> Éric Chédaille (Traducteur)

ISBN : 2267021153
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (2010)


Note moyenne : 3.61/5 (sur 95 notes) Ajouter à mes livres

Lorsque Jiselle, hôtesse de l’air, rencontre le beau pilote Mark Dorn, veuf et père de trois enfants, cela ressemble au début d’un conte de fées. Le passé compliqué de Jiselle, ses sentiments confus envers son père... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par Aela, le 24 avril 2012

    Aela
    « In a perfect world », c'est un roman difficilement classable. Roman de science-fiction, roman psychologique, roman écologique?
    Jiselle, l'héroïne, est trentenaire, hôtesse de l'air et toujours célibataire.
    Elle accepte rapidement la proposition de Mark Dorn, pilote de ligne, veuf et père de trois enfants, de l'épouser.
    Elle croit mener ainsi une vie de famille tranquille mais c'est sans compter le caractère difficile de sa belle-fille Sara qui a juré de lui transformer sa vie en enfer, et les absences répétées de son mari, dues à son métier de pilote.
    Nous sommes aux Etats-Unis dans un futur proche, une mystérieuse épidémie ravage les Etats-Unis, épidémie appelée la grippe de Phénix, l'Etat de l'Arizona étant le plus touché.
    Jiselle va descendre progressivement en enfer, devant affronter l'hostilité de sa belle-fille et l'hostilité de l'environnement. Tout l'éco système est bouleversé, les rats se promènent partout, les coupures d'électricité se multiplient et le mari va être retenu en quarantaine en Allemagne pour une durée indéterminée.
    Un roman sombre, curieux, qui nous laisse une impression continue de malaise.
    Une interpellation sur le sort qui nous attend si nous ne protégeons pas mieux la planète.
    Encore une fois, Laura Kasischke nous montre tout son talent ; elle manie ici la terreur d'une main de maître et son style nous fait penser à celui de Joyce Carol Oates.
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    Critique de qualité ? (15 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par canel, le 16 juin 2011

    canel
    Jusqu'alors désespérément célibataire mais résolument indépendante, Jiselle, jolie hôtesse de l'air, épouse à trente-trois ans le séduisant pilote Mark. Celui-ci est veuf, il a deux filles adolescentes (Sara et Camilla) et un petit garçon de dix ans, Sam. Jiselle vient vivre chez eux, dans un contexte apocalyptique : la "grippe de Phoenix" fait des ravages, le climat est déréglé, les Etats-Unis sont en guerre au Moyen-Orient et haïs par le reste du monde, ses habitants sont devenus persona non grata un peu partout, les rongeurs commencent à envahir la ville et les habitations, les coupures d'électricité se font de plus en plus fréquentes... Au milieu de ce chaos, Jiselle est confrontée dans son nouveau foyer à l'hostilité de l'odieuse Sara, à l'indifférence feinte de l'aînée Camilla, mais se réjouit de la tendresse partagée avec le jeune Sam. Son quotidien est profondément ennuyeux, sans Mark, éloigné par sa profession de pilote long courrier.
    Un roman étrange, minutieux et lent, sur les difficultés d'une trentenaire devenue soudain épouse, belle-mère, et femme au foyer. Il émane du récit une sensation de malaise avec cette ambiance de fin du monde, et la patience inébranlable dont fait preuve Jiselle ne cesse de surprendre. La tension monte pour le lecteur, la paranoïa de la population et le dénuement rendent l'atmosphère de plus en plus oppressante... La force de Laura Kasischke dans ses meilleurs ouvrages est de remplacer peu à peu le calme et la normalité apparents par une tension qui aboutit inéluctablement à un drame, qu'on pressent sans le deviner. C'est partiellement le cas dans ce thriller psychologique plaisant à lire... Pourquoi "partiellement" ? à vous de le découvrir !
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Lune, le 15 janvier 2011

    Lune
    Et si tout ce que l'auteur écrivit était prémonitoire? La chair de poule me monte. Nous sommes entre le livre "catastrophe" et le livre "science-fiction". Je le verrais très bien en film. Jisele, l'héroïne, amoureuse du beau commandant Mark n'imagine pas, lorsqu'elle tombe dans ses bras, les épreuves qu'elle va subir. Les remarques acerbes de sa mère, de collègues ne sont rien à côté de l'accueil de sa belle-fille Sara qui lui-même n'est rien à côté de la peur provoquée par la "grippe de Phoenix", la peur, le non-dit de la nation, l'embargo établi par l'Europe. Petit à petit on pénètre une planète qui se détruit, les saisons perdent la tête, le psy de Jisele meurt sans l'avoir prévenue!, les hommes ne s'y retrouvent plus, l'éthique disparaît chez certains, on assiste à un retour à l'élémentaire et à la débrouillardise. Dans cette tension permanente, les êtres se retrouvent et se resserrent autour du peu de vie qu'il faut occuper à tout prix. Les amours éclatent, les espoirs s'absentent. Comment tout cela finira-t-il? A chacun de l'imaginer... le style simple d'apparence joue les montagnes russes avec nos émotions : on se baigne autant dans l'angoisse que dans la poésie, on vit un monde parallèle et on s'interroge sur ce qui se passe dans la réalité : il faut ab-so-lu-ment agir, nos enfants et petits-enfants ne peuvent vivre un tel cauchemar. La dégradation de la planète : cela risque bien de nous arriver.
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Beatrice64, le 20 juillet 2011

    Beatrice64
    Jiselle, la trentaine mince et jolie, hôtesse de l'air, condamnée, à vie semble-t-il, au rôle de demoiselle d'honneur, voit sa vie déjà si lisse s'harlequiner totalement lorsque le beau et charismatique Mark, pilote de ligne qui fait chavirer le coeur de toutes les femmes, la demande en mariage. Vous vous croyez chez Danielle Steel ? Restez, vous êtes chez Laura Kasischke. Tout n'est pas si mièvre qu'il y parait, et comme toujours il y a quelque chose de pourri dans le royaume de Kasischke : Jiselle est fragile et timide, Mark se révèle rapidement aussi absent que peu fiable, ses enfants sont odieux. Dernier détail : le monde s'écroule tranquillement tout autour (le livre s'ouvre d'ailleurs sur la mort de Britney Spears, qui succombe à la mystérieuse pandémie à laquelle l'Amérique est en proie).
    Que faire quand tout s'effondre (le monde, les liens filiaux, votre mariage) et que vous êtes tellement gentille ? Jiselle va faire preuve de courage, d'intelligence, d'adaptation, trouvant peut-être enfin sa place sur terre quand ce monde parfait et aseptisé à la « American beauty » n'existe plus. le salut construit patiemment dans le réconfort et la sécurité de la sphère familiale et la nature redécouverte. Amen. Avec dans le rôle de la mère parfaite, devinez qui ?
    Est-ce que c'est parce que ça fait le troisième livre que je lis se situant à la lisière de la fin du monde (tel que nous le connaissons du moins)(après La route et L'éternité n'est pas si longue)? J'ai trouvé les autres plus originaux et, contrairement aux éminents critiques de tous bords, ce roman-là de Kasischke ne me semble pas forcément son meilleur. Beaucoup plus prévisible, moins étrange, moins inquiétant, moins subtil, presque naïf (ce qui, pour ceux qui suivent, est un comble). Avec une note finale d'optimisme surprenante chez cette auteure (mais pas vraiment désagréable).
    Malgré ces réticences je l'ai lu quasiment d'une traite, parce que, comme à chaque fois, j'ouvre, et, oups, en un clin d'oeil, j'ai déjà avalé 70 pages. La narration est juste parfaitement habile, avec cette inimitable petite touche de poésie étrange qui rehausse le texte, l'angoisse n'est tout de même jamais loin, et l'imagerie du conte de fée, la place de l'homme, ainsi que le bestiaire envahissant mériteraient à mon sens une étude de spécialiste.
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    • Livres 4.00/5
    Par liliba, le 29 février 2012

    liliba
    Voici une histoire qui commence comme un conte de fées. Jiselle a passé la trentaine et est toujours célibataire, bien qu'elle soit plutôt jolie, et indépendante : elle est hôtesse de l'air. Elle est sur un petit nuage lorsque Mark Dorn, un superbe pilote veuf et père de trois enfants (caricature du playboy, le genre de type qui me faisait fuir à toutes jambes quand j'étais plus jeune…), la demande en mariage, après l'avoir courtisée, au grand dam des ses collègues de travail, jalouses de ne pas avoir été choisies par leur idole…

    Malgré son âge avancé (ou à cause de, sa mère se plaignant souvent que sa fille ne soit toujours pas « casée »…), Jiselle se jette à corps perdu dans cette histoire sans réfléchir plus loin que le bout de son joli nez. Certes, être l'amante de ce bel homme dont rêvent les autres est très valorisant pour cette jeune femme qui n'est pas vraiment émancipée, ni très bien dans ses pompes. Certes, se voir offrir le mariage tant rêvé est exaltant, de même que les week-ends que les deux amants passent dans les capitales d'Europe, se retrouvant entre deux avions… Tout cela est d'un romantisme fou, n'est-ce pas ?

    Sauf qu'on a envie de lui botter les fesses, à cette demoiselle, et de lui dire d'ouvrir un peu les yeux ! Epouse-t-on de nos jours un homme qu'on connaît à peine ? Et qui plus est, l'épouse-t-on sans avoir rencontré ses enfants ? Cette situation m'a semblé au départ tout à fait invraisemblable, et puis je me suis dit que c'était cependant possible pour certaines femmes, moins râleuses ou exigeantes que moi, moins suspicieuses aussi…

    Elle quitte donc son emploi d'hôtesse de l'air (ça tombe bien, elle en avait marre de son boulot), se marie en vitesse (un mariage raté en tous points, ce qui m'aurait fait flipper, moi, quant à l'avenir !) et se retrouve en pleine campagne dans une région qu'elle ne connaît pas, dans une maison où trône encore le portrait de la défunte épouse, qui la suit des yeux, et où l'attendent 3 gamins (dont deux ados en pleine crise, il faut le préciser !) qui ont déjà, sans l'avoir vue, une dent contre elle et envie de lui pourrir la vie…
    Aïe !

    Mais Jiselle se révèle. Elle est douce, patiente, prend sur elle, ne rentre pas dans le jeu de l'ado en révolte qui fait tout pour la faire hurler (que cette sale gosse n'essaye pas de me piquer mes chaussures, à moi !!!). Elle fait bonne figure malgré les absences du beau Marc qui continue à sillonner la planète dans son avion, et malgré la sournoise et désagréable atmosphère qui règne.

    Une mystérieuse épidémie frappe en effet les Etats-Unis, qui se retrouvent comme en état de siège, presque de guerre. La violence gronde, les gens s'épient, le système est dirait-on en train de s'effondrer. Et même les pays étrangers ne respectent plus rien, puisque Marc est obligé de rester en quarantaine en Allemagne, qui craint une contamination de sa population…

    C'est là que ce roman devient vraiment passionnant. Cette jeune femme somme toute bien falote et superficielle au début du roman va se révéler à elle-même et à son entourage et devoir prendre les rênes de cette famille qu'elle s'est choisie. La placidité de son caractère va en prendre un sacré coup, puisque l'auteur nous emmène dans un univers un peu fantastique, un monde légèrement terrifiant, bien que peu différent du nôtre. L'angoisse ronge Jiselle, et bientôt les enfants de son mari, dont elle a la charge en son absence, et elle nous ronge aussi, puisque nous sentons que personne ne sortira indemne de cette histoire.

    Malgré ce que Jiselle avait imaginé en contractant de mariage flatteur, ce monde n'est pas parfait, loin de là !


    Suite sur Les lectures de Liliba

    Lien : http://liliba.canalblog.com/archives/2012/01/27/index.html
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Augustin Trapenard pour le Magazine Littéraire

    Pour son septième roman, l'Américaine Laura Kasischke publie un conte sur la fin du monde. Située dans un futur proche aux Etats-Unis, cette parodie de romance met en scène le d&eac... > lire la suite

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Critiques presse (1)


  • Telerama , le 12 octobre 2011
    Laura Kasischke réunit ses thèmes favoris dans ce roman déroutant et superbe […]. Elle parvient à faire peur et rire en même temps, avec ce personnage de femme qui rêve d'un monde parfait au moment où tout s'effondre.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par Aela, le 24 avril 2012

    Après que la presse eut fait observer que fort peu de décès causés par la grippe de Phoenix avaient été signalés parmi les Amish, de nouvelles communautés Amish apparurent. Ces gens imputaient au téléphone portable les pannes de courant et la grippe : les radiations émises par les antennes relais recouvraient le pays de vibrations aussi délétères qu’invisibles qui perturbaient l’environnement et plongeaient les oiseaux dans l’égarement . Ils y voyaient également la raison de l’apparition de tant de rongeurs au cours des derniers mois. Ces animaux avaient été chassés de leur repaire souterrain.
    Ils avaient perdu tout sens d e l’orientation par l’effet de ces vibrations sur leur oreille interne.
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  • Par MarianneDesroziers, le 01 décembre 2010

    Sa mère lui avait demandé : "Quel genre de femme consent à épouser un homme qu'elle connaît depuis trois mois ? Un homme qui a trois enfants? Un homme dont elle n'a pas rencontré les enfants ? "
    Si Jiselle avait été un type différent de fille ou de femme, elle aurait pu répondre : "Le genre de femme que je suis maman" ; mais même au temps de son adolescence, alors que sa meilleure amie lançait communément à la tête de sa propre mère "Salope, je te déteste!" Jiselle présentait des excuses à la sienne pour n'avoir pas dit "s'il te plaît" en redemandant de la salade.
    Au lieu de cela, elle répondit : "Je l'aime, maman". Sa mère eut un reniflement dégoûté.
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  • Par MarianneDesroziers, le 02 décembre 2010

    La fois où Mark fut absent plus de quelques nuits d'affilée, Jiselle commença à se languir. Elle découvrit qu'elle n'avait jamais su jusqu'alors ce que signifiait ce mot ni éprouvé ce sentiment - celui où quelque chose ou quelqu'un vous manque au point d'en ressentir une souffrance physique. Elle s'enfermait à clé dans leur chambre et, ouvrant la penderie, elle prenait ses uniformes dans ses bras et y enfouissait le visage pour humer leur odeur. Le coeur serré, elle fermait les yeux et il arrivait qu'elle tombe à genoux, tordue en deux par une douleur à l'abdomen, comme si elle avait reçu une flèche empoisonnée.
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  • Par luocine, le 17 novembre 2010

    Certains des cyclistes arboraient le désormais familier drapeau américain frappé d’un gros X noir.

    À présent, tout le monde haïssait, semblait-il les Etats-Unis. Ce pays qui avait, durant des dizaines d’années, saccagé l’environnement avec ses grosses voitures et ses interventions armées, voulait maintenant étendre son épidémie au reste de la planète.

    Yankee go home

    US not welcome


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  • Par MarianneDesroziers, le 02 décembre 2010

    Un matin de la première semaine d'avril, une nuée de plusieurs milliers de merles sortit du ravin et passa au-dessus de la maison. leur vacarme réveilla Jiselle et même Sara se leva pour sortir les contempler. Le ciel en était assombri et tout frissonnant, comme si l'on avait écorché la matinée afin de mettre à nu son système nerveux.
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