> Jean-Michel Muglioni (Éditeur scientifique)

ISBN : 2218925923
Éditeur : Hatier (2007)


Note moyenne : 4.33/5 (sur 9 notes) Ajouter à mes livres

" Sapere aude ! (ose savoir !) Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! Telle est la devise des Lumières. " Dans ce texte manifeste de la philosophie des Lumières, Kant établit que l'accès à la libre pensée est pos... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 4.00/5
    Par nastasiabuergo, le 10 mai 2012

    nastasiabuergo
    Du pain et des jeux ! Ça ne vous rappelle rien ? Ça ne date pas d'hier pourtant comme technique pour justement éteindre, de près ou de loin toute forme de lumière. Immanuel Kant, nous livre ici en quelques pages (il s'agit d'un tout petit opuscule, à l'origine un article dans le journal Berlinische Monatsschrift) sa définition de ce que sont les lumières et de ce qui peut venir les entraver. Cet article faisait suite à l'article d'un pasteur théologien qui mettait en garde contre les excès de liberté de penser, notamment dans le domaine religieux, conduisant les fidèles à "s'éclairer". Il posait en substance la question "qu'est-ce que les lumières? tout le monde en parle mais on ne m'a encore jamais explicitement dit ce que c'est." Donc Kant se fait un devoir de répondre (son article s'intitule "réponse à la question qu'est-ce que les lumières") et il ne faut pas trop s'étonner qu'il insiste sur l'aspect religieux au vu d'où émanait la question, mais il ouvre néanmoins la porte à d'autres domaines.
    Selon lui, la lumière est le fait de réfléchir par soi même et non plus sous la direction de quelqu'un. Dit autrement, c'est l'accession à la majorité. Vous aurez compris que pour lui, celle-ci n'est pas seulement dépendante de l'âge comme c'est le cas dans notre société, mais bien d'un phénomène actif qui peut avoir lieu comme ne jamais avoir lieu.
    Donc la principale entrave à l'illumination des individus sont souvent les individus eux-mêmes qui, par paresse, par faiblesse préfèrent faire et penser ce qu'on leur suggère fortement de penser plutôt que de prendre à leur compte le fait de développer un raisonnement propre.
    La seconde entrave à l'éclairage public (j'aime bien cette formule) peut émaner évidemment des autorités dirigeantes qui ne voient pas forcément d'un bon œil le fait que les masses commencent à questionner tous azimuts, notamment leur politique, qu'on sait être "éminemment orientée vers le bien de l'individu" (le tout est de savoir ensuite de quels individus on parle, mais là est une autre question à laquelle Immanuel Kant ne donne pas de lumière).
    Pour celles et ceux qui connaissent Kant d'ordinaire, l'effort de concision est extrême et la clarté au rendez-vous, ce qui est tout de même un préalable quand on se propose de parler de lumières. J'ai vu dans ce minuscule écrit (par la taille et grand par la richesse) nombre de points qui me font questionner la situation actuelle (paresse intellectuelle des gens, rôle occulte des gouvernements...) et ne puis que souscrire par contre, l'auteur développe aussi une distinction entre usage public et privé de sa liberté de penser à laquelle je n'adhère pas pleinement. Il définit la sphère privée non pas comme nous l'entendons communément mais comme notre environnement de travail. Ainsi, un enseignant dans sa classe est pour lui dans la sphère privée. La sphère publique est celle où, en son nom propre et non plus au nom de l'organisme dont il fait partie, il participe, par ses écrits à la réflexion collective. En somme, un fonctionnaire, un militaire, un employé doivent obéir et appliquer les consignes dans l'exercice de leurs fonctions et, s'ils ont des griefs, doivent les exposer publiquement et en leur nom propre pour faire évoluer les consignes. Ok, je veux bien Monsieur Kant, mais heureusement tout de même que quelques fonctionnaires et quelques militaires n'ont pas appliqué scrupuleusement les directives de leurs chefs, sans quoi, Paris aurait été ravager par les flammes en 1945 et Vichy aurait fait encore plus de victimes qu'il n'en a déjà fait.
    Dans l'ensemble, une réflexion très intéressante, (comme devrait toujours l'être la philosophie) que je conseille bien volontiers, notamment aux très jeunes que les gros volumes effraient, du moins c'est mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Citations et extraits

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  • Par nastasiabuergo, le 11 mai 2012

    Or, ce que même un peuple n'a pas le droit de décider pour lui-même, un monarque a encore moins le droit de le décider pour un peuple ; car son autorité législative repose précisément sur le fait qu'il réunit toute la volonté du peuple dans la sienne propre. Pourvu qu'il veille à ce que toute amélioration réelle ou supposée s'accorde avec l'ordre civil, il peut pour le reste laisser faire ses sujets de leur propre chef ce qu'ils jugent nécessaire d'accomplir pour le salut de leur âme ; ce n'est pas son affaire, qui est plutôt de veiller à ce que les uns n'empêchent pas par la force les autres de travailler autant qu'ils le peuvent à définir ce salut et à le réaliser. Il porte même préjudice à sa majesté s'il s'immisce dans ce travail, en prenant la peine de placer les écrits par lesquels ses sujets s'efforcent de tirer leurs vues au clair sous la surveillance de son gouvernement, qu'il le fasse à la lumière de sa propre et très haute vision des choses, - auquel cas il s'expose à cette objection : Cæsar non est supra grammaticos -
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  • Par nastasiabuergo, le 11 mai 2012

    Si l'on demande maintenant : vivons-nous actuellement dans une époque éclairée ?, on doit répondre : non, mais nous vivons dans une époque de propagation des lumières. Il s'en faut encore de beaucoup que les hommes dans leur ensemble, au point où en sont les choses, soient déjà capables, ou puissent seulement être rendus capables, de se servir (...) de leur propre entendement de façon sûre et correcte, sans être dirigés par un autre.
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  • Par nastasiabuergo, le 10 mai 2012

    Mais voilà que j'entends crier de tous côtés : " Ne raisonnez pas ! " L'officier dit : " Ne raisonnez pas, faites vos exercices ! " Le percepteur : " Ne raisonnez pas, payez ! " Le prêtre : "Ne raisonnez pas, croyez ! "
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  • Par nastasiabuergo, le 10 mai 2012

    Les lumières se définissent comme la sortie de l'homme hors de l'état de minorité, où il se maintient par sa propre faute. La minorité est l'incapacité de se servir de son entendement sans être dirigé par un autre. Elle est due à notre propre faute quand elle résulte non pas d'un manque d'entendement, mais d'un manque de résolution et de courage pour s'en servir sans être dirigé par un autre. Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! Voilà la devise des lumières.
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  • Par nastasiabuergo, le 11 mai 2012

    Mais s'entendre sur une constitution (...) que personne n'aurait le droit de mettre en doute, ne fût-ce que pendant la durée d'une vie d'homme, et anéantir ainsi en quelque sorte dans l'amélioration progressive de l'humanité toute une époque, en la rendant stérile et par la même néfaste pour la postérité, voilà qui est absolument interdit.
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http://www.auburn.edu/academic/liberal_arts/philosophy/kant.htm











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