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> Alain Renaut (Éditeur scientifique)

ISBN : 2080707159
Éditeur : Flammarion (1994)


Note moyenne : 4/5 (sur 5 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
De la fondation de l'éthique à l'éthique appliquée : ainsi pourrait-on caractériser le projet de la Métaphysique des mœurs ; La Fondation (1785) part de l'expérience morale telle qu'elle est vécue par la conscience commune jusqu'à ce qui, permettant d'en rendre compte, ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (1)

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    • Livres 5.00/5
    Par peloignon, le 14 décembre 2012

    peloignon
    Toute l'existence kantienne a été vouée au Souverain Bien et toute sa philosophie en découle: « Il n'y a nulle part quoi que ce soit dans le monde, ni même en général hors de celui-ci, qu'il soit possible de penser et qui pourrait sans restriction être tenu pour bon, à l'exception d'une volonté bonne. »(59)
    Or, la question du bien ne doit pas être abordée d'une manière qui ne lui convienne pas. Défendre, par exemple, le Bien par le biais d'arguments esthétiques ou religieux, ou pire, par le biais d'une argumentation manipulatrice et mensongère ne peut absolument pas convenir. Il faut s'assurer de procéder honnêtement, de faire la recherche pour soi-même d'abord avant de la présenter comme une libre possibilité à d'autres.
    Ceci dit, sur une question métaphysique de la sorte, même la recherche la plus honnête risque d'entraîner irrésistiblement l'humain qui la fait vers le dogmatisme ou le scepticisme, lieux où la moralité disparaît, car le scepticisme n'y croit pas et parce que le dogmatisme y croit dans l'illusion. Afin d'éviter de sombrer dans l'une de ces impasses morales, il est donc nécessaire d'établir d'abord clairement quelles sont les ouvertures et les limites de la raison humaine afin d'établir fermement une position critique où la moralité pourra être poursuivie en toute sûreté. Pour ce faire, Kant écrira sa Critique de la raison pure.
    Par la suite, sans craindre de sombrer dans la ratiocination métaphysique, il devrait ensuite pouvoir enfin se permettre d'aborder la question qui lui tient le plus à cœur : celle de la moralité.
    Pourtant, dans sa Fondation de la métaphysique des mœurs il semble se contenter d'aborder uniquement les quelques questions préliminaires en exposant l'analogon de sentiment qu'est le « respect » et en présentant diverses formulation de l'impératif catégorique, avant de tenter une déduction de la liberté dans la 3e partie. Et c'est sans aucun doute l'échec de sa déduction de la liberté qui l'a retenu quelque temps d'écrire sa Métaphysique des moeurs. La moralité est en effet impossible si la liberté n'est pas présente.
    Mais puisque le contenu de la moralité nous est rendue présente par le biais de l'impératif catégorique, comment se fait-il que la liberté, qui devrait nécessairement l'accompagner, ne peut en être déduite? C'est que toute déduction appartient au monde amoral de la Logique et de la nécessité, tandis que la liberté implique un saut dans la réflexion ou dans l'existence. Elle échappe, en son essence même, à toutes nécessités et à toutes causalités.
    Ce saut, Kant n'est pas encore prêt à l'assumer dans son écriture lorsqu'il produit sa Fondation de la Métaphysique des moeurs. On pourra observer le surgissement de ce saut, si on a l'œil fait pour cela, dans les premières parties de sa Critique de la raison pratique qu'il écrira trois ans plus tard.
    Je ne veux toutefois pas abuser de la patience des gens qui ont l'amabilité de lire cette petite réflexion qui se veut explicative sur cette pièce très importante de la philosophie kantienne.
    L'ensemble constitue une lecture incontournable à quiconque s'intéresse, pour sa propre vie ou par simple curiosité, à la moralité ou à la philosophie en général. Et pour les autres, ça se lit très bien (pour du Kant) et ça constitue un très bel (et bon) exercice de réflexion.
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Citations et extraits

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  • Par Pharmakon, le 04 décembre 2014

    "...Personne ne dispose d'un droit d'exiger de moi un sacrifice de mes fins quand elle ne sont pas immorales. Rechercher pour elle-même l'aisance, ce n'est pas directement un devoir, mais ce peut parfaitement en être un directement, à savoir celui d'écarter la misère en tant qu'elle constitue une grande incitation à s'abandonner aux vices. Reste que, dans ce cas, ce n'est pas mon bonheur, mais de ma moralité que je me fais une fin et même temps un devoir de la conserver dans son intégrité".
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  • Par Pharmakon, le 13 novembre 2014

    “La plus haute vertu doit être accessible aux plus ignorants aussi bien qu’aux plus savants, et lorsqu’elle est poursuivie, elle tend à constituer, par l’accord des volontés, un règne des fins, une république des personnes, dont la valeur est incomparablement supérieure à la plus grande perfection naturelle des individus les mieux favorisés ; cette égale condition de tous les hommes devant la loi morale et cette égale aptitude chez tous à la mettre en pratique sont liées au droit qu’a chacun d’être traité selon sa dignité de personne, à la faculté souveraine qu’a chacun d’établir dans l’ordre moral autant et mieux que dans l’ordre social la législation à laquelle il obéit : la bonne volonté, c’est la réalisation de la volonté autonome.”
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  • Par peloignon, le 12 décembre 2012

    Il n'y a ... qu'un unique impératif catégorique, et c'est celui-ci: Agis seulement d'après la maxime grâce à laquelle tu peux vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle.(97)

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  • Par Pharmakon, le 29 novembre 2014

    "L'amitié (considérée dans sa perfection) est l'union de deux personnes liées par un amour et un respect égaux et réciproques. - On voit facilement qu'elle est l'Idéal de la sympathie et de la communication en ce qui concerne le bien de chacun de ceux qui sont unis par une volonté moralement bonne, et que si elle ne produit pas tout le bonheur de la vie, l'acceptation de cet Idéal et des deux sentiments qui le composent enveloppe la dignité d'être heureux, de telle sorte que rechercher l'amitié entre les hommes est un devoir. - Mais il est facile de voir que bien que tendre vers l'amitié comme vers un maximum de bonnes intentions des hommes les uns à l'égard des autres soit un devoir, sinon commun, du moins méritoire, une amitié parfaite est une simple Idée, quoique pratiquement nécessaire, qu'il est impossible de réaliser en quelque pratique que ce soit. En effet, comment est-il possible pour l'homme dans le rapport avec son prochain de s'assurer de l'égalité de chacun des deux éléments d'un même devoir (par exemple de l'élément constitué par la bienveillance réciproque) en l'un comme en l'autre, ou, ce qui est encore plus important, comment est-il possible de découvrir quel est dans la même personne le rapport d'un sentiment constitutif du devoir à l'autre (par exemple le rapport du sentiment procédant de la bienveillance à celui provenant du respect) et si, lorsqu'une personne témoigne trop d'ardeur dans l'amour, elle ne perd pas, ce faisant, quelque chose du respect de l'autre ? Comment s'attendre donc à ce que des deux côtés l'amour et le respect s'équilibrent exactement, ce qui est toutefois nécessaire à l'amitié ? - On peut, en effet, regarder l'amour comme la force d'attraction, et le respect comme celle de répulsion, de telle sorte que le principe du premier sentiment commande que l'on se rapproche, tandis que le second exige qu'on se maintienne l'un à l'égard de l'autre à une distance convenable."
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  • Par colimasson, le 07 avril 2013

    Il se pourrait qu'aucune action morale n'ait jamais été commise ! Parce qu'aucune action humaine réellement désintéressée n'a peut-être existé.

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