ISBN : 9782267022117
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (2011)


Note moyenne : 4.04/5 (sur 72 notes) Ajouter à mes livres
Élève brillante, Nicole était douce et sociable (cheftaine scout, membre de plusieurs associations d’étudiantes). Elle meurt subitement dans un accident terrible.
À l’automne suivant, tandis qu’un nouveau semestre commence, Craig, l’ancien petit ami de Nicole es... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Akeera, le 07 octobre 2011

    Akeera
    Une fois de plus, Laura Kasischke écorche la société américaine, ses traditions et sa façade parfaite. le livre est certes un pavé (presque 600 pages), mais dès la 20ème page on se trouve happé par l'histoire et le puzzle plein de mystère qu'elle a construit pour nous.
    Puzzle, c'est le mot, puisque chaque chapitre s'imbrique dans un subtil va et vient chronologique alternant les points de vue des 5 ou 6 personnages principaux, parfois liés par le noeud de l'intrigue sans même se connaître.
    L'histoire se passe sur un campus américain qui cultive l'excellence comme tant d'autres. Craig vit une belle histoire d'amour avec la parfaite et virginale Nicole. La vie de celle-ci est étroitement liée à celle de sa sororité (société étudiante très répandue aux usa) dont elle suit les règles et les rituels avec ferveur, au grand agacement de son petit ami. Lorsque Nicole meurt, atrocement mutilée dans un accident de voiture, le campus entier dirige toute sa haine contre Craig, qui a survécu et qui était au volant. Lui ne se souvient de rien mais pourtant une témoin affirme avoir été sur les lieu de l'accident juste après que celui-ci ai eu lieu et avoir constaté que Nicole n'était que très peu blessée, et consciente... Peu après le retour de Craig sur le campus, celui-ci se met à l'apercevoir au gré des rues, et il n'est pas le seul: son ami Perry est persuadé de la reconnaître sur une photo prise lors de la cérémonie d'hommage organisée pour son propre enterrement! Se pourrait-il que Nicole soit revenue d'entre les morts, ou s'agit-il seulement d'hallucinations provoquées par le chagrin et la perte d'un être cher?
    Le résultat est mystérieux, sur le fil du rasoir entre rationnel et surnaturel, c'est drôlement bien ficelé, et finit en beauté par une montée en puissance haletante! Comme elle sait si bien le faire, Laura Kasischke prend un malin plaisir à nous égarer dans des impasses et à dévoiler la dérangeante vérité au dernier moment. Les 100 dernières pages m'ont vraiment accrochées, je n'étais plus là pour personne, agrippée à mon bouquin...une vraie réussite!
    Pour autant, ne vous attendez pas non plus à lire un thriller même si à première vue ça pourrait y ressembler. L'auteur fait monter la pression en finesse, travaille l'ambiance et la mentalité des personnages, pour un résultat vraiment scotchant, on en redemande!
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par Lulu_Off_The_Bridge, le 03 mars 2012

    Lulu_Off_The_Bridge
    Comme dans Rêve de garçons, l'auteur déploie des réalités américaines communes, des routines usantes, une galerie de personnages proches du rongeur dans sa roue, pour mieux en indiquer la facticité. À croire que la vie, loin d'être une scène, est un marais, une tourbière qui avale lentement mais sûrement. Bien sûr, n'est pas « revenant » celui qu'on croie, pas le cher disparu mais bien plutôt le malheureux vivant. Craig et Nicole, Perry l'ami boy-scout, Josie la garce, la prof mère de famille, la prof lesbienne, ce sont tous des ombres condamnés à répéter les mêmes moments de leurs vies. Des esquisses. Forcément, me direz-vous, ce sont des personnages de roman, allégorie, caverne, tout ça, tout ça… En tant qu'imitation de vrais gens, ils sont la moitié de ce qu'ils pourraient être (oui, je sais que ce n'est pas français, il est 2h05 je n'ai pas mieux sous la main), ce qui fait sens ; en tant que créations littéraires, hmmmm… aussi, ce qui pose un problème. À moi, du moins, car je n'ai trouvé à aucun moment cette ribambelle signifiante – ce qui est bien dommage, car c'est plutôt mon type, d'habitude, les ombres de soi-même et je trouve cela évocateur. Ce sont des types, des emplois, pour filer la métaphore théâtrale. L'Ami méritant, la Pétasse, la Mère de Famille Harassée, l'Amoureux...
    Le roman emprunte la forme du roman-chorale, doublée du roman policier, mais de loin et on voit un peu les coutures. Parlant de construction, l'alternance passé/présent de part et d'autre de l'accident dont le récit reste lacunaire est plutôt une bonne solution (y en avait-il vraiment d'autre ?) mais elle induit des cliffhangers perpétuels assez lourds, d'autant que les chapitres sont courts et partant, nombreux. Encore une couture, j'imagine, genre le roman qui se désigne lui-même comme un mauvais roman policier, à moins que ce soit juste de la maladresse, je n'en sais rien mais je vais être optimiste. Je suis tombée il y a quelques temps sur une interview de l'auteur par François Busnel pour la Grande Librairie, où celle-ci indique s'attacher aux images, plus qu'au langage en lui-même, ce que je m'attendais à retrouver ici. Ooops. Est-ce une question de traduction ? Je ne dis pas que c'est mal écrit, ou plat, ou que sais-je. Au contraire, les 400 premières pages sont passées en un clin d'œil – comme une très longue bande annonce, peut-être. On se retrouve facilement pris dans le flot, dans le gruau de ces petites vies qui flirtent bien malgré elles avec l'anormal. Je dis bien : anormal, car si Kasischke entreprend le motif du fantôme, c'est en tant que révélateur, image en creux, pas tant pour sa capacité à étendre (les frontières du) réel que pour en souligner les manquements. le revenant, dont je ne vais pas reprendre la polysémie, n'est pas un motif fantastique, un en-deçà et pas un au-delà du réel (oui, j'arrête avec les jeux de mots téléphonés). Pour résumer, si vous cherchez une histoire de fantômes, merci de repasser plus tard et ailleurs.
    Je ne cherchais pas particulièrement une histoire de fantômes, pour une fois. Une bonne histoire de hantise a moins besoin de fantôme que de psyché tordue, cela dit. Et ici, en un mot : non pas. Ce qui m'a gênée, à la longue, c'est l'absence d'idée neuve, si je puis me permettre ce raccourci brutal. On parle de la mort, tout le temps même, ou des sororités étudiantes, ou de la mesquinerie inhérente aux milieux quels qu'ils soient, mais somme toute on n'en « dit » pas grand-chose en dehors de ce que 2 mn de réflexion plus ou moins avinées peuvent offrir. Exemple : les « grecs », les fraternités étudiantes, sont réputés pour être soit des lieux de débauche et de beuverie, soit une antichambre des différents groupes sociaux avec échelles et marchepieds de rigueur, dans tous les cas une force en lutte avec l'individu. On en compte plus le nombre de films sur le sujet, du plus confidentiel au plus campus movie. Les revenants n'apportent strictement rien au débat. Par rapport au Maître des illusions, par exemple, à sa bande d'hellénistes tarés – des vrais hellénistes, cette fois, pas des « grecs », ce qui est déjà nettement plus exotique. À mon goût, il manque clairement quelque chose et plus je lis les critiques élogieuses, plus je pense être passée à côté de l'essentiel. Il me manque ce petit twist tordu, vaguement malsain qui fait le charme de Brett Easton Ellis, par exemple. Ce minuscule éclat – de brio ? gouaille ? – qui fait exploser les systèmes de l'intérieur et/ ou rend toute chose cruciale.


    Lien : http://luluoffthebridge.blogspot.com/2012/03/book-freak-sessions-lau..
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par ppette007, le 04 mars 2012

    ppette007
    Tout commence par un accident de voiture: la belle et brillante étudiante Nicole Werner décède alors que son petit ami Craig Clements-Rabbit, qui conduisait le véhicule, en réchappe. C'est une tragédie pour le campus du Godwin Honors College, une riche université du Midwest, où de vibrants hommages sont rendus à la mémoire de Nicole, aimée de tous, et notamment des membres de sa sororité, la très conservatrice "Oméga Thêta Tau". Traité en criminel, Craig est banni du campus et ne peut compter que sur le soutien de Perry, l'étudiant qui partage sa chambre et qui a grandi avec Nicole. Suite à ce drame, ce dernier s'inscrit au séminaire de Mira Polson qui traite de la mort. A la demande de Perry, ce professeur vient à enquêter sur ce décès et d'autres disparitions mystérieuses intervenues sur le campus. Au cours de ses investigations, elle va croiser Shelly Lockes, qui travaille au département de musique et a été le premier témoin à arriver sur les lieux. La version des faits de Shelly diffère en tous points de la version officielle relatée par la presse et relayée par les membres de la sororité de Nicole. L'année suivant le drame, celle-ci apparait mystérieusement à plusieurs étudiants et Craig reçoit des cartes postales écrites de sa main. Alors Nicole est-elle vivante? Qui et pourquoi cherche-t-on à cacher la vérité sur son accident ? La résolution de ce mystère va peu à peu devenir une obsession pour nos quatre protagonistes.
    Laura Kasischke nous offre un roman captivant aux allures d'enquête policière mêlée de fantastique. Les presque 600 pages se lisent d'une traite tant l'histoire est envoutante. Son récit est impressionnant de maîtrise et de fluidité. Ainsi elle alterne avec brio entre passé (l'année précédant la mort de Nicole) et présent et entre les points de vue des différents personnages. Tous sont importants dans le déroulement du récit et nous plongeons dans leur quotidien, leur métier, leur intimité. Leurs histoires se croisent et se séparent habilement et plus le lecteur avance dans le récit, plus le mystère s'épaissit. Et quand il pense s'approcher enfin d'un dénouement rationnel, l'auteur joue à le perdre à nouveau et à le faire douter, entre réel et fantastique.
    L'ambiance que réussit à créer Laura Kasischke est également remarquable. Il s'agit d'une atmosphère glaciale faite de clair-obscur (la neige, la lune et la nuit sont omniprésentes), angoissante (allusions répétées au sang), empreinte de beaucoup de poésie. A cet égard, la scène d'ouverture (la scène de l'accident) est particulièrement réussie car elle donne immédiatement le ton du récit, irréel.
    Enfin, l'auteur jette un regard très aiguisé sur les us et coutumes d'un campus américain et de ses sororités. Elle insiste sur la jeunesse, la pureté et la beauté éclatantes des étudiantes pour mieux montrer ensuite le revers de la médaille fait de manipulations, d'illusions et de violence. Pour conclure, ce roman est une vraie découverte !
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    • Livres 5.00/5
    Par Anjali84, le 01 novembre 2011

    Anjali84
    L'oeuvre de Laura Kasischke, romancière et poétesse américaine, peint le portrait peu flatteur de la middle class américaine. Femmes au foyer, lycéennes populaires, étudiants argentés.
    Pourtant, cet univers lisse et ordonné se fendra peu à peu.
    Laura Kasischke nous donne à voir un monde qui nous échappe, menacé par un danger latent. Cette intrusion néfaste est cependant l'oeuvre du quotidien et des rapports humains pervertis.

    Les Revenants, dernier roman de l'écrivain, plus long et plus abouti que les précédents, trouve opportunément sa place dans nos lectures en cette période de Toussaint, Halloween et autres célébrations des disparus.

    Le livre s'ouvre sur un prologue saisissant, inquiétant mais empreint de calme. Une nuit de pleine lune, une femme assiste à l'accident de voiture de deux jeunes gens. Pourtant, si la jeune fille est touchée, il n'y a aucune effusion de sang, son compagnon est indemne et serein.
    Après ces quelques pages lapidaires posant magistralement le ton du roman, le lecteur apprend que la jeune accidentée, Nicole Werner, membre d'une sororité et étudiante modèle, a succombé à ses blessures. Craig, son petit ami, également étudiant, revient pourtant à l'université l'année suivante. Il continue d'y vivre avec Perry, son colocataire.
    Mais la rumeur enfle, Nicole, ou plutôt son fantôme, aurait été aperçue sur le campus.

    Se met en place un ballet de personnages rappelant pour beaucoup les figures des romans précédents de Laura Kasischke : le couple Nicole et Craig, Perry, Josie (membre de la sororité et amie de Nicole), Mira (anthropologue et professeur), Shelly (autre enseignante, témoin de l'accident), les familles des protagonistes. Des "enquêtes" parallèles se mettent en place afin de faire la lumière sur la mort de l'étudiante, qui se heurte à de nombreuses incohérences.
    La trame générale ne saurait être davantage dévoilée, tant la construction du roman, éclatée temporellement entre l'avant et l'après-accident, elliptique, participe de l'intrigue et de la construction des personnages.
    Une fois de plus, nous sommes plongés dans un univers américain typique. Laura Kasischke en maîtrise les différents prismes : peinture presque sociologique à la David Lodge du monde universitaire, topoï des teen-movies (entre mystérieuses fraternités et films d'épouvante), portraits de femmes au foyer et de familles en apparence heureuses. le genre fantastique également est effleuré avec ses animaux et sa nature apparemment doués de pensées plus conscientes que celles des hommes. Mais, comme toujours chez Laura Kasischke, ce n'est qu'une voie de plus pour dépeindre la réalité la plus crue(lle).

    Le fil conducteur de tous ces thèmes demeure l'omniprésence de la mort, que cela soit au travers des légendes urbaines de fantômes hantant le campus, de parents que l'on a pas vus disparaître, d'une soeur que l'on n'a jamais connue mais qu'on a su imaginer, de la médecine légale ou de l'étude anthropologique de rites funéraires. La fascination morbide est mise en scène. Les jeunes étudiants aiment à frôler ce point de non retour, pratiquant des rituels macabres, croyant côtoyer les défunts et se passionnant pour les cours dispensés à la morgue. Mais la mort n'est pas (seulement) là où on l'attend, là où on la craint ni comme on la pense.

    Omniprésence également de la dualité entre Eros et Thanatos : les personnages, bien souvent très typés, sont aussi des corps sexués, mus par le désir charnel et l'amour physique. Pulsion de désir et de vie qui ne les lie pas les uns aux autres mais entraîne tromperies, blessures et disparitions.

    Pour finir, cette lecture par Marine Landrot (Télérama) donne un aperçu de l'écriture de Laura Kasischke en traduction, de son style imagé et fluide.

    Lien : http://los-demas.blogspot.com/2011/10/les-revenants-laura-kasischke...
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    • Livres 4.00/5
    Par chocobogirl, le 11 mai 2012

    chocobogirl
    Tout débute par un accident de voiture. Un couple d'adolescent, Nicole et Craig, font une sortie de route. Shelly, la seule témoin, découvre la scène : Nicole inconsciente et virginale dans les bras de son amoureux. Nicole mourra et Craig sera accusé par la vindicte populaire de l'université d'avoir tué sa petite amie. Pourtant quelques mois plus tard, ce dernier retourne étudier dans les mêmes lieux où il a connu Nicole. Soutenu par son ami Perry qui fut et reste son compagnon de chambre, Craig tente d'avancer et d'oublier. Mais les fantômes du passé rodent toujours. Certains étudiants auraient aperçu la jeune fille sur le campus, Craig reçoit d'étranges cartes postales signées Nicole tandis que Perry s'est inscrit à un cours sur la mort.
    A l'image de Moi, Charlotte Simmons, de Tom Wolfe auquel le roman m'a fait penser, voici une nouvelle fois un roman acerbe qui décrypte la vie des campus américains. Sous une apparence tranquille où chacun semble couler des jours heureux, l'université cache de sérieuses failles, tant du côté des étudiants, que des professeurs ou des responsables.
    Craig tente de faire son deuil tout en étant perturbé de n'avoir aucun souvenir de l'accident. Il se met à croire au retour spectral de Nicole tant ce garçon si amoureux a vu sa vie sombrer à la disparition de la jeune fille.
    Perry, le bon copain, semble aussi mal à l'aise. Se passionnant pour ce cours qui détaille les manifestations de la mort dans le folklore traditionnel, il s'avère lui aussi quelque peu fasciné par Nicole qu'il connaît depuis son plus jeune âge et reconnaît à son tour l'avoir vu depuis sa mort.
    Shelly, une lesbienne quinquagénaire qui a tenté en vain de faire reconnaître à la presse le ramassis de bêtises qui ont été dites à l'occasion de l'accident, se voit manipulé par Josie, une jolie étudiante qui travaille pour elle et qui s'avère être la compagne de chambre de Nicole.
    Enfin, il y a Mira, professeur spécialisée sur la mort, son folklore et les manifestations fantastiques qui lui sont liés. Son couple bat de l'aile, la thèse qui lui permettrait de rester enseigner sur le campus est au point mort. Intriguée par l'effervescence toujours palpable autour de la mort de Nicole, elle décide de consacrer son étude à la mort de la jeune fille.
    D'autres personnages gravitent autour qui complexifient un peu plus le sujet.
    Car oui, l'intrigue est un véritable imbroglio où tout va avoir son importance. le roman débute lentement et grâce à des flashs back habilement distillés permet au lecteur de comprendre la vie des uns et des autres avant l'accident. Puis peu à peu, le rythme s'accélère et l'ambiance tendue devient bientôt terriblement étouffante tendant vers un final qu'on attend dramatique. Sans crime, l'histoire tend pourtant à devenir une enquête et le lecteur est avide de révélations et de vérité.
    Flirtant avec le surnaturel, Laura Kashischke réussit avec brio à perdre son lecteur dans une ambiance oscillant entre le réalisme le plus dérangeant et un fantastique troublant, et à conclure son roman sans enlever toute l'incertitude concernant ces manifestations spectrales. La fascination pour la mort est clairement palpable ici.
    Véritable charge contre les campus américains, Les revenants n'hésite pas à dénoncer les traditions de fraternité et de sororité, ces confréries estudiantines qui n'hésitent pas à bizuter et à instaurer des rites de passages absurdes, de manière inconséquente. Les responsables du campus ne sont pas épargnés, n'hésitant pas à dissimuler certains faits qui rejailliraient négativement sur l'image de l'université. Tenus par leurs généreux donateurs ou leurs compagnons de fraternité, les petits arrangements entre amis ont force de loi.
    Chacun s'inscrit donc dans un groupe et ceux qui s'en excluent librement, comme Craig, doivent affronter le mépris et la vindicte populaire.
    Les revenants est un formidable roman à la construction impeccable.Très dense, riche de multiples sous-intrigues qui finissent par toutes se rejoindre, il déroule habilement le fil d'une histoire en vase clos. Agrémenté de personnages excellemment étudiés et à la psychologie poussée, il emporte son lecteur à la marge de la réalité pour mieux le perdre dans cette obsession de la mort à la lisière d'un fantastique morbide.
    Un récit bien sombre qu'on savoure pourtant avec délicatesse, entouré de ces revenants, les morts invisibles tout comme ces vivants en sursis, pervertis par leurs pairs et à l'innocence cruellement sacrifiée sur l'autel du collectif.

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-les-revenants-10339354..
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Critiques presse (5)


  • Bibliobs , le 30 décembre 2011
    L'un des plus beaux du livre de Laura Kasischke dont la démesure douce, la richesse et le génie littéraire palpable à chaque instant confirment qu'elle est la digne héritière de la grande Joyce Carol Oates
    Lire la critique sur le site : Bibliobs
  • LesEchos , le 18 octobre 2011
    Le roman de Laura Kasischke renoue avec la tradition de la grande littérature policière (Poe, Conan Doyle), flirtant avec le fantastique. A la fin, il y aura une explication rationnelle à ces mystères, mais tous les fantômes ne seront pas dissipés. En contrepoint de l'intrigue, qui vous prend à la gorge, « Les Revenants » offrent une belle et lancinante méditation sur la mort, le deuil -et par contraste sur la jeunesse, si cruelle dans sa fureur de vivre.
    Lire la critique sur le site : LesEchos
  • Lexpress , le 03 octobre 2011
    Pour briser la vitrine des apparences et démasquer les hypocrisies sociales, l'auteur de La Vie devant ses yeux se révèle une fois de plus redoutable. Avec cette morale, véritable leitmotiv de son oeuvre : les oies blanches cachent souvent de bien vilains petits canards.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LeMonde , le 23 septembre 2011
    Les Revenants n'est pas une enquête policière, c'est plutôt une dérive aux frontières du réel, poétique, drôle et tragique, avec des chemins qui bifurquent, se croisent, se séparent, des existences pour lesquelles on se passionne, car elles sont autant de petits romans dans ce grand roman énigmatique.
    Lire la critique sur le site : LeMonde
  • Telerama , le 15 septembre 2011
    Derrière ce halo boréal d'une grande puissance féerique, la romancière laisse entrevoir une Amérique nauséeuse, dévorant ses enfants pour mieux les vomir, tuant les créatures les plus prometteuses pour les transformer en fantômes malfaisants.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par gean25, le 04 avril 2012

    Sa mère l'avait des millions de fois accusé d'afficher un sourire narquois ou de grimacer,des petites amies lui avaient reproché de rouler des yeux.Une fois au collège ,une de ses professeurs(miss Follain,la prof de lettres) s'était interrompue au beau milieu de son cours sur les phonèmes pour lui demander ce qu'il y avait de si drôle.
    "Qu'est ce qui te fait rire?insista miss Follain.
    _Mais je ne ris pas",protesta Craig,après quoi,bien sûr,il ne put s'empêcher de commencer à rigoler.Ironie et absurdité de la situation : il ne riait pas au moment ou il en avait été accusé,et voilà que maintenant il était tout près de se décrocher la mâchoire .Incapable de contenir son hilarité,il s'enfouit le visage dans l'angle du coude,et le reste de la classe se mit de la partie,riant d'abord sous cape et bientôt emportée par un fou rire.
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  • Par zhivago, le 21 octobre 2011

    Jeff était un homme exceptionnellement séduisant - de haute taille, les yeux vert olive, une crinière de cheveux bruns. Mais Mira le trouvait aussi séduisant qu'un mannequin de catalogue présentant des sous-vêtements masculins. Bien sûr, on y regardait à deux fois, mais le problème était que l'on vivait dans un monde à trois dimensions, alors qu'il n'était qu'une surface lisse et glaçée.
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  • Par Theoma, le 05 février 2012

    Craig, pour sa part, se sentait tout brûlant. Peut-être était-il souffrant. (...) Il trouvait que Shelly Lockes avait l'air un peu congestionnée, elle aussi. (...) "Vous étiez sur place le soir de l'accident ? lui demanda-t-il. Le soir où elle est morte ?"

    Elle promena un regard alentour, comme si la question s'adressait à quelqu'un d'autre. Mais toutes les personnes présentes la dévisageaient, elle. Elle s'éclaircit la gorge, y porta la main, puis se ramena une mèche de cheveux -derrière l'oreille et se mit à regarder ses bottines.

    Combien de fois Craig avait-il vu Nicole se ramener ainsi une mèche derrière l'oreille tout en réfléchissant avant de parler ? Cette femme aurait pu être Nicole, si Nicole avait vécu suffisamment longtemps. (...) Elle s'humecta les lèvres, se les mordit, puis déclara : "Elle n'était pas morte."
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  • Par gean25, le 31 mars 2012

    Je ne puis te dire qui je suis désormais
    Je ne puis te dire la profondeur de mon regret
    Que tu ne m'aies pas tuée,Craig,mais
    Sache que mon âme ne se peut enterrer.
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  • Par gean25, le 28 mars 2012

    Après avoir changé Andy,Mira s'assit sur le sol et attira les jumeaux à elle.Elle déboutonna son corsage taché,dégrafa son soutien-gorge et laissa ses seins leur tomber dans la bouche.
    "Ma parole, Mira,mais combien de temps encore vas-tu continuer de les nourrir?"lui avait demandé six mois plus tôt la soeur de Clark,venue en visite d'Atlanta.
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