les GI's par les européens libérés : ils se retrouveront fêtés par des blancs, courtisés par des blanches, applaudis et respectés comme ça ne leur était jamais, mais alors jamais, arrivé.
    C'était pas vraiment prévu et on sait maintenant que, de retour au pays, ils contribueront pour beaucoup à grossir les rangs des partisans de Martin Luther King.
    L'autre aspect intéressant du roman, c'est la peinture crue et rude de ces gens du Sud qui, noirs comme blancs, sont amoureux de leur terre. Une terre grasse et boueuse(1). Si on savait déjà que c'est la mer qui prend l'homme et non l'inverse, Hillary Jordan nous prouve ici que la terre aussi peut prendre certains d'entre nous, noirs comme blancs, la terre n'est pas regardante sur la couleur de peau.
    Le reste, on l'a dit, est une sombre et désolante histoire : l'histoire de la bêtise humaine dans laquelle on s'enlise et on s'enfonce un peu plus à chaque chapitre, comme dans la gadoue du delta.
    Forcément, ça finira mal, très mal et c'est pas les noirs qui auront le dessus.
    _____________________
    (1) : en VO, le titre est Mudbound, quelque chose comme les liens de la boue, comme on dit des liens du sang ...

    Lien : http://bmr-mam.over-blog.com/article-bouquin-mississippi-57247113.html
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)

> voir toutes (12)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Ari, le 27 mai 2012

    Mais il faut que je commence par le début, si je le trouve. Les débuts sont insaisissables. Juste au moment où vous croyez en tenir un, vous jetez un coup d'oeil en arrière et vous en apercevez un autre, antérieur, et un autre antérieur au précédent. Même en commençant par "Chapitre Un : Ma naissance", vous avez un problème d'antécédents, de causes et d'effets.
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par graslionel, le 21 mai 2012

    "Dès le jour de son arrivée, Jamie s'est employé à gagner mon affection. A me complimenter sur ma cuisine et à se charger de diverses bricoles pour m'aider dans la maison. Des bricoles qui signifiaient : Je te vois. Je pense à ce qui pourrait te faire plaisir. Ayant été privée de ce genre d'égards, je les ai absorbés comme un pain une sauce. Henry n'avait jamais été un homme prévenant, pas pour ces petites choses du quotidien qui comptent tant pour une femme."
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par graslionel, le 20 mai 2012

    "Je n'aurais jamais cru que ça me manquerait autant. Je ne parle pas de l'Allemagne nazie, il aurait fallu être marteau pour regretter un endroit pareil. Je parle de celui que j'étais là-bas. Là-bas, j'étais un libérateur, un héros. Dans le Mississippi, je n'étais qu'un nègre qui poussait sa charrue comme tant d'autres. Et plus le temps passait, plus je n'étais que ça."
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par BMR, le 17 septembre 2010


    [...] J'entrais dans la maison quand le marteau s'est abattu sur le premier clou en un bruit délicieusement irrévocable qui a fait sursauter les enfants.
    « C'est quoi ça, maman ? a demandé Amanda Leigh.
    - C'est ton papa qui ferme le cercueil de Pappy.
    - Il va se fâcher ? » a murmuré Bella effrayée.
    Laura m'a jeté un petit coup d'oeil farouche.
    « Non, ma chérie, a-t-elle répondu. Pappy est mort. Il ne se fâchera plus jamais. Maintenant, mettez votre manteau et vos bottes. Il est temps de porter votre grand-père en terre. »
    Heureusement qu'Henry n'était pas là pour entendre la satisfaction dans sa voix.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (6 votes positifs)
  • Par canel, le 12 juin 2011

    "Home again, home again, juiggety-jig", dit la comptine. Moricaud, jus de réglisse, mal blanchi, négro. S'en était allé défendre son pays pour découvrir au r'tour que rien n'avait changé ohé ohé. Les Noirs continuaient à voyager à l'arrière des bus, à emprunter les portes de service, à cueillir le coton des Blancs, à demander pardon aux Blancs. On avait répondu à leur appel, on avait fait leur guerre, mais ils s'en foutaient : pour eux, on continuait à n'être que des nègres. Et les soldats noirs qui étaient morts n'étaient que des nègres morts. (p. 162)
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir Mississippi par :

  • Mail
  • Blog

Lire un extrait

> voir plus

Lecteurs (68)

> voir plus

Quiz