> Claude David (Éditeur scientifique)

ISBN : 207041437X
Éditeur : Gallimard (2000)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.82/5 (sur 682 notes) Ajouter à mes livres
Bien entendu, lorsque Grégoire aperçoit son corps recouvert d'une carapace et constate que des pattes lui ont poussé dans la nuit, il croit à un mauvais rêve et ne s'inquiète pas outre mesure. Pourtant, la métamorphose est bien ré... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (41)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

  • Par Aficionado, le 10 avril 2010

    Aficionado
    Tout d'abord, il convient de préciser que cette critique est mienne, et strictement subjective.
    Il est une chose qui me reste et qui me marque particulièrement après l'avoir lu, c'est que ce récit n'a rien, dans le style employé, de sentencier. Tout s'y trouve décrit dans le strict nécessaire, le suggestif l'emportant sur le superflu. Tout est fait pour que ce livre se suffise à lui-même, sans allusion directe et clairement formulée, au monde contemporain de Kafka. Tout y paraît simple et lié au nœud central, sans être atomisé par quelques nombreuses péripéties ni foultitude de personnage, le "cocon" familial.
    Dans le fond et au regard des impressions éprouvées durant la lecture, il s'agit de se prendre de compassion pour Gregor, le cancrelat humainement conscient. le cancrelat pense et ressent, et, dans la première phase du récit, garde vraiment tous les caractères spirituels et cérébraux de l'homme – avec, en plus, la possibilité de s'exprimer au tout départ. Ce qui sera très vite supplanté par les sifflements et grognements bestiaux. La relation communicationnelle devient donc vite unilatérale, et, au vu de la condition physique de Gregor qui le cloisonne à l'état de chose, c'est bien l'échange verbal qui aurait pu l'en sauver – du moins, sauvegarde l'estime d'autrui.
    Ce repli sur soi-même de Gregor est un des points cruciaux du récit. Tout tourne autour. Il est à la fois une cause et une conséquence métaphysiquement incarnées du rejet de l'autre, revenant incessamment dans un interminable cercle vicieux jusqu'à la mort – suivant deux questionnements : que vous arrivera-t-il si, un jour, vous vous trouvez dénué de la faculté de parler, et si vous êtes caractérisé, physiquement, de monstre? Devant le rejet de votre famille, comment réagiriez-vous?
    Effectivement le repli sur soi-même et le rejet de l'autre – des membres de sa famille, en l'occurrence –, pour Gregor, ne sont pénibles et n'interviennent ici que parce qu'il en est conscient – attribut proprement humain : la conscience de soi et de son rapport à autrui. On s'identifie à lui, essaie de le comprendre, et de comprendre ses parents également. Gregor sait ce qu'il est, sa famille vit dans la peur de l'inconnu, devant l'absurde de la situation. C'est précisément devant cette absurdité qu'on comprend, malgré la difficulté de la situation de Gregor, que ses parents ne sont pas inhumains dans leurs actions. Trop pragmatiques, ils hésitent à croire qu'il s'agit bien de l'ancien Gregor ; ils ressentent peut-être aussi la honte que d'avoir pour frère ou fils un cancrelat. Pour ses parents et sa sœur, Gregor n'existe plus en tant que tel, en tant que membre de la famille, depuis qu'il s'est métamorphosé ; sa présence matérielle ne fait qu'entériner cette certitude, puisqu'elle ne fait que desservir Gregor, le pousser vers le rejet total de ses proches, car il inspire la répugnance – à son insu et irrémédiablement. Une photo souvenir de lui aurait été plus sentimentalement douloureuse à contempler pour sa famille que l'immonde bête qu'il est devenu, car cet aspect fait oublier la réelle bonté passée de Gregor et son investissement dans la vie du foyer.
    La thématique freudienne intervient : le combat entre le père et le fils, parricide, et entre frères et sœurs, fratricide. Sauf que là, c'est Gregor qui en meurt, en quelque sorte. Cela se passe, excepté lors des quelques accès de colère du père, lors une guerre froide. Gregor périt dans l'indifférence croissante, et lorsqu'il se montre, les accès de peur et de colère surviennent.
    Il y a malgré tout un bémol : si, dans le postulat de départ de Kafka, Gregor devait être identifiable a toute personne asociale ou en froid avec sa famille et devant cohabiter avec ses membres, alors il serait impossible d'assimiler et de confondre les réactions qu'auraient donc ses proches face de l'un, l'homme métamorphosé en cancrelat, et de l'autre, l'homme "simplement" asocial ou en tension avec sa famille. C'est symbolique, évidemment, et vraiment exacerbé, ce qui fait le charme de ce cours livre, selon moi.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 08 novembre 2011

    brigittelascombe
    "En se réveillant un matin après des rêves agités, Gregor Samsa se retrouva dans son lit, métamorphosé en un monstrueux insecte."
    Un cafard! "Un peu terrifiant", "excessivement répugnant", cette tranformation à la fois Physique et morale, Gregor Samsa, voyageur de commerce dont les revenus ont pour l'instant assuré le bien être de sa famille, la vit comme un véritable cauchemar jusqu'à la mort incontournable.
    Ce sont les suites de cette métamorphose que nous relate ici Frantz Kafka (auteur tchèque né en 1883 qui a connu la notoriété post-mortem grace à son ami Max Brod qui a publié ses oeuvres).
    L'angoisse monte crescendo, d'où le talent de Kafka: Gregor Samsa cesse de travailler (entravé par son corps pour se déplacer), son entourage réagit différemment ce qui le déstabilise (Sa soeur Grete, dévouée l'aide en déplaçant les meubles pour son confort puis prend conscience de la gravité de son cas, sa mère espère que la situation va changer et son père le siffle, lui assène un coup violent,le blesse, le bombarde de pommes), il fait des efforts (pour se redresser, ouvrir la porte avec sa bouche), il perd ses repères, s'enlise dans un monde obscur, jusqu'au huis clos final.
    L'homme, selon Aristote, est un animal sociable et parlant.
    En perdant la parole, c'est son humanité qui va disparaître peu à peu.
    La métamorphose est une nouvelle fantastique, paradoxale, philosophique qui conte l'absurde de l'existence humaine.
    Frantz Kafka, étranger dans son pays, à la fois juif et tchèque, dont le père était brutal et tyrannique, dont la mère était inexistante affectivement, dont le corps était mal vécu,dont la sexualité était animalité qui carapaçonne,dont les difficultés à la fois internes et externes étaien l'objet d'un écartèlement insolutionnable, a sans doute projeté beaucoup d'éléments personnels dans ce récit.
    La métamorphose:un triste constat ironique sur le repli, la solitude, l'impuissance dans lesquels l'homme s'enferme ou se laisse enfermer parfois sans arriver à se détacher de ses liens mortifères.
    Un classique incontournable!
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (16 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par jcnb68, le 05 août 2011

    jcnb68
    J'ai mis du temps à m'atteler à la lecture de ce Kafka traînant dans ma bibliothèque depuis des années. Nous savons tous que Kafka et un remueur d'âmes sans pareil. Ici, je crois, il donne toute la mesure de son incomparable talent. J'ai relu le livre une deuxième fois, puis, je suis revenu sur certains passages qui trituraient mon tréfonds à certains moments où je vaquais à des activités sans aucun rapport avec le texte.
    Je sais que la sensation qui emplissait tout mon être consistait dans l'idée que la transformation de Gregor était conséquence du monde qui l'entourait.
    Il s'humanisait en devenant bête. Son physique n'était que le reflet de la bestialité de ceux qui le regardaient. Il est mort à petit feu, comme nous tous, de l'inhumanité du regard que nos semblables portent sur nous. Je crois que c'est un texte prodigieux de lucidité de par sa composition. de telle façon qu'il pénètre l'âme bien plus que notre raison.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (19 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par zohar, le 22 mars 2011

    zohar
    Désespérés, certes, mais ses romans sont imprégnés aussi d'un grotesque d'humoriste pince-sans-rire ! « La Métamorphose » tente d'éclairer la vie quotidienne en faisant pénétrer le lecteur attentif dans un univers irréel.
    Ce texte peut être interprété comme une histoire fantastique (mais pas au sens traditionnel du terme, et je tenterai de m'expliquer là-dessus !) dont le thème est la transformation d'un être humain en animal.
    Hallucination trompeuse ? Non ! Elle est devenue vraie… ! Grégoire Samsa, jeune commis voyageur s'est métamorphosé, un matin, en un énorme cancrelat.
    Dans un récit fantastique traditionnel, la bête serait dénuée de toute conscience ou d'émotions…Or, ici, ce n'est pas le cas ! Grégoire n'a perdu aucun sentiment humain : il craint et admire à la fois son père (même si, celui-ci, se montre hostile envers son fils du fait de son état de cancrelat, plat et gluant…) ; il se cache aussi puisque sa vue provoque du dégout vis-à-vis de sa mère qui est horrifiée ! de surcroît, il est ému par la musique, et est même désolé de ne plus pouvoir travailler pour sa famille, etc.
    La nouvelle de Kafka se différencie, également, des histoires fantastiques traditionnelles du fait que la transformation de Grégoire qui horrifie toute sa famille certes, mais ne l'étonne pas ! Son père et sa sœur continuent à s'occuper de lui (tant bien que mal) pour subvenir à ses besoins alimentaires et son confort, (bien qu'au fur et à mesure des pages, ils se résignent à le négliger et lui souhaiter même sa mort…).
    Sa mère, quant à elle, l'aime toujours mais elle reste impuissante devant un tel phénomène surnaturel ! Son entourage s'habitue peu à peu à son animalité et Grégoire en fait de même puisqu'il refuse la nourriture des humains.
    Le personnage de Grégoire est un innocent coupable, il est attaché aux mondes des contours, des humains, mais reste esseulé, replié dans sa solitude (du fait de sa transformation) et est voué à l'oubli et à la mort (c'est ce que souhaite sa famille car la bête leur fait honte).
    Finalement, il ne suffit pas, pour qu'il y ait fantastique, de mettre le monde sans dessus dessous : dans la nouvelle de Kafka, l'univers de la norme (la famille de Grégoire) reste sourde et aveugle face à l'insolite (la bête, le monstre, le cancrelat qu'est devenu notre personnage principal).
    Vis-à-vis du récit fantastique traditionnel, lorsqu'un évènement étrange se produit, cela relèverait immédiatement du surnaturel.
    Or, dans La Métamorphose, il y a surprise mais non hostilité par rapport à cet évènement surnaturel : son entourage accepte une telle étrangeté, certes inhabituelle, mais en somme paradoxalement possible qu'est la mutation de Grégoire en un animal !
    Ce livre est-il une allégorie de la domination de la communauté sur Samsa (ou plus précisément sur Franz Kafka, lui-même) dont il symboliserait, par sa mutation, tous ceux qui sont exclus du monde normal ? Cette histoire cruelle et absurde souligne la dissociation, la rupture insupportable entre le moi intime et le monde indéchiffrable des autres.
    Quoi qu'il en soit, cette œuvre n'est ni symboliste ni réaliste. Elle est la combinaison de ces deux écritures. Une écriture élaborée, dans le but de susciter une imagination visionnaire et celle des données véridiques de l'existence : pour Kafka, seul l'individu compte et celui-ci est toujours en butte face à l'absurdité du monde et doit lutter désespérément !

    > lire la suite
    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Auslander, le 30 mars 2012

    Auslander
    "La métamorphose" a été publiée en 1915. Elle est signée Franz Kafka (1883-1924). Cet écrivain tchèque d'expression allemande est principalement connu pour ses deux romans (inachevés) : "le procès" et "Le Château" ainsi que pour cette nouvelle.
    Le talent littéraire de Kafka est incontestable : un style fluide et une bonne maîtrise des procédés narratifs. Mais c'est surtout par les thèmes abordés dans ses œuvres que cet auteur se distingue : l'absurde, la solitude, le rejet, etc.
    Bien ancrées dans la vie réelle, les situations décrites sont souvent cauchemardesques et font ressortir l'angoisse de l'individu face à l'absurdité de la vie. L'influence littéraire de Kafka est telle que l'adjectif "kafkaïen" a été tiré de son nom justement pour caractériser ce genre de situations.
    Pour ceux qui veulent découvrir la production littéraire de Kafka, je vous conseille de commencer par "La métamorphose" pour deux principales raisons : d'une part, cette nouvelle est un échantillon très représentatif de l'œuvre de cet écrivain ; et d'autre part, c'est un récit complet et achevé contrairement à d'autres écrits. Un autre conseil (plutôt une mise en garde) : la lecture de ce livre est assez oppressante pour ne pas dire déprimante et cela à cause des thèmes abordés.
    Auteur tourmenté par ses peurs et à la santé fragile, Kafka est mort prématurément à l'âge de 40 ans. À sa mort, il voulait qu'on détruise l'intégralité de son œuvre non publiée. Il faut remercier Max Brod, ami et exécuteur testamentaire de l'auteur pour n'avoir pas accédé à cette dernière requête qui aurait privé la littérature de plusieurs chefs-d'œuvres.
    P.-S. Aux Éditions Gallimard et surtout à Claude David traducteur et commentateur de "La métamorphose" de la présente édition. Je trouve regrettable de surcharger un texte parfaitement intelligible de notes inutiles mais aussi qui gâchent la lecture en dévoilant des éléments de l'intrigue non seulement pour cette nouvelle, mais aussi pour deux autres écrits de Kafka à savoir "Le verdict" et "Un artiste de la faim".
    Conclusion : Excellent livre. Pour vous donner un aperçu et sans rien dévoiler de l'intrigue, je vous cite la première phrase de cette nouvelle : « Lorsque Gregor Samsa s'éveilla un matin au sortir de rêves agités, il se retrouva dans son lit changé en un énorme cancrelat. »

    Lien : http://litterature-critiques-romans.blogspot.fr/2012/03/la-metamorph..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (15 votes positifs)

> voir toutes (11)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par x-Kah-mi, le 23 décembre 2010

    Rejeter la couverture, rien de plus simple ; il n'avait qu'à se gonfler un peu, elle tomba toute seule. Mais la suite des opérations était plus délicate, surtout parce qu'il était excessivement large. Il aurait eu besoin de bras et de mains pour se redresser; or, au lieu de cela, il n'avait que ces nombreuses petites pattes sans cesse animées des mouvements les plus divers et de surcroît impossibles à maîtriser. Voulait-il en plier une, elle n'avait rien de plus pressé que de s'étendre; et s'il parvenait enfin à exécuter avec cette patte ce qu'il voulait, les autres pendant ce temps avaient quartier libre et travaillaient toutes dans une extrême et douloureuse excitation. « Surtout, ne pas rester inutilement au lit », se dit Grégor.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (9 votes positifs)
  • Par James, le 16 novembre 2010

    Il aurait eu besoin de bras et de mains pour se redresser ; or, au lieu de cela, il n'avait que ces nombreuses petites pattes sans cesse animées des mouvements les plus divers et de surcroît impossibles à maîtriser. Voulait-il en plier une, elle n'avait rien de plus pressé que de s'étendre; et s'il parvenait enfin à exécuter avec cette patte ce qu'il voulait, les autres pendant ce temps avaient quartier libre et travaillaient toutes dans une extrême et douloureuse excitation.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par brigittelascombe, le 08 novembre 2011

    Gregor prit peur en s'entendant répondre:c'était sans aucun doute sa voix d'avant,mais il venait s'y mêler comme par en dessous,un couinement douloureux et irrépressible qui ne laissait aux mots leur netteté qu'au premier instant,littérallement,pour ensuite en détruire la résonnance au point qu'on ne savait pas si l'on avait bien entendu.
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par Odile17, le 12 décembre 2010

    Une de ses pattes avait d'ailleurs été sérieusement blessée au cours des incidents de la matinée - et c'était un miracle que ce fût la seule ; la vie s'en était retirée et elle traînait par terre.
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par ChloeB, le 08 novembre 2010

    Est-ce que je ne ferais pas mieux de dormir encore un peu et d'oublier toute cette bouffonnerie ?
    Citation de qualité ? (8 votes positifs)









Acheter sur Amazon

Faire découvrir La Métamorphose par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (1390)

> voir plus

Quiz