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ISBN : 2253164526
Éditeur : Le Livre de Poche (2013)


Note moyenne : 3.77/5 (sur 458 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Élève brillante, Nicole était douce et sociable (cheftaine scout, membre de plusieurs associations d’étudiantes). Elle meurt subitement dans un accident terrible.
À l’automne suivant, tandis qu’un nouveau semestre commence, Craig, l’ancien petit ami de Nicole es... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Kittiwake, le 28 juin 2012

    Kittiwake
    Si je ne disposais que de trois mots pour caractériser ce roman, ce serait excellent polar sociologique
    Excellent car le découverte de l'auteur à travers ce roman a été un grand plaisir : écriture fluide, où la traduction sait se faire oublier, avec une intrigue dont la complexité croissante et polyphonique crée une addiction certaine pour le récit, où la mise en danger des personnages crée chez le lecteur une empathie et une implication émotionnelle dont le corollaire est de ne pas pouvoir lâcher la lecture.
    Polar car même si le genre n'est pas explicitement revendiqué, il y a tout de même dès le départ une mort violente, qui ressemble à un banal accident de voiture dans un contexte d'alcoolisation estudiantine, sauf que des discordances apparaissent rapidement dans l'interprétation des témoignages, et là, le lecteur, qui a bien sûr repéré que de nombreuses pages sont encore à découvrir, perçoit bien qu'il y a anguille sous roche! Par contre, et ce serait mon seul bémol, on devine trop rapidement la solution. Encore que, 24 heures après avoir tourné la dernière page, je me demande si j'ai vraiment tout compris, car il me semble que mon interprétation comporte quelques invraisemblances (prête à en discuter en MP avec d'autres lecteurs)

    Sociologique, car en thème de fond l'auteur explore l'univers de la société de la classe moyenne américaine, et surtout de la vie des campus universitaires. Certes ce n'est pas le premier ouvrage qui s'intéresse à cette micro-société aux codes singuliers, avec des règles hiérarchiques strictes et des fonctionnements de groupe où les rites d'admission exclusion sont particulièrement prégnants. C'est tout l'art de l'auteur de très bien intégrer les indices qui font progresser l'intrigue dans une analyse à la fois des personnalités des protagonistes en interaction avec ce milieu particulier.
    L'intrication des faits réels avec d'autres manifestations plus ambiguës est facilitée par les habitudes hygiéno-diététiques des personnages : drogues et alcools font partie intégrante du régime quotidien des étudiants. Loin d'être banalisée, cette consommation est pointée du doigt comme responsable de dérives et de conséquences dramatiques
    Enfin et c'est le thème majeur du roman, le thème est la mort est appréhendée de façon récurrente (enseignement, ressenti, suicide, fantômes) et confère une ambiance singulière à ce récit.
    Je remercie chaleureusement Masse Critique et les éditions Christian Bourgeois pour ce partenariat très apprécié


    Lien : http://kittylamouette.blogspot.fr/2012/06/les-revenants.html
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    • Livres 4.00/5
    Par latina, le 27 octobre 2013

    latina
    Dites-moi que ce n'est pas vrai ! Rassurez-moi ! Laura Kasischke s'inspire-t-elle de la réalité des campus américains lorsqu'elle décrit le bizutage dans les « sororités » ?
    Craig a vécu l'horreur : il a tué sa petite amie, Nicole, dans un accident de voiture. Et il ne se souvient de rien ! le seul témoin, une prof de musique de l'université, est persuadée que Nicole était encore vivante, mais personne ne la croit, ne veut la croire, ne l'écoute, même. Bizarre...
    Et nous voilà imbriqués dans la vie de ces personnes, dans cette vie particulière d'une université américaine, de ses sororités toutes-puissantes, ô combien !
    Sombre histoire d'amour et de mort, d'amitié et de drogue, de rassemblements et de disparitions, ce roman tout entier m'a mise mal à l'aise.
    Bien écrit, sans clichés ni niaiseries de toutes sortes, sans fioriture aucune, mais sans effets de style particuliers non plus, ce qui est un peu dommage, il recèle une infinité de petits riens qui plombent l'atmosphère. Cruauté entre filles (oui, maintenant, j'en suis persuadée, ça peut exister...), morale et physique ; aucun scrupule pour que la carrière de professeurs s'écroule, afin de couvrir certains faits plus que répréhensibles ; aucune émotion pour se débarrasser (et même plus !) d'élèves encombrants ; attirance pour la mort et son cortège de cadavres, d'autopsies, de thanatopracteurs ; doutes persistants sur la vision de fantômes ; mariage qui se délite ; trahisons amoureuses...et j'en passe !
    Les trois premiers quarts du roman m'ont donc enfoncée tout doucement mais très certainement dans cette ambiance malsaine, je ne dirai pas à mon esprit défendant, car c'était en toute acceptation de ma part. Au moment où je me suis dit que rien, en somme, ne se passait vraiment, à part embourber mon cœur et mon cerveau, voilà que l'intrigue me tombe dessus et m'emporte dans un tourbillon d'entretiens déstabilisants et de visites pour le moins inhabituelles. Tout s'accélère, donc, pour finalement retomber comme un soufflé, dans une fin finalement très classique.
    Je lui octroierais 7 sur 10, mais comme ce n'est pas possible, allez, je lui mets 4 étoiles. Ce n'est pas tous les jours que j'accepte de côtoyer la Mort en toute impunité.
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    • Livres 4.00/5
    Par fabienne2909, le 10 mars 2015

    fabienne2909
    Il est des ouvrages qui, une fois terminés, vous hantent pendant quelques temps, tellement l'impression qu'ils vous ont faite est forte.
    C'est le cas, en ce qui me concerne (et sans vouloir tomber dans un mauvais jeu de champ lexical) des « Revenants » de Laura Kasischke.
    L'intrigue est plutôt difficile à résumer : l'ouvrage commence au début de la rentrée d'automne, lors de laquelle Craig Clements-Rabbit retourne à l'université en n'étant plus que l'ombre de lui-même, ayant tué sa petite amie Nicole dans un accident de voiture.
    Jeune fille bien sous tous rapports, appréciée de tous, membre d'une sororité populaire, la mort de Nicole, et le retour de celui qui est considéré comme son assassin, ne laissent aucun de ses camarades indifférent, même s'ils ne connaissent pas la vérité au sujet de cet accident, relaté mensongèrement par un article de journal local (remarquable critique de la rumeur et de ses effets dévastateurs). Version que tente de contredire en vain Shelly Lockes, un professeur de musique de l'université qui était la première présente sur les lieux et qui a appelé les secours.
    Craig arrive d'autant moins à s'en remettre qu'il lui semble voir Nicole partout… Sentiment partagé par Perry, le colocataire de Craig et ami d'enfance de la jeune fille, mais également par d'autres étudiants.
    Est-ce que ces visions relèvent de la folie, d'un deuil impossible à faire, d'autre chose ? Perry se confie au sujet de ces visions à Mira Polson, professeur d'anthropologie spécialisée dans la mort et les superstitions afférentes, qui s'empare du sujet, d'abord par ambition professionnelle, puis qui se laisse prendre à cette histoire bien plus complexe et glaçante qu'elle ne le paraissait…
    On retrouve dans « Les revenants » certains des thèmes déjà abordés par Laura Kasischke dans « Rêves de garçons » : l'obsession de la mort par une jeunesse pourtant présomptueuse en se croyant invincible (cette « stupidité de se croire plus fort que la mort » (p. 647)), mais surtout les faux semblants, et l'hypocrisie qui va avec : plus un personnage semble gentil, pur, innocent, et plus l'auteur s'amuse, par des révélations successives et bien dosées, à nous montrer que les apparences étaient bien trompeuses.
    Le genre de l'ouvrage lui-même participe de ce jeu de dupes : le roman surnaturel, à fantômes, à mystères, dévie subitement en empruntant tous les codes du thriller sociologique, de la machination perverse, qui broie aussi bien les personnages que le lecteur.
    Cet écart entre apparence et réalité est ainsi l'un des thèmes les plus importants du roman : Laura Kasischke, virtuose du style, alterne flashbacks (avant la mort de Nicole) et épisodes situés dans le présent, mêlés de rebondissements sans fin, résumant l'ouvrage à « un truc de Kant sur la manière dont l'esprit humain ordonne subjectivement le réel. La vieille barbe avait appelé cela ‘'le caractère relatif et flottant de la connaissance humaine'' ».
    Laura Kasischke nous montre également une image de l'université assez terrible, entre volonté d'étouffer le scandale par la menace et le licenciement, toujours dans une optique de préserver les apparences, et la faiblesse de son niveau réel (« Elle avait toujours pensé que devenir universitaire (surtout si elle avait la chance de décrocher un poste au sein d'une prestigieuse université de recherche, puis dans une niche comme Godwin Honors College, connue pour encourager la libre exploration intellectuelle) serait synonyme de conversations sans fin dans des couloirs et ses bureaux. […] Elle s'était attendue à participer, lorsqu'elle serait à son tour professeur, à de passionnants débats quotidiens dans la salle à manger sur les points les plus subtils des sujets les plus obscurs. Elle n'aurait pu se mettre le doigt plus avant dans l'œil » (pp. 315-316).
    Tout en glissant quelques petits clins d'œil, notamment celui-ci : « Il avait tout une série de suggestions à lui faire et, bien qu'elle se gardât d'accorder beaucoup d'attention aux enseignants en création littéraire (leur éducation comportait toujours des lacunes)… » (p. 317) (Laura Kasischke est professeur de création littéraire) !
    Les étudiants n'en sortent pas plus grandis, notamment les membres des sororités, prêtes à toutes les méchancetés, les bassesses, le crime, pour se protéger, elles et leurs secrets. Je ne sais pas quel est le degré de vérité (en excluant tout de même le crime ! Quoi que…), mais cela fait plutôt frémir.
    Un roman marquant, passionnant, qui porte bien son nom.
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    • Livres 3.00/5
    Par MachaLoubrun, le 10 mars 2013

    MachaLoubrun
    Un soir, en rentrant chez elle, Shelly Lockes est témoin d'un accident routier, en pleine campagne. Elle appelle les secours et pourtant ce qu'elle lira à propos du drame les jours suivants dans la presse locale ne correspond pas du tout à ce qu'elle a vu.
    S'agit-il d'un banal fait divers ? Difficile de démêler le vrai du faux… Tout est trouble, troublant.
    Nicole, la jeune étudiante qui se trouvait dans le véhicule est morte et Craig son petit ami souffre d'amnésie. le sororité à laquelle appartenait la jeune fille semble soumettre ses jeunes participantes à d'étranges rituels et organise des cérémonies grandioses à sa mémoire. Un semestre plus tard, le jeune Craig qui n'arrive pas à se remettre de ce douloureux évènement revient à Godwin Hall, l'université dans laquelle se joue cette terrible comédie humaine.
    C'est le début d'une intrigue palpitante à la construction narrative savamment orchestrée, dévoilant les faits dans de cours chapitres qui donnent beaucoup de rythme au récit tout en alternant les points de vue.
    On apprend donc à mieux connaître Craig mais aussi les colocataires du jeune couple, Perry et Josie. Cette dernière travaille aux côtés de Shelly Lockes et Perry assiste en auditeur libre aux cours de Mira Polson, professeur d'anthropologie, sur le thème de la mort…
    Un climat inquiétant règne sur le livre, des témoins ont vu Nicole apparaître les cheveux teints en noir, Craig reçoit des cartes postales étranges… Nicole est-elle revenue ?
    Personne ne semble totalement innocent. L'intimité des couples est passée au crible, les fêlures, les désirs, les doutes des personnages, le poids des secrets, Laura Kasischke sait trouver les mots justes pour en parler.
    A travers cette intrigue, elle dresse un constat peu flatteur de la société américaine, de son puritanisme, son hypocrisie et ses nombreux tabous, notamment autour de la sexualité, omniprésente tout au long du récit. Elle livre une réflexion intéressante sur notre rapport à la mort et aux morts qui jalonnent notre existence au point de prendre parfois plus de place que les vivants.
    La fin au goût doux amer nous renvoie à nos propres questionnements, c'est assurément une réussite.
    Je remercie chaleureusement Masse Critique et les éditions le livre de poche pour ce partenariat qui m'a permis de découvrir ce livre avec plaisir.
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    • Livres 5.00/5
    Par canel, le 21 février 2015

    canel
    Nicole était de ces étudiantes américaines de première année bien sous tous rapports, esprit boy-scout, pom-pom girl, du genre à fabriquer des chars en papier crépon, et j'en passe. De ces jeunes filles vertueuses qui se gardent pour le mariage - et même pas parce qu'elles sont moches, Nicole était un ange blond au corps de rêve. Mais ça c'était avant. Nicole est morte dans un accident de voiture, c'est son petit copain Craig qui était au volant. De là à le traiter de meurtrier, prétendant qu'il était ivre et/ou défoncé, il n'y a qu'un pas, et certaines amies de Nicole ne se privent pas de le franchir, bien décidées à lui pourrir la vie lorsqu'il revient après quelques mois d'hébétude.
    On retrouve dans ces 'Revenants' des thèmes chers à Laura Kasischke : campus, profs en difficulté, couples en crise, étudiantes, fragilité psychologique et cruauté adolescentes... J'adhère plus ou moins. Ici, je me suis régalée. Folklore universitaire américain kitsch et surprenant, hystérie collective, faux-semblants, mort et fascination qu'elle exerce sur les esprits faibles - mention spéciale aux flash-back qui nous feraient presque croire aux fantômes, et aux cours de Mira Polson sur les superstitions et rites funéraires à travers les âges. Lentement mais sûrement, Laura Kasischke nous prend dans sa toile, la tension monte, l'ambiance est de plus en plus angoissante à mesure que les portraits se précisent. La construction n'est guère différente de celle de son dernier roman 'Esprit d'hiver' (qui m'a barbée de bout en bout), on progresse lentement dans l'intrigue, l'auteur tisse minutieusement les liens entre les événements. Et pourtant cette fois, je ne me suis pas ennuyée une seconde, j'ai savouré ces six cents pages.
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Critiques presse (5)


  • Bibliobs , le 30 décembre 2011
    L'un des plus beaux du livre de Laura Kasischke dont la démesure douce, la richesse et le génie littéraire palpable à chaque instant confirment qu'elle est la digne héritière de la grande Joyce Carol Oates
    Lire la critique sur le site : Bibliobs
  • LesEchos , le 18 octobre 2011
    Le roman de Laura Kasischke renoue avec la tradition de la grande littérature policière (Poe, Conan Doyle), flirtant avec le fantastique. A la fin, il y aura une explication rationnelle à ces mystères, mais tous les fantômes ne seront pas dissipés. En contrepoint de l'intrigue, qui vous prend à la gorge, « Les Revenants » offrent une belle et lancinante méditation sur la mort, le deuil -et par contraste sur la jeunesse, si cruelle dans sa fureur de vivre.
    Lire la critique sur le site : LesEchos
  • Lexpress , le 03 octobre 2011
    Pour briser la vitrine des apparences et démasquer les hypocrisies sociales, l'auteur de La Vie devant ses yeux se révèle une fois de plus redoutable. Avec cette morale, véritable leitmotiv de son oeuvre : les oies blanches cachent souvent de bien vilains petits canards.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LeMonde , le 23 septembre 2011
    Les Revenants n'est pas une enquête policière, c'est plutôt une dérive aux frontières du réel, poétique, drôle et tragique, avec des chemins qui bifurquent, se croisent, se séparent, des existences pour lesquelles on se passionne, car elles sont autant de petits romans dans ce grand roman énigmatique.
    Lire la critique sur le site : LeMonde
  • Telerama , le 15 septembre 2011
    Derrière ce halo boréal d'une grande puissance féerique, la romancière laisse entrevoir une Amérique nauséeuse, dévorant ses enfants pour mieux les vomir, tuant les créatures les plus prometteuses pour les transformer en fantômes malfaisants.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par Woland, le 15 décembre 2012

    [...] ... Cela s'était passé six semaines plus tôt. Depuis lors, [Craig] l'avait tenue dans ses bras, en soutien-gorge et culotte, fidèle à sa promesse de ne pas en demander plus.

    - "Dis-moi que c'est une mauvaise blague," lui dit-il. "Ta sororité ne donne quand même pas dans ce genre de conneries ?

    - Ce n'est pas si bizarre," répondit [Nicole]. "Toutes les sociétés secrètes ont leurs rituels. Il se trouve que c'est le nôtre."

    Il ne put s'empêcher de ricaner, puis il marmonna un mot d'excuse. "Désolé. Simplement, je ne vois pas ta sororité comme une société secrète. Je croyais que l'idée était de préparer des soirées habillées, de décorer des chars, de faire de la pâtisserie et peut-être de vous poser les unes aux autres des extensions à clips dans les cheveux. Jamais je n'aurais imaginé que vous avez un cercueil au sous-sol et que ...

    - Chhh, moins fort." Elle promena un regard autour de la chambre comme si quelqu'un pouvait entendre, alors qu'ils étaient en petite tenue et parfaitement seuls dans la chambre de Craig. Perry [= co-locataire et ami de Craig] assistait à son cours de sciences po de l'après-midi. Les rideaux étaient tirés.

    - "Nicole ..." commença-t-il, renonçant aussitôt à poursuivre. Il trouvait cela vraiment mignon. Cela lui rappelait la façon dont, à l'école élémentaire, les filles devenaient tout excitées avec leurs petits secrets dérisoires, faisant circuler des billets, piquant une crise si un garçon leur en chipait un, même si ces petits papiers ne contenaient rien de plus palpitant que Deena en pince pour Bradley ! ! ! Comme si cela intéressait quelqu'un.

    - "Tu comprends, la Société panhellénique [= société qui supervise toutes les sororités du campus] pourrait fermer notre maison si cela lui revenait aux oreilles. C'est considéré comme du bizutage.

    - Combien de fois par an ta sororité organise-t-elle de ces ... résurrections ?" demanda Craig en tâchant de donner un ton sérieux à sa question, en s'interdisant de tracer des guillemets en l'air autour de ce dernier mot.

    - "Deux fois par an. La dernière fois, c'était en novembre, mais nous, les nouvelles aspirantes, nous avons dû rester en haut. Nous ne pourrons y assister que lors du rituel de Printemps."

    Ce fut plus fort que lui. Il se mit à rire en l'entendant parler de "rituel de Printemps." Au fond, il s'agissait de soûler les soeurs de la sororité à la tequila, de les faire hyperventiler jusqu'à ce qu'elles tombent dans les pommes, de les allonger dans un cercueil, puis de les "ramener d'entre les morts", ressuscitées de frais au sein de la sororité Oméga Thêta Tau. Il aurait été difficile, se dit-il, de classer cela dans les "activités du printemps", où le Rotary Club aurait rangé une chasse aux oeufs de Pâques ou une partie de patins à roulettes organisée pour des enfants trisomiques. ... [...]
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  • Par MachaLoubrun, le 10 mars 2013

    « Du reste, la pratique de la crémation, qui nous paraît être une des façons les plus modernes de traiter la dépouille mortelle, trouve là son origine. Si le corps est réduit en cendres, il ne peut y avoir de réincarnation, de retour.
    « Certains anthropologues pensent qu’en matière de deuil, bon nombre d’usages servaient à l’origine l’objectif de tenir la mort à distance. Schneerweiss- […] a émis l’hypothèse que, si les veuves devaient se vêtir de noir pendant au moins un an et se coiffer différemment, c’était afin d’être méconnaissable quand leur mari se lancerait à leur recherche.
    « Pourquoi devait-il en être ainsi ? Pour quelle raison toute veuve qui se respecte ne serait-elle pas ravie de voir son époux lui revenir ?
    - La putréfaction ! lancèrent les étudiants presque d’une même voix.
    - Exactement. La peur. La peur, l’aversion, que nous croyons de nature superstitieuse ou religieuse, s’appuie en fait sur la réalité physique. Sur l’expérience. Pénible expérience. On voit dont que les peuples primitifs, que l’on aurait un peu vite tendance à taxer d’inconséquence, avaient en réalité une expérience plus étroite et plus intime que celle que celle que la plupart d’entre nous n’aurons jamais - à moins de participer à un conflit armé ou d’entrer dans les pompes funèbres. Ils savaient ce qu’ils cherchaient à éviter. »
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  • Par fanfan50, le 29 janvier 2014

    La première image était une photo du film L'Armée des morts. Un "cadavre" en haillons poursuivait une belle jeune fille sur une étendue de pelouse vert émeraude.
    "Vous connaissez probablement ce film. Je suppose que la plupart d'entre vous connaissent aussi le conte intitulé La Patte de singe, dans lequel un homme rapporte à sa femme une patte de singe dont on lui a dit qu'elle exaucerait trois voeux. Le premier, qui porte sur une somme d'argent, entraîne la mort de leur fils dans un accident minier et le versement subséquent d'une prime d'assurance dont le montant conséquent correspond exactement à ce qui avait été demandé.
    Quelques jours après l'enterrement de son enfant, la mère, terrassée par le chagrin, prononce le deuxième voeu : qu'il revienne.
    Elle a pour ainsi dire perdu espoir quand, un soir tard, le couple entend quelque chose de lent et de pesant remonter l'allée avec des bruits de frottements. La femme se précipite vers la porte, mais son mari l'arrête. Il a compris, contrairement à elle, ce que sera devenu leur fils, s'en revenant ainsi après plusieurs jours passés dans la tombe. Aussi utilise-t-il le dernier voeu pour le faire s'en aller.
    A présent, je vous pose la question : il s'agit de votre fils unique, votre enfant chéri, et vous êtes responsable de sa mort. Est-ce que vous ouvrez la porte ?"
    Ce fut un "Non !" général. Karess Flanagan porta les mains à ses joues incarnates pour secouer vigoureusement la tête.
    "Mais pourquoi cela ? interrogera Mira, faisant semblant d'être choquée par leur insensibilité. Il s'agit quand même de votre fils, de votre enfant bien-aimé. De quoi avez-vous peur ?
    - Il est mort !
    - Et alors ? Il est de retour !" Mira avait contrefait leurs inflexions, ce qui les fit rire.
    "Il ne sera plus le même, dit Myriam Mason. Il a été enterré.
    - Il sera sacrément en rogne, lança Tony Barnstone.
    - Peut-être pas, avança Mira. Il aura sans doute compris que vous avez commis une bourde avec ce premier voeu. Et puis, tout de même, vous avez utilisé le second pour le tirer de la tombe.
    - Les morts l'ont toujours mauvaise, persista Tony.
    - Cela amène une autre question : pourquoi ? Qu'est-ce qui transforme une personne qui était, disons, gentille et timide de son vivant en cette sorte de monstre ?" Mira se servit de son stylo pour désigner le zombie écumant de la photo.
    Il n'y eut pas de réponses.
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  • Par ladesiderienne, le 14 décembre 2012

    Elle se demandait à quoi pouvait ressembler septembre pour qui ne travaillait pas dans l'enseignement. Se trouvait-on épargné par la mélancolique réminiscence de ce mois-là ? Si oui, ce devait être comme de sécher un des douze travaux d'Hercule ; on ne coupait pas certes au bourdon de Noël, mais au moins n'avait-on pas à revivre la fin de toutes les grandes vacances de sa vie, cette triste prise de conscience de sa propre mortalité, quand une fois encore, année après année, les enfants envahissaient votre univers avec leurs pulls neufs et leurs crayons bien taillés.
    Non, supposait-elle, nul ne devait y couper. Ce calendrier se gravait de si bonne heure dans le psyché de chacun. Personne n'échappait au caractère funeste de septembre.
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  • Par Yuko, le 22 mai 2013

    La scène de l'accident était exempte de sang et empreinte d'une grande beauté. Telle fut la première pensée qui vint à l'esprit de Shelly au moment où elle arrêtait sa voiture. Une grande beauté. La pleine lune était accrochée dans la ramure humide et nue d'un frêne. L'astre déversait ses rayons sur la fille, dont les cheveux blonds étaient déployés en éventail autour du visage. Elle gisait sur le côté, jambes jointes, genoux fléchis. On eût dit qu'elle avait sauté, peut-être de cet arbre en surplomb ou bien du haut du ciel, pour se poser au sol avec une grâce inconcevable. Sa robe noire était étendue autour d'elle comme une ombre. Le garçon, qui s'était extrait du véhicule accidenté, franchit un fossé rempli d'eau noire pour venir s'agenouiller à côté d'elle.
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