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> Ludmila Savitzky (Traducteur)
> Jacques Aubert (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070385698
Éditeur : Gallimard (1992)


Note moyenne : 3.67/5 (sur 63 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
C'est le premier succès achevé de Joyce, terminé vers 1914. Roman autobiographique, l'auteur y raconte son enfance et sa jeunesse à Dublin, son éducation chez les jésuites, ses révoltes contre ces mondes clos, sa libération par la vocation artistique (d'où le titre). Le... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par zohar, le 09 mai 2011

    zohar
    Le « Portrait de l'artiste en jeune homme » se propose de peindre un être hors du commun évoluant dans un réalisme quotidien.
    Ce roman à caractère autobiographique met en scène, Stephen Dedalus, qui n'est d'autre que l'alter-ego de James Joyce lui-même. le processus qui y est décrit montre notre héros dans la continuité de sa vie : de l'époque de son enfance jusqu'à l'aube de sa vie adulte à travers des événements cruciaux de son existence.
    L'œuvre évoque les tentatives de son père pour se décharger sur lui de ses responsabilités, les efforts des jésuites pour le convertir à leur idéologie, ou encore les pressions des nationalistes qui entendent le convaincre de la validité de leurs solutions politiques et artistiques, etc.
    Mais cet itinéraire est porteur d'une leçon : il convient, pour se réaliser (atteindre la pleine maturité et la conscience de soi),de ne pas céder aux conventions, et d'opposer la résistance à la soumission.
    Et pour Dedalus (Joyce), cette résistance se trouve dans le langage : le livre est le portrait d'un homme angoissé et renfermé dont le seul moyen de communiquer avec les autres passe par la littérature, les mots. Plus précisément, Joyce nous montre comment l'identité profonde du créateur se trouve dans les mots, dans les souvenirs verbaux issus de l'enfance.
    Ainsi, la place qu'il accorde à l'inconscient est très importante. Les rêves et désirs sont, également, des thèmes essentiels dans le roman. Par extension, cette dimension du langage va s'affirmer, plus amplement et largement, dans Ulysse.
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    • Livres 3.00/5
    Par Sarah_DD, le 03 juin 2008

    Sarah_DD
    En matière d'auto-biographie, c'est très différent des Mots de Sartre par exemple. Ici le récit donne un impression de désordre. Il respecte la chronologie habituelle, mais les idées s'enchaînent par rapport à des détails. Il y a très peu de découpage du texte à travers les chapitres, ce qui accentue l'impression d'un rêve raconté. Il y a beaucoup de noms, de souvenirs non-développés, comme si le lecteur n'était pas concerné. La dimension poétique n'est pas absente, même si le texte est en prose, par exemple par les parallèles non-fonctionnels, il nous ballade dans sa rêverie. L'auteur est aussi plus modeste que Sartre, ou en donne l'impression. Ici on pourrait presque parfois le comparer à un roman d'apprentissage. Alors que Sartre voyait tout, depuis le départ, avec un regard d'adulte. Il disserte parfois sur des thèmes abstraits, mais ce n'est pas de l'érudition-massue. très bien.
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    • Livres 1.00/5
    Par Malivriotheque, le 23 septembre 2012

    Malivriotheque
    Stephen Dedalus est un tout jeune garçon mis en pension dans une école dirigée par des moines. Il grandit, s'aperçoit des choses de la vie, tente de trouver sa voie...
    J'attendais énormément de James Joyce, auteur du monumental "Ulysse" qui traîne depuis quelques années déjà sur mon étagère de livres à lire... J'ai été très déçue par cet ouvrage qui, puisqu'il est admis par la communauté littéraire que le personnage de Dedalus n'est que l'avatar de Joyce en personne, montre un homme franchement imbu de lui-même. On a cette impression rien qu'en lisant le titre, dans lequel l'ensemble "l'artiste" fait étrangement penser à "the Bard" ou "Le Barde", à savoir Shakespeare. Se nommer l'artiste, un peu comme Delon se dit "il", est à mes yeux relativement égocentrique et pédant.
    On assiste donc à une quantité de bons sentiments (car la bête veut laisser la meilleure image possible d'elle-même) et d'interrogations curieuses trop innocentes pour ne pas ressentir à la lecture un goût amer de moquerie envers soi, le lecteur. le nom de Dedalus n'est même que trop explicite pour imager la quête identitaire du personnage principal dans les méandres de la vie. Plus explicite,impossible...
    Joyce nous tient presque la moitié du livre sur des questions spirituelles, alimentées par le discours d'un prêtre limite recopié de la Bible, et nous bassine plusieurs dizaines de pages avec cette envie de se dévouer à Dieu et surtout ce remords d'avoir commis le péché charnel. (Pas bien !) A croire que son absolution ne viendra que de la compassion du lecteur pour ce pauvre Irlandais qui tente désespérément de se faire passer pour une personne pieuse. Et de continuer dans la dernière partie du texte en se positionnant comme leader au sein d'un groupe de jeunes hommes, enfilant le rôle du personnage le plus stable et réfléchi, du plus intelligent (alors que monsieur termine son récit en précisant qu'il ne l'est pas, ces fausses modestie et humilité étant usantes à la longue).
    Finalement, on ne retrouve pas l'image véhiculée par le succès de "Ulysse", ce qui contribue sans aucun doute à la déception générée par la lecture de "Portrait de l'artiste en jeune homme". Je déplore d'innombrables répétitions (oui, on a compris que tu, enfin... Stephen était un homme bien) et l'utilisation du latin comme si tout le monde était bilingue.
    Je lirai Ulysse. Premièrement parce que je l'ai acheté. Ensuite avec l'espoir que le portrait que j'ai eu de Joyce dans ce roman ne soit que l'expression temporaire d'un égo en mal de reconnaissance (Joyce est resté pauvre et légèrement reconnu de son vivant) et ne se retrouve pas dans ce qu'on appelle en anglais ses masterpieces, à savoir "Les Gens de Dublin" et "Ulysse".
    En résumé, si vous voulez lire du Joyce et peaufiner votre culture littéraire irlandaise, ne vous précipitez pas sur "Portrait de l'artiste en jeune homme".

    Lien : http://livriotheque.free.fr/#!xhr_find_book.php?nom=34&titre=53
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    • Livres 4.00/5
    Par marcbordier, le 21 avril 2011

    marcbordier
    Critique disponible sur mon blog www.marcbordier.com.
    J'ai achevé hier Portrait de l'artiste en jeune homme, le roman autobiographique dans lequel James Joyce raconte son enfance à Dublin et la naissance de sa vocation littéraire. Par souci d'honnêteté, je dois admettre que ce fut une lecture poussive et laborieuse. Je n'ai pas réussi à "entrer" vraiment dans ce récit tant il est complexe, déroutant et chargé de symboles. le seul passage qui ait véritablement éveillé mon intérêt au moment de sa lecture est celui consacré à l'enfer (pp. 636 à 675 dans l'édition de la Pléiade), dans lequel le jeune James Joyce, assailli par la culpabilité après avoir goûté aux amours tarifées dans les bordels de Dublin, écoute avec terreur un prédicateur décrire les flammes de l'enfer et, rongé par le poids du péché, finit par entrer dans une église se confesser. Quoique la vision de l'enfer soit finalement conforme à l'imagerie chrétienne la plus classique, elle est ici théâtralisée par une rhétorique jésuite d'une logique et d'une clarté implacables, et le lecteur occidental (sans doute lui-même pécheur et imprégné de culture chrétienne...), pris à la gorge, ne peut qu'éprouver en la découvrant une terreur semblable à celle du jeune Stephen Dedalus.
    le reste du récit m'est apparu trop énigmatique pour que je parvienne à en comprendre véritablement la signification au moment où je le lisais. Ce n'est qu'après avoir refermé le livre et consulté quelques sources érudites que je suis parvenu à en saisir - de manière partielle et très imparfaite- le sens et la richesse symbolique : derrière ces errements et ces dialogues en apparence décousus se cache le récit initiatique par lequel le jeune Stephen Dedalus, perdu dans un monde obscur et illisible, progresse dans le labyrinthe de la vie, s'accrochant en vain aux repères qu'il rencontre en chemin - la religion, la politique, la vie sociale - avant d'en trouver l'issue dans l'exil et la littérature.

    Lien : http://www.marcbordier.com
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    • Livres 2.00/5
    Par JPB, le 18 septembre 2010

    JPB
    Je n'avais jamais lu Joyce, et je m'étais dit que ce livre autobiographique pouvait être des plus accessibles, car la 4ème de couverture mentionnait "ce sont les deux ouvrages ultérieurs (...) qui passent pour obscurs", sous-entendant que de facto celui-ci était clair. Je l'ai lu avec difficulté et j'en conclus que ce livre ne peut plaire qu'à des intellectuels éclairés, un groupe mal défini, dont je ne fais décidément pas partie. A l'exception de quelques passges intéressants sur l'éducation chez les Jésuites et d'une fameuse (vraiment) description des affres de l'enfer, je n'ai jamais pris plaisir à lire ce livre, qui ne raconte rien et ne ressemble à rien.
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Citations et extraits

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  • Par petch, le 09 octobre 2014

    Lors de l'ouverture du gymnase, il avait entendu une voix qui le pressait d'être fort, viril et sain ; quand un mouvement de renaissance nationale se fit sentir dans le collège, une autre voix encore lui ordonna d'être fidèle à sa patrie, de contribuer à relever son langage et ses traditions déchues. [...]. C'était le vacarme de toutes ces voix, sonnant creux, qui le faisait hésiter dans la poursuite des fantômes. Il n'y prêtait l'oreille qu'un instant, mais il n'était heureux que loin d'elles, hors de leur atteinte, seul, ou bien en compagnie de ces camarades phantasmatiques.
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  • Par zohar, le 05 février 2011

    La libre pensée n'existe pas. Etant donné que toute pensée est soumise nécessairement à ses propres lois.

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  • Par brigetoun, le 23 décembre 2012

    Il avait émergé de deux années de rêverie pour se retrouver au beau milieu d’un nouveau décor dont tous les éléments et tous les personnages l’affectaient intimement, le démoralisaient ou l’enchantaient et, pour charmant ou démoralisant que ce fût, le laissaient toujours agité et amer. Quand il n’étudiait pas, il passait tout son temps libre en compagnie d’écrivains subversifs dont les quolibets et la violence verbale fermentaient sous son crâne avant de se répandre dans ses écrits sans finesse.
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  • Par brigetoun, le 23 décembre 2012

    Le charme des bras et des voix : les bras blancs des routes, leurs promesses d’étreintes intimes et les bras noir des grands navires qui se dressent à la lune, leurs récits de contrées éloignées. Les voilà tendus pour dire : Nous sommes seuls, viens.

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  • Par brigetoun, le 23 décembre 2012

    Une joie douce et fluide submergea les mots où les douces et longues voyelles avançaient sans bruit, se détachaient, clapotaient et refluaient, agitant sans cesse les cloches blanches de leurs vagues en une sonnerie muette, en un carillon muet, en un doux cri évanescent ; et il sentit que le présage qu’il avait cherché dans le vol tournoyant et filant des oiseaux, dans la pâle étendue du ciel au-dessus de sa tête, avait surgi de son cœur tel un oiseau d’une tourelle, vite et sans bruit.
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