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Par saphoo le 01/02/2011
Parce que le Sorcier n’ignorait pas qu’il suffisait de quelques convulsions du cerveau pour que le tracé s’arrondisse, se délie, que des boucles se forment,que les lignes se verticalisent. Il savait le sillon de l’enfant sécable.Quand l’enfant eut noirci une page entière, les premiers mots avaient commencé à vouloir naître, reliés encore au cordon ombilical de la ligne brute. Cela parlait d’épis de maïs, de tiges oubliées parles machines d’octobre. Plantées à l’oblique dans le sol meuble, elles ressemblaient à des lances d’Indiens
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Par saphoo le 01/02/2011
En attendant, il triture l’aventurine, machinalement . Il se dit qu’il n’a plus rien à en tirer, qu’il serait inutile de la faire rouler sur le sable, elle s’y enliserait. Cristal de roche rendu au sable des origines. Tout ce chemin pour ça. Me voilà au bout du rouleau, il pense. Pourtant, lui, vivant, il ne peut s’empêcher d’espérer un signe. Et ce signe est juste à côté de ses pieds. Cette bouteille de lait que l’homme ne voit toujours pas , par exemple. Depuis le temps qu’il est cet homme qui marche,, il devrait pourtant savoir où il met les pieds
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Par saphoo le 01/02/2011
L’eau attire l’homme. Elle lui renvoie son image fragile, chahutée par les frisures de l’onde que parcourent les grandes pates fébriles des araignées d’eau. Sa course lui a asséché la gorge. Du sable roule contre l’émail de ses dents. L’homme s’accroupit, lorsque le puma saute sur la berge et lui adresse la parole…
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Il vient souvent ici des hommes comme toi.L’homme n’est pas étonné. Il sait, évidemment il sait, que la mer attire ce genre d’hommes. On peut alors en ramasser sur la jetée, en ramener avec soi pour les longues nuits d’hiver. Marie en trouvera toujours amarrés à un quai, comme suspendus à leur dernier rêve de pierre. Elle les décrochera, coupant un à un les fils de la marionnette piégée par le miroir aux alouettes. Une main passée sur leur front, elle les enlèvera à leur torpeur, balayant une mèche qu’ils ont cessé depuis longtemps d’amadouer. Elle leur donnera l’espace d’une nuit, d’un week-end, le goût d’une petite mer plus facile d’approche. Elle leur offrira un mouillage en zone paisible, et un pull ou deux de son frère après.
Sans doute qu’ils repartiront, car ils repartaient toujours, plus mordus qu’avant, bardés de rêves de coraux, la bouche pleine de sel.
Ève Eckert les appelait les Hommes Sirènes.
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Cent sept ans, ça voulait dire l’éternité.Pourtant l’ancêtre avait bien fini par mourir. Donc, tu vois que la Mort ne l’avait pas oublié, avait dit l’homme calmement.Brian lui avait répondu qu’il était bien difficile d’évaluer la part de responsabilité de chacun. Parce qu’un jour de l’été 2003, le vieux avait piqué une tête à la pointe de l’Arcouest.Il était si sénile qu’il avait oublié qu’il ne savait pas nager.La Mort avait dû sauter sur l’occasion…
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Par saphoo le 01/02/2011
L’horizon n’est plus qu’une fente jaune où se déverse l’encre noire du ciel qui s’étire, s’enfle et se répand sur les jardins des hommes
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Par oops le 31/08/2011
Le pain d'autrefois : un bon pain de trois livres emmailloté dans un torchon qui vous durait la semaine. Un pain que le patriarche n'entamait jamais sans l'avoir marqué d'une croix, jamais posé à l'envers, jamais jeté à la poubelle. Du pain perdu jamais perdu.
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Par oops le 31/08/2011
Les rêves de gosse sont tenaces. Ceux d'une femme privée d'êtres à chérir ne le sont pas moins.
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Par oops le 31/08/2011
Les deux hommes regardent ensemble le feu. Silencieux.
Les bûches, elles font la conversation. Elles susurrent et se chuchotent des secrets d'arbres, elles commentent des acrobaties d'écureuils, le ramage des corneilles et les étoiles filantes.
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Il ne faisait pas ça, L'Homme aux livres, tracer la croix sur le ventre du pain. Il n'était pas un patriarche non plus. Il avait raconté dans un de ses tout premiers essais comment, dans son baraquement, le responsable de l'unité avait fabriqué un pain à partir de la cendre de sa famille.