Décidemment j'aime les livres de
Laura Kasischke même si elle a un nom impossible à écrire. Ce n'est pas le premier livre que je lis d'elle et je jubile à l'avance qd je sais que je vais en avoir un à lire ...Comme une belle robe qu'on a peur d'abimer en la mettant, j'attends avant de le lire parce qu'après il faudra en trouver un autre.
Je ne pensais pas au départ qu'il sagissait d'un thriller pourtant je sais que c'est son genre mais je ne sais pas si elle n'écrit que des thrillers et pour tout dire il n'y a guère que les vingt dernières pages ou tout s'emboite et ou on peut s'exclamer " bon sang mais c'est bien sur ".
Déjà, je n'aurais même pas du vous le dire parce que maintenant vous allez chercher alors que moi je l'ai pris vraiment au premier degré. Parce qu'en fait, c'est quoi l'histoire ...croit on au départ ....
Une femme dans la quarantaine s'ennuie dans sa petite banlieue bourgeoise. Elle a une fille qui est l'héroïne du livre: Kat. Entre la mère et la fille les relations sont difficiles comme elles peuvent l'être entre bcp de filles et leur mère mais avec qd même en plus un petit qq chose de franchement glauque. Kat est grosse et insatifaisante pour sa mère Eve qui elle , bien sur, est une superbe femme.... Et en fait durant pratiquement tout le livre Laura K nous décrit avec son style incroyablement imagé les relations entre ces trois personnages car il y a aussi le père apparemment falot, programmé et ennuyeux. Et puis comme un grain de sable vient se mettre dans la machine, il y a Phil le petit ami de Kat car tout aussi invraisemblable que ce soit, Kat a un petit ami et Phil a une mère aveugle ....Voilà tout y est ....
Ce que je retrouve de livre en livre chez Laura K c'est son sens de l'image. Elle arrive à décrire avec des images toutes les émotions et la psychologie de ses personnages avec une telle finesse, une telle subtilité, une telle légéreté comme si elle nous posait sur les yeux un voile de mots qui serait le filtre pour accéder à son univers de ressenti.Elle n'a aucune complaisance pour ses personnages et il n'y a aucun compromis possible , ils sont tels qu'ils sont, tel que nous sommes et ça me fait froid dans le dos. Elle a un don pour décrire la cruauté ordinaire avec la même légèreté comme si l'être humain restait pour toujours cet enfant qui écrase du bout du doigt la petite fourmie qui se trouve sur son passage.