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> Michèle Albaret-Maatsch (Traducteur)

ISBN : 2714445039
Éditeur : Belfond (2010)


Note moyenne : 4.11/5 (sur 107 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Un amour interdit, une terrible trahison, une agression d’une sauvagerie inouïe dans le Mississippi des années 1940. Dans la lignée d’un Faulkner, un roman d’une puissance étonnante qui nous plonge dans la brutalité et les contradictions du Vieux Sud. Présentation du li... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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  • Par Aela, le 06 juin 2012

    Aela
    Un roman âpre, dur et qui fait réfléchir..
    Le portrait d'une Amérique rurale, sudiste, au sortir de la deuxième guerre.
    Racisme, guerre, infidélité, meurtre, "Mississipi" aborde les thèmes les plus sombres.
    Nous sommes tenus en haleine par cette épopée famililale marquée par la haine, la jalousie, la rivalité entre deux frères.
    C'est un récit à plusieurs voix, où s'entremêlent les récits de Hap, de sa femme Florence, le couple de métayers noirs, de Laura et Henry, les employeurs blancs qui s'installent dans cette région sudiste déshéritée, et enfin Jamie, le frère de Henry et Ronsel, le fils du couple de métayers noirs.
    Laura est une jeune femme qui va suivre son mari Henry pour exploiter une ferme dans un coin reculé du Mississipi. Les conditions de vie sont très dures et Laura va manquer cruellement d'attentions de son mari et va tomber progressivement amoureuse de son beau-frère Jamie.
    Ronsel est le fils du couple de métayers noirs.
    Il a fait la deuxième guerre en Europe et il a connu là-bas une jeune Allemande.
    Le retour dans l'univers sudiste marqué par la forte discrimination raciale va être très difficile pour lui, pour ne pas dire fatal.
    Le décor est planté.
    Une véritable tragédie se déroule sous nos yeux, et tout un pan de l'histoire américaine défile ici, marqué par les affrontements raciaux et les agissements du Ku Klux Klan.
    Un très beau récit, noir et réaliste qui nous montre l'autre visage de l'Amérique.
    C'est le premier roman de Hillary Jordan, qui a passé sa jeunesse entre le Texas et l'Oklahoma.
    Il s'agit ici de son premier roman, inspiré par ses souvenirs d'enfance, et qui s'est vu attribuer le Bellwether Prize; livre acclamé par la critique américaine.
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    • Livres 3.00/5
    Par caro64, le 25 juin 2011

    caro64
    Une plongée dans la violence et les contradictions du Sud des Etats-Unis des années 1940.
    Quand elle débarque dans la ferme que vient d'acquérir son mari Henry, Laura McAllan comprend qu'elle ne sera jamais heureuse. Ce qui la choque en premier, c'est toute cette boue qui se colle partout. le nom de son nouveau logis est tout trouvé : "La bourbière". Et c'est dans ce sale bourbier que cette institutrice de Memphis s'est fourrée. Cultivée, altruiste, un tantinet vieille fille, selon ses proches, elle a finalement accepté d'épouser Henry. Un homme plus âgé qu‘elle, forcément plus avisé, certainement un futur bon père de famille se dit-elle. Sauf qu'Henry, en dépit de nombreuses qualités, a un gros défaut. Son amour pour la terre est sans limite et ne tolère que peu de discussions. Quel dommage pour Laura la citadine ! C'est donc en épouse dévouée et mère protectrice qu'elle s'efforce d'élever ses deux fillettes dans ce taudis sinistre sans électricité et sans eau courante. Sans compter qu'elle passe ses journées de labeur sous la surveillance et l'œil haineux de son beau-père, acariâtre et raciste. Pourtant, Hap et Florence Jackson, métayers noirs installés sur la propriété, ne ménagent pas leur peine pour lui faciliter un peu la vie.
    Alors que les MacAllan s'acharnent pour récolter quelques profits d'une terre peu fertile, que la pluie gonfle le fleuve au point d'inonder toute la ferme, deux soldats reviennent du front. Jamie, le jeune frère d'Henry, est aussi léger, séduisant et sensible que son frère aîné est rude, taciturne, bourru. En sa compagnie, Laura va découvrir des sentiments inconnus et retrouver un peu d'espoir. L'autre soldat, c'est Ronsel, fils des métayers qui croit revenir en héros dans le Mississipi. La guerre en Europe lui a laissé entrevoir la perspective d'une égalité de ses frères d'armes. Son retour dans le Vieux Sud est un désastre. Chacun à sa façon va se charger de lui rappeler qu'il n'est qu'un nègre, un sous-homme à la rigueur. Quel affront s'il rentre à l'épicerie par l'entrée principale ! de quel droit monte-t-il à l'avant de l'automobile de Jamie, le héros blanc américain ? Lui qui vaut à peine mieux qu'une bête, il va le payer cher. N'oubliez pas qu'on est dans le Mississipi !
    Une impression de déjà lu quelque part… Il est vrai que j'ai parcouru plusieurs ouvrages dans lequel le racisme était, soit le sujet principal ou en en toile de fond. Alors, Mississippi, ne m'a apporté rien de nouveau. Cependant c'est un bon premier roman, agréable à lire et qu'on ne lâche pas. Car c'est tout en nuances qu'Hillary Jordan donne à entendre la voix de six narrateurs. Les récits de Laura, Henry, Hap, Florence, Jamie et Ronsel sont saisissants et forcément différents. L'ensemble forme un inoubliable choeur pour mieux raconter la violence, la guerre, le racisme. Pour chanter autrement la passion, la tendresse et la fraternité.
    A noter qu'il vient de sortir en livre de poche… facile à glisser dans vos bagages, avant de partir en vacances.
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    • Livres 3.00/5
    Par spleen, le 15 juillet 2012

    spleen
    Mississipi-Wisconsin, je change d'état mais la vie au Sud n'est pas plus souriante qu'au Nord quand il s'agit du travail de la terre , des idées reçues et des désillusions...
    On y rajoute une grosse dose de ségrégation , au Sud elle a été incrustée de façon tenace , et les noirs qui tentaient de sortir de leur condition de "sous-hommes" avaient intérêt à changer de pays .
    L'histoire donne la parole aux différents protagonistes dans des chapitres assez courts, Henry et Laura MacAllan et la famille de métayers noirs, Hap, Florence .
    On est rapidement happé par l'atmosphère pesante: la pluie qui rend la terre boueuse et la ferme isolée, le retour de la guerre, cette fois, la seconde guerre mondiale où Jammie, le jeune frère d'Henry a perdu son insouciance de jeunesse et sombre dans l'alcool et Ronsel le fils des métayers,rentré en héros, espère une autre vie que celle de ses parents en "oubliant "sa couleur de peau et les interdits qui vont avec ...
    L'adultère, le passage à tabac, les espoirs déçus, la vie n'est pas celle dont on a révé .
    Même s'il n'y a rien de franchement original, ce roman est agréable à lire , on rentre vite dans l'action, dans la peau des personnages et j'ai passé un bon moment de lecture.
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  • Par lapetitesteph, le 21 avril 2012

    lapetitesteph
    1939 en Amérique. Laura a 31 ans. Tandis que toutes ses jolies soeurs sont mariées, elle enseigne l'anglais dans une école privée pour garçons, le corps aussi vierge qu'à son adolescence. Un dimanche, son frère Teddy invite à déjeuner son nouveau patron. Ainsi Henry, 41 ans, entre dans la vie de Laura. Ils se marient, 2 filles naissent et vivent un bonheur tranquille durant 6 ans.
    Puis au lendemain de la guerre, Henry annonce qu'il a acheté des terres dans le Mississippi, tout le monde doit suivre, y compris l'acariâtre beau-papa. le quotidien douillet de Laura s'effondre, désormais ses filles et elle pataugeront dans la boue, et vivront dans un taudis sans eau courante ni électricité. La vie est dure et nauséabonde avec pour seule aide Florence dont Henry embauche le mari Hap pour le travail aux champs. On se croirait revenu un siècle en arrière, l'Amérique s'est glorifiée avec le débarquement outre-Atlantique mais au fin fond de ses terres, ce n'est que racisme et ségrégation envers les noirs qu'elle n'a pourtant pas hésité à envoyer au front. Toute cette ambiance malsaine pèse sur Laura qui apprécie Florence.
    Un jour rentrent au pays Jamie, le frère cadet d'Henry et Ronsel, le fils de Florence et de Hap. Jamie malgré ses blessures profondes est comme un rayon de soleil dans la vie de la ferme. Il boit beaucoup mais il est tellement charmeur, toutes les filles l'adorent. Pour Ronsel, le retour est terrible, il n'est plus le soldat libérateur, il est redevenu un noir dans un pays où certains enfilent une cagoule blanche quand ils n'ont pas le courage de lyncher à visage découvert. Jamie et Ronsel vont se fréquenter et personne ne verra cela d'un bon oeil.
    "Mississippi" est le premier roman d'Hillary Jordan. Il est d'une force étonnante. Par son histoire bien sûr mais aussi par sa narration. Elle a choisi de donner la parole à tous ses personnages principaux, Laura, Henry, Jamie, Florence, Hap et Ronsel. le lecteur ne peut être plus proche d'eux et s'y attacher. Néanmoins, il aurait aussi été intéressant de voir à travers les yeux haineux de Pappy, le redoutable beau-père tyrannique.
    "Mississippi" est une chronique des jours ordinaires, une émouvante balade dans l'Amérique profonde des années 40.

    Lien : http://lapetitesteph.blogspot.fr/search/label/Lectures
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    • Livres 5.00/5
    Par Sharon, le 12 juin 2012

    Sharon
    Mississippi est un premier roman. Cela paraît à peine croyable tant son écriture est maîtrisée. J'ai beaucoup aimé entendre des voix différentes pour nous conter cette histoire. Pas de redites inutiles, comme le font certains romanciers qui adorent nous raconter mot pour mot trois fois le même événement. Chaque voix nous apporte un éclairage différent sur ce qui est survenu.
    Ma préférence va à Laura, cette jeune femme forte et courageuse. Elle s'est mariée à Henry et doit supporter ses belles-soeurs, belles, sottes et superficielles - jusqu'à ce que la crise les rattrape. Pour ses filles, elle doit subir son beau-père, qui prend plaisir à les humilier : subir ne signifie en aucun cas baisser les bras. La véritable force, c'est elle qui l'a dans ce récit, et elle la gardera, sachant prendre les bonnes décisions pour le bien des siens.
    La couverture est très bien choisie, elle illustre ce monde grisâtre qui est celui des champs boueux de la ferme, alors que la ville est si proche. Mississippi est aussi le roman de ce monde rural, raciste, ségrégationniste, où le temps de l'esclavage n'est pas si lointain. C'était hier, et c'est aujourd'hui que les anciens esclaves paient.
    Pour illustrer ce livre magnifique que je vous recommande, je choisis Strange fruits, par Billie Holliday.

    Lien : http://le.blog.de.sharon.over-blog.com/article-mississippi-d-hillary..
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Citations et extraits

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  • Par Aela, le 06 juin 2012

    Mais je me trompais. Il y a avait des tas de Blancs là-bas, c'est certain, mais ils ne ressemblaient pas à ceux de chez nous.
    Ils n'avaient pas la haine.
    En Angleterre, où on a stationné le premier mois, il y avait des gens qui n'avaient encore jamais vu de Noir, mais ils étaient plus curieux qu'autre chose.
    Dès l'instant où ils ont vu qu'on était comme tout le monde, ils nous ont traités pareil.
    Les filles aussi.
    La première fois qu'une fille blanche m'a invité à danser, j'ai failli en tomber à la renverse.
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  • Par BMR, le 17 septembre 2010


    [...] J'entrais dans la maison quand le marteau s'est abattu sur le premier clou en un bruit délicieusement irrévocable qui a fait sursauter les enfants.
    « C'est quoi ça, maman ? a demandé Amanda Leigh.
    - C'est ton papa qui ferme le cercueil de Pappy.
    - Il va se fâcher ? » a murmuré Bella effrayée.
    Laura m'a jeté un petit coup d'oeil farouche.
    « Non, ma chérie, a-t-elle répondu. Pappy est mort. Il ne se fâchera plus jamais. Maintenant, mettez votre manteau et vos bottes. Il est temps de porter votre grand-père en terre. »
    Heureusement qu'Henry n'était pas là pour entendre la satisfaction dans sa voix.
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  • Par canel, le 12 juin 2011

    "Home again, home again, juiggety-jig", dit la comptine. Moricaud, jus de réglisse, mal blanchi, négro. S'en était allé défendre son pays pour découvrir au r'tour que rien n'avait changé ohé ohé. Les Noirs continuaient à voyager à l'arrière des bus, à emprunter les portes de service, à cueillir le coton des Blancs, à demander pardon aux Blancs. On avait répondu à leur appel, on avait fait leur guerre, mais ils s'en foutaient : pour eux, on continuait à n'être que des nègres. Et les soldats noirs qui étaient morts n'étaient que des nègres morts. (p. 162)
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  • Par genou, le 09 juin 2013

    Les Noirs continuaient à voyager à l'arrière des bus, à emprunter les portes de service, à cueillir le coton des Blancs, à demander pardon aux Blancs. On avait répondu à leur appel, on avait fait leur guerre, mais ils s'en foutaient : pour eux, on continuait à n'être que des nègres. Et les soldats noirs qui étaient morts n'étaient que des nègres morts.

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  • Par graslionel, le 20 mai 2012

    "Je n'aurais jamais cru que ça me manquerait autant. Je ne parle pas de l'Allemagne nazie, il aurait fallu être marteau pour regretter un endroit pareil. Je parle de celui que j'étais là-bas. Là-bas, j'étais un libérateur, un héros. Dans le Mississippi, je n'étais qu'un nègre qui poussait sa charrue comme tant d'autres. Et plus le temps passait, plus je n'étais que ça."

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