> Heike Gronemeier (Collaborateur)
> Corinna Milborn (Collaborateur)
> Olivier Mannoni (Traducteur)
> Leïla Pellissier (Traducteur)

ISBN : 2709636387
Éditeur : J.-C. Lattès (2010)


Note moyenne : 3.97/5 (sur 72 notes) Ajouter à mes livres

Le 2 mars 1998, la jeune Natascha Kampusch va pour la première fois à l’école à pied. Elle est enlevée sur la route par Wolfgang Priklopil, un ingénieur électricien d’une trentaine d’années. Elle r&... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par patachinha, le 12 octobre 2011

    patachinha
    C' est difficile de lire un livre pareil sans tomber dans un sentiment de compassion. Ce que Natascha Kampusch a vécu durant ces années de captivité ne peut se résumer à ces 316 pages. Néanmoins elle nous donne les éléments essentiels pour comprendre cette histoire, et surtout nous donne sa propre vision de son enlèvement.

    Elle me déconcerte par sa force de caractère et son courage. Elle n' en sort pas brisée comme je le pensais, elle a su se reconstruire petit à petit, même si cet évènement la marquera à jamais, je pense -et je l' espère- qu' elle trouvera son bonheur par sa rage de vaincre.

    A la lecture de son histoire on se rend compte de l' emprise morale et physique de ravisseur sur elle ainsi que la grande manipulation dont elle a fait l' objet durant toutes ces années. On retrouve ainsi les divers processus de manipulation : tout d' abord il a cherché à "séduire" sa victime, en l' amadouant, lui faisant croire qu' il ne voulait que son bien et qu' il était quelqu' un de bon, qu' il n' avait fait celà que pour son propre bonheur. Puis il la fait ensuite douter d' elle- même, cherche à la destabiliser par tous les moyens. Il n' hésite pas ensuite à lui inculquer un sentiment de culpabilité, lui laissant croire qu' elle ne se retrouve dans cette situation que par sa propre faute. Vient ensuite une période où le ravisseur "s' approprie" totalement le psychisme de sa victime, en envahissant son "territoire psychique". Il cherchera par la suite à inverser les rôles, lui faisant croire une fois de plus qu' elle est la coupable. Enfin on retrouve une phase d' acharnement intense, pour réduire à néant le peu de résistances qui pourraient subsister.

    C' est impressionant de comprendre toutes les barrières qu' elle s' est elle-même construites vis-à-vis de l' extérieur, le normbre d' opportunités qu' elle n' a pas saisi pour s' évader! Elle reprend d' ailleurs une citation intéressante de Charles Dickens à propos de la détention à l' isolement : " Je crois que seules de rares personnes sont en mesure d' évaluer l' incroyable horreur de la torture et de l' agonie que ce type de traitement cruel inflige à ceux qui le subissent pendant des années. Même si je ne peux pour ma part que le soupçonner, même si je réfléchis à ce que j' ai vu sur leur visage et à ce qu' ils ressentent, je suis d' autant plus convaincu qu' il s' agit d' une effroyable souffrance que nul ne peut mesurer, hormis les personnes concernées, et qu' aucun être humain n' a le droit d' infliger à son prochain. Je considère cette influence sur le cerveau, acquise de manière lente et quotidienne, comme immensément plus grave que toute torture physique; et parce que ses conséquences affreuses ne sont pas aussi visibles à l' oeil ni sensibles au toucher que les traces laissées par la torture dans la chair, je les plains d' autant plus que les blessures ne se voient pas extérieurement et qu' elles ne suscitent que peu de cris audibles pour l' oreille humaine".


    Dotée à l' époque d' une intelligence au-dessus de la moyenne, à un âge si tendre, où l' esprit est encore très malléable, elle nous explique que si elle a survécut toutes ces années et n' a pas sombré dans la folie c' est avant tout parce que son jeune âge lui a permis de s' adapter plus facilement qu' un adulte à ces conditions de vie tant sur le plan physique que psychique. Au milieu de ses lectures, de la télévision, de différentes activités manuelles, elle a ainsi pu se créer un monde parallèle à celui qui existait au-delà de son cachot, un monde qui permettait la liaison entre son passé, ses souvenirs, sa famille qui lui manquait tant, et sa relation avec le seul être humain qu' elle a côtoyé durant huit ans.

    Ce livre fut certainement la dernière étape dans sa libération émotionnelle. Coucher par écrit les horreurs qu' elle a subi lui auront permis de faire la paix avec elle-même, ainsi qu' avec cette société qui, replète de compassion, n' a jamais véritablement cherché à comprendre pourquoi une victime d' un bourreau peut lui accorder un semblant d' humanité et éprouver une sorte de compréhension à son égard... On préfère évoquer un hypothétique syndrôme de Stockholm plutôt de gratter plus en profondeur pour comprendre comme elle le dit à maintes reprises que rien n' est ni tout blanc ni tout noir...

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    • Livres 4.00/5
    Par Lune, le 22 octobre 2011

    Lune
    Que dire d'un tel livre ?
    Si ce n'est que l'on est horrifié de lire l'incroyable, l'invraisemblable...
    Se répéter que tout cela est vrai, qu'un être malade a pu, pendant 3096 jours, maltraiter un autre être humain, en abuser et tenter de façonner une petite fille de dix ans.
    Je dis « tenter » car jamais Mademoiselle Kampusch n'a laissé empiéter son identité et sa force de vie.
    Qu'une enfant, puis une adolescente, enfin une pré-adulte ait pu se « préserver », ait pu comprendre les mécanismes qui lui ont permis de tenir sont absolument époustouflants.
    Une force au-delà de ce qu'on peut imaginer, une intelligence subtile se dévoile à tour de pages.
    Force qu'elle dut continuer à avoir après sa fuite. Quelle belle gifle à la société et aux bien-pensants...
    Quelle réflexion sur la notion du bien et du mal, du blanc et du noir et de l'ignorance des gris intermédiaires où la pensée humaine se refuse d'aller.
    Au-delà de l'horreur, une invitation à dépasser nos conditionnements nous est donnée.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Madamedub, le 06 avril 2011

    Madamedub
    Tout le monde a peu ou prou entendu parler de l'histoire extraordinaire de cette autrichienne, qui, enlevée sur le chemin de l'école à 10 ans, a passé huit années de sa vie prisonnière d'un déséquilibré mental, avant de parvenir à s'échapper. L'homme quant à lui se jetait sous un train à peine la fugue de sa captive découverte.
    Ce livre, et surtout le battage médiatique autour de N. Kampusch, laissent perplexe. Une première question, si l'on regarde les nombreuses interviews que l'auteur a données, revient sans cesse: faut-il ou non s'intéresser à cette histoire, ou n'est-ce là que de la curiosité morbide?
    Puis une autre : est-ce du fait d'un « syndrome de Stockholm » si tout au long du livre N. Kampusch essaie, non pas de comprendre, mais de vivre-survivre- avec son ravisseur?
    C'est une histoire digne d'un affreux conte pour enfant. A la différence près qu'il s'agit d'un véritable évènement. Sur son chemin pour l'école, la petite Natscha se fait kidnapper par un méchant ogre. Il la gardera reclue dans une cave minuscule, enfermée sous terre, cachée aux yeux de tous. Il fera d'elle son esclave, sa créature, fou d'angoisse à l'idée qu'une once de sa liberté ne lui échappe: il gère son alimentation, son temps de lumière électrique par jour, le moindre de ses mouvements est épié.
    Mais les contes apprennent beaucoup sur la psychologie humaine.
    De même cette histoire, aussi morbide et douloureuse soit-elle, ne cesse d'intéresser, car elle révèle cette terrible faille de l'être humain, lorsque celui-ci perd tout contrôle de lui même et cède à ses pulsions les plus angoissées de possessivité et de sadisme.
    Natascha Kampush décrit donc bien cet être monstrueux, marginal, oppressé par une mère omniprésente - mais que Natascha ne verra pourtant jamais- en proie à des crises de colère et d'affection aussi redoutables les unes que les autres.
    Face à cet effort de désidentification acharné (le ravisseur va jusqu'à lui changer son prénom), Natascha ne sait plus qui elle est, ni ce qui est vraiment, puisqu'on lui inculque qu'il faut tout désapprendre. Elle nomme tout le temps "le ravisseur" Wolfgang Priklopil, comme si tous deux vivaient désormais dans un non-lieu, où les règles apprises n'ont plus cours, et où les valeurs s'inversent.
    Mais comme elle n'était qu'une enfant, on ne peut que comprendre, non pas la compassion, mais du moins le besoin d'affection, d'une captive qui pendant au moins sept année ne verra qu'une seule personne, dont elle sera dépendante à tous points de vue (enfermée sous terre, Natascha songe avec angoisse à ce qu'elle deviendrait s'il arrivait quelque chose, en surface, à son ravisseur et détenteur des clés...)
    Et plus encore, une enfant ne peut survivre à huit années de haine, au risque de sombrer dès lors dans ce que l'on pourrait qualifier de syndrome "du conte de Montecristo", pulsion de colère et de vengeance, qui ne serait supportable à une enfant qui était bien loin encore de la maturité.
    Par delà la colère et la pardon, existe-t-il une vie possible?
    C'est tout le défi de cet ouvrage.
    Un témoignage d'une survivante, qui a traversé le vide et l'absence.
    Mais un livre c'est avant tout une écriture, un style. Et de cela, à n'en pas douter, l'écriture de l'auteur en fait preuve. On est au début trompé par la couverture (un peu trop pathos à notre goût: une photo un peu sombre et grave de Natasha), et l'on s'attend à alors un témoignage brut. Or ce n'est pas du tout le cas. L'écriture est fine, le ton sérieux et profond. Un vrai livre, au-delà du témoignage.
    EB

    Lien : http://www.madamedub.com
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par 111Genevieve111, le 05 décembre 2010

    111Genevieve111
    Comment resté insensible à cette lecture ? Moi qui suis impatiente quand il s'agit d'action littéraire , j'avais hâte d'entré dans le vif du sujet : son enlèvement .
    Hors j'ai compris que pour bien comprendre , je devais connaitre ce qu'était sa vie avant l'enlèvement. Ainsi pas à pas , j'ai su qui était natasha avant , pendant et après .
    Je ne peux m'imaginé dans pareille situation sans devenir complètement folle . C'est un livre inspirant , qui nous donne envie d'être en contact avec son auteur . Ne serais-ce que pour partager sur nos épaules , un peu de son enfance qui lui a été volé.
    Ce livre n'est en rien sensationnaliste . Il y a des choses que son auteur a préféré garder pour elle ( et c'est tout à fait justifié cela lui appartient ) Je l'apprendrai plus tard au fil de mes recherche internet . Mais cela reste un récit poignant .
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    • Livres 4.00/5
    Par AnaisValente, le 15 avril 2012

    AnaisValente
    « le dimanche, on lit au lit ».
    Lire le récit de Natascha Kampusch, est-ce du voyeurisme ? de la curiosité malsaine ? Je me suis posé la question. Et j'ignore la réponse.
    Ce que je sais, c'est que si elle a éprouvé le besoin de l'écrire, j'imagine qu'elle apprécie le fait qu'il soit lu.
    Alors je l'ai lu.
    Et j'ai découvert l'enfer de ces 3096 jours. Un enfer digne d'un thriller. Dont on connait la fin, mais tout de même un thriller. le lire se lit en tout cas comme tel, avec une tension et une angoisse qui va crescendo, mais pas seulement.
    Il permet surtout une meilleure compréhension de la relation étrange qui s'était instaurée entre Natascha et son kidnappeur, seul être humain qu'elle a côtoyé durant tant d'années, auquel, malgré tout, malgré la peur et la haine, elle était attachée. Il permet de comprendre les mécanismes qu'elle a mis en place pour survivre à tout ce qu'elle a subi : la faim permanente, les tortures physiques incroyables, l'esclavage quotidien, la manipulation mentale ignoble. Elle a tenu le coup, presque miraculeusement, par sa force de caractère, la promesse qu'elle s'était faite de s'en sortir à dix-huit ans, ce qu'elle fit, par ses souvenirs, ses lectures, son journal et par une volonté farouche de survivre à tout. 3096 jours, permet d'imaginer son quotidien stupéfiant (mais pourtant si horriblement vrai) pendant toutes ces années. Il permet de comprendre pourquoi elle n'a pas fui lors des quelques occasions qu'elle a eues avant ce 3096e jour, où elle a enfin osé franchir le pas. Il permet d'analyser la tactique du ravisseur pour l'enchaîner à elle, sans chaînes. Il permet de comprendre que le pardon fut et est encore son salut. Il permet de comprendre l'incompréhensible : qu'elle ait survécu à Prikopil.
    Et enfin, il fait naître une angoisse énorme, tellement énorme. Ou une empathie. Peu importe le nom. le ressenti est incroyable durant toute la lecture.
    J'ai eu peur, comme elle, de mourir étouffée par une peau de saucisson, seule, dans ma cache. J'ai été angoissée, comme elle, de mourir de faim et de soif si le kidnappeur décédait là-haut. J'ai eu l'impression, comme elle, d'être dans Truman show, tant la réalité semblait irréelle face au monde créé par le ravisseur. J'ai imaginé, comme elle, durant les premiers jours qui ont suivi l'enlèvement, le quart d'heure de gloire qui suivrait la libération par les forces de l'ordre.
    Par ce livre, Natascha demande une seule chose : qu'on accepte que Prikopil ait fait partie de sa vie, que cette vie ne fut pas que souffrance, car elle a eu certains bons moments, qu'on accepte la façon dont elle a géré au mieux le quotidien, tout simplement pour y survivre, qu'on ne la juge pas, qu'on comprenne qu'elle ait pardonné, qu'on la laisse tranquille (car oui, elle a subi menaces et insultes une fois libre, incroyable mais vrai).
    Pari gagné Natascha.
    NB : Y'a juste un petit truc que je n'ai pas su exploiter dans ce livre : les codes magiques qui donnent accès à d'autres infos, codes qu'il faut scanner avec son gsm et transformer en adresses web. Nan, décidément, chuis trop blonde, ou alors j'ai pas un gsm capable de faire ça (l'occasion d'acheter un new one, si possible Hello Kitty ?)… Dommage, ça doit être vachement intéressant.

    Lien : http://www.le-celibat-ne-passera-pas-par-moi.be/anais-et-sa-collecti..
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Citations et extraits

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  • Par Mia, le 20 mars 2011

    Cette société a besoin de criminels comme Wolfgang Priklopil, pour donner un visage au Mal qui l'habite et le tenir à distance. Elle a besoin de ces images de caves transformées en cachots, pour ne pas avoir à regarder dans toutes ces maisons où la violence montre sa face lisse et bourgeoise. Elle a besoin de victimes de cas spectaculaires comme le mien pour se décharger de la responsabilité des crimes quotidiens commis sur des victimes anonymes que l'on n'aide pas - même si elles réclament de l'aide.
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  • Par Mia, le 15 mars 2011

    J'étais livrée à moi-même, à ma peur et à ma solitude. Je tentais de me donner du courage et de refouler ma panique par des moyens rationnels. Ce sont les mots qui m'ont sauvée à l'époque.
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  • Par cequejelis, le 18 septembre 2011

    L'un des livres sur les étagères du salon auquel Priklopil tenait était Mein Kampf d'Adolf Hitler. Il parlait souvent et avec admiration du Führer. ” Il a eu raison de gazer les Juifs”, disait-il. Son idole était Jörg Haider, le leader d'extrême-droite du FPÖ. Priklopil pestait volontiers contre les étrangers, qu'il appelait dans l'argot de Donaustadt “Tschibesen” - un mot que j'avais entendu dans les tirades racistes des clients de ma mère. Lorsque le 11 septembre 2001, les avions foncèrent sur le World Trade Center, il se réjouit intérieurement : il voyait attaquées la “côte Est américaine” et la “juiverie internationale”.

    Même si je doutais des ses postures nazies - elles sonnaient faux, comme des grandes paroles bêtement répétées -, il y avait quelque chose dont il était profondément convaincu : j'étais pour lui quelqu'un dont il pouvait disposer selon son bon vouloir du moment. Il se prenait pour un être de la race des seigneurs. J'étais l'être de seconde classe.

    Le Livre de Poche n° 32229 p189.
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  • Par nath009, le 15 juillet 2011

    "En se fondant sur des crimes comme celui que j'ai subi, la société construit, en noir et blanc, les catégories du bien et du mal qui lui permettent de tenir debout.Il faut que le bourreau soit une brute pour pouvoir rester soi-même du bon côté. Et la victime doit être brisée et le rester, afin que l'externalisation du mal puisse fonctionner."
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  • Par nath009, le 15 juillet 2011

    "ma seule marge de manœuvre était de lui pardonner ses gestes. Cet acte de pardon me rendit le pouvoir sur ce que je vivais et me permit de m'en accommoder. SI j n 'avais pas instinctivement adopté cette attitude j'aurais peut-être sombré dans la colère ou la haine. Par le pardon je repoussais ses actes loin de moi. IL ne pouvait plus me rabaisser ou me briser, puisque je les lui avais déjà pardonnés"
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