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ISBN : 2070439712
Éditeur : Gallimard (2013)


Note moyenne : 3.9/5 (sur 207 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
L'action d'Ulysse se passe en un jour, à Dublin, en 1904. Le personnage d'Ulysse est un petit employé juif, Leopold Bloom ; Stephen Dedalus, jeune Irlandais poète, est Télémaque ; Marion, femme de Bloom et qui le trompe, est Pénélope. Rien n'arrive d'extraordinaire au... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par Nastasia-B, le 29 septembre 2012

    Nastasia-B
    S'il est certain que ce livre a un caractère unique et très novateur pour son temps, il est néanmoins difficile de prétexter qu'Ulysse est un livre agréable à lire.
    Comment vous dire ? C'est une manière d'immense marché aux puces où l'on doit fouiner pour trouver son bonheur, et encore, pas garanti : des monologues ou l'on saute du coq à l'âne en permanence, aucune longueur épargnée, des jeux de mots ou de sonorités parfois indéchiffrables, des liens quasi infaisables.
    Bref, c'est éprouvant et sur un livre comme Le bruit et la fureur de Faulkner, on peut encore tenir le coup, par contre quand le pavé dure plus de 1150 pages, il faut avoir l'estomac solide et une sérieuse envie d'aller au bout pour ne pas décrocher.
    Il y a pourtant des tonnes de trouvailles dans toute cette mélasse où nous englue Joyce (manifestement avec plaisir), et l'on devine l'influence sur des auteurs majeurs comme Céline ou Kerouac, mais qui eux ont su rendre leur œuvre un tant soit peu digeste.
    Bien sûr, c'est plus vendeur, mieux vu et mieux en phase avec l'intelligentsia bobo prout-prout de dire que face à un tel OVNI, on est pantois d'admiration, que ces plus de 1000 pages ont été un bonheur, qu'on en aurait voulu 3000, 5000, que sais-je, 10000 tellement c'est bien écrit, tellement c'est jouissif, tellement c'est hors tout et, sincèrement, j'aimerais le dire, mais c'est un pur mensonge.
    Combien de fois me suis-je accrochée, combien de fois ai-je voulu tout abandonner, tout plaquer de cette lecture parfois imbuvable, indigeste et sans queue ni tête ?
    Pourtant, je ne peux pas non plus dire que tout a été négatif dans mon ressenti de l'ouvrage. Des chapitres comme "Nausicaa", "Eumée", "Eole" ou même "Hadès" m'ont bien plu, mais il y eut aussi (et malheureusement surtout) les bouillies inqualifiables comme "Les Sirènes", "les Lestrygons", "les Lotophages", "Charybde et Scylla", "Circé" etc. dont la lecture n'est à souhaiter à personne, sauf si c'est un véritable ennemi.
    Si je puis juste me permettre un conseil aux personnes désireuses de le lire malgré tout (et je conçois parfaitement que le piment de la curiosité vous y amène), ne prenez pas ce livre trop au sérieux (comme Joyce lui-même semblait le faire), amusez-vous des exercices de styles (Joyce explore un nouveau style à chaque chapitre), oubliez la glose multilingue incompréhensible, bref, prenez ce qu'il y a à prendre et ne vous encombrez surtout pas du reste.
    À noter que la nouvelle traduction est vraiment excellente et l'on imagine bien les arrachages de cheveux que cela a dû être pour traduire des bredouillis de mots comme Joyce en emploie souvent. Mais tout ceci, vous le savez, n'est que mon misérable avis, c'est-à-dire, pas grand chose.
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    • Livres 5.00/5
    Par petch, le 21 mars 2013

    petch
    Mon prof de philo m'avait dit à la fin d'un cours : « Ulysse de Joyce, ça se mérite ». Je n'ai jamais aimé cette notion de mérite, récompense de ceux qui ont bien transpiré, pour moi antinomique du plaisir de la lecture. Je m'y suis mis à vingt ans par esprit bravache, calant aux deux tiers, nauséeux sur certains passages extrêmement difficiles à lire, mais déjà fasciné par l'exercice de style (L'Odyssée d'Homère condensée sur une seule journée et racontée sur plus de mille pages) et les flamboyances époustouflantes de certains passages. Je m'y suis replongé calmement une quinzaine d'années plus tard, prenant mon temps, sautant des passages (Merci monsieur Pennac pour ce conseil avisé), les relisant ultérieurement, les relisant encore (je conseille à haute voix !). Je n'ai pas hésité une seule seconde à utiliser des « décodeurs » intellectuels, à lire en parallèle des explications de textes, des résumés, des analyses de certains passages. Ce livre est devenu pour moi une brique indispensable à mon petit édifice personnel.
    Alors, Ulysse, non cela ne se mérite pas mais tant mieux pour ceux qui sont rentrés dedans et y ont puisé des ressources personnelles et du plaisir. Cela dépend de chacun, de l'effort qu'on est prêt à y mettre, de son état d'esprit au moment de la lecture. Au même titre que beaucoup d'autres romans « cultes » (encore un mot bien réducteur), mais pas toujours faciles à lire, avouons-le, comme, sans être exhaustif, Belle du Seigneur et les monologues sans fin d'Ariane, Cent ans de solitude au style souvent abscons, les descriptions pointilleuses et névrotiques de La vie mode d'emploi, pour ne citer que des ouvrages que j'ai beaucoup aimé par ailleurs ! le monologue intérieur de Molly Bloom, Pénélope de cette épopée, point d'orgue final du roman, range indiscutablement Ulysse dans la même catégorie que ces œuvres littéraires majeures.
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    • Livres 4.00/5
    Par vincentf, le 25 juin 2010

    vincentf
    Tout et n'importe quoi ? Tout est n'importe quoi. le roman de Joyce incarne à merveille ce qu'est la littérature moderne. Il est d'abord une reprise, une réécriture, pas n'importe laquelle, celle de L'Odyssée, revisitée de mille manières, en lui ôtant toute (toute ? Non, sans doute en subsiste-t-il encore quelque chose, beaucoup même, comme il subsistait en Gaule au temps de Jules César un petit village...) portée épique, Eole devenant des papiers journalistiques volants, les marins transformés en cochons allant tout bêtement aux putes, et Pénélope se réappropriant sa plus fameuse rime dans l'époustouflant monologue final. La reprise joycienne n'est pas réservée au seul contenu, heureusement pour l'indigne lecteur que je suis et qui, avouons-le et remédions-y au plus vite, se rend compte de n'avoir pas vraiment lu L'Odyssée de bout en bout. Elle est aussi et surtout une reprise et une recréation stylistique. Tous les genres littéraires (tous ? quelques uns résistent sans doute encore et toujours à l'envahisseur) sont repris, tritouillés, réinventés. D'un chapitre à l'autre, brusquement, on passe d'une prose ampoulée au roman populaire, d'un théâtre de l'absurde avant la lettre à une liste de questions saugrenues, d'un roman à l'eau de rose à du vieux français (quel regret de ne pas pouvoir lire l'original! Quel handicap affligeant!) de vieux bouquins poussiéreux, d'un discours scientifique à un monologue intérieur dont on ne voit des exemples qu'après Joyce, qui se trouve, à force de reprendre tout ce qui a déjà été fait, à la source de tout ce qui se fera, le monologue de Molly Bloom se retrouvant par exemple presque plagié dans Belle du Seigneur. Coup de force supplémentaire de Joyce, cette impression qu'a le lecteur (j'espère ne pas être le seul dans ce cas) de lire des auteurs qui n'arrivent que bien plus tard. Un passage notamment ressemble à s'y méprendre à du Céline. Je soupçonne les traducteurs d'avoir fait le lien avant moi... Toute L'Odyssée, tous les styles (ceux d'avant et ceux d'après), ça ne suffisait pas à la créativité de Joyce, qui n'est pas sans me rappeler celle d'un autre immense auteur de langue anglaise, bien avant lui, l'inénarrable Laurence Sterne et sa palpitante Vie et opinions de tristram shandy. Il lui fallait en plus inventer des mots, créer du langage et insérer un peu partout les mêmes petits trucs : "Fou. Tu. Foutu", un peu partout, par exemple. Tout et n'importe quoi, disais-je. Tout est n'importe quoi, rajoutais-je. Il n'empêche qu'Ulysse est une grande épopée, celle de la langue et de la littérature, qui prend enfin sa revanche sur le monde, bouffe toute la place, réinvente tout, fait tout revivre à ses façons, refaçonne à l'infini, relit tout à la légère pour tout remettre à plat et stimule merveilleusement l'imagination encore si peu fertile des humains dont le langage bien trop souvent n'est qu'une monnaie foutue. Fou. Tu.
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    • Livres 2.00/5
    Par Blacksad, le 15 mars 2013

    Blacksad
    J'aurais au moins essayé de m'attaquer à ce monstre inqualifiable qu'est Ulysse.
    Je n'ai su résister et ai stoppé cette lecture franchement éprouvante au bout de 300 pages. Je ne sais trop si c'est le fait de ne comprendre que la moitié de ce que Joyce a écrit, ou bien un manque de motivation, ou peut être de maturité, qui m'a fait perdre le fil et l'envie de continuer.
    Ce n'est que partie remise, j'irai sans doute ressortir ce cher Ulysse de ma bibliothèque un de ces jours...
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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 03 septembre 2012

    brigittelascombe
    "Espère que ça n'est pas trop gros, ça déclencherait les hémorroïdes"
    Caméra cachée, tour à tour, dans le conscient et l'inconscient de plusieurs personnages du terre à terre Léopold Bloom annonceur publicitaire (véritable héros d'Ulysse qui comme ci dessus s'inquiète d'une possible constipation alors qu'il avait également "des rognons en tête" pour petit déjeuner) à l'intellectuel Stephen Dedalus "sérieux et narcissique"encore englué dans son complexe d'Oedipe, le lecteur, lâché en plein Dublin effectue un parcours qui s'avère initiatique entre balade basique et échappée psychanalytique.
    16 juin 1904. Date devenue culte (le Bloomsday) pour les fans de James Joyce et visiteurs assoiffés qui parcourent chaque année Dublin à pied comme le Monsieur Bloom- tout le monde du roman de 8 heures du matin à 3 heures du matin. Car on marche beaucoup dans ce gros pavé intello-philosopho-historico-mystico-politico-mythique, d'un pas rendu difficile par la diversité des styles employés et des techniques narratives. On y marche et on s'y perd de maison en cimetière,plage,bureau,maternité,café...
    Cette parodie ironique,cruelle,mordante de l'Ulysse d'Homère comprend trois parties.
    Télémachie aborde le thème de Télémaque alias Stephen Dedalus ou Joyce lui-même.
    L'Odyssée suit pas à pas Léopold Bloom qui va rencontrer Stephen (son opposé) dans lequel il voit Rudy, le fils qu'il a perdu. La caméra cachée pénètre dans la boite noire, celle des fantasmes du voyeur et de l'exhibitionniste qui se cache sous une façade proprette d'homme marié nostalgique et discret, d'homme plein de compassion pour l'aveugle en déroute.
    La partie trois:Nostros fait revenir Bloom chez lui par une fenêtre (il a oublié ses clefs) avec Stephen ivre puis dessaoulé qui comprend que leurs mondes sont trop différents et repart, abandonnant sa recherche de père pour se tourner définitivement vers un autre langage, celui de l'art.
    Joyce introduit enfin la parole d'une femme, celle dont on parle beaucoup mais qu'on ne voit jamais, la femme de Bloom qui le trompe avec un organisateur de concerts, revit sa journée dans les bras de son amant mais pense aussi en un long et célèbre monologue sans ponctuation,parsemé de oui,oui,oui, à la demande de mariage dans le passé de Bloom.
    On retrouve dans Ulysse des thèmes de vie,mort (la pensée du petit Rudy mort revient souvent),de sexe (masturbation,érotisme qui ont fait étiqueter ce roman de scandaleux),d'histoire( Joyce, l'Irlandais était contre la domination anglaise), de religion (avec mise en parallèle des peuples Juif et Irlandais, comparaison de l'Irlande, avec la guerre des catholiques et des protestants d'où Bloom le Juif se sent exclus et d'Israël, terre promise envahie).
    Ulysse (chef d'oeuvre de James Joyce), avec sa technique "du flux de conscience" m'a évoqué Mrs Dalloway de Virginia Woolf (avec son désordre de pensées,d'atmosphères,de sensations,de souvenirs,d'émotions).
    Trop ardu et intellectuel à mon goût!
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Citations et extraits

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  • Par Bruno_Cm, le 17 juillet 2014

    je l'ai amené à parler de mariage oui d'abord je lui ai passé le morceau de gâteau au cumin que j'avais dans la bouche et c'était une année bissextile comme cette fois-ci oui il y a 16 ans de ça mon Dieu après ce long baiser j'en avais presque perdu le souffle oui il a dit que j'étais une fleur de la montagne oui c'est bien ça que nous sommes des fleurs tout le corps d'une femme oui pour une seule fois il a dit quelque chose de vrai et c'est pour vous que le soleil brille aujourd'hui oui c'est pour ça qu'il m'a plu parce que je voyais qu'il comprenait ou qu'il sentait ce que c'est qu'une femme et je savais que je pourrais toujours en faite ce que je voudrais et je lui ai donné tout le plaisir que j'ai pour l'amener à me demander de dire oui et d'abord je ne voulais pas répondre je ne faisais que regarder la mer et le ciel je pensais à tant de choses qu'il ne savait pas
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  • Par Bruno_Cm, le 17 juillet 2014

    Avec quel succès avait-il essayé l'instruction directe ?
    Elle ne suivait pas tout, mais une partie du tout, faisait attention avec intérêt, comprenait avec surprise, avec soi répétait, avec plus grande difficulté, se souvenait,oubliait avec facilité, avec hésitation se ressouvenait, rerépétait avec erreur.

    Quel système s'était montré plus efficace ?
    La suggestion indirecte entraînant l'intérêt personnel.

    Exemple ?
    Elle n'aimait pas parapluie par la pluie, il aimait femme avec parapluie, elle n'aimait pas chapeau neuf par la pluie, il aimait femme avec chapeau neuf, il acheta chapeau neuf par la pluie, elle prit parapluie avec chapeau neuf.
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  • Par Bruno_Cm, le 17 juillet 2014

    Limbe ? Las ?
    Il repose. Il a voyagé.

    Avec ?
    Sinbad le Marin et Tinbad le Tarin et Jinbad le Jarin et Whinbad le Wharin et Ninbad le Narin et Finbad le Farin et Binhad le Barin et Pinbad la Parin et Minbad le Malin et Hinbad le Harin et Rinbad le Rabbin et Dinbad le Karin et Vinbad le Quarin et Linbad le Yarin et Xinbad le Phtarin.

    Quand ?
    Allant vers le sombre lit il y avait un carré rond Sinbad le Marin oeuf de roc d'alque dans la nuit du lit de tous les alques des rocs de Sombrembad le Jourclairdairin.
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  • Par Bruno_Cm, le 17 juillet 2014

    - Vous supposez, reprit Stephen avec une sorte de demi-rire, que j'ai quelque importance parce que j'appartiens au faubourg Saint-Patrice, en abrégé l'Irlande.
    - J'irais même un peu plus loin, insinua M. Bloom.
    - Moi je soupçonne, interrompit Stephen, que l'Irlande a de l'importance parce qu'elle m'appartient.
    - Qu'est-ce qui appartient ? demanda M. Bloom, qui se pencha, s'imaginant qu'il avait sans doute mal compris. Excusez-moi. Malheureusement la fin m'a échappé. Qu'est-ce que c'était que vous... ?
    Stephen manifestement mal luné, répéta et écartant sa moque de moka, ou de tout ce que vous voudrez, ajouta sans beaucoup de politesse :
    - Nous ne pouvons pas changer le pays. Changeons de sujet.
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  • Par Bruno_Cm, le 17 juillet 2014

    Les gens prennent encore leur parti d'être mordus par un loup mais ce qui les vexe par-dessus tout c'est d'être mordus par un mouton.

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