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> Geneviève Leibrich (Traducteur)

ISBN : 2864242087
Éditeur : Editions Métailié


Note moyenne : 3.33/5 (sur 3 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
"L'ingénieur Geraldes est arrivé à la tombée de la nuit d'une fin d'hiver, en compagnie d'une jeune fille appelée Anita Starlette, pour jouir en toute sérénité de cinq jours d'agréables loisirs.
Et bien mérités, car il avait toujours été un adorateur de la scien... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (2)

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    • Livres 4.00/5
    Par Malaura, le 18 octobre 2012

    Malaura
    Passer cinq jours d'agréables loisirs avec Anita Starlette dans une auberge cachée au fond des bois, tel est le désir de l'ingénieur Geraldes, un homme que le désordre n'a jamais visité.
    « Mais la fragrance de l'aventure devait un jour frapper à sa porte et la voici qui le conduisait maintenant impérieusement vers un lieu secret, une maison masquée, vers laquelle désormais sa mémoire se retournerait chaque fois que cela serait nécessaire, avec son pas menu d'araignée ou de serpent. »
    Pourtant, les choses ne se passent pas exactement comme il l'avait prévu et la jeune femme se révèle bien différente de l'objet idéalisé qu'il s'était imaginé…
    « Mon Dieu ! Anita Starlette correspondait presque totalement à la jeune fille de ses rêves. Pourquoi parlait-elle donc ? Pourquoi ? Pourquoi lui transmettait-elle des messages, des lamentations, des revendications par le biais d'héroïques histoires de massacre ? »
    Ces cinq jours avec Anita Starlette seront bien inoubliables, mais pas pour les raisons que l'esprit amoureux de l'ingénieur quinquagénaire s'étaient forgés, croyant vivre en compagnie de sa belle maîtresse une ultime aventure amoureuse pleine de folles promesses érotiques et sensuelles.

    Centrée principalement sur la figure de l'ingénieur Geraldes, cette réjouissante fiction de la romancière portugaise Lidia Jorge explore, un peu comme une expérience psychologique, les facettes de la passion amoureuse et les limites de la connaissance de l'autre.
    Et c'est un régal proprement jubilatoire d'assister aux questionnements incessants, aux rêveries, aux doutes et aux tourments de cet homme mûr au caractère habituellement inflexible, croyant avoir trouvé en la personne de la jeune entraîneuse Anita, la représentation incarnée de tous ses fantasmes et rêves secrets.
    Tantôt inquiet, tantôt au comble du ravissement, l'on se délecte de voir ce pauvre homme si peu enclin aux débordements, pris dans les rets de la passion et passer par toutes les couleurs de la palette de l'émotion amoureuse : trouble, nervosité, empressement, agitation, égarement, morosité, incompréhension…
    Anita « La coquine », femme-enfant boudeuse, mutine, capricieuse, aux comportements souvent incompréhensibles, ne lui laisse aucun répit.

    Mais Lidia Jorge ne s'est pas seulement bornée à décrire parfaitement et brillamment les émois de l'amour et l'image idéalisée, pas toujours vraie, que l'on se fait de l'être aimé.
    Comme savent si bien le faire certains auteurs sud-américains, elle y a ajouté ce petit côté surréaliste qui vous fait naviguer entre fable et roman, entre onirisme et éveil, entre fantastique et réalité.
    L'auberge dans laquelle séjournent les deux tourtereaux, avec ses longs corridors, ses chemins forestiers où nul ne se croise jamais, ses serveurs invisibles, ses draperies et ses tentures, est de ce point de vue un modèle de lieu totalement hors de portée réelle.
    Un lieu masqué qui renvoie à l'image d'une société décadente, mensongère, pleine de duplicité mais qui, s'il fait dire à l'ingénieur Geraldes « qu'il ressentait de la répulsion pour cette maison trompeuse où l'on était constamment entre le mensonge et la vérité, entre l'imposture et la prétention », lui permet finalement d'éclairer un peu plus les troubles de sa conscience opaque.
    Au final, l'auteur du « Rivage des murmures » ou plus récemment de « Nous combattrons l'ombre », nous offre un texte brillant, plein d'humour, très littéraire et travaillé dans la syntaxe, une œuvre originale, à la fois pleine d'une fantaisie débordante et d'une redoutable finesse d'analyse psychologique.
    Excellent et totalement réjouissant.
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    • Livres 4.00/5
    Par Lali, le 01 mars 2011

    Lali
    Lors du 12e Festival international de littérature Métropolis bleu à Montréal en avril 2010, Lídia Jorge a participé à une table ronde où elle a longuement parlé d'écriture et du rôle de la poésie dans la littérature portugaise, laquelle est immensément présente dans le roman, genre qu'elle pratique depuis trente ans. Une poésie pas au sens propre, mais une poésie dans la façon de créer des images, de susciter des impressions, de créer des atmosphères.
    Et c'est ce qu'elle fait avec succès dans La Dernière femme, un roman qui raconte les cinq jours que passe l'Ingénieur en compagnie d'Ana/Anita, de trente-cinq ans sa cadette, dans un lieu reculé, où la confidentialité est assurée et où s'agite un personnel aux limites du presque surréalisme.
    L'Ingénieur, homme organisé, prévoyant, faisant des plans pour tout et pour rien et ne dérogeant jamais à ses habitudes quotidiennes et sacrées, en s'isolant ainsi avec une jeune femme dont il s'est épris, va vivre ne cinq jours plus d'émotions troublantes qu'il n'en a vécues dans les presque soixante années de vie. C'est ce trouble qui nous est raconté dans les moindres détails tout comme les questions et les doutes qui l'assaillent à mesure que progresse l'histoire. Des questions qui concernent ce lieu appelé la Maison du Bouquin (où il n'y a pas de livres, ce qui nous donne à penser qu'il s'agit sûrement là d'un jeu de mots faisant référence à un des sens du verbe « bouquiner »), qui concernent aussi Ana, ce qu'il éprouve pour elle, ce qu'il compte faire au bout des cinq jours.
    La Dernière femme est un livre envoûtant, comme peut être envoûtante Ana aux gens de l'Ingénieur. Déroutant comme peut être déroutante la situation dans laquelle il se trouve. Et dont la chute, le fait de raconter cette histoire jusqu'à un dénouement auquel on ne s'attend pas une libération pour qui l'a vécue. Un grand, très grand roman. « Car Lídia Jorge célèbre le doute comme d'autres le soleil dans le petit matin rose. Humaine et jamais dupe, charnelle jusqu'à la morsure, elle participe d'une littérature plus proche de Dante que De Balzac », affirmait Catherine Argand dans la revue Lire.

    Lien : http://lalitoutsimplement.com/?p=39420
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