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ISBN : 2253164526
Éditeur : Le Livre de Poche (2013)


Note moyenne : 3.8/5 (sur 382 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Élève brillante, Nicole était douce et sociable (cheftaine scout, membre de plusieurs associations d’étudiantes). Elle meurt subitement dans un accident terrible.
À l’automne suivant, tandis qu’un nouveau semestre commence, Craig, l’ancien petit ami de Nicole es... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Kittiwake, le 28 juin 2012

    Kittiwake
    Si je ne disposais que de trois mots pour caractériser ce roman, ce serait excellent polar sociologique
    Excellent car le découverte de l'auteur à travers ce roman a été un grand plaisir : écriture fluide, où la traduction sait se faire oublier, avec une intrigue dont la complexité croissante et polyphonique crée une addiction certaine pour le récit, où la mise en danger des personnages crée chez le lecteur une empathie et une implication émotionnelle dont le corollaire est de ne pas pouvoir lâcher la lecture.
    Polar car même si le genre n'est pas explicitement revendiqué, il y a tout de même dès le départ une mort violente, qui ressemble à un banal accident de voiture dans un contexte d'alcoolisation estudiantine, sauf que des discordances apparaissent rapidement dans l'interprétation des témoignages, et là, le lecteur, qui a bien sûr repéré que de nombreuses pages sont encore à découvrir, perçoit bien qu'il y a anguille sous roche! Par contre, et ce serait mon seul bémol, on devine trop rapidement la solution. Encore que, 24 heures après avoir tourné la dernière page, je me demande si j'ai vraiment tout compris, car il me semble que mon interprétation comporte quelques invraisemblances (prête à en discuter en MP avec d'autres lecteurs)

    Sociologique, car en thème de fond l'auteur explore l'univers de la société de la classe moyenne américaine, et surtout de la vie des campus universitaires. Certes ce n'est pas le premier ouvrage qui s'intéresse à cette micro-société aux codes singuliers, avec des règles hiérarchiques strictes et des fonctionnements de groupe où les rites d'admission exclusion sont particulièrement prégnants. C'est tout l'art de l'auteur de très bien intégrer les indices qui font progresser l'intrigue dans une analyse à la fois des personnalités des protagonistes en interaction avec ce milieu particulier.
    L'intrication des faits réels avec d'autres manifestations plus ambiguës est facilitée par les habitudes hygiéno-diététiques des personnages : drogues et alcools font partie intégrante du régime quotidien des étudiants. Loin d'être banalisée, cette consommation est pointée du doigt comme responsable de dérives et de conséquences dramatiques
    Enfin et c'est le thème majeur du roman, le thème est la mort est appréhendée de façon récurrente (enseignement, ressenti, suicide, fantômes) et confère une ambiance singulière à ce récit.
    Je remercie chaleureusement Masse Critique et les éditions Christian Bourgeois pour ce partenariat très apprécié


    Lien : http://kittylamouette.blogspot.fr/2012/06/les-revenants.html
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    • Livres 4.00/5
    Par latina, le 27 octobre 2013

    latina
    Dites-moi que ce n'est pas vrai ! Rassurez-moi ! Laura Kasischke s'inspire-t-elle de la réalité des campus américains lorsqu'elle décrit le bizutage dans les « sororités » ?
    Craig a vécu l'horreur : il a tué sa petite amie, Nicole, dans un accident de voiture. Et il ne se souvient de rien ! le seul témoin, une prof de musique de l'université, est persuadée que Nicole était encore vivante, mais personne ne la croit, ne veut la croire, ne l'écoute, même. Bizarre...
    Et nous voilà imbriqués dans la vie de ces personnes, dans cette vie particulière d'une université américaine, de ses sororités toutes-puissantes, ô combien !
    Sombre histoire d'amour et de mort, d'amitié et de drogue, de rassemblements et de disparitions, ce roman tout entier m'a mise mal à l'aise.
    Bien écrit, sans clichés ni niaiseries de toutes sortes, sans fioriture aucune, mais sans effets de style particuliers non plus, ce qui est un peu dommage, il recèle une infinité de petits riens qui plombent l'atmosphère. Cruauté entre filles (oui, maintenant, j'en suis persuadée, ça peut exister...), morale et physique ; aucun scrupule pour que la carrière de professeurs s'écroule, afin de couvrir certains faits plus que répréhensibles ; aucune émotion pour se débarrasser (et même plus !) d'élèves encombrants ; attirance pour la mort et son cortège de cadavres, d'autopsies, de thanatopracteurs ; doutes persistants sur la vision de fantômes ; mariage qui se délite ; trahisons amoureuses...et j'en passe !
    Les trois premiers quarts du roman m'ont donc enfoncée tout doucement mais très certainement dans cette ambiance malsaine, je ne dirai pas à mon esprit défendant, car c'était en toute acceptation de ma part. Au moment où je me suis dit que rien, en somme, ne se passait vraiment, à part embourber mon cœur et mon cerveau, voilà que l'intrigue me tombe dessus et m'emporte dans un tourbillon d'entretiens déstabilisants et de visites pour le moins inhabituelles. Tout s'accélère, donc, pour finalement retomber comme un soufflé, dans une fin finalement très classique.
    Je lui octroierais 7 sur 10, mais comme ce n'est pas possible, allez, je lui mets 4 étoiles. Ce n'est pas tous les jours que j'accepte de côtoyer la Mort en toute impunité.
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    • Livres 3.00/5
    Par MachaLoubrun, le 10 mars 2013

    MachaLoubrun
    Un soir, en rentrant chez elle, Shelly Lockes est témoin d'un accident routier, en pleine campagne. Elle appelle les secours et pourtant ce qu'elle lira à propos du drame les jours suivants dans la presse locale ne correspond pas du tout à ce qu'elle a vu.
    S'agit-il d'un banal fait divers ? Difficile de démêler le vrai du faux… Tout est trouble, troublant.
    Nicole, la jeune étudiante qui se trouvait dans le véhicule est morte et Craig son petit ami souffre d'amnésie. le sororité à laquelle appartenait la jeune fille semble soumettre ses jeunes participantes à d'étranges rituels et organise des cérémonies grandioses à sa mémoire. Un semestre plus tard, le jeune Craig qui n'arrive pas à se remettre de ce douloureux évènement revient à Godwin Hall, l'université dans laquelle se joue cette terrible comédie humaine.
    C'est le début d'une intrigue palpitante à la construction narrative savamment orchestrée, dévoilant les faits dans de cours chapitres qui donnent beaucoup de rythme au récit tout en alternant les points de vue.
    On apprend donc à mieux connaître Craig mais aussi les colocataires du jeune couple, Perry et Josie. Cette dernière travaille aux côtés de Shelly Lockes et Perry assiste en auditeur libre aux cours de Mira Polson, professeur d'anthropologie, sur le thème de la mort…
    Un climat inquiétant règne sur le livre, des témoins ont vu Nicole apparaître les cheveux teints en noir, Craig reçoit des cartes postales étranges… Nicole est-elle revenue ?
    Personne ne semble totalement innocent. L'intimité des couples est passée au crible, les fêlures, les désirs, les doutes des personnages, le poids des secrets, Laura Kasischke sait trouver les mots justes pour en parler.
    A travers cette intrigue, elle dresse un constat peu flatteur de la société américaine, de son puritanisme, son hypocrisie et ses nombreux tabous, notamment autour de la sexualité, omniprésente tout au long du récit. Elle livre une réflexion intéressante sur notre rapport à la mort et aux morts qui jalonnent notre existence au point de prendre parfois plus de place que les vivants.
    La fin au goût doux amer nous renvoie à nos propres questionnements, c'est assurément une réussite.
    Je remercie chaleureusement Masse Critique et les éditions le livre de poche pour ce partenariat qui m'a permis de découvrir ce livre avec plaisir.
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    • Livres 4.00/5
    Par francoise_bxl74, le 06 juin 2013

    francoise_bxl74
    Roman à plusieurs voix, Les revenants est de ces œuvres que l'on classe difficilement. Traitant tour à tour de la vie universitaire aux Etats-Unis, de ces fraternités ou sororités et de leurs traditions, du rapport à la mort, du puritanisme américain… Laura Kasischke nous entraîne dans une aventure dont le lecteur ne peut sortir indifférent. Parfois perdu dans ce récit à plusieurs voix revenant alternativement sur les événements précédents et les événements suivant l'accident, il est difficile d'en abandonner la lecture tant les questions se bousculent dans notre esprit. Au final, un grand moment de lecture.
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    • Livres 4.00/5
    Par Yunali, le 03 mars 2013

    Yunali
    Je tiens déjà à remercier grandement Babelio et les éditions du Livre de Poche pour m'avoir sélectionnée afin de lire et commenter ce livre.
    Je ressors de cette lecture avec un sentiment étrange. Je ne dis pas cela de manière négative, mais c'est vrai que ce fût une lecture forte et très prenante.
    C'est loin d'être un livre policier ordinaire, car Laura KASICHKE arrive à partir d'un ‘simple' accident de voiture pour arriver à une conclusion assez inattendue.
    Il y a donc comme départ l'accident d'un jeune couple d'étudiants dont est témoin une employée de l'Université, et l'auteur nous fait ensuite parcourir les vies d'un bon nombre de personnages a priori ordinaires tous reliés de près ou de loin à cet accident.
    Si par moments on peut se sentir un peu déroutés par les histoires de ces personnages, petit à petit tout s'éclaire, et l'on remet les morceaux du puzzle en place pour découvrir quelque chose de vraiment impensable.
    Je pense que si j'ai un sentiment un peu curieux suite à cette lecture c'est parce que j'ai du mal à réagir face à la Mort, et que ce livre nous fait nous poser des questions sur ce sujet là, et je ne m'y attendais pas du tout à la lecture du résumé. Je pensais lire un ‘simple' roman policier, et j'ai vraiment été surprise !
    Alors certes je ne suis peut-être pas à l'aise avec ce sujet pour des raisons personnelles, mais l'auteur sait vraiment nous faire nous interroger et nous impliquer émotionnellement, mais elle a réussi à ne pas aller trop loin, ce qui pourrait rebuter les lecteurs qui ont les mêmes appréhensions que moi sur le sujet.
    Ce roman est d'ailleurs un vrai bijou, et je suis plus que ravie d'avoir découvert un auteur que je relirai avec plaisir.
    Il y a dans Les revenants un vrai panel de personnages qui sont tous « vrais » dans le sens où nous pourrions les croiser dans la rue, on aurait pu tous rencontrer Craig, Nicole, Perry, Mira ou Shelly (pour ne citer que les principaux).
    Craig Clements-Rabbit est un jeune homme détruit suite à l'accident de voiture qu'il a eu avec Nicole Werner sa petite amie qui n'est pas ressortie vivante. Il devra faire face à sa mémoire pour savoir ce qui s'est passé et surtout il devra affronter les autres qui ne voient en lui (pour la plupart du moins) qu'un meurtrier.
    Shelly Lockes qui a été témoin de l'accident essaye quant à elle de faire entendre la vraie version de l'accident, car pour des raisons qu'elle ne comprend pas, les journaux et les autorités racontent une toute autre version des choses ! Son combat va d'ailleurs trouver de l'opposition, la vérité n'est pas facile à révéler ni à faire accepter…
    Quant à Perry Edwards, c'est le colocataire de Craig et il connaissait Nicole depuis qu'ils sont enfants. C'est un personnage des plus attachants, et il veut à la fois aider Craig (il ne lui tournera pas le dos après l'accident et va le soutenir indéfectiblement) et rétablir la vérité sur Nicole. Il va donc convaincre Mira Polson, professeur anthropologue spécialisée dans le domaine du folklore de la mort, de pouvoir suivre ses cours car il voudrait comprendre la mort de Nicole.
    Chacun des personnages a ses faiblesses: Craig est le fils d'un célèbre romancier, donc passablement riche et du genre à avoir des a priori et à déprécier les autres qui comme Perry ou Nicole viendraient d'une petite ville (i.e : il renomme vite leur ville natale de Bad Axe en Bad Ass).
    Perry est lui du type « boy scout », débrouillard qui a toujours solution à tout. Intelligent, bien élevé, qui fait son lit tous les jours, repasse et range ses vêtements… En bref il semble un peu trop « fils à maman ».
    Mira est un peu perdue dans son mariage, avec son mari qui reste tout le jour à la maison afin de garder leurs jumeaux pendant qu'elle travaille pour payer leurs factures.
    Et Shelly est une lesbienne quarantenaire qui se pose des questions sur elle, sa sexualité, sa vie passée, son expérience malheureuse avec son ex-mari…
    Quant à Nicole notre héroïne tragiquement disparue... ; et bien on apprend au fil des pages (si on ne le savait pas déjà) que les apparences sont parfois trompeuses, et qu'on peut paraître être un ange aux yeux des autres et agir d'une manière qui est tout sauf angélique.
    Ils ont tous des failles, et Laura KASISCHKE ne peint pas un portrait tout rose et sans saveurs de ses personnages, bien au contraire.
    Le sexe, l'alcool et la drogue sont monnaie courante pour les jeunes étudiants et l'auteur ne cache pas cela même si elle ne rentre pas dans d'infimes détails.
    Avec leurs personnalités bien affirmées et très différentes les unes des autres, l'auteur réussit à créer un melting pot qui fonctionne parfaitement, chacun amenant sa pierre à l'édifice, chacun faisant progresser l'histoire et les réflexions des uns et des autres (à la fois sur eux-mêmes et sur ce qui se passe autour d'eux).
    Le contexte dans lequel se passe l'histoire est vraiment bien choisi par l'auteur.
    Ce campus (sûrement semblable à la plupart des campus américains tels qu'on peut les connaître ne serait-ce que par les films et séries télévisées) pourrait être vu comme un personnage à part entière tellement tout ce qui se passe y est intrinsèquement lié.
    Si Nicole n'avait pas fait partie d'une sororité ; si cette même sororité n'avait pas des ‘traditions' plus que douteuses ; si les filles de cette sororité n'avaient pas été quasiment lobotomisées pour ne pas réfléchir et faire tout ce qu'on leur dit ; si l'Université trouvait à redire aux pratiques des fraternités et sororités ; si les anciens membres de ces ‘organisations' n'étaient pas aussi influents sur les administrateurs de l'Université ; si… Craig n'avait pas rencontré Nicole.
    Sans ces « si » on n'aurait pas eu la critique sous-jacente à l'histoire et la dénonciation de l'auteur des pratiques de ces fraternités/sororités et ce jusqu'à quoi leur espèce d'omerta (ça en est quasiment une vu ce qui peut se passer) et impunité peut déboucher.
    En tous cas après avoir lu ce livre on ne peut pas penser que ces maisons helléniques sont faites pour y faire la fête et s'amuser. Et franchement le livre en donne un aspect peu reluisant et vraiment détestable.
    De manière plus générale est critiqué le fonctionnement de l'Université (pas spécifiquement le campus mentionné dans le livre). D'abord comment les professeurs sont tenus de faire leurs travaux pour être titularisés, puis comment des élèves qui n'en ont pas besoin (n'est-ce-pas Josie ?) arrivent à avoir des jobs faits pour les boursiers.
    Et comment on peut mettre la pression sur des professeurs ou membres de l'Université sur le fondement de rumeurs. Certes pas n'importe quelles rumeurs… notamment jusqu'où est allée Josie Reilly (sœur de sororité de Nicole) pour détruire complètement la vie de Shelly (je ne me suis d'ailleurs toujours pas remise de ce qu'elle et d'autres ont fait…).

    Récit intriguant, Laura KASISCHKE nous tient en haleine tout du début à la fin de ce long roman, mêlant scènes du passé et du présent (les premières pour mieux comprendre comment sont arrivées les secondes), mêlant réel et imaginaire (mais ce qu'on n'imagine est-il vraiment du domaine de l'irréel ?...)
    En bref on oscille entre certitude et doute, et même si l'on comprend assez tôt dans le roman ce qu'est vraiment la réalité, le dénouement reste assez surprenant, mais nous laisse quand même avec des questionnements.
    Je n'arrivais pas à m'imaginer de fin à ce roman et je reste avec des incertitudes et un goût amer quant à certaines choses (une envie que les choses ne se passent pas de cette façon dans la vraie vie), peut-être est-ce le but que recherchait l'auteur, sous couvert d'intrigue policière, une critique douce amère de ce que peuvent faire certaines personnes.
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Critiques presse (5)


  • Bibliobs , le 30 décembre 2011
    L'un des plus beaux du livre de Laura Kasischke dont la démesure douce, la richesse et le génie littéraire palpable à chaque instant confirment qu'elle est la digne héritière de la grande Joyce Carol Oates
    Lire la critique sur le site : Bibliobs
  • LesEchos , le 18 octobre 2011
    Le roman de Laura Kasischke renoue avec la tradition de la grande littérature policière (Poe, Conan Doyle), flirtant avec le fantastique. A la fin, il y aura une explication rationnelle à ces mystères, mais tous les fantômes ne seront pas dissipés. En contrepoint de l'intrigue, qui vous prend à la gorge, « Les Revenants » offrent une belle et lancinante méditation sur la mort, le deuil -et par contraste sur la jeunesse, si cruelle dans sa fureur de vivre.
    Lire la critique sur le site : LesEchos
  • Lexpress , le 03 octobre 2011
    Pour briser la vitrine des apparences et démasquer les hypocrisies sociales, l'auteur de La Vie devant ses yeux se révèle une fois de plus redoutable. Avec cette morale, véritable leitmotiv de son oeuvre : les oies blanches cachent souvent de bien vilains petits canards.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LeMonde , le 23 septembre 2011
    Les Revenants n'est pas une enquête policière, c'est plutôt une dérive aux frontières du réel, poétique, drôle et tragique, avec des chemins qui bifurquent, se croisent, se séparent, des existences pour lesquelles on se passionne, car elles sont autant de petits romans dans ce grand roman énigmatique.
    Lire la critique sur le site : LeMonde
  • Telerama , le 15 septembre 2011
    Derrière ce halo boréal d'une grande puissance féerique, la romancière laisse entrevoir une Amérique nauséeuse, dévorant ses enfants pour mieux les vomir, tuant les créatures les plus prometteuses pour les transformer en fantômes malfaisants.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par Woland, le 15 décembre 2012

    [...] ... Cela s'était passé six semaines plus tôt. Depuis lors, [Craig] l'avait tenue dans ses bras, en soutien-gorge et culotte, fidèle à sa promesse de ne pas en demander plus.

    - "Dis-moi que c'est une mauvaise blague," lui dit-il. "Ta sororité ne donne quand même pas dans ce genre de conneries ?

    - Ce n'est pas si bizarre," répondit [Nicole]. "Toutes les sociétés secrètes ont leurs rituels. Il se trouve que c'est le nôtre."

    Il ne put s'empêcher de ricaner, puis il marmonna un mot d'excuse. "Désolé. Simplement, je ne vois pas ta sororité comme une société secrète. Je croyais que l'idée était de préparer des soirées habillées, de décorer des chars, de faire de la pâtisserie et peut-être de vous poser les unes aux autres des extensions à clips dans les cheveux. Jamais je n'aurais imaginé que vous avez un cercueil au sous-sol et que ...

    - Chhh, moins fort." Elle promena un regard autour de la chambre comme si quelqu'un pouvait entendre, alors qu'ils étaient en petite tenue et parfaitement seuls dans la chambre de Craig. Perry [= co-locataire et ami de Craig] assistait à son cours de sciences po de l'après-midi. Les rideaux étaient tirés.

    - "Nicole ..." commença-t-il, renonçant aussitôt à poursuivre. Il trouvait cela vraiment mignon. Cela lui rappelait la façon dont, à l'école élémentaire, les filles devenaient tout excitées avec leurs petits secrets dérisoires, faisant circuler des billets, piquant une crise si un garçon leur en chipait un, même si ces petits papiers ne contenaient rien de plus palpitant que Deena en pince pour Bradley ! ! ! Comme si cela intéressait quelqu'un.

    - "Tu comprends, la Société panhellénique [= société qui supervise toutes les sororités du campus] pourrait fermer notre maison si cela lui revenait aux oreilles. C'est considéré comme du bizutage.

    - Combien de fois par an ta sororité organise-t-elle de ces ... résurrections ?" demanda Craig en tâchant de donner un ton sérieux à sa question, en s'interdisant de tracer des guillemets en l'air autour de ce dernier mot.

    - "Deux fois par an. La dernière fois, c'était en novembre, mais nous, les nouvelles aspirantes, nous avons dû rester en haut. Nous ne pourrons y assister que lors du rituel de Printemps."

    Ce fut plus fort que lui. Il se mit à rire en l'entendant parler de "rituel de Printemps." Au fond, il s'agissait de soûler les soeurs de la sororité à la tequila, de les faire hyperventiler jusqu'à ce qu'elles tombent dans les pommes, de les allonger dans un cercueil, puis de les "ramener d'entre les morts", ressuscitées de frais au sein de la sororité Oméga Thêta Tau. Il aurait été difficile, se dit-il, de classer cela dans les "activités du printemps", où le Rotary Club aurait rangé une chasse aux oeufs de Pâques ou une partie de patins à roulettes organisée pour des enfants trisomiques. ... [...]
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  • Par MachaLoubrun, le 10 mars 2013

    « Du reste, la pratique de la crémation, qui nous paraît être une des façons les plus modernes de traiter la dépouille mortelle, trouve là son origine. Si le corps est réduit en cendres, il ne peut y avoir de réincarnation, de retour.
    « Certains anthropologues pensent qu’en matière de deuil, bon nombre d’usages servaient à l’origine l’objectif de tenir la mort à distance. Schneerweiss- […] a émis l’hypothèse que, si les veuves devaient se vêtir de noir pendant au moins un an et se coiffer différemment, c’était afin d’être méconnaissable quand leur mari se lancerait à leur recherche.
    « Pourquoi devait-il en être ainsi ? Pour quelle raison toute veuve qui se respecte ne serait-elle pas ravie de voir son époux lui revenir ?
    - La putréfaction ! lancèrent les étudiants presque d’une même voix.
    - Exactement. La peur. La peur, l’aversion, que nous croyons de nature superstitieuse ou religieuse, s’appuie en fait sur la réalité physique. Sur l’expérience. Pénible expérience. On voit dont que les peuples primitifs, que l’on aurait un peu vite tendance à taxer d’inconséquence, avaient en réalité une expérience plus étroite et plus intime que celle que celle que la plupart d’entre nous n’aurons jamais - à moins de participer à un conflit armé ou d’entrer dans les pompes funèbres. Ils savaient ce qu’ils cherchaient à éviter. »
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  • Par ladesiderienne, le 14 décembre 2012

    Elle se demandait à quoi pouvait ressembler septembre pour qui ne travaillait pas dans l'enseignement. Se trouvait-on épargné par la mélancolique réminiscence de ce mois-là ? Si oui, ce devait être comme de sécher un des douze travaux d'Hercule ; on ne coupait pas certes au bourdon de Noël, mais au moins n'avait-on pas à revivre la fin de toutes les grandes vacances de sa vie, cette triste prise de conscience de sa propre mortalité, quand une fois encore, année après année, les enfants envahissaient votre univers avec leurs pulls neufs et leurs crayons bien taillés.
    Non, supposait-elle, nul ne devait y couper. Ce calendrier se gravait de si bonne heure dans le psyché de chacun. Personne n'échappait au caractère funeste de septembre.
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  • Par Yuko, le 22 mai 2013

    La scène de l'accident était exempte de sang et empreinte d'une grande beauté. Telle fut la première pensée qui vint à l'esprit de Shelly au moment où elle arrêtait sa voiture. Une grande beauté. La pleine lune était accrochée dans la ramure humide et nue d'un frêne. L'astre déversait ses rayons sur la fille, dont les cheveux blonds étaient déployés en éventail autour du visage. Elle gisait sur le côté, jambes jointes, genoux fléchis. On eût dit qu'elle avait sauté, peut-être de cet arbre en surplomb ou bien du haut du ciel, pour se poser au sol avec une grâce inconcevable. Sa robe noire était étendue autour d'elle comme une ombre. Le garçon, qui s'était extrait du véhicule accidenté, franchit un fossé rempli d'eau noire pour venir s'agenouiller à côté d'elle.
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  • Par fanfan50, le 29 janvier 2014

    La première image était une photo du film L'Armée des morts. Un "cadavre" en haillons poursuivait une belle jeune fille sur une étendue de pelouse vert émeraude.
    "Vous connaissez probablement ce film. Je suppose que la plupart d'entre vous connaissent aussi le conte intitulé La Patte de singe, dans lequel un homme rapporte à sa femme une patte de singe dont on lui a dit qu'elle exaucerait trois voeux. Le premier, qui porte sur une somme d'argent, entraîne la mort de leur fils dans un accident minier et le versement subséquent d'une prime d'assurance dont le montant conséquent correspond exactement à ce qui avait été demandé.
    Quelques jours après l'enterrement de son enfant, la mère, terrassée par le chagrin, prononce le deuxième voeu : qu'il revienne.
    Elle a pour ainsi dire perdu espoir quand, un soir tard, le couple entend quelque chose de lent et de pesant remonter l'allée avec des bruits de frottements. La femme se précipite vers la porte, mais son mari l'arrête. Il a compris, contrairement à elle, ce que sera devenu leur fils, s'en revenant ainsi après plusieurs jours passés dans la tombe. Aussi utilise-t-il le dernier voeu pour le faire s'en aller.
    A présent, je vous pose la question : il s'agit de votre fils unique, votre enfant chéri, et vous êtes responsable de sa mort. Est-ce que vous ouvrez la porte ?"
    Ce fut un "Non !" général. Karess Flanagan porta les mains à ses joues incarnates pour secouer vigoureusement la tête.
    "Mais pourquoi cela ? interrogera Mira, faisant semblant d'être choquée par leur insensibilité. Il s'agit quand même de votre fils, de votre enfant bien-aimé. De quoi avez-vous peur ?
    - Il est mort !
    - Et alors ? Il est de retour !" Mira avait contrefait leurs inflexions, ce qui les fit rire.
    "Il ne sera plus le même, dit Myriam Mason. Il a été enterré.
    - Il sera sacrément en rogne, lança Tony Barnstone.
    - Peut-être pas, avança Mira. Il aura sans doute compris que vous avez commis une bourde avec ce premier voeu. Et puis, tout de même, vous avez utilisé le second pour le tirer de la tombe.
    - Les morts l'ont toujours mauvaise, persista Tony.
    - Cela amène une autre question : pourquoi ? Qu'est-ce qui transforme une personne qui était, disons, gentille et timide de son vivant en cette sorte de monstre ?" Mira se servit de son stylo pour désigner le zombie écumant de la photo.
    Il n'y eut pas de réponses.
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