> Jacques Aubert (Traducteur)

ISBN : 2070341364
Éditeur : Editions Gallimard (2006)


Note moyenne : 4.03/5 (sur 70 notes) Ajouter à mes livres
L'action d'Ulysse se passe en un jour, à Dublin, en 1904. Le personnage d'Ulysse est un petit employé juif, Leopold Bloom ; Stephen Dedalus, jeune Irlandais poète, est Télémaque ; Marion, femme de Bloom et qui le trompe, est Pénélope. Rien n'arrive d'extraordinaire au... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par vincentf, le 25 juin 2010

    vincentf
    Tout et n'importe quoi ? Tout est n'importe quoi. le roman de Joyce incarne à merveille ce qu'est la littérature moderne. Il est d'abord une reprise, une réécriture, pas n'importe laquelle, celle de L'Odyssée, revisitée de mille manières, en lui ôtant toute (toute ? Non, sans doute en subsiste-t-il encore quelque chose, beaucoup même, comme il subsistait en Gaule au temps de Jules César un petit village...) portée épique, Eole devenant des papiers journalistiques volants, les marins transformés en cochons allant tout bêtement aux putes, et Pénélope se réappropriant sa plus fameuse rime dans l'époustouflant monologue final. La reprise joycienne n'est pas réservée au seul contenu, heureusement pour l'indigne lecteur que je suis et qui, avouons-le et remédions-y au plus vite, se rend compte de n'avoir pas vraiment lu L'Odyssée de bout en bout. Elle est aussi et surtout une reprise et une recréation stylistique. Tous les genres littéraires (tous ? quelques uns résistent sans doute encore et toujours à l'envahisseur) sont repris, tritouillés, réinventés. D'un chapitre à l'autre, brusquement, on passe d'une prose ampoulée au roman populaire, d'un théâtre de l'absurde avant la lettre à une liste de questions saugrenues, d'un roman à l'eau de rose à du vieux français (quel regret de ne pas pouvoir lire l'original! Quel handicap affligeant!) de vieux bouquins poussiéreux, d'un discours scientifique à un monologue intérieur dont on ne voit des exemples qu'après Joyce, qui se trouve, à force de reprendre tout ce qui a déjà été fait, à la source de tout ce qui se fera, le monologue de Molly Bloom se retrouvant par exemple presque plagié dans Belle du Seigneur. Coup de force supplémentaire de Joyce, cette impression qu'a le lecteur (j'espère ne pas être le seul dans ce cas) de lire des auteurs qui n'arrivent que bien plus tard. Un passage notamment ressemble à s'y méprendre à du Céline. Je soupçonne les traducteurs d'avoir fait le lien avant moi... Toute L'Odyssée, tous les styles (ceux d'avant et ceux d'après), ça ne suffisait pas à la créativité de Joyce, qui n'est pas sans me rappeler celle d'un autre immense auteur de langue anglaise, bien avant lui, l'inénarrable Laurence Sterne et sa palpitante Vie et opinions de tristram shandy. Il lui fallait en plus inventer des mots, créer du langage et insérer un peu partout les mêmes petits trucs : "Fou. Tu. Foutu", un peu partout, par exemple. Tout et n'importe quoi, disais-je. Tout est n'importe quoi, rajoutais-je. Il n'empêche qu'Ulysse est une grande épopée, celle de la langue et de la littérature, qui prend enfin sa revanche sur le monde, bouffe toute la place, réinvente tout, fait tout revivre à ses façons, refaçonne à l'infini, relit tout à la légère pour tout remettre à plat et stimule merveilleusement l'imagination encore si peu fertile des humains dont le langage bien trop souvent n'est qu'une monnaie foutue. Fou. Tu.
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    • Livres 3.00/5
    Par zohar, le 29 mars 2011

    zohar
    Il y a une grande dimension du mythe et du langage qui se dégage dans ce livre.
    A travers le quotidien banal de deux personnages principaux, James Joyce utilise, dans cette œuvre, le procédé du monologue intérieur (les évènements se déroulent à travers les pensées et les perceptions des personnages) pour mettre en exergue des concepts tels que l'art, la mort, la religion ou encore la vie, elle-même.
    Il ne se passe que fort peu d'évènements dans ce roman qui relate la journée du 16 juin 1904 à Dublin, à travers le personnage de Léopold Bloom, courtier en publicité.
    Dans cet ensemble, quatre chapitres ont un statut particulier, les trois premiers qui se penchent sur Stephan Dedalus, un petit professeur poète à ses heures, et le dernier tout empli d'un long monologue de la femme de Bloom, Molly qui, dans un état de demi-assoupissement, prononce huit interminables phrases, matière de quelque quarante-cinq-pages.
    L'action est en fait dans le langage (Si dans son roman « Dedalus », publié en 1916, où il convient, pour se réaliser, de ne pas céder aux conventions, d'opposer la résistance à la tentation de la soumission par le langage. Dans Ulysse, cette dimension est davantage affirmée).
    Le chapitre XIV est particulièrement significatif à cet égard : il accumule une série de pastiches des grands écrivains anglais depuis le Moyen Âge.
    Et le chapitre XV offre un exemple très intéressant de la technique de Joyce : se présentant comme une pièce de théâtre, il mêle indications scéniques et dialogues qui, en interférant, font se combiner désirs et réalités, personnages vrais et rôles imaginés. Dans cette perspective, le titre Ulysse se justifie parfaitement.
    On peut voir dans cette œuvre universelle, riche de thèmes (chaque chapitre traite un concept différent tels que la théologie, l'histoire, la philologie, et bien évidemment la mythologie.) et de significations, la volonté de James Joyce d'introduire la pluralité de sens et la potentialité des interprétations.
    Le recours au mythe a pour fonction de redonner une unité au monde moderne marqué par la fragmentation et d'intégrer ainsi des données nouvelles ou renouvelées : la psychologie, la psychanalyse, ou encore la linguistique.
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par chartel, le 02 janvier 2012

    chartel
    Je ne peux cacher ma perplexité à la lecture des premières pages de l'un des plus grands romans du XXe siècle. Car tout est fait pour déstabiliser le lecteur trop passif. L'écriture de Joyce nous pousse à l'action, chaque lecteur, en effet, peut jouer sur les multiples possibilités de sens de l'histoire. L'incertitude se construit sur la polysémie des mots choisis et la volonté de ne pas clore les différents épisodes du roman. Comme si nous ne gardions du parcours "Ulysse" que la lancée, la vitesse, plutôt que le trajet en lui-même.
    Si ce roman a tant marqué l'histoire de la littérature, c'est qu'il est une sorte de grand exercice de style de tout ce que la littérature occidentale avait produit de plus remarquable depuis ses origines homériennes. Les grandes épopées antiques sont bien évidemment présentes, accompagnées des récits bibliques, des romans médiévaux de chevalerie, des essais théologiques puis scientifiques, des récits du grand Rabelais, des pensées nietzschéennes, de l'ironie gogolienne et enfin des splendeurs flaubertiennes. Mais Joyce n'est pas qu'un styliste, il est aussi un grand compositeur. Car cette volonté de déconstruction (syntaxique et lexicale) se double d'une reconstruction. Chaque partie, assez dissemblables les unes des autres, donne corps à un édifice magistral et inoubliable.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Gast, le 27 août 2010

    Gast
    Je reste perplexe suite à cette lecture... je n'ai jamais vraiment réussi à adhérer au récit et à entrer dans le livre. D'ailleurs, j'ai aussi noté que pour certains passages dont je connaissais avec l'ancienne traduction, j'ai eu comme l'impression d'avoir perdu quelque chose avec cette nouvelle traduction.
    Du coup, je suis bien incapable de dire ce qui, dans ce livre, m'a empêché d'y adhérer comme la qualité supposé de cette oeuvre le supposait : manque de culture de ma part ? Nouvelle traduction un poil trop pompeuse et qui perd de l'artistique du roman d'origine ? Surestimation d'une oeuvre au final pas si indispensable ? Attente trop forte de ma part vu les dithyrambes qui fleurissent çà et là sur ce roman ?
    Je suis bien en peine de déterminer quel fut l'élément primordial de mon ressenti ; une seule chose est sûre, ce roman m'a déçu.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par yann-frat, le 13 avril 2010

    yann-frat
    J'ai commencé ce livre car c'est apparemment LE chef d'œuvre de la littérature mondiale.
    Effectivement il y a quelque chose de totalement fascinant dans cette description précise et grouillante du Dublin des années 30... Comme si Joyce avait fixé la Vie entre ses lignes.
    Sauf qu'il y a franchement quelque chose de totalement fastidieux a suivre les cours de toutes ces petites vies qui s'entrecroisent...
    Alors pour l'instant je cale à la page 411
    Mais je me suis promis de ne pas faire partie de tous ceux qui ont commencé ce livre sans le finir... Alors bref, toutes les aides sont les bienvenues...
    ;)))

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Citations et extraits

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  • Par Grapheus, le 04 février 2009


    Majestueux et dodu, Buck Mulligan parut en haut des marches, porteur d'un bol mousseux sur lequel reposaient en croix rasoir et glace à main. L'air suave du matin gonflait doucement derrière lui sa robe de chambre jaune, sans ceinture. Il éleva le bol et psalmodia :
    — Introïbo ad altare Dei.
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  • Par chartel, le 21 décembre 2011

    (Le chien bigle lève le museau, montrant le visage gris scorbutique de Paddy Dignam. Il a tout ingurgité. Il exhale une haleine putride charognarde. Il grandit et prend taille et forme humaine. Son pelage dachshund devient un vêtement mortuaire brun. Son œil vert lance un éclair injecté de sang. La moitié d’une oreille, tout le nez et les deux pouces ont été goulavalés.)
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  • Par chartel, le 01 janvier 2012

    Quelles étaient, réduites à leur forme réciproque la plus simple, les pensées de Bloom à propos des pensées de Stephen à propos de Bloom et les pensées de Bloom à propos des pensées de Stephen à propos des pensées de Bloom à propos de Stephen ?
    Il pensait qu’il pensait qu’il était juif tandis qu’il savait qu’il savait qu’il savait qu’il ne l’était pas
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  • Par valetudinaire, le 18 août 2011

    L'esthétique et les cosmétiques sont pour le boudoir. Je suis pour la vérité. La simple vérité pour un homme simple.
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  • Par chartel, le 22 décembre 2011

    BLOOM
    Je voulais alors avoir maintenant conclu. Chemise de nuit c’était jamais. Donc ceci. Mais demain est un nouveau jour sera. Le passé était est aujourd’hui. Ce qui est tenant sera alors main comme tenant était être passé hier.
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)






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