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ISBN : 2253194328
Éditeur : Le Livre de Poche (2014)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.76/5 (sur 621 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Réveillée tard le matin de Noël, Holly se voit assaillie par un sentiment d'angoisse inexplicable. Rien n'est plus comme avant. Le blizzard s'est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituelleme... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par sandrine57, le 30 août 2013

    sandrine57
    Ce devait être un Noël comme les autres pour Holly et sa famille : la préparation du repas, l'arrivée des invités, l'impatience d'ouvrir les cadeaux. Mais ce matin-là, tout va mal. Holly se lève trop tard. Alors que son mari file en râlant récupérer ses vieux parents à l'aéroport, Holly reste seule avec sa fille adoptive Tatiana, ramenée de Sibérie 15 ans plus tôt. Elle essaie de rattraper son retard mais un malaise sourd l'empêche d'avancer dans ses taches. Et puis, Tatiana n'est pas comme d'habitude, elle ne fait rien pour l'aider, multiplie les reproches et les remarques acerbes. Dehors, le blizzard se renforce. Effrayés par la tempête de neige, les invités se décommandent, laissant Holly seule avec une inquiétude lancinante et une adolescente revêche.

    Une situation banale qui insidieusement devient cauchemardesque, un huis-clos angoissant, un suspense psychologique…tout le talent de Laura Kasischke qui sait si bien distiller des touches de noirceur dans une ambiance froide et aseptisée.
    De l'histoire, il ne faut rien dire sous peine de déflorer l'intrigue mais la tension monte tout au long des pages, il est quasiment impossible de lâcher le livre et ce n'est qu'à la toute dernière page que tout prend sens.
    Oscillant entre conte de Noël et thriller psychologique, entre banalité et folie, l'Esprit d'hiver ne finira de hanter ceux qui s'y frotteront. A lire absolument!!
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    • Livres 4.00/5
    Par marina53, le 03 mars 2014

    marina53
    C'est le matin de Noël. Après une soirée qui s'est prolongée, Holly se réveille trop tard. Elle s'en veut déjà en voyant l'heure car elle sait que cette journée va être très occupée. En effet, elle reçoit la famille de son mari et quelques amis pour venir fêter Noël. Elle n'a pas préparé le repas et la table n'est pas encore mise. Comble de malchance, son mari, lui aussi à la bourre, s'empresse de quitter le lit conjugal pour aller chercher ses parents à l'aéroport. Elle espère pouvoir compter sur l'aide de sa fille adoptive, Tatiana, qu'elle a ramené de Sibérie 13 ans plus tôt. Mais, cette dernière un peu contrariée par le fait qu'elle tenait à ouvrir ses cadeaux dès l'aube, semble reprocher à sa mère l'heure tardive à laquelle elle s'est levée. La jeune fille est d'humeur maussade, n'attache aucune importance à sa maman et encore moins au fait qu'elle sollicite son aide. Son comportement devient de plus en plus bizarre. le blizzard souffle, la neige tombe abondamment et la maison se retrouve soudain comme enveloppée d'une sorte de torpeur...
    Laura Kasischke nous plonge dans une ambiance oppressante, nous enferme dans cette maison en compagnie d'Holly et Tatiana et nous glace le sang avec toute cette neige qui semble arrêter le temps. Elle décrit à merveille cette relation entre cette mère aimante, possessive, choyant son enfant qu'elle a tant espéré et cette fille habituellement si tendre et avenante mais dont le comportement étrange et troublant semble l'inquiéter. le lecteur est confronté à l'angoisse d'Holly, dès son réveil, qui ne la lâchera pas de la journée. Ce huis-clos étouffant et angoissant, alternant les événements de la journée de Noël et les souvenirs de Holly lors de l'adoption de sa fille, devient de plus en plus mystérieux au fil du temps, le comportement de Tatiana soulevant de multiples questionnements et cette neige drue renforçant le sentiment d'enfermement des deux femmes. L'écriture de Laura Kasischke est envoûtante et étourdissante.
    Esprit d'hiver... glacial...
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    • Livres 5.00/5
    Par LePamplemousse, le 04 septembre 2013

    LePamplemousse
    J'aime cet auteur et cet "Esprit d'hiver" est dorénavant mon préféré parmi tous les romans de Laura Kasischke.
    L'histoire est simple, c'est le matin de Noël dans une famille américaine moyenne, il neige, la famille et des amis sont invités à venir partager le repas mais dès le réveil, rien ne va. Holly va donc passer plusieurs heures à la maison en compagnie de sa fille adolescente en attendant le retour de son mari, parti chercher ses parents à l'aéroport, et l'arrivée des invités.Mais il y a des jours comme ça où on a l'impression que tout se ligue contre nous, que le quotidien devient un fardeau et qu'il ne faudrait finalement qu'une goutte d'eau pour faire déborder le vase.
    En même pas 300 pages, l'auteur a su créer une atmosphère particulière et surtout il règne un suspense à couper au couteau entre ces pages.
    La tension est telle qu'on a envie de lire à toute vitesse pour comprendre enfin de quoi il retourne mais on se retient car on sent bien que chaque ligne est importante, que chaque détail a une signification.
    J'ai donc pris mon temps, j'ai savouré chaque mot, chaque ligne et je suis une fois de plus conquise par cet auteur époustouflant.
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    • Livres 4.00/5
    Par Eve-Yeshe, le 21 avril 2014

    Eve-Yeshe
    Nous sommes le jour de Noël et Holly doit préparer le repas car elle reçoit ses beaux-parents, deux amies et leur fille et un autre couple. Seulement, elle est en retard, car la veille, elle et son mari Eric se sont couchés tard.
    Eric part en catastrophe chercher ses parents qui sont déjà arrivés à l'aéroport. Dehors, il y a le blizzard, la neige qui tombe en abondance.
    Holly s'est réveillée avec une sensation de malaise, une angoisse avec une phrase qui la hante : « quelque chose les avait suivi depuis la Russie jusque chez eux ». Elle a besoin de noter cette phrase lourde de signification pour elle dans le cahier où elle écrivait des poèmes autrefois, phrase qui va revenir souvent de façon lancinante tel un leitmotiv.
    On apprend ainsi qu'Eric et Holly ont adopté une petite fille qu'ils sont allés chercher dans un orphelinat en Sibérie. Ils l'ont appelée Tatiana, alias Tatty, pour qu'elle conserve un lien avec le pays où elle est née.
    Rien ne se passe comme prévu, d'abord Tatty se lève en faisant la tête et s'oppose sans arrêt à sa mère, car elle a maintenant treize ans et elle est à fond dans l'adolescence. Donc elles se chamaillent sans arrêt.
    Eric appelle car sa mère est malade et il a dû aller à l'hôpital. Dehors les routes sont impraticables donc les invités annulent chacun à leur tour. Ce qui désole Tattie et Holly qui aurait aimé parler de leur mauvaise entente avec son amie Thuy qui elle aussi a adopté une petite fille et qui semble de bon conseil et surtout Tatty s'entend bien avec elle.
    Peu à peu, les souvenirs remontent et Holly qui se culpabilise de ne pas être une bonne mère, évoque tout ce qui va mal depuis l'arrivée de bébé Tatty à la maison : la bosse qui pousse sur la main d'Eric, les verres que Tatty a cassés de façon étrange comme si quelque chose de maléfique les avait suivis au retour de l'orphelinat, les CD neufs qui se sont tous retrouvés rayés avant d'avoir servi, l'ordinateur portable qui a disparu, etc..
    Elle repense à l'opération qu'elle a dû subir car elle est porteuse d'une mutation génétique qui se traduira par un cancer du sein dont sa mère et sa sœur sont mortes très jeunes. Elle a décidé sur les conseils du médecin de se subir une double mastectomie et une ablation des ovaires.
    Elle se demande, ce qui s'est passé pour que la petite fille adorable devienne une adolescente à ce point exécrable, car en ce jour de Noël, elle devient un mur et plus aucune communication n'est possible. Et je vous laisse découvrir la suite...
    Ce que j'en pense :
    Le titre de ce livre est inspiré d'un vers du poète et avocat Wallace Stevens qui écrivait : « il faut posséder un Esprit d'hiver ».
    On est donc dans un huis clos. Holly et sa fille sont bloquées dans la maison, isolées de tout par la tempête de neige et ce jour de Noël tout va de travers.
    L'ambiance est glaciale à l'intérieur comme à l'extérieur. La mère et la fille s'agressent mutuellement sans qu'il y ait de vrais motifs de dispute. Tatty multiplie les allers et retours de la cuisine à sa chambre dans laquelle elle finit par s'enfermer. Holly avait fait installer un verrou pour que sa fille puisse avoir son intimité quand elle le voulait mais le verrou va servir pour la première fois. Comme s'il y avait un renforcement de leur éloignement l'une de l'autre et une matérialisation de rancœur et d'opposition.
    Chaque fois qu'elle redescend de sa chambre, elle a changé de tenue, alternant une robe rouge et une robe noire.
    On assiste aussi au bilan qu'Holly fait de sa vie de femme et de mère. Quelque chose s'est cassé tout d'un coup, elle se regarde sans complaisance, fait le bilan de sa vie : elle est poétesse, elle a une certaine notoriété et a publié des recueils. Depuis l'arrivée de Tatty, elle n'a jamais pu écrire une ligne, toute l'inspiration s'est tarie et ce matin avec cette phrase qui revient en leitmotiv, elle sent que c'est urgent de la noter et que l'inspiration va revenir et c'est vital pour elle.
    L'auteure pose des questions essentielles. Depuis son opération, Holly est-elle encore une femme car elle a été mutilée, (double mastectomie et ovariectomies à l'âge de 22 ans) et rendue incapable de procréer ? Est-elle une mère, n'ayant pas porté un bébé dans son ventre ? Y a-t-il une différence entre un enfant biologique et un enfant adopté ? Elle a peur que Tatty lui dise un jour, après une dispute, « tu n'es pas ma mère ». Je la comprends très bien je suis une mère adoptive (adoptante ?)
    Elle dévoile peu à peu, au fil des tensions avec Tatty, le parcours terrible de l'adoption, car fait-on jamais le deuil de la stérilité ? À force de vouloir tout bien faire, est-ce qu'on ne fausse pas la donne ? Comme toute mère, et peut-être même encore plus, on veut faire le mieux possible pour cet enfant qui vient de si loin, mais l'enfant ne prend-il pas cela pour un excès d'exigence ? Il y a l'enfant adopté et l'enfant fantasmé…
    Elle décrit très bien l'horreur des orphelinats où ils enfants ne sont pas bien traités (en Sibérie, on est carrément dans la maltraitance), les dessous de l'adoption avec l'argent à verser pour que le bébé qu'ils ont choisi lors du premier voyage survive et soit mieux traité…
    Le fin est sublime, à mon avis, car je m'attendais à un clash entre la mère et la fille (encore un écho avec ma propre histoire) et c'est autre chose qui se passe qu'on n'imagine pas. Je vais donc faire une deuxième lecture de livre, orientée par la fin que je connais maintenant.
    Un conseil : ne regardez sous aucun prétexte l'avant-dernière page sinon, vous allez passer à côté de ce livre qui va toucher le lecteur en fonction de sa propre histoire.
    En tout cas, c'est la première fois que je lis un roman de cette auteure est j'ai bien l'intention de continuer car j'aime son écriture belle, déliée et en même temps directe, donnant parfois l'impression de recevoir un coup de poing dans le plexus, la façon dont elle entretient le suspens, l'angoisse même parfois. Elle nous entraîne avec elle, on la suit dans des méandres parfois en se demandant ce qui va arriver, et ce qui va nous arriver car j'ai eu l'impression de vivre en même temps qu'elle, probablement parce que l'adoption résonne en moi de façon parfois douloureuse.
    Note : 8/10


    Lien : http://eveyeshe.canalblog.com/archives/2014/04/21/29710261.html
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    • Livres 4.00/5
    Par manU17, le 12 novembre 2013

    manU17

    La fameuse angoisse des fêtes de fin d'années, je la connais, chaque année je la vis. Pas celle causée par le souci des cadeaux de dernières minutes qu'il reste à trouver, je vous parle de la véritable angoisse, celle qui s'amplifie plus les jours approchent, plus le soir du premier réveillon se précise. Celle qui vous prend aux tripes, qui vous tenaille l'estomac, qui vous oblige à vous allonger, à vous forcer à respirer calmement avant d'entrer dans l'arène et de sourire en faisant comme si tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.
    "Prendre connaissance des horreurs de ce monde et ne plus y penser ensuite,
    ce n'est pas du refoulement. C'est une libération."
    C'est également avec un indéfinissable sentiment d'angoisse qu'Holly se réveille en ce matin de Noël. Ayant un peu abusé du bon vin, elle se réveille en retard, son mari déjà parti chercher ses parents à l'aéroport. Plus que quelques heures avant que tous les invités ne débarquent et rien n'est prêt. Sa fille Tatiana aurait pu la réveiller mais semble de pas l'avoir fait comme pour mieux pouvoir la mettre dans l'embarras et le lui reprocher ensuite. Tatiana ne semble d'ailleurs pas dans son état normal mais impossible d'en connaitre la ou les véritables raisons. Une tension aussi soudaine qu'inexpliquée semble s'être insidieusement glissée entre les deux femmes. Ajoutez à cela, une tempête de neige phénoménale qui bloque tous les accès de la ville et des invités qui, du coup, ne viendront pas, rien dans cette journée ne semble vouloir se dérouler comme prévu.
    Tout au long des pages de son roman, Laura Kasischke distille au compte-gouttes une ambiance inquiétante à souhait, une atmosphère pesante, cotonneuse. L'aspect huit-clos de cette confrontation entre une mère et sa fille adoptive est accentué par la neige qui les entoure. Elles semblent coupées du monde, sans vue sur l'extérieur. L'image de la baie vitrée opacifiée par la chute perpétuelle des flocons de neige contribue à cette sensation d'isolement, d'étouffement. Aucune intervention extérieure ne semble possible.
    "Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux."
    L'utilisation répétée de phrases ou mots en italiques, pour appuyer le côté inquiétant, et les incessants flashbacks permettent d'ajouter à la confusion et au questionnement du lecteur. Qu'est-ce qui a bien pu les suivre ? Un démon ? Un esprit ? Esprit d'hiver. Esprits divers... Holly, Holy Bible… Que de drôles de questions qui me viennent à l'esprit pendant ma lecture, que d'associations d'idées fumeuses!... Et cette enfant ramenée treize ans plus tôt d'un orphelinat de Sibérie aussi glacial qu'effrayant, qu'est-ce qui ne va pas chez Tatiana ?
    Je me retrouve le 31 décembre 2009, je me suis réfugié dans une salle de cinéma après avoir esquivé toutes les invitations possibles et imaginables, l'angoisse des fêtes, vous vous souvenez… Esther, Orphan, en Version Original, l'histoire d'une enfant sortie de son orphelinat par une famille américaine qui va chèrement payer ce geste désintéressé. Et perpétuellement, l'accroche du film, sur l'affiche, qui me revient en tête tout au long de ma lecture :
    "Quelque chose ne va pas chez Esther… "
    Il est 5h30, dans la nuit noire, le vent souffle fort, la pluie cingle sur les volets, je ne dors plus, je dois savoir, il le faut. Il me reste moins de cent pages, je ne refermerai cet Esprit d'hiver qu'une fois ma lecture achevée.


    Lien : http://bouquins-de-poches-en-poches.blogspot.fr/2013/11/esprit-dhive..
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Critiques presse (9)


  • LaPresse , le 17 février 2014
    Distillant un malaise subtil, jusqu'à la révélation de la dernière page, Esprit d'hiver est en effet un voyage sans ratés dans les méandres de l'âme d'une mère, entre amour, culpabilité et angoisse.
    Lire la critique sur le site : LaPresse
  • Lhumanite , le 04 novembre 2013
    Laura Kasischke instaure une atmosphère anxiogène, tramée de culpabilité inconsciente, dans un quotidien banal de ménagère américaine moyenne. L’impression d’isolement due à la tempête de neige accentue le sentiment d’asphyxie du lecteur qui finit par privilégier la piste de la maladie mentale.
    Lire la critique sur le site : Lhumanite
  • Actualitte , le 24 septembre 2013
    Un roman sur la famille, la filiation adoptive, le déni, l'adolescence, le poids du passé, des origines, incessibles dont la fin, effarante, ramassée en quelques lignes seulement, déroute et perturbe violemment le lecteur comme la lecture, d'ailleurs. Et sème le doute. Après « Les Revenants », « Esprit d'hiver » confirme la place au sommet de Laura Kasischke parmi les écrivains américains contemporains.
    Lire la critique sur le site : Actualitte
  • Bibliobs , le 13 septembre 2013
    Ca catche, on le voit, dans le nouveau roman maniaco-dépressif de Laura Kasischke, une sonate d'hiver bergmanienne pour violoncelle et âmes blessées.
    Lire la critique sur le site : Bibliobs
  • Telerama , le 11 septembre 2013
    Sans doute la romancière signe-t-elle là son livre le plus personnel, confidence sur la douleur de l'enfantement littéraire, source d'épouvante et de plénitude.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • LaLibreBelgique , le 10 septembre 2013
    Laura Kasischke est une maître du suspense dans la vie quotidienne, sans autres meurtriers et démons que nos peurs et nos amours frustrées.
    Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
  • LesEchos , le 06 septembre 2013
    L'écrivaine américaine nous offre un Noël blanc d'une noirceur absolue, un conte d'hiver rougi par les feux de l'enfer. Son roman est diaboliquement construit, comme un suspense à la Hitchcock, mâtiné de Freud. Laura Kasischke sait admirablement jouer des ambiguïtés : rêve ou réalité, angoisse ou folie… jusqu'à la fin on ne sait sur quel pied danser.
    Lire la critique sur le site : LesEchos
  • Lexpress , le 06 septembre 2013
    Avec Esprit d'hiver, huis clos oppressant, l'Américaine Laura Kasischke livre le récit magistral d'un séisme familial.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Culturebox , le 23 août 2013
    Esprit d'hiver", le dernier roman de Laura Kasischke, est une stupéfiante incursion dans l'âme humaine, servie par une merveille de mécanique romanesque.
    Lire la critique sur le site : Culturebox

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Citations et extraits

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  • Par tamara29, le 28 février 2015

    Il n'imaginait pas combien elle avait envie d'écrire. Mais elle était incapable de s'asseoir et d'écrire un poème. Le poème devait venir à elle. Elle était incapable d'aller vers lui.

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  • Par mamansand72, le 24 février 2015

    Pour Holly, cela avait toujours été vain, non ? Elle était une terre en jachère. Elle s’était toujours autorisée à croire qu’il pouvait y avoir quelque chose là - si elle se donnait le temps qu’il fallait avec le bon stylo, le bon bureau-, mais elle n’avait jamais trouvé ça, parce qu’elle aurait dû creuser pour trouver ces choses à l’aide d’un outil qu’elle se serait inventé elle-même. Impossible. « Assieds-toi donc et écris ! » aurait dit son mar, mais Eric ne serait jamais en mesure de comprendre cette frustration, sa frustration :
    Holly avait la sensation évidente qu’un poème secret résidait au cœur de son cerveau, qu’elle était née avec, et qu’elle ne serait jamais, jamais capable de l’exhumer au cours de cette vie, de sorte que s’asseoir avec un collier autour du cou qui se serait resserré de plus en plus, tandis qu’elle restait assise.
    C’était le collier :
    A vingt-deux ans, quand on lui avait annoncé au Campion Cancer Center que (bien sûr) elle souffrait de la mutation génétique pour laquelle on lui avait fait passer des tests, Holly avait senti qu’on lui enfilait ce collier par-dessus tête, autour du cou. La charmante oncologue rousse lui avait dit, en lui tenant la main : « Je crois vraiment, Holly, que si vous souhaitez vivre jusqu’à cinquante ans, peut-être même jusqu’à trente-cinq ou trente ans, il faut qu’on vous enlève vos seins et vos ovaires. »
    On lui avait laissé au moins six mois pour réfléchir. Prenez six mois pour décider si vous souhaitez mourir comme votre mère et votre sœur. Comme si on avait réellement besoin de six mois pour choisir entre ce destin ou vivre jusqu’à cinquante , ou trente ans ?
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  • Par mamansand72, le 24 février 2015

    Holly recula , s’éloigna de la scène du bris de verre en secouant la tête, et, quand elle se retourna, elle constata que sa fille n’avait pas bougé de là où elle se trouvait quand l’iphone s’était envolé de sa main. Mais Tatiana tenais désormais sa main contre sa bouche, la pressant contre ses lèvres, comme si elle s’était blessée ou qu’elle essayait de réprimer un cri.
    « Bon sang de bonsoir », dit Holly - optant pour la légèreté car elle ne voyait pas l’intérêt de se mettre en colère. Elle avait eu douze verres à eau, jusqu’à ce que Tatty en brise trois, puis elle en avait eu neuf, et bon, maintenant elle en avait huit. Au moins c’était à nouveau un chiffre pair ! Les paroles de Thuy revinrent à Holly : « Tu ne peux pas faire entendre raison à un tout petit, alors pourquoi se mettre en colère contre lui ?
    Telle avait été la réponse de Thuy quand Holly l’avait complimentée - pour sa patience incroyable avec Patty -, et ses propos, leur vérité, avaient blessé Holly, qui avait immédiatement convoqué une image d’elle dominant Bébé Tatty, lui ordonnant de filer tout droit dans sa chambre après l’avoir surprise en train d’arracher, une à une, les pages du dictionnaire Webster. Holly se rappelait la façon dont Tatty avait alors regardé tout autour d’elle, comme si elle ignorait où aller, où était sa chambre. Elle ne vivait dans cette maison que depuis six mois et elle se réveillait encore tous les matins en criant s’il vous plait en russe : Puzhalsta ? Puzhalsta ? Mama Anya ?
    Pourquoi, en effet, se mettre en colère contre un bébé ou un enfant, quel que soit son âge ? Le jour où Thuy avait balancé cette vérité désintéressée en riant, Tatiana avait déjà douze ans, et Holly aurait désespérément souhaité revenir en arrière.
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  • Par mamansand72, le 24 février 2015

    Tatiana posa son front sur l’épaule de sa mère, mais elle ne dit rien et ne leva pas non plus les bras pour répondre à l’étreinte de Holly. C’était comme de serrer contre soi un mannequin, sauf que Tatiana sentait l’huile d’arbre à thé et les agrumes, et les champs emplis de fleurs mystérieuses - des fleurs qui avaient été cultivées dans des usines et trafiquées jusqu’à ce que leurs senteurs soient conformes à l’idée du parfum de la fleur parfaite développée par quelque inventeur.
    Et autre chose. Quelque chose de pas net. Un peu comme un fruit pourri, encore. Juste une pointe. C’est alors que Holly ressentit cette urgence revenir à elle : quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux ! Il y avait quelque chose dans tout ça. Quelque chose au sujet de tout ça qu’elle craignait de ne jamais comprendre si elle ne trouvait pas le temps de s’asseoir à un bureau et de le découvrir en mots avec un stylo ! Et pourtant, ce qu’elle était en train de faire - étreindre son enfant- l’empêchait de s’éclipser, de trouver un stylo et du papier ou d’allumer leur ordinateur. […]
    Et pourtant elle ressentit le besoin de repousser (en douceur) sa fille. Serrer Tatiana contre elle, lui demander ce qui n’allait pas - ça ne servirait encore à rien, ça ne mènerait encore à rien. Sa fille, même si elle savait ce qui clochait, ne lui fournirait aucune explication à ses larmes ou au fait qu’elle broyait du noir et était maussade. Si Holly insistait, elle réamorcerait simplement la dispute sur le fait que sa mère avait dormi trop tard, ou à propos du sac en plastique. Ce serait une perte de temps pour toutes les deux.
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  • Par mamansand72, le 24 février 2015

    Holly inspira brusquement mais réfréna son envie de faire volte-face. Elle en était incapable. Si elle le faisait, elle devrait affronter une expression qu’elle ne tenait pas à voir sur le visage de sa fille - condamnation, mépris, aversion ? Elle ne voulait ni voir cela ni le reconnaître - surtout pas maintenant, alors que des membres de la famille en état de confusion et des collègues désagréables étaient en route (et des amies, des amies chères, il ne fallait pas l’oublier). Elle n’aurait jamais le temps de tout préparer avant qu’ils n’arrivent tous pour le repas de Noël. Il lui restait encore à prendre tous pour le repas de Noël. Il lui restait encore à prendre une douche, faire cuire un rôti et dresser la table et retaper un lit et…
    Et alors cela lui revint comme un lambeau de brise doucement agité par quelques doigts glacés.
    Ce Quelque chose qu’elle avait tellement désiré noter quand elle s’était réveillée.
    Elle avait désiré, elle avait eu besoin de le noter parce que c’était le début de quelque chose qu’elle devait comprendre, ou exprimer, ou déterrer, ou affronter, pourtant elle n’avait pas trouvé deux secondes à elle pour prendre un stylo et être seule afin d’écrire.
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Bande annonce de White Bird (adapté du roman Un oiseau blanc dans le blizzard)








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