ISBN : 2253933570
Éditeur : Le Livre de Poche
(2002)
Note moyenne : 3.73/5 (sur 11 notes)
Correspondance avec Mishima1Ajouter à mes livres
Le sang, l’éclat et l’éros – tel fut l’univers de Mishima; la blancheur spectrale, la pureté meurtrière, le temps orphelin – tel fut celui de Kawabata. Il n’empêche: une phrase, entre toutes, de Kawabata, laisse encore une fois deviner combien les deux écrivains sont pr... > voir plus
Cette correspondance établie sur une durée de vingt cinq ans entre ces deux grands écrivains japonais du XX° siècle nous montre l'interaction que peuvent avoir deux artistes l'un sur l'autre. Pourquoi se sont ils choisis ? Mishima plus jeune subjugué par "L'élégie" de Kawabata son maitre à penser va devenir un maitre au fil du temps et de thèmes répétés qui leur sont chers. La mort, la beauté, l'amour de la nature japonaise les rapprochent. Mais Mishima happé par son attirance sexuelle envers le poête sensible n'est qu'éclat, sang et mort, tandis que son alter égo n'est que blancheur et pureté. Dés lors c'est cette complémentarité qui leur permettra d'évoluer et de parfaire leurs écrits entre peur et prière. Leur mort même à deux ans d'intervalle par suicide marquera à jamais de son sceau l'esprit japonais.
Par Piling, le 31 juillet 2008
Première phrase du livre
incipit :
Ces temps derniers, j'ai eu le sentiment qu'en moi s'accumulaient toutes sortes de choses qui ne peuvent pas trouver leur juste expression à travers une forme d'art objective comme le roman. A vingt ans, un poète lyrique y réussirait peut-être, mais je n'ai plus vingt ans et, du reste, je n'ai jamais été poète.
J'ai donc cherché, à tâtons, une autre forme mieux adaptée à des propos personnels de cet ordre et j'ai abouti à une espèce de compromis entre la confession et la critique, à un mode d'expression subtilement ambigu qu'on pourrait appeler la "critique confidentielle".
J'y vois un genre crépusculaire à mi-chemin entre la nuit des confessions et le grand jour de la critique.
Je voudrais me débarrasser de mes mains. Abolir le toucher. Dans un tel état d'esprit, vous rencontrer me serait insupportable. Car d'un souffle, vous éteindriez sans doute ce feu qui me brûle.
Peut on se rassurer en disant d'une telle oeuvre qu'un roman a le pouvoir de tout englober? L'auteur a t il le droit de laisser vagabonder en toute liberté ce monstre vorace qu'est le "roman"?
Jamais autant qu'aujourd'hui on n'a demandé à la littérature d'être sans illusions et jamais cependant le danger n'a été plus grand de s'illusionner sur cette absence d'illusions.
Quel journaliste et professeur est considéré comme le précurseur de la renaissance de l'hébreu comme langue parlée, aujourd'hui qualifiée d'hébreu moderne ?