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> Éric Chédaille (Traducteur)

ISBN : 2267021153
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (2010)


Note moyenne : 3.67/5 (sur 268 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

Lorsque Jiselle, hôtesse de l’air, rencontre le beau pilote Mark Dorn, veuf et père de trois enfants, cela ressemble au début d’un conte de fées. Le passé compliqué de Jiselle, ses sentiments confus envers son père... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par nameless, le 04 novembre 2014

    nameless
    En un monde parfait démarre comme une romance à l'eau de rose : Jiselle, hôtesse de l'air, belle, trentenaire, indépendante et célibattante, s'absorbe dans son métier, en tâchant de se convaincre et de convaincre les autres qu'elle n'est pas dans l'attente d'un homme. Jusqu'au jour où elle succombe (et réciproquement) au charme de Mark Dorn, commandant de bord, dont la beauté et la prestance font mordre la poussière à n'importe quelle femme. Qu'il soit veuf et père de trois enfants le rend encore plus attirant et mystérieux.

    Trois mois plus tard, leur mariage est célébré, transformant le même jour Jiselle en épouse et belle-mère. Souvent absent pour cause de traversées incessantes de la planète au volant de son avion, Mark suggère avec subtilité à Jiselle, d'abandonner son emploi pour une confortable vie de femme au foyer et de baby-sitter à temps plein. Amoureuse, Jiselle quitte donc le confinement d'une carlingue pour accéder à celui d'une maison à la campagne, au fonds des bois, en compagnie de trois gosses peu accueillants (doux euphémisme), renonçant ainsi à sa carrière, son ancienneté dans l'entreprise, ses droits à la retraite, et devenir financièrement dépendante après tant d'années sans rien demander à personne.

    C'est là que s'arrête la romance fleur-bleue, pour dérailler, car c'est Laura Kasischke et son talent infernal qui sont aux manettes.

    En même temps que Jiselle découvre son nouveau statut social de bénévole au service d'un homme et de sa progéniture, une épidémie d'étiologie inconnue et nommée, faute de mieux, grippe de Phoenix, frappe l'Etat avant de s'étendre au-delà, décimant la population. Mark est retenu, placé en quarantaine à Munich avec son équipage et ses passagers, abandonnant sa femme à son sort, seule avec les enfants. Il donnera d'abord quelques nouvelles, puis les mois passant, il finira par s'effacer de la vie de Jiselle.

    La catastrophe sanitaire, outre l'hécatombe humaine qu'elle entraîne, provoque une pénurie économique ainsi que des comportements sociaux aberrants, peurs irrationnelles, malades ostracisés, émergence de gourous et autres guérisseurs opportunistes qui apportent tous leur explication du désastre : importation de perruques infectées, réchauffement climatique, raisins contaminés, guerre bactériologique, mauvais karma, chats-chiens ou oiseaux porteurs des germes mortels, sexe à l'adolescence. Si j'insiste sur cet aspect du livre, c'est parce que ces comportements de repli sur soi, de peur de l'autre et de stigmatisation si finement analysés par Laura Kasischke en 2009, ressemblent étrangement à ceux que décrivent en 2014, les journalistes et médecins depuis plusieurs semaines maintenant, à propos d'une autre épidémie mondialement menaçante, encore à l'oeuvre aujourd'hui, à l'heure où je mets sous presse. La lecture de ce roman dans ce contexte « ressemblant » a donc une résonance tout particulière, le mettant singulièrement au goût du jour.

    Dans cette situation chaotique, Jiselle va devoir faire preuve d'ingéniosité et trouver en elle des ressources inexploitées, inexplorées jusqu'alors, pour nourrir les enfants de Mark et assurer leur protection et leur survie. N'ayant jamais cuisiné autre chose que des sandwiches, elle apprendra à tirer profit de n'importe quel aliment, ou ersatz mangeable encore (rarement) disponible. Elle effectuera des trocs étonnants, bijoux contre lait et fromage, apprendra à couper du bois, puis plus tard encore, à chasser. Des liens de respect mutuel, voire d'affection, finiront par se nouer entre elle et les enfants tandis qu'une solidarité inédite verra le jour entre voisins survivants.

    Comme toujours avec Laura Kasischke, la progression de l'histoire est lente et maîtrisée. La mise sous tension du lecteur se fait page après page. le roman est émaillé du récit de cauchemars ou de rêves éveillés inquiétants, et des situations étranges ne craignent pas de s'inviter dans le quotidien, sans qu'elles paraissent parachutées ou irréalistes. On est à la fois au bord de nulle part, et au bord de n'importe quelle situation banale dérapante. le choix des mots est soigné, les métaphores sont riches, rappelant constamment que Laura Kasischke est aussi une poétesse au talent reconnu.

    En un monde parfait est-il un conte dystopique ? Les références faites aux contes sont omniprésentes dans l'ouvrage, notamment à ceux d'Andersen, que Jiselle lit soir après soir à Sam, avant qu'il s'endorme. En un monde parfait est-il un roman écologique ? En un monde parfait est-il un manuel du parfait survivaliste ? Ou un roman initiatique au cours duquel la vraie Jiselle se révèle à elle-même, se construisant à mesure que le monde s'effondre autour d'elle ?

    Je me contenterai de dire, que selon mes critères personnels de lectrice, il s'agit en tout cas d'un chef-d'oeuvre. 5*****, faute de mieux.
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  • Par Aela, le 24 avril 2012

    Aela
    « In a perfect world », c'est un roman difficilement classable. Roman de science-fiction, roman psychologique, roman écologique?
    Jiselle, l'héroïne, est trentenaire, hôtesse de l'air et toujours célibataire.
    Elle accepte rapidement la proposition de Mark Dorn, pilote de ligne, veuf et père de trois enfants, de l'épouser.
    Elle croit mener ainsi une vie de famille tranquille mais c'est sans compter le caractère difficile de sa belle-fille Sara qui a juré de lui transformer sa vie en enfer, et les absences répétées de son mari, dues à son métier de pilote.
    Nous sommes aux Etats-Unis dans un futur proche, une mystérieuse épidémie ravage les Etats-Unis, épidémie appelée la grippe de Phénix, l'Etat de l'Arizona étant le plus touché.
    Jiselle va descendre progressivement en enfer, devant affronter l'hostilité de sa belle-fille et l'hostilité de l'environnement. Tout l'éco système est bouleversé, les rats se promènent partout, les coupures d'électricité se multiplient et le mari va être retenu en quarantaine en Allemagne pour une durée indéterminée.
    Un roman sombre, curieux, qui nous laisse une impression continue de malaise.
    Une interpellation sur le sort qui nous attend si nous ne protégeons pas mieux la planète.
    Encore une fois, Laura Kasischke nous montre tout son talent ; elle manie ici la terreur d'une main de maître et son style nous fait penser à celui de Joyce Carol Oates.
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    • Livres 3.00/5
    Par pyrouette, le 29 décembre 2013

    pyrouette
    Jiselle est forte et endurante mais elle ne le sait pas. Toujours rabaissée par sa mère, même après son mariage, elle continue pourtant à la fréquenter supportant ses critiques acerbes. Son mari bel homme séduisant est toujours parti, son métier étant l'excuse la plus vraisemblable. Les enfants de son mari, véritables petits tyrans ne lui épargnent rien. C'est le quotidien de Jiselle à l'intérieur du cercle familial. Dans le pays, en quarantaine une épidémie de grippe sévit. Elle va se retrouver seule, marâtre au milieu de trois enfants haineux ou indifférents puisque Mark est bloqué dans un pays étranger. C'est là, à ce moment-là, qu'une femme normale, indépendante, avec un réflexe de survie normal aurait fui. Jiselle va, comme un jeu de lego, faire de la reconstruction familiale, alors que tout s'écroule, tout meurt autour d'eux. Plus les conditions de vie vont devenir surhumaines, plus elle met un point d'honneur, vital, à organiser les journées des enfants comme si tout allait bien. La fin du monde vu par les yeux de Jiselle. L'histoire est forte, lente, bien détaillée et j'attendais la surprise qui explose, qui fait monter l'angoisse d'un cran. Elle n'est pas arrivée cette surprise, j'ai lu l'histoire de cette femme comme une lente agonie d'une survivante.

    Lien : http://pyrouette.canalblog.com/archives/2013/12/29/28778323.html#com..
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    • Livres 4.00/5
    Par canel, le 16 juin 2011

    canel
    Jusqu'alors désespérément célibataire mais résolument indépendante, Jiselle, jolie hôtesse de l'air, épouse à trente-trois ans le séduisant pilote Mark. Celui-ci est veuf, il a deux filles adolescentes (Sara et Camilla) et un petit garçon de dix ans, Sam. Jiselle vient vivre chez eux, dans un contexte apocalyptique : la "grippe de Phoenix" fait des ravages, le climat est déréglé, les Etats-Unis sont en guerre au Moyen-Orient et haïs par le reste du monde, ses habitants sont devenus persona non grata un peu partout, les rongeurs commencent à envahir la ville et les habitations, les coupures d'électricité se font de plus en plus fréquentes... Au milieu de ce chaos, Jiselle est confrontée dans son nouveau foyer à l'hostilité de l'odieuse Sara, à l'indifférence feinte de l'aînée Camilla, mais se réjouit de la tendresse partagée avec le jeune Sam. Son quotidien est profondément ennuyeux, sans Mark, éloigné par sa profession de pilote long courrier.
    Un roman étrange, minutieux et lent, sur les difficultés d'une trentenaire devenue soudain épouse, belle-mère, et femme au foyer. Il émane du récit une sensation de malaise avec cette ambiance de fin du monde, et la patience inébranlable dont fait preuve Jiselle ne cesse de surprendre. La tension monte pour le lecteur, la paranoïa de la population et le dénuement rendent l'atmosphère de plus en plus oppressante... La force de Laura Kasischke dans ses meilleurs ouvrages est de remplacer peu à peu le calme et la normalité apparents par une tension qui aboutit inéluctablement à un drame, qu'on pressent sans le deviner. C'est partiellement le cas dans ce thriller psychologique plaisant à lire... Pourquoi "partiellement" ? à vous de le découvrir !
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    • Livres 5.00/5
    Par jeandubus, le 14 octobre 2013

    jeandubus
    Evidemment, Laura Kasichke a vu « Birds » d'Hitchcock, du reste elle le cite dans son roman. Sans doute a-t-elle lu aussi la modeste nouvelle de Daphné du Maurier qui inspira le grand maître. Mais imaginons ce qu'aurait pu donner une version filmée d' « En un monde parfait » avec Tippi Hedren dans le rôle de Jiselle et Jessica Tandy dans le rôle de sa mère…
    On a la sensation d'une compression de l'angoisse et d‘un lent refoulement de celle-ci dans l'esprit à la manière d'une irrigation terrible et venimeuse. Au-delà des oiseaux qui finissent en ellipse, ce récit est un incroyable et génial mélodrame qui venge superbement ce genre-là, tellement gâché par la paresse.
    Le propos est nourri, la progression est incroyablement maîtrisée. Les personnages justes et le verbe brillant et percutant. Ce roman brillantissime annonce « Esprit d'hiver ». Autant ne pas lire la 4eme de couverture qui dévoile un peu de l'intrigue. le mieux est d'ouvrir à la première page et de se laisser prendre en otage.
    Décidemment cette romancière qui sait parler et séduire les hommes tout en révélant leurs pires travers, me passionne et je gravis son œuvre par étapes.
    Si La couronne verte m'a déçu, ça n'était sans doute que pour mieux me complaire dans « En un monde parfait », dans cette découverte sans chronologie d'une femme décidée et pugnace qui a trouvé le chemin, si rare, du talent.
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Augustin Trapenard pour le Magazine Littéraire

    Pour son septième roman, l'Américaine Laura Kasischke publie un conte sur la fin du monde. Située dans un futur proche aux Etats-Unis, cette parodie de romance met en scène le d&eac... > lire la suite

    Critique de qualité ? (4 l'ont appréciée)

Critiques presse (1)


  • Telerama , le 12 octobre 2011
    Laura Kasischke réunit ses thèmes favoris dans ce roman déroutant et superbe […]. Elle parvient à faire peur et rire en même temps, avec ce personnage de femme qui rêve d'un monde parfait au moment où tout s'effondre.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par Aela, le 24 avril 2012

    Après que la presse eut fait observer que fort peu de décès causés par la grippe de Phoenix avaient été signalés parmi les Amish, de nouvelles communautés Amish apparurent. Ces gens imputaient au téléphone portable les pannes de courant et la grippe : les radiations émises par les antennes relais recouvraient le pays de vibrations aussi délétères qu’invisibles qui perturbaient l’environnement et plongeaient les oiseaux dans l’égarement . Ils y voyaient également la raison de l’apparition de tant de rongeurs au cours des derniers mois. Ces animaux avaient été chassés de leur repaire souterrain.
    Ils avaient perdu tout sens d e l’orientation par l’effet de ces vibrations sur leur oreille interne.
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  • Par MarianneDesroziers, le 01 décembre 2010

    Sa mère lui avait demandé : "Quel genre de femme consent à épouser un homme qu'elle connaît depuis trois mois ? Un homme qui a trois enfants? Un homme dont elle n'a pas rencontré les enfants ? "
    Si Jiselle avait été un type différent de fille ou de femme, elle aurait pu répondre : "Le genre de femme que je suis maman" ; mais même au temps de son adolescence, alors que sa meilleure amie lançait communément à la tête de sa propre mère "Salope, je te déteste!" Jiselle présentait des excuses à la sienne pour n'avoir pas dit "s'il te plaît" en redemandant de la salade.
    Au lieu de cela, elle répondit : "Je l'aime, maman". Sa mère eut un reniflement dégoûté.
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  • Par luocine, le 17 novembre 2010

    Certains des cyclistes arboraient le désormais familier drapeau américain frappé d’un gros X noir.

    À présent, tout le monde haïssait, semblait-il les Etats-Unis. Ce pays qui avait, durant des dizaines d’années, saccagé l’environnement avec ses grosses voitures et ses interventions armées, voulait maintenant étendre son épidémie au reste de la planète.

    Yankee go home

    US not welcome


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  • Par MarianneDesroziers, le 02 décembre 2010

    La fois où Mark fut absent plus de quelques nuits d'affilée, Jiselle commença à se languir. Elle découvrit qu'elle n'avait jamais su jusqu'alors ce que signifiait ce mot ni éprouvé ce sentiment - celui où quelque chose ou quelqu'un vous manque au point d'en ressentir une souffrance physique. Elle s'enfermait à clé dans leur chambre et, ouvrant la penderie, elle prenait ses uniformes dans ses bras et y enfouissait le visage pour humer leur odeur. Le coeur serré, elle fermait les yeux et il arrivait qu'elle tombe à genoux, tordue en deux par une douleur à l'abdomen, comme si elle avait reçu une flèche empoisonnée.
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  • Par ph_hugot, le 17 juillet 2012

    Le nombre des gens qui ne mourront pas de la grippe de Phoenix sera supérieur à celui de ceux qui en mourront, déclara un médecin lors d'une émission spéciale du petit écran. Autant continuer d'aller à l'école, régler nos factures et maintenir l'économie à flot. Sinon, quand cette peur-là retombera, nous aurons des raisons de paniquer. »

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Videos de Laura Kasischke

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Vidéo de Laura Kasischke

Bande annonce de White Bird (adapté du roman Un oiseau blanc dans le blizzard)








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