> Claude David (Autre)
> Alexandre Vialatte (Autre)

ISBN : 2070378403
Éditeur : Gallimard (1987)


Note moyenne : 4/5 (sur 358 notes) Ajouter à mes livres
Le jour de son arrestation, K. ouvre la porte de sa chambre pour s'informer de son petit-déjeuner et amorce ainsi une dynamique du questionnement qui s'appuie, tout au long du roman, sur cette métaphore de la porte. Accusé d'une faute qu'il ignore par des... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Bartleby, le 18 juin 2008

    Bartleby
    http://bartlebylesyeuxouverts.blogspot.com/search/label/Kafka
    Extrait :
    Le Procès commence ainsi :
    « On avait sûrement calomnié Joseph K…, car, sans avoir rien fait de mal, il fut arrêté un matin. »
    Joseph K... explique alors au Brigadier qui est venu l'arrêter qu'il n'a rien à se reprocher : il est un homme d'une trentaine d'années qui n'a jamais fauté et, cependant, cette arrestation ne l'étonne pas vraiment. Joseph K... se sent coupable bien qu'il n'ait aucune raison objective de l'être. Nous retrouvons ici le thème de la culpabilité originelle qui est bien entendu lié à la religion, mais cet aspect ne me semble pas du tout essentiel. La culpabilité est certes originelle, mais de manière plus essentielle encore : exister, c'est être coupable.
    Kafka a développé très trop ce sentiment de culpabilité. Dans ses entretiens avec Janouch (Conversations avec Kafka), il raconte l'anecdote suivante : un soir qu'il rentrait chez lui après quelque bagarre, sale, les vêtements déchirés, la cuisinière le traita de Ravachol. Effrayé par ce terme dont il apprend qu'il est synonyme de criminel, il tombe malade et ne guérit qu'après que la pauvre cuisinière lui ait garanti qu'elle ne pensait pas à mal en le traitant ainsi. Il conclut alors son anecdote de la manière suivante :
    « le nom de Ravachol ne fut plus jamais prononcé à la maison, mais il resta en moi comme un aiguillon, ou plutôt comme une épingle brisée qui se promène à travers le corps.[1] L'angine guérit, mais je restais un malade contaminé intérieurement : j'étais un ravachol. Pourtant, extérieurement rien n'avait changé. On me traitait comme par le passé, mais je savais que j'étais en marge, que j'étais un criminel, bref un ravachol. Cela modifia tout mon comportement. […] Il ne fallait pas qu'on s'aperçoive que j'étais en fait un ravachol. […] Rien n'est aussi solidement chevillé à l'âme qu'un sentiment de culpabilité injustifié, car, du fait même qu'il n'a pas de motif réel, il ne peut être effacé par aucun remords ni aucune réparation. C'est pourquoi je demeurai un ravachol même une fois que j'eus oublié depuis longtemps l'histoire de la cuisinière. »
    Cette culpabilité est omniprésente dans l'œuvre de Kafka et plus particulièrement dans Le Procès. Joseph K… est donc coupable. Il demande alors au Brigadier de quoi il est accusé et celui-ci lui répond de manière surprenante qu'il ne sait pas si K... est accusé, mais qu'il est arrêté. Coupable et arrêté sans être accusé, telle est la situation de Joseph K... au début du roman. Il est étrange toutefois qu'une personne arrêtée et coupable soit laissée en liberté, à moins de comprendre cette étrangeté de manière existentielle : il n'y a pas de pires prisons que celles que l'on ne voit pas. Kafka disait ainsi à Janouch :
    « Moi, par exemple, je rentre maintenant chez moi. Mais ce n'est qu'une apparence. En réalité, je prends place dans un cachot installé spécialement à mon intention, d'autant plus rigoureux qu'il ressemble à un appartement bourgeois tout à fait ordinaire et que personne, à part moi, ne discerne qu'il s'agit d'une prison. D'où également l'absence de toute tentative d'évasion. On ne peut pas briser de chaînes quand il n'y en a pas de visibles. La détention est donc organisée comme une existence quotidienne tout à fait ordinaire, sans confort excessif. Tout semble construit dans un matériau solide et stable. Mais en fait c'est un ascenseur qui descend à toute allure vers l'abîme. »
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par jwpack, le 05 décembre 2010

    jwpack
    La fine limite du réel
    Un matin, Joseph K. est arrêté. Qui l'accuse ? De quoi ? Quand aura lieu son procès ? À ces questions, une réponse implacable: "C'est la loi." L'erreur est donc impossible. Ainsi, lentement, au rythme de l'administration, la vie de K. tourne au cauchemar. Avocats désabusés, juges peu scrupuleux, tribunal déserté... la justice n'est plus qu'absurdité, simulacre d'une liberté déjà perdue.
    En lisant ce résumé, nous sommes tout de suite portés à penser qu'il s'agit d'un roman policier. Ce classique chef-d'œuvre n'en est pas un. Nous pourrions même le classer comme roman psychologique puisqu'il nous met constamment en réflexion face à nous-mêmes. Il s'agit donc d'introspection grâce à un bouquin qui tend vers le fantastique.
    Qu'est-ce que la liberté et la loi? Qui sont véritablement les juges de notre société ? Ne sont-ils pas partout ? Ne sont-ils pas nos voisins et amis ? Car, un jugement est définitif. Nous sommes tous juges ainsi que victimes.
    Franz Kafka écrit d'une plume très accessible et navigue entre le réel et l'imaginaire d'une façon de maître. L'acteur principal ouvre une porte située dans une chambre, il est immédiatement dans les bureaux d'administration de la justice. Ne voilà t-il pas une forte image que la justice est partout ? Peut-elle être oppressante et omniprésente à ce point ?
    Nous sentons dans ces lignes une angoisse profonde, une douleur interne par l'écrivain. Un cercle qui gravite infiniment. Plus l'action avance, plus nous nous retrouvons au point de départ. Ce sentiment est figé dans le livre. Plus K. (le héros) tente de se sortir du pétrin, plus il s'engouffre.
    Ce bouquin est inachevé. Il n'aurait même pas dû être publié, selon les désirs de Kafka. Par chance, Max Brod, son ami, ne l'a pas écouté. Un pur délice pour l'intellect.
    Point négatif ? Il vous faudra mettre de côté les notions de romans ayant une structure intro-intrigue-dénouement. Ici, c'est tout autre chose. Pas accessible à qui veut, mais vaut la peine que vous tentiez l'expérience.
    Ma note: 4 étoiles sur 5
    James W. Pack 
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par chapochapi, le 13 avril 2010

    chapochapi
    j'ai été profondément mal à l'aise pendant toute la lecture de ce roman.
    et pour cause !
    ce livre, bien écrit, est oppressant, parfois difficile à lire, plaçant le lecteur dans une situation inconfortable du début jusqu'à la fin. L'auteur veut déranger et y réussit parfaitement !
    le personnage n'est pas sympathique, mais, face à ce qui lui arrive, et qu'on ne comprend pas plus que lui, on est amené à le défendre, l'encourager, le soutenir. situation déjà déstabilisante. mais que dire aussi du sujet du roman, ce procès, dont on ne sait rien, dont on ne comprend rien, ni de son fonctionnement et de sa logique, ni de son origine et dont la finalité, inéluctable paraît exaspérante. situation insoutenable. et enfin, tous nos repères s'écroulent : qui sont les alliés, les ennemis ? comment se sortir de ce mauvais pas ? est-il possible de s'en sortir ?
    j'ai pratiquement détesté cet ouvrage parce qu'il fonctionne parfaitement.
    à lire
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par hove, le 13 juillet 2011

    hove
    le procès de Kafka est une œuvre qu'une fois lue, on garde en tête pour le restant de ses jours. Il me semble important de la lire à plusieurs reprises idéalement à des périodes plus ou moins éloignée de notre vie…Les manières d'appréhender le procès sont infinies et sitôt la première lecture achevée on se demande ce que nous réservera les futures lectures. J'ai aimé l'atmosphère inquiétante du livre et sa façon de nous dire que la justice de ce monde à différentes époques, dans différents endroits de la terre est souvent tout sauf juste. Comment résumer l'œuvre si ce n'est en disant que la trop flagrante innocence de Joseph K. est en réalité la cause de son inexorable descente aux enfers. le procès dénonce les méandres du système judiciaire, la corruption mais aussi tout un régime totalitaire invisible et intransigeant contre qui l'honnête homme ne peut que se résigner et mourir.
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par ahasverus, le 14 août 2011

    ahasverus
    Joseph K. est accusé. Il est persuadé qu'il ne peut pas s'agir d'une affaire très importante, puisqu'il ne se connaît pas la moindre faute. Mais au fond, comment peut il affirmer qu'il est innocent alors même qu'il ignore la loi ?
    Onirique, absurde, prémonitoire, personnel l'univers de Kafka est à perte de vue. En tous cas, je n'en mesure pas encore toute l'étendue dans ce livre capable de nous transporter au delà de tous les livres et qui devra impérativement trouver place dans la bibliothèque de Mademoiselle Manon.
    Critique visionnaire et humaniste d'une certaine société, bien plus qu'un "simple" chef d'oeuvre de la littérature, qui m'a fait réviser mon jugement sur "La Métamorphose" que j'avais lue tièdement, et qui m'a donnée envie d'en savoir plus sur Kafka et son oeuvre.
    Merci à M. Kundera de m'avoir ramené sur ce rivage.
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Citations et extraits

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  • Par editionsdelabatjour, le 01 novembre 2010

    On avait sûrement calomnié Joseph K..., car, sans avoir rien fait de mal, il fut arrêté un matin. La cuisinière de sa logeuse, Mme Grubach, qui lui apportait tous les jours son déjeuner à huit heures, ne se présenta pas ce matin-là. Ce n'était jamais arrivé. K... attendit encore un instant, regarda du fond de son oreiller la vieille femme qui habitait en face de chez lui et qui l'observait avec une curiosité surprenante, puis, affamé et étonné tout à la fois, il sonna la bonne. À ce moment on frappa à la porte et un homme entra qu'il n'avait encore jamais vu dans la maison. Ce personnage était svelte, mais solidement bâti, il portait un habit noir et collant, pourvu d'une ceinture et de toutes sortes de plis, de poches, de boucles et de boutons qui donnaient à ce vêtement une apparence particulièrement pratique sans qu'on pût cependant bien comprendre à quoi tout cela pouvait servir.
    - Qui êtes-vous ? demanda K... en se dressant sur son séant.
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    Citation de qualité ? (7 votes positifs)
  • Par Henrietta, le 17 mars 2011

    Etes vous innocent ? demanda t-il.
    Oui, dit K...
    Il était heureux de répondre à cette question d'autant plus que ce n'était pas à titre officiel, et qu'il n'engageait aucune responsabilité. Personne ne l'avait encore interrogé aussi franchement.
    Pour savourer cette joie, il répéta encore :
    - je suis complètement innocent.
    -Ah ! Ah ! fit le peintre en inclinant la tête avec un air de réflechir.
    Puis il la releva subitement et dit :
    - Si vous êtes innocent, la chose est donc très simple.
    Le regard de K...s'assombrit. Cet homme qui se disait le confident de la justice parlait comme un enfant.
    - Mon innocence, repondit-il, ne simplifie l'affaire en rien.
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    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par Piling, le 09 août 2008 Première phrase du livre

    incipit :
    On avait sûrement calomnié Joseph K., car, sans avoir rien fait de mal, il fut arrêté un matin.
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