> Jacques Aubert (Traducteur)

ISBN : 2070341364
Éditeur : Gallimard (2006)


Note moyenne : 3.99/5 (sur 85 notes) Ajouter à mes livres
L'action d'Ulysse se passe en un jour, à Dublin, en 1904. Le personnage d'Ulysse est un petit employé juif, Leopold Bloom ; Stephen Dedalus, jeune Irlandais poète, est Télémaque ; Marion, femme de Bloom et qui le trompe, est Pénélope. Rien n'arrive d'extraordinaire au... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par nastasiabuergo, le 09 mars 2012

    nastasiabuergo
    S'il est certain que ce livre a un caractère unique et très novateur pour son temps, il est néanmoins difficile de prétexter qu'Ulysse est un livre agréable à lire. C'est une manière d'immense marché aux puces où l'on doit fouiner pour trouver son bonheur, et encore, pas garanti. Des monologues ou l'on saute du coq à l'âne en permanence, aucune longueur épargnée, des jeux de mots ou de sonorités parfois indéchiffrables, des liens quasi infaisables. Bref, c'est éprouvant et sur un livre comme Le Bruit et la fureur de Faulkner, on peut encore tenir le coup, par contre quand le pavé dure plus de 1150 pages, il faut avoir l'estomac bien accroché et une sérieuse envie d'aller au bout pour ne pas décrocher. Il y a pourtant des tonnes de trouvailles dans toute cette mélasse où nous englue Joyce (manifestement avec plaisir), et l'on devine l'influence sur des auteurs majeurs comme Céline ou Kerouac, mais qui eux ont su rendre leur œuvre un tant soit peu digeste. Bien sûr, c'est plus vendeur de dire que face à un tel OVNI, on est pantois d'admiration, que ces plus de 1000 pages ont été un bonheur, et sincèrement, j'aimerais le dire, mais c'est un pur mensonge. Combien de fois, me suis-je accrochée, combien de fois ai-je voulu tout abandonner de cette lecture parfois imbuvable? Pourtant, je ne peux pas non plus dire que tout a été négatif dans mon ressenti de l'ouvrage. Des chapitres comme "Nausicaa", "Eumée", "Eole" ou même "Hadès" m'ont bien plu, mais il y eut aussi les bouillies inqualifiables comme "Les sirènes", "les lestrygons", "les Lotophages", "Charybde et Scylla", "Circé" etc. dont la lecture n'est à souhaiter à personne. Si je puis juste me permettre un conseil aux personnes désireuses de le lire malgré tout (et je conçois parfaitement que le piment de la curiosité vous y amène), ne prenez pas ce livre trop au sérieux (comme Joyce lui-même semblait le faire), amusez-vous des exercices de styles (Joyce explore un nouveau style à chaque chapitre), oubliez la glose multilingue incompréhensible, bref, prenez ce qu'il y a à prendre et ne vous encombrez surtout pas du reste. A noter que la nouvelle traduction est vraiment excellente et l'on imagine bien les arrachages de cheveux que cela a dû être pour traduire des bredouillis de mots comme Joyce en emploie souvent. Mais tout ceci n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand chose.
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par vincentf, le 25 juin 2010

    vincentf
    Tout et n'importe quoi ? Tout est n'importe quoi. le roman de Joyce incarne à merveille ce qu'est la littérature moderne. Il est d'abord une reprise, une réécriture, pas n'importe laquelle, celle de L'Odyssée, revisitée de mille manières, en lui ôtant toute (toute ? Non, sans doute en subsiste-t-il encore quelque chose, beaucoup même, comme il subsistait en Gaule au temps de Jules César un petit village...) portée épique, Eole devenant des papiers journalistiques volants, les marins transformés en cochons allant tout bêtement aux putes, et Pénélope se réappropriant sa plus fameuse rime dans l'époustouflant monologue final. La reprise joycienne n'est pas réservée au seul contenu, heureusement pour l'indigne lecteur que je suis et qui, avouons-le et remédions-y au plus vite, se rend compte de n'avoir pas vraiment lu L'Odyssée de bout en bout. Elle est aussi et surtout une reprise et une recréation stylistique. Tous les genres littéraires (tous ? quelques uns résistent sans doute encore et toujours à l'envahisseur) sont repris, tritouillés, réinventés. D'un chapitre à l'autre, brusquement, on passe d'une prose ampoulée au roman populaire, d'un théâtre de l'absurde avant la lettre à une liste de questions saugrenues, d'un roman à l'eau de rose à du vieux français (quel regret de ne pas pouvoir lire l'original! Quel handicap affligeant!) de vieux bouquins poussiéreux, d'un discours scientifique à un monologue intérieur dont on ne voit des exemples qu'après Joyce, qui se trouve, à force de reprendre tout ce qui a déjà été fait, à la source de tout ce qui se fera, le monologue de Molly Bloom se retrouvant par exemple presque plagié dans Belle du Seigneur. Coup de force supplémentaire de Joyce, cette impression qu'a le lecteur (j'espère ne pas être le seul dans ce cas) de lire des auteurs qui n'arrivent que bien plus tard. Un passage notamment ressemble à s'y méprendre à du Céline. Je soupçonne les traducteurs d'avoir fait le lien avant moi... Toute L'Odyssée, tous les styles (ceux d'avant et ceux d'après), ça ne suffisait pas à la créativité de Joyce, qui n'est pas sans me rappeler celle d'un autre immense auteur de langue anglaise, bien avant lui, l'inénarrable Laurence Sterne et sa palpitante Vie et opinions de tristram shandy. Il lui fallait en plus inventer des mots, créer du langage et insérer un peu partout les mêmes petits trucs : "Fou. Tu. Foutu", un peu partout, par exemple. Tout et n'importe quoi, disais-je. Tout est n'importe quoi, rajoutais-je. Il n'empêche qu'Ulysse est une grande épopée, celle de la langue et de la littérature, qui prend enfin sa revanche sur le monde, bouffe toute la place, réinvente tout, fait tout revivre à ses façons, refaçonne à l'infini, relit tout à la légère pour tout remettre à plat et stimule merveilleusement l'imagination encore si peu fertile des humains dont le langage bien trop souvent n'est qu'une monnaie foutue. Fou. Tu.
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par zohar, le 29 mars 2011

    zohar
    Il y a une grande dimension du mythe et du langage qui se dégage dans ce livre.
    A travers le quotidien banal de deux personnages principaux, James Joyce utilise, dans cette œuvre, le procédé du monologue intérieur (les évènements se déroulent à travers les pensées et les perceptions des personnages) pour mettre en exergue des concepts tels que l'art, la mort, la religion ou encore la vie, elle-même.
    Il ne se passe que fort peu d'évènements dans ce roman qui relate la journée du 16 juin 1904 à Dublin, à travers le personnage de Léopold Bloom, courtier en publicité.
    Dans cet ensemble, quatre chapitres ont un statut particulier, les trois premiers qui se penchent sur Stephan Dedalus, un petit professeur poète à ses heures, et le dernier tout empli d'un long monologue de la femme de Bloom, Molly qui, dans un état de demi-assoupissement, prononce huit interminables phrases, matière de quelque quarante-cinq-pages.
    L'action est en fait dans le langage (Si dans son roman « Dedalus », publié en 1916, où il convient, pour se réaliser, de ne pas céder aux conventions, d'opposer la résistance à la tentation de la soumission par le langage. Dans Ulysse, cette dimension est davantage affirmée).
    Le chapitre XIV est particulièrement significatif à cet égard : il accumule une série de pastiches des grands écrivains anglais depuis le Moyen Âge.
    Et le chapitre XV offre un exemple très intéressant de la technique de Joyce : se présentant comme une pièce de théâtre, il mêle indications scéniques et dialogues qui, en interférant, font se combiner désirs et réalités, personnages vrais et rôles imaginés. Dans cette perspective, le titre Ulysse se justifie parfaitement.
    On peut voir dans cette œuvre universelle, riche de thèmes (chaque chapitre traite un concept différent tels que la théologie, l'histoire, la philologie, et bien évidemment la mythologie.) et de significations, la volonté de James Joyce d'introduire la pluralité de sens et la potentialité des interprétations.
    Le recours au mythe a pour fonction de redonner une unité au monde moderne marqué par la fragmentation et d'intégrer ainsi des données nouvelles ou renouvelées : la psychologie, la psychanalyse, ou encore la linguistique.
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    • Livres 5.00/5
    Par chartel, le 02 janvier 2012

    chartel
    Je ne peux cacher ma perplexité à la lecture des premières pages de l'un des plus grands romans du XXe siècle. Car tout est fait pour déstabiliser le lecteur trop passif. L'écriture de Joyce nous pousse à l'action, chaque lecteur, en effet, peut jouer sur les multiples possibilités de sens de l'histoire. L'incertitude se construit sur la polysémie des mots choisis et la volonté de ne pas clore les différents épisodes du roman. Comme si nous ne gardions du parcours "Ulysse" que la lancée, la vitesse, plutôt que le trajet en lui-même.
    Si ce roman a tant marqué l'histoire de la littérature, c'est qu'il est une sorte de grand exercice de style de tout ce que la littérature occidentale avait produit de plus remarquable depuis ses origines homériennes. Les grandes épopées antiques sont bien évidemment présentes, accompagnées des récits bibliques, des romans médiévaux de chevalerie, des essais théologiques puis scientifiques, des récits du grand Rabelais, des pensées nietzschéennes, de l'ironie gogolienne et enfin des splendeurs flaubertiennes. Mais Joyce n'est pas qu'un styliste, il est aussi un grand compositeur. Car cette volonté de déconstruction (syntaxique et lexicale) se double d'une reconstruction. Chaque partie, assez dissemblables les unes des autres, donne corps à un édifice magistral et inoubliable.
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Gast, le 27 août 2010

    Gast
    Je reste perplexe suite à cette lecture... je n'ai jamais vraiment réussi à adhérer au récit et à entrer dans le livre. D'ailleurs, j'ai aussi noté que pour certains passages dont je connaissais avec l'ancienne traduction, j'ai eu comme l'impression d'avoir perdu quelque chose avec cette nouvelle traduction.
    Du coup, je suis bien incapable de dire ce qui, dans ce livre, m'a empêché d'y adhérer comme la qualité supposé de cette oeuvre le supposait : manque de culture de ma part ? Nouvelle traduction un poil trop pompeuse et qui perd de l'artistique du roman d'origine ? Surestimation d'une oeuvre au final pas si indispensable ? Attente trop forte de ma part vu les dithyrambes qui fleurissent çà et là sur ce roman ?
    Je suis bien en peine de déterminer quel fut l'élément primordial de mon ressenti ; une seule chose est sûre, ce roman m'a déçu.
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Citations et extraits

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  • Par polko, le 11 mai 2012

    (Propos visant M. Bloom)

    MME YELVERTON BARRY
    (En robe de bal décolletée opale avec longs gants ivoire, portant une pelisse matelassée bique garnie de zibeline, un peigne de brillants et une aigrette de plumes dans les cheveux) Arrêtez-le, monsieur l’agent. Il m’a écrit une lettre anonyme en lettres maladroitement renversées alors que mon époux était dans le District Nord de Tipperary pour la session de Munster, signée Aimé Laverge. Il disait que du poulailler il avait vu mes globes hors pair alors que j’étais assise dans une loge du Theatre Royal lors d’une représentation de gala de La Cigale. Je l’avais profondément enflammé, disait-il. Il m’a fait des propositions inconvenantes, me demandant de commettre l’adultère à quatre heures et demie de l’après-midi le jeudi suivant, heure de Dunsink. Il me proposait de m’envoyer par la poste une œuvre de fiction de Monsieur Paul de Kock, intitulée La Demoiselle aux trois corsets.
    MME BELLINGHAM
    (En toque et pèlerine de lapin imitationphoque, emmitouflée jusqu’au nez, descend de son brougham et scrute à travers un face-à-main cerclé d’écaille qu’elle sort de son immense manchon d’opossum.) À moi également. Oui, je crois qu’il s’agit de la même personne détestable. Parce qu’il a refermé la portière de ma voiture devant la porte de sir Thornley Stoker un jour de neige mouillée pendant la période de froid de février quatrevingttreize quand même la grille du tuyau de décharge et la soupape à flotteur de la citerne de ma salle de bain étaient gelées. Subséquemment il m’a adressé sous enveloppe une fleur d’edelweiss cueillie dans les hauteurs, comme il disait, pour me rendre hommage. Je l’ai fait examiner par un expert en botanique et on m’a informé que c’était une fleur de pomme de terre indigène soustraite dans une des forceries de la ferme modèle.
    MME YELVERTON BARRY
    Honte à lui !
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  • Par polko, le 11 mai 2012

    J.J.O'MOLLOY
    (Parlant de Bloom)
    (En perruque grise d'avocat et robe d'avocat, parlant d’un ton de protestation chagrinée.) Ce n'est pas ici le lieu d'une légèreté indécente aux dépens d'un mortel égaré épris de boisson. Nous ne sommes ni dans une pétaudière ni à un bizutage d'Oxford et ceci n'est pas non plus une parodie de justice. Mon client est un nouveau-né, un pauvre immigrant étranger qui a commencé au plus bas comme passager clandestin et tente aujourd'hui de gagner honnêtement sa vie. Le délit forgé a été causé par une aberration temporaire de l'hérédité, due à une hallucination, des familiarités telles que l'événement dont il est apparemment coupable étant généralement autorisées dans le pays natal de mon client, la terre des Pharaons. Prima facie, j'attire votre attention sur le fait qu'il n'y a pas eu tentative de connaissance charnelle. Il n’y a pas eu intimité et l’agression dont se plaint Driscoll, à savoir que sa vertu aurait été sollicitée, n’a pas été répétée. J’insisterai tout particulièrement sur l’atavisme. Il y a eu des cas de naufrages et de somnambulisme dans la famille de mon client. Si l’accusé était capable de parler il aurait tout loisir de narrer une histoire – une des plus étrange qui aient jamais été racontée dans les pages d’un livre. Lui-même, votre honneur, est physiquement une épave du fait de la faiblesse de poitrine que connaissent les savetiers. Sa défense se fonde sur son origine mongolienne et sur l’irresponsabilité de ses actes. Un peu débile, en réalité.
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  • Par Grapheus, le 04 février 2009


    Majestueux et dodu, Buck Mulligan parut en haut des marches, porteur d'un bol mousseux sur lequel reposaient en croix rasoir et glace à main. L'air suave du matin gonflait doucement derrière lui sa robe de chambre jaune, sans ceinture. Il éleva le bol et psalmodia :
    — Introïbo ad altare Dei.
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  • Par chartel, le 21 décembre 2011

    (Le chien bigle lève le museau, montrant le visage gris scorbutique de Paddy Dignam. Il a tout ingurgité. Il exhale une haleine putride charognarde. Il grandit et prend taille et forme humaine. Son pelage dachshund devient un vêtement mortuaire brun. Son œil vert lance un éclair injecté de sang. La moitié d’une oreille, tout le nez et les deux pouces ont été goulavalés.)
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  • Par chartel, le 01 janvier 2012

    Quelles étaient, réduites à leur forme réciproque la plus simple, les pensées de Bloom à propos des pensées de Stephen à propos de Bloom et les pensées de Bloom à propos des pensées de Stephen à propos des pensées de Bloom à propos de Stephen ?
    Il pensait qu’il pensait qu’il était juif tandis qu’il savait qu’il savait qu’il savait qu’il ne l’était pas
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