ISBN : 2913588964
Éditeur : Mango (2008)


Note moyenne : 3.94/5 (sur 18 notes) Ajouter à mes livres
Pierre Jourde et Eric Naulleau persistent et signent dans leur entreprise de nuisance littéraire. Enfin une version revue et augmentée de leur pastiche du Lagarde et Michard, dans laquelle ils s'amusent à épingler, avec une certaine ironie, des écrivains remarquables et... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 19 août 2009

    Woland
    Pour celles et ceux qui se plaignent de l'aridité de l'actuel paysage littéraire français, en tous cas tel que nous le révèlent les grandes maisons d'édition, ce "Précis de littérature du XXIème siècle", qui parodie avec verve le mythique "Lagarde & Michard" (en plusieurs volumes) de notre studieuse jeunesse, est incontournable.
    Avec un sadisme et une allégresse que Voltaire ne renierait pas, Pierre Jourde et Eric Naulleau tirent à boulets rouges sur leurs têtes de turc favorites (essentiellement Christine Angot, BHL et Philippe Sollers) en leur adjoignant de nouvelles cibles, comme Philipe Labro, Patrick Besson, Anna Gavalda et Marc Lévy (entre autres).
    "Répétitif", ont dit certains. "Réac'", en ont aboyé d'autres en montrant les dents (du moment qu'on s'attaque à la bien-pensance, en France et de nos jours, on est fatalement réactionnaire, c'est comme ça, tenez-vous-le pour dit. ) "Ah ! c'est facile, de se moquer !" a conclu le choeur des âmes généreuses (comme s'il y en avait au sein de ce qui s'autoproclame la "République" des Lettres.)
    Mais dans ces conditions, pourquoi rit-on tellement en assistant à ces mises à mort où la gaieté le dispute à une cruauté bien réelle ?
    Tout d'abord parce que Jourde et Naulleau ont du talent. De la première jusqu'à la dernière page, leur "Précis ..." en est bourré, serti dans une ironie dévastatrice de la plus belle eau et mis encore plus en valeur par une culture qui ne pourra que réveiller de doux souvenirs chez tout littéraire authentique.
    Ensuite parce que l'écrasante majorité des auteurs cités arborent en public, et notamment sous la loupe grossissante des caméras de télévision, un "Moi" hypertrophié, la morgue insoutenable de la créature qui se croit d'élite sans l'être le moins du monde et l'incroyable condescendance du Monsieur ou de la Madame Je-Sais-Tout-J'Ai-Tout-Vu-Et-Vous-Etes-Des-Cloches. Ajoutez à cela que certains membres de ce noble aréopage se permettent d'enseigner ou d'avoir enseigné ... la littérature (consternant, n'est-ce pas ? ).
    Enfin et surtout parce que, dans la culture de notre pays, la littérature, les livres et plus encore les romans relèvent du Sacré, de la Magie, de l'Intangible. Or, les auteurs (ou prétendus tels) abondamment cités par Jourde et Naulleau n'arrêtent pas de blasphémer. A la place de ce roman tant aimé, ils ont dressé cette idole infernale qu'ils nomment (pompeusement) "autofiction" et à laquelle ils ne sacrifient, sachez-le bien, que parce qu'il est beaucoup plus facile, quand on dispose d'un ego hyper-narcissique et de très peu d'imagination, d'écrire sur les frémissements de son nombril et les variations de son transit intestinal que d'imaginer une intrigue cohérente et passionnante, avec des personnages qui vous empoignent le coeur et ne le lâchent plus.
    Alors, forcément, quand on voit tout ce beau monde, qui s'avance d'ordinaire sous la lumière des projecteurs à un train digne d'un chef d'Etat en visite protocolaire - quand on voit tout ce beau monde, disais-je, s'étaler dans la poussière du ridicule, quand on voit leurs énormes fautes de grammaire, leurs phrases "à la Duras", la tonne de clichés qu'ils offrent comme dialogue (ou monologue) à leurs personnages, l'allure de limande-sole des personnages en question (trois idées dans la tête mais pas plus : elle éclaterait), le tout saupoudré d'une auto-complaisance qui, en l'espèce, constitue le seul trait remarquable de leur oeuvre ...
    ... on rit. Parfois même aux éclats. Très souvent, l'envie irrésistible de faire partager sa joie est telle qu'on court chercher un ou plusieurs auditeurs et qu'on Lui lit l'extrait du "Précis ..." qui a déclenché notre hilarité. On en arrive d'ailleurs à penser que Jourde et Naulleau devraient songer à une édition audio tout en regrettant que Pierre Desproges ou Claude Piéplu ne soient plus là pour nous la faire savourer dans sa plénitude.
    Pour vous consoler, sachez que vous trouverez bientôt quelques extraits choisis de cet indispensable ouvrage dans notre rubrique adéquate. D'ici là, tâchez de vous le procurer : dans un siècle (et peut-être avant), "Le Précis de Littérature du XXIème Siècle", par Pierre Jourde & Eric Naulleau, vaudra beaucoup plus que l'édition la plus rare de Philippe Sollers, Madeleine Chapsal ou BHL. ;o)
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    • Livres 5.00/5
    Par urbanbike, le 19 février 2009

    urbanbike
    Décomplexant et rafraîchissant…
    Je lis comme vous pas mal de choses diverses et variées… Des récits de voyage, de la littérature technique, des polars, de la science-fiction mais pas assez de littérature avec un grand "L". Ces derniers temps, avec Stanza sur mon iPhone, je télécharge des ouvrages que je n'ai fait qu'entre-apercevoir au cours de mes études, des classiques comme Sainte-Beuve ou des feuilletonistes comme Zévaco…!
    Mais en écoutant certaines émissions à la radio d'une oreille distraite, je prends conscience d'être carrément largué par rapport à cette littérature qui fait le fonds de commerce des libraires et le miel des critiques… J'ai bien aimé l'ambiance du hérisson, eu beaucoup plus de mal avec quelques livres que j'ai préféré ne pas évoquer ici-même. Cet été, je suis tombé sur un livre de Marc Lévy, la référence en terme de ventes avec des gens comme Guillaume Musso ou Dan Brown (il suffit de regarder les meilleures ventes sur Livreshebdo.fr pour s'en convaincre, voir en fin de billet) que j'ai eu beaucoup de mal à ne pas reposer immédiatement et parcouru en diagonal pour cause de trame romanesque harlequinesque…


    Lien : http://www.urbanbike.com/index.php/site/le-jourde-et-naulleau/
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    • Livres 4.00/5
    Par Hindy, le 24 décembre 2010

    Hindy
    Lagarde et Michard nouvelle version !
    Version : on décapite les succès littéraires actuels avec verve et drôlerie !
    Implacablement, drôle et jouissif !
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Citations et extraits

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  • Par Woland, le 04 septembre 2009

    [...] ... "Telle que vous me voyez, là, je marche dans la rue Eugène- Gonon.

    Tout un programme. (1)

    Quoi ? Sans blague ? Vous ne connaissez pas la rue Eugène-Gonon ? Attendez, vous me faites marcher, là ?

    C'est une rue bordée de petites maisons en meulière avec des petits jardins en pelouse et des marquises en fer forgé. La fameuse rue Eugène-Gonon de Melun.

    Mais si ! Vous savez, Melun ... Sa prison, son brie qui gagnerait à être mieux connu et ses accidents de train.

    Melun. (2)

    Sixième zone de carte orange."

    (1) : Cette magistrale entrée en matière constitue une démonstration de l'art consommé avec lequel l'auteur sait capter l'attention bienveillante du lecteur. Tout d'abord, prendre le personnage en pleine action, in media res. Mais faire en sorte que cette action soit banale, afin de favoriser l'identification. Ne pas omettre un petit clin d'oeil complice au lecteur. Il est toujours content qu'on le prenne à témoin. Pimenter par une figure de style, ironie ou paradoxe. Ici, il s'agit d'une sorte d'antiphrase : "tout un programme" ironise sur la banalité de marcher dans une rue banale, et anticipe sur le développement ultérieur de l'ironie. Faire en sorte tout de même que cette figure soit aussi un cliché. Ici, en quatre lignes, quatre expressions toutes faites : "telle que vous me voyez", "tout un programme", "sans blague", "vous me faites marcher." Le cliché est important pour appâter la sympathie du lectorat. Il a l'air d'un trait d'esprit, d'une invention verbale, mais c'est un trait devenu si courant qu'il peut appartenir à n'importe qui. L'important est que le lecteur puisse faire en sorte de s'attribuer le langage du texte. Il ne s'exprimerait pas autrement. Il s'identifie.

    (2) : Tirer à la ligne constitue le b-a-ba réthorique dans les techniques d'appât du lecteur. Plus le mot ainsi détaché est banal, mieux cela vaut. On crée ainsi un effet de constraste très seyant. ... [...]
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  • Par Woland, le 04 septembre 2009

    [...] ... Grammaire, vocabulaire.
    Marc Lévy écrit dans Et si c'était vrai :

    1) Quand il lui demanda comment connaissait-elle son prénom, elle répondit qu'elle était déjà là bien avant qu'il n'emménage.

    2) ... imposant bâtiment de style néoclassique construit au début du siècle où, dans des dizaines de salles aux voûtes majestueuses, règne une atmosphère si différente à bien d'autres lieux semblables.

    3) Il avait près de quatre-vingts suspects, dont l'un d'entre eux était peut-être en attente d'un don d'organe ou avait l'un des siens dans la même situation.

    4) Green Street est une jolie rue bordée d'arbres et de maisons.

    I - Rétablissez la syntaxe normale. Profitez-en pour réviser les règles de l'interrogation indirecte.

    II - Trouvez quelque chose pour arranger la fin de la phrase.

    III - Supprimez la redondance de la relative, puis tentez de comprendre la fin de la phrase.

    IV - Imaginez ce que pourrait être une rue qui ne serait pas bordée de maisons. Ne cédez pas au vertige métaphysique. ... [...]
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  • Par Woland, le 04 septembre 2009

    [...] ... L'excellence de la forme répond dans cette oeuvre à l'originalité du fond. Marc Lévy maîtrise parfaitement un passé simple d'une grande distinction et se risque parfois, mais moins souvent, à des subjonctifs imparfaits avec lesquels on ne le sent pas complètement à son aise. Il fait bien attention aussi à employer de jolis synonymes, pour ne pas répéter les mots, comme on l'explique en quatrième pour faire des rédactions.

    En mars 2053, Marc Lévy publie son oeuvre testament, L'Amour au delà de l'Amour. Il s'éteint quelques mois plus tard en murmurant : "Je me demande comment l'éternité sera-t-elle possible à vivre, mon amour, sans que je peux te serrer dans mes bras, mais crois-moi, nonobstant, un jour, nous serons réunis pour toujours", sous les torrents de larmes de l'assistance. ... [...]
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  • Par Woland, le 04 septembre 2009

    [...] ... Vous avez beaucoup approuvé la construction de "L'Inceste", qu'elle était remarquable. C'était complètement un hasard, c'était un moteur en marche, ça suffit vos appréciations, stylistiques, narrotologiques, techniques. Construit, construit veut dire enfermé, enfermé veut dire emprisonné, emprisonné veut dire puni, puni veut dire bêtise, bêtise veut dire faute, faute, erreur, faute de goût ou morale ou très grave, moi je n'ai rien fait de mal donc il n'y a aucune raison pour que je me construise une raison et une construction. Compris cette fois, "Quitter la Ville", pas de construction. ... [...]
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Pierre Jourde - La présence .
A l'occasion du Salon du Livre de Paris qui s'est déroulé du 18 au 21 mars 2011, Pierre Jourde vous présente son ouvrage "La présence" aux éditions Les Allusifs.http://www.mollat.com/livres/pierre-jourde-presence-9782923682198.html











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