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> Ludmila Savitzky (Traducteur)
> Jacques Aubert (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070385698
Éditeur : Gallimard (1992)


Note moyenne : 3.63/5 (sur 67 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
C'est le premier succès achevé de Joyce, terminé vers 1914. Roman autobiographique, l'auteur y raconte son enfance et sa jeunesse à Dublin, son éducation chez les jésuites, ses révoltes contre ces mondes clos, sa libération par la vocation artistique (d'où le titre). Le... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par colimasson, le 07 novembre 2014

    colimasson
    Soit d'une exubérance folle mais incompréhensible avec Ulysse, soit d'une grande accessibilité mais d'un classicisme plus ennuyeux avec ce Portrait de l'artiste en jeune homme, James Joyce n'a pas encore réussi à trouver l'équilibre qui saura me convertir à son art littéraire.
    Cela commençait pourtant bien :

    « Il était une fois, et c'était une très bonne fois, une meuh-meuh qui descendait le long de la route, et cette meuh-meuh qui descendait le long de la route rencontra un mignon petit garçon nommé bébé-coucouche… »

    Mais la narration ne continue pas sur ce ton-là –et si elle l'avait fait, elle aurait d'ailleurs certainement fini par devenir épuisante.

    Le parcours de Stephen est vraisemblablement inspiré de celui de James Joyce. En daignant s'observer, le personnage nous livre surtout un bilan précoce de ce qu'il pense ensuite devenir. La religion prend une place importante dans ses réflexions mais elle est évoquée d'après des enjeux existentiels qui les rendent aujourd'hui obsolètes. de même, le récit de l'éducation de Stephen chez les jésuites a peut-être une valeur de témoignage intéressante mais ne sait pas captiver par elle-même. Quoiqu'il en soit, James Joyce ne s'éloigne pas des préoccupations communes à l'humanité. Quel que soit le système de valeurs en vigueur à un moment et à un lieu donnés, les crises existentielles se manifestent presque toujours sous une forme identique et drainent les mêmes questions : comment donner du sens à sa vie ? que faire de ce matériau offert à la naissance ? …

    « Il n'avait pas envie de jouer. Il avait envie de rencontrer, dans le monde réel, l'image insubstantielle que son âme contemplait avec une telle constance. Il ne savait où la chercher ni comment, mais une prescience le conduisait, lui disait que cette image viendrait à sa rencontre, sans aucun acte déclaré de sa part. »

    Peu à peu, Stephen confronte ses interrogations à la réalité et voit apparaître une sorte de réponse construite sur les bases sémantiques et culturelles de son environnement :

    « Cette notion du sens divin de la nature entière, accordée à son âme, état si absolue et si indiscutable qu'il ne comprenait guère pourquoi il était nécessaire le moins du monde qu'il continuât de vivre. Cependant, cela faisait partie des desseins de Dieu, et il n'osait en mettre l'utilité en question, lui surtout qui avait péché si gravement, si ignoblement contre ces desseins. »

    Mais Stephen ne peut pas consacrer sa vie à la fonction ecclésiaste et lorsqu'il cherche une autre voie à sa réalisation personnelle, il penche vers l'esthétique, entre conformité à son éducation jésuite et rébellion –car l'art autorise des prises de position controversées. Cette prise de conscience ne se produit qu'au cours de la dernière partie du livre et ouvre lieu à des discussions vivantes et intéressantes autour de la question de l'esthétique en général et du beau en particulier. Au-delà de ces pages édifiantes, le Portrait d'un artiste en jeune homme ne constitue pas une lecture extraordinaire mais explique peut-être comment James Joyce en est venu à écrire un Ulysse érudit et au langage si personnel.
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    • Livres 5.00/5
    Par zohar, le 09 mai 2011

    zohar
    Le « Portrait de l'artiste en jeune homme » se propose de peindre un être hors du commun évoluant dans un réalisme quotidien.
    Ce roman à caractère autobiographique met en scène, Stephen Dedalus, qui n'est d'autre que l'alter-ego de James Joyce lui-même. le processus qui y est décrit montre notre héros dans la continuité de sa vie : de l'époque de son enfance jusqu'à l'aube de sa vie adulte à travers des événements cruciaux de son existence.
    L'œuvre évoque les tentatives de son père pour se décharger sur lui de ses responsabilités, les efforts des jésuites pour le convertir à leur idéologie, ou encore les pressions des nationalistes qui entendent le convaincre de la validité de leurs solutions politiques et artistiques, etc.
    Mais cet itinéraire est porteur d'une leçon : il convient, pour se réaliser (atteindre la pleine maturité et la conscience de soi),de ne pas céder aux conventions, et d'opposer la résistance à la soumission.
    Et pour Dedalus (Joyce), cette résistance se trouve dans le langage : le livre est le portrait d'un homme angoissé et renfermé dont le seul moyen de communiquer avec les autres passe par la littérature, les mots. Plus précisément, Joyce nous montre comment l'identité profonde du créateur se trouve dans les mots, dans les souvenirs verbaux issus de l'enfance.
    Ainsi, la place qu'il accorde à l'inconscient est très importante. Les rêves et désirs sont, également, des thèmes essentiels dans le roman. Par extension, cette dimension du langage va s'affirmer, plus amplement et largement, dans Ulysse.
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    • Livres 3.00/5
    Par Sarah_DD, le 03 juin 2008

    Sarah_DD
    En matière d'auto-biographie, c'est très différent des Mots de Sartre par exemple. Ici le récit donne un impression de désordre. Il respecte la chronologie habituelle, mais les idées s'enchaînent par rapport à des détails. Il y a très peu de découpage du texte à travers les chapitres, ce qui accentue l'impression d'un rêve raconté. Il y a beaucoup de noms, de souvenirs non-développés, comme si le lecteur n'était pas concerné. La dimension poétique n'est pas absente, même si le texte est en prose, par exemple par les parallèles non-fonctionnels, il nous ballade dans sa rêverie. L'auteur est aussi plus modeste que Sartre, ou en donne l'impression. Ici on pourrait presque parfois le comparer à un roman d'apprentissage. Alors que Sartre voyait tout, depuis le départ, avec un regard d'adulte. Il disserte parfois sur des thèmes abstraits, mais ce n'est pas de l'érudition-massue. très bien.
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    • Livres 1.00/5
    Par Malivriotheque, le 23 septembre 2012

    Malivriotheque
    Stephen Dedalus est un tout jeune garçon mis en pension dans une école dirigée par des moines. Il grandit, s'aperçoit des choses de la vie, tente de trouver sa voie...
    J'attendais énormément de James Joyce, auteur du monumental "Ulysse" qui traîne depuis quelques années déjà sur mon étagère de livres à lire... J'ai été très déçue par cet ouvrage qui, puisqu'il est admis par la communauté littéraire que le personnage de Dedalus n'est que l'avatar de Joyce en personne, montre un homme franchement imbu de lui-même. On a cette impression rien qu'en lisant le titre, dans lequel l'ensemble "l'artiste" fait étrangement penser à "the Bard" ou "Le Barde", à savoir Shakespeare. Se nommer l'artiste, un peu comme Delon se dit "il", est à mes yeux relativement égocentrique et pédant.
    On assiste donc à une quantité de bons sentiments (car la bête veut laisser la meilleure image possible d'elle-même) et d'interrogations curieuses trop innocentes pour ne pas ressentir à la lecture un goût amer de moquerie envers soi, le lecteur. le nom de Dedalus n'est même que trop explicite pour imager la quête identitaire du personnage principal dans les méandres de la vie. Plus explicite,impossible...
    Joyce nous tient presque la moitié du livre sur des questions spirituelles, alimentées par le discours d'un prêtre limite recopié de la Bible, et nous bassine plusieurs dizaines de pages avec cette envie de se dévouer à Dieu et surtout ce remords d'avoir commis le péché charnel. (Pas bien !) A croire que son absolution ne viendra que de la compassion du lecteur pour ce pauvre Irlandais qui tente désespérément de se faire passer pour une personne pieuse. Et de continuer dans la dernière partie du texte en se positionnant comme leader au sein d'un groupe de jeunes hommes, enfilant le rôle du personnage le plus stable et réfléchi, du plus intelligent (alors que monsieur termine son récit en précisant qu'il ne l'est pas, ces fausses modestie et humilité étant usantes à la longue).
    Finalement, on ne retrouve pas l'image véhiculée par le succès de "Ulysse", ce qui contribue sans aucun doute à la déception générée par la lecture de "Portrait de l'artiste en jeune homme". Je déplore d'innombrables répétitions (oui, on a compris que tu, enfin... Stephen était un homme bien) et l'utilisation du latin comme si tout le monde était bilingue.
    Je lirai Ulysse. Premièrement parce que je l'ai acheté. Ensuite avec l'espoir que le portrait que j'ai eu de Joyce dans ce roman ne soit que l'expression temporaire d'un égo en mal de reconnaissance (Joyce est resté pauvre et légèrement reconnu de son vivant) et ne se retrouve pas dans ce qu'on appelle en anglais ses masterpieces, à savoir "Les Gens de Dublin" et "Ulysse".
    En résumé, si vous voulez lire du Joyce et peaufiner votre culture littéraire irlandaise, ne vous précipitez pas sur "Portrait de l'artiste en jeune homme".

    Lien : http://livriotheque.free.fr/#!xhr_find_book.php?nom=34&titre=53
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    • Livres 4.00/5
    Par marcbordier, le 21 avril 2011

    marcbordier
    Critique disponible sur mon blog www.marcbordier.com.
    J'ai achevé hier Portrait de l'artiste en jeune homme, le roman autobiographique dans lequel James Joyce raconte son enfance à Dublin et la naissance de sa vocation littéraire. Par souci d'honnêteté, je dois admettre que ce fut une lecture poussive et laborieuse. Je n'ai pas réussi à "entrer" vraiment dans ce récit tant il est complexe, déroutant et chargé de symboles. le seul passage qui ait véritablement éveillé mon intérêt au moment de sa lecture est celui consacré à l'enfer (pp. 636 à 675 dans l'édition de la Pléiade), dans lequel le jeune James Joyce, assailli par la culpabilité après avoir goûté aux amours tarifées dans les bordels de Dublin, écoute avec terreur un prédicateur décrire les flammes de l'enfer et, rongé par le poids du péché, finit par entrer dans une église se confesser. Quoique la vision de l'enfer soit finalement conforme à l'imagerie chrétienne la plus classique, elle est ici théâtralisée par une rhétorique jésuite d'une logique et d'une clarté implacables, et le lecteur occidental (sans doute lui-même pécheur et imprégné de culture chrétienne...), pris à la gorge, ne peut qu'éprouver en la découvrant une terreur semblable à celle du jeune Stephen Dedalus.
    le reste du récit m'est apparu trop énigmatique pour que je parvienne à en comprendre véritablement la signification au moment où je le lisais. Ce n'est qu'après avoir refermé le livre et consulté quelques sources érudites que je suis parvenu à en saisir - de manière partielle et très imparfaite- le sens et la richesse symbolique : derrière ces errements et ces dialogues en apparence décousus se cache le récit initiatique par lequel le jeune Stephen Dedalus, perdu dans un monde obscur et illisible, progresse dans le labyrinthe de la vie, s'accrochant en vain aux repères qu'il rencontre en chemin - la religion, la politique, la vie sociale - avant d'en trouver l'issue dans l'exil et la littérature.

    Lien : http://www.marcbordier.com
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Citations et extraits

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  • Par colimasson, le 23 novembre 2014

    La pitié est le sentiment qui arrête l’esprit devant ce qu’il y a de grave et de constant dans les souffrances humaines et qui l’unit avec le sujet souffrant. La terreur est le sentiment qui arrête l’esprit devant ce qu’il y a de grave et de constant dans les souffrances humaines et qui l’unit avec la cause secrète.

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  • Par colimasson, le 21 novembre 2014

    L’âme naît […] vaguement, dans ces moments dont je t’ai parlé. Sa naissance est obscure et lente, plus mystérieuse que celle du corps. Quand une âme naît dans ce pays-ci, on lance sur elle des filets pour empêcher son essor. Tu me parles de nationalité, de langue, de religion. J’essaierai d’échapper à ces filets.

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  • Par colimasson, le 17 novembre 2014

    - Vous êtes un artiste, n’est-ce pas, monsieur Dedalus ? dit le doyen, levant et faisant clignoter ses yeux pales. L’objet de l’artiste, c’est la création du beau ; quant à savoir ce que c’est que le beau, c’est une autre question. […] Eh bien, pouvez-vous résoudre cette question ? demanda-t-il.
    -Saint Thomas d’Aquin, répondit Stephen, dit : Pulchra sunt quae visa placent.
    - Ce feu que voici, dit le doyen, sera agréable aux yeux. Va-t-il donc être beau pour cette raison ?
    -Dans la mesure où il est perçu par la vue, ce qui signifie ici, je suppose, intellection esthétique, il sera beau. Mais Saint-Thomas d’Aquin dit aussi : bonum est in quod tendit appetitus. Dans la mesure où il satisfait le besoin animal de chaleur, le feu est un bien. Dans l’enfer, cependant, c’est un mal.
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  • Par colimasson, le 19 novembre 2014

    Credo ut vos famuosus mendax estis quia facies vostra montrat ut vos in sacro alo humore estis.

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  • Par colimasson, le 15 novembre 2014

    Cette notion du sens divin de la nature entière, accordée à son âme, état si absolue et si indiscutable qu’il ne comprenait guère pourquoi il était nécessaire le moins du monde qu’il continuât de vivre. Cependant, cela faisait partie des desseins de Dieu, et il n’osait en mettre l’utilité en question, lui surtout qui avait péché si gravement, si ignoblement contre ces desseins.

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