ISBN : 2812601450
Éditeur : Editions du Rouergue (2011)


Note moyenne : 4.69/5 (sur 13 notes) Ajouter à mes livres
Un homme quitte femme et enfant et se met en marche, pour un long périple à pied. C’est un roman de libération auquel nous convie Fabienne Juhel. Elle déploie ici toute la palette de ses talents : la noirceur, l’humour, la sensualité, et une réflexion singulière sur la ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par centrino, le 05 juin 2011

    centrino
    Attention pépite !
    Autant vous le dire tout de suite : ce livre vient de me confirmer ce que je pressentais déjà depuis un bon moment : il y a 'l'ittérature et 'L'ittérature; à savoir qu'il ne suffit pas - comme trop souvent de nos jours - de lire des mots alignés pour en qualifier automatiquement l'auteur d'écrivain.
    Et c'est cette injustice que je tiens modestement à réparer dans ce billet, en vous révélant le nom d'une conteuse - d'une vraie - trop peu connue à mon goût : Fabienne Juhel.
    En effet, Fabienne Juhel sait aligner les mots (souvent empreints de poésie) pour en broder des phrases qui nous content une Histoire avec un grand H. Ses mots sonnent justes; même qu'au détour d'une phrase, plus d'une fois elle nous en fait découvrir certains dont on ignorait jusqu'à la signification... Ses chapitres savent éveiller nos sens. Son récit nous fait voyager tant dans l'espace que dans le temps, faisant de nous un spectateur éprouvé par la lutte que se livrent le Bien et le Mal dans ce récit de chemin de croix que parcourt un homme à la recherche de ses racines et recherchant à vivre à nouveau en paix avec son passé.
    En un mot comme en cent, l'auteur sait conter avec un réel talent qui fait tellement défaut de nos jours...
    De moi vous n'aurez droit à aucun mot sur l'histoire du livre. Laissez-vous bercer par les phrases hautes en couleurs et en odeurs dont le récit est richement peuplé. Vous ne regrettez pas le voyage initiatique perlant de poésie à chaque page, et serez probablement tout comme moi déçu d'être arrivé à destination, en réalisant avoir tourné la dernière page...
    Ouf : injustice réparée avec mes maigres moyens. Mais je compte sur vous pour passer le mot à votre entourage... Il vous en remerciera par après, on parie ?
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    Critique de qualité ? (22 votes positifs)
  • Par VanessaV, le 07 février 2011

    VanessaV
    Ce livre nous emmène dans la férocité des contes et des ogres réels.
    L'homme a une quarantaine d'années, une femme, un fils mais aussi un goût de sang dans la bouche et un caillot près du cœur. Poète fourbu de comptines et perdu dans son monde, se mettant au chômage, se bousculant pour être en marge toujours, il prendra le prétexte d'une mention sur une palissade publique pour tout quitter. Il part voir la mer, cette immensité qu'il a côtoyée enfant sans jamais la regarder, toujours image ou paysage derrière un couple, ses parents adoptifs : Eve et Eli ECKERT.
    C'est vrai qu'il faut avoir envie, qu'il faut s'efforcer de commencer ce roman.
    (...)
    Mais surtout, la lecture ne laisse pas indemne, il faut vouloir s'embourber, sentir venir la sueur sur la nuque. Non pas de peur mais de cette abomination des cauchemars. L'homme, au fil des pages, retrouve une identité (...).
    Le lecteur entre images après images dans l'enfance. Un petit indien acheté à son père mais surtout élevé avec des valeurs suintantes de "monstruosités". La survivance aux camps de concentration laisse là une marque indélébile, une envie de maîtrise, de contrôle mais aussi de transmission de la souffrance. L'enfant revit dans les histoires inventées, dans les confidences réelles et dans l'apologie de "méchants" de contes pour enfant toute la douleur que les hommes peuvent infliger aux autres. Aucune image ne lui est épargnée, elle est même mise en avant, théâtralisée pour donner encore plus de résultat. (...)
    Et puis il y a cet homme, l'adulte devenu. L'adulte qui n'a plus peur des contes pour faire peur, mais à quel point? Il reprend de la vie, de la liberté, en jouant aux jeux d'enfant, en suivant un parcours de hasard, d'impressions. Il revient sur cette transmission de la torture. Cette souffrance si importante qu'elle ne peut finir que mal.
    (...)L'enfant est un jouet d'adulte, soumis à une manipulation, un façonnage. Et les livres ont leur place. (...) Les histoires sont choisies pour être représentatives de la noirceur humaine, pour appeler le cri, les gémissement,s l'abandon.
    (...) le livre est cela: du chaos, du vide, l'adulte va apprendre à ne plus être un déchet... à se libérer d'une forme d'humanité pour en trouver d'autres, belles, douces, passionnels, spontanées et amoureuses.
    Le livre est à relire, parce que sous ses images peut-être fictives, ses cauchemars de loups, de meurtriers du règne animal, de bourreau des plus fragiles (...) il y a un espoir. Et puis il y a la mer, l'océan, ce liquide engluant où l'on peut se perdre, revenir, où l'on peut mourir mais aussi se laver, être ingurgité et recraché avec le bois flotté (...)
    pour avoir l'avis dans son intégralité, suivez le lien

    Lien : http://1pageluechaquesoir.blogspot.com/2011/02/les-hommes-sirenes.html
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par meyeleb, le 03 décembre 2011

    meyeleb
    Une pépite! Centrino avait raison de nous présenter cette oeuvre ainsi... Quand j'ai posé les yeux sur les dernières pages, je me suis promis de suivre à l'avenir la création de Fabienne Juhel, comme lorsqu'on vient de passer un moment de bonheur et de complicité avec quelqu'un et qu'on se promet de se revoir, parce que c'était fort...
    Son écriture est belle, elle sait dire le ciel sans banalité, suggérer pour ouvrir la petite porte de l'imagination, laisser le lecteur s'écrire à la suite des mots. J'ai aimé cette façon qu'elle a de nous plonger dans la réminiscence de contes enfouis : on y parle de loups, de sorciers et d'enfants apeurés qui sèment des cailloux jusque dans leur coeur, mais aussi d'un long chemin de résilience. Un superbe conte initiatique moderne que je conseille à tous!
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    Critique de qualité ? (15 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par saphoo, le 01 février 2011

    saphoo
    C'est un livre dont j'ai presque honte de vous parler, tellement la qualité est extrême et ma piètre qualité de raconter un roman se dissout dans l'ombre. Alors pardon à l'auteure si mes mots ne sont pas à la hauteur de votre talent.
    J'ai adoré ce livre, la plume, et l'histoire, l'architecture, les personnages, l'évasion, les lieux, les métaphores, la poésie, la dentelle des mots et la saveur des phrases qui fondent en délice, les formes et les miroirs, les contes et les vérités blessantes…
    Ce genre de livre dont j'aime lire, découvrir, et jubiler à chaque page, c'est un vrai régal, où l'originalité devient presque magique, ou l'écriture devient musique…
    Mais je sais aussi que les livres atypiques au même titre que la poésie, ils dérangent, que les esprits bien carrés ne trouveront aucun contentement parce que ces lecteurs s'attachent à des détails sans importance à des valeurs bien posées, à une littérature structurée et habituelle bien huilée … et moi j'aime dans une lecture, tout ce qui peut bousculer, interpeler, mais aussi nous emporter ailleurs vers un impossible rêve, nous offrir un nouveau paysage.
    Dans ce livre, vous croiserez des loups, des Ténébreux et le couple alpha, l'Homme aux livres, un enfant cendrillon, un sorcier, un crémier, une maison aux 113 fenêtres, une forêt et des dogues, un métis et son fils, une fille qui sent le géranium, … et ce terrible poids que l'homme porte, devenant ce caillou mué en un caillot qui devient le prétexte pour partir sur son chemin. Un tracé vers son passé, le menant vers un nouvel avenir.
    C'est un livre qui ne peut laisser indifférent de par son écriture, et sa construction, même si l'histoire a un côté noir, mais il y a là une sagesse à cueillir dans la poésie et les personnages d'Eugénie, du sorcier et pour finir Suzanne qui boucle l'histoire.
    Un roman, qui chantonne la souffrance portée en soi, percutant ce besoin de connaître ses origines, où transpire ce besoin d'amour que l'enfant doit recevoir, cette tendresse que les ténébreux ont porté sur les loups et les dogues plutôt que sur Antoine (l'homme). C'est comme une sculpture se brisant sur le pavé de la blessure, et avec toute la patience du temps, l'enfant puis l'homme ramasse les morceaux, tente de les ajuster pour se construire, lui, Abhra, l'indien.
    Splendide, magique, merveilleux, délicieux, tant d'adjectifs pour définir ce livre.
    Une lecture comme une étoile pour contempler la beauté de ce roman sans s'offusquer des ténèbres de la nuit.
    Si vous aimez les livres qui vous changent des romans bateaux, si vous aimez les belles plumes, ce livre est fait pour vous.
    Un grand coup de coeur pour ce livre !


    Lien : http://lesmotsdepascale.canalblog.com/archives/2011/01/30/20252512.h..
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    • Livres 5.00/5
    Par StephanieL, le 23 janvier 2011

    StephanieL
    J'ai beaucoup aimé ce roman qui m'a pourtant souvent dérangée.
    Antoine (ou Abhra de son nom Indien), désigné par "l'homme" tout au long du livre, décide de partir, de quitter sa femme et son fils. Il pense qu'il va bientôt mourir et il a besoin de régler des comptes avec son passé. Et ce passé resurgit peu à peu, brutal, étrange, tel le couple qui l'a élevé, dérangeant. Revient sans cesse l'évocation mystérieuse d'une "faute" qu'il aurait commise 8 ans auparavant. Avec l'idée que sa maladie en est la punition.
    Alternent alors des passages sur son périple, long et parsemé d'événements qui prennent une signification particulière dans sa quête de sens, et ceux sur son enfance, jusqu'à ce que son passé le rattrape et qu'il ose enfin le regarder en face.
    Je me suis laissée prendre par l'histoire de cet "homme" dont l'identité se construit progressivement et par la dimension fortement symbolique de l'ensemble. Un très beau roman, qui ne peut laisser indifférent.
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Citations et extraits

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  • Par liratouva2, le 27 mai 2011

    Il vient souvent ici des hommes comme toi.L’homme n’est pas étonné. Il sait, évidemment il sait, que la mer attire ce genre d’hommes. On peut alors en ramasser sur la jetée, en ramener avec soi pour les longues nuits d’hiver. Marie en trouvera toujours amarrés à un quai, comme suspendus à leur dernier rêve de pierre. Elle les décrochera, coupant un à un les fils de la marionnette piégée par le miroir aux alouettes. Une main passée sur leur front, elle les enlèvera à leur torpeur, balayant une mèche qu’ils ont cessé depuis longtemps d’amadouer. Elle leur donnera l’espace d’une nuit, d’un week-end, le goût d’une petite mer plus facile d’approche. Elle leur offrira un mouillage en zone paisible, et un pull ou deux de son frère après.
    Sans doute qu’ils repartiront, car ils repartaient toujours, plus mordus qu’avant, bardés de rêves de coraux, la bouche pleine de sel.
    Ève Eckert les appelait les Hommes Sirènes.
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  • Par saphoo, le 01 février 2011

    En attendant, il triture l’aventurine, machinalement . Il se dit qu’il n’a plus rien à en tirer, qu’il serait inutile de la faire rouler sur le sable, elle s’y enliserait. Cristal de roche rendu au sable des origines. Tout ce chemin pour ça. Me voilà au bout du rouleau, il pense. Pourtant, lui, vivant, il ne peut s’empêcher d’espérer un signe. Et ce signe est juste à côté de ses pieds. Cette bouteille de lait que l’homme ne voit toujours pas , par exemple. Depuis le temps qu’il est cet homme qui marche,, il devrait pourtant savoir où il met les pieds
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  • Par saphoo, le 01 février 2011

    Parce que le Sorcier n’ignorait pas qu’il suffisait de quelques convulsions du cerveau pour que le tracé s’arrondisse, se délie, que des boucles se forment,que les lignes se verticalisent. Il savait le sillon de l’enfant sécable.Quand l’enfant eut noirci une page entière, les premiers mots avaient commencé à vouloir naître, reliés encore au cordon ombilical de la ligne brute. Cela parlait d’épis de maïs, de tiges oubliées parles machines d’octobre. Plantées à l’oblique dans le sol meuble, elles ressemblaient à des lances d’Indiens
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  • Par liratouva2, le 27 mai 2011

    Cent sept ans, ça voulait dire l’éternité.Pourtant l’ancêtre avait bien fini par mourir. Donc, tu vois que la Mort ne l’avait pas oublié, avait dit l’homme calmement.Brian lui avait répondu qu’il était bien difficile d’évaluer la part de responsabilité de chacun. Parce qu’un jour de l’été 2003, le vieux avait piqué une tête à la pointe de l’Arcouest.Il était si sénile qu’il avait oublié qu’il ne savait pas nager.La Mort avait dû sauter sur l’occasion…
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  • Par saphoo, le 01 février 2011

    L’eau attire l’homme. Elle lui renvoie son image fragile, chahutée par les frisures de l’onde que parcourent les grandes pates fébriles des araignées d’eau. Sa course lui a asséché la gorge. Du sable roule contre l’émail de ses dents. L’homme s’accroupit, lorsque le puma saute sur la berge et lui adresse la parole…
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