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ISBN : 225304153X
Éditeur : Le Livre de Poche (1987)


Note moyenne : 4.05/5 (sur 73 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Kyôto, qui fut écrit en 1962, est sans doute l'oeuvre de Kawabata qui explique le mieux son suicide, dix ans plus tard - comme d'ailleurs le suicide de tant d'écrivains et de grands intellectuels japonais postérieurs à la révolution " (autrement dit : l'européanisation ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par KATE92, le 25 août 2012

    KATE92
    Kyôto : c'est la visite de l'ancienne capitale impériale, ses quartiers, ses fêtes, ses coutumes, à travers les yeux de deux jumelles séparées à la naissance qui se retrouvent à la frontière de leur majorité.
    Kawabata décrit ainsi un rapprochement délicat entre l'opposition de la tradition et de la modernité à Kyôto et l'opposition entre une enfant ayant vécu à la ville, et l'autre à la campagne.
    Son style aérien et direct retranscrit à merveille les sentiments ambigus de ses personnages et semble vouloir solidifier pour toujours un Kyôto populaire et folklorique en voie de disparition à l'époque et pratiquement disparu aujourd'hui.
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    • Livres 3.00/5
    Par patrick75, le 18 mai 2012

    patrick75
    L'histoire de deux soeurs qui ont été élevés par deux familles différentes.
    Il y a plein de poésie dans ce livre ou la vie s'écoule lentement.
    Ce livre est tout en sensibilité.
    J'avoue que lors de ma lecture je n'avais pas particulièrement été séduit par l'histoire, ni par la manière de la raconter.
    Ce n'est que plus tard, le temps ayant joué son rôle que j'ai pensé être passé à côté de l' essentiel.
    Cela m'est déjà arrivé avec d'autres auteurs Japonais, des récits pleins de pudeurs, ou c'est au lecteur de deviner les "non-dits".
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    • Livres 4.00/5
    Par Claudepuret, le 03 avril 2013

    Claudepuret
    Magnifique roman de Kawabata qui compte parmi les (nombreux) écrivains et intellectuels japonais qui se sont donné la mort face à la modernisation à marche forcée qu'a connue le Japon après la seconde Guerre Mondiale.
    L'histoire de ces jumelles élevées séparément illustre parfaitement le déchirement que nombre de Japonais ont pu connaître alors que le Japon traditionnel laissait place à un pays occidental comparable à tant d'autres.
    Leur décision commune de ne plus se revoir traduit la rupture irrémédiable entre deux mondes que tout, ou presque, sépare.
    On lit ce roman avec beaucoup d'intérêt et au rythme si particulier que savent créer les auteurs japonais.
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    • Livres 4.00/5
    Par philo15, le 05 septembre 2012

    philo15
    Deux soeurs jumelles séparées à la naissance et élevées dans des milieux différents se retrouvent à l'âge adulte. Voilà, le point de départ et la trame de ce court roman écrit dans le début des années soixante.
    En toile de fond, on y découvre le Japon impérial, avec ses fêtes, ses traditions, son rythme de vie et sa culture si particyulière.
    On voit aussi se dessiner l'arrivée d'un nouveau mode de pensée, plus moderne, plus mercantile qui bouleverse ce kyoto traditionnel, qui renverse tout.
    Plein de poésie, de subtilité, un livre tout en émotion et en pudeur avec lequel, pour bien en saisir le sens, il faut savoir lire entre les lignes. Un très beau moment.
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    • Livres 4.00/5
    Par MissG, le 20 décembre 2013

    MissG
    "Kyôto" est une oeuvre littéraire maigre par sa taille mais dense par son contenu et dont il n'est sans doute pas possible d'en saisir toute la profondeur et la complexité lors d'une première lecture.
    Chieko est une fille de commerçants, aimée et choyée par ses parents, qui vit dans un confort et une certaine forme de luxe.
    Tout bascule le jour où, accompagnée d'une amie, cette dernière lui montre une jeune fille plus pauvre et modeste de la montagne qui lui ressemble trait pour trait : "C'est difficile de dire en quoi elle te ressemble, mais ... les yeux, le nez ... . Une jeune fille de la ville et une jeune fille des montagnes n'ont rien de commun, excuse-moi ...".
    Chieko vient de rencontrer sa jumelle dont elle a été séparée à la naissance, les deux jeunes filles que tout oppose vont se rencontrer, se parler, mais le poids des années de séparation et les différences sociales auront raison de leur si fragile et quasi inexistant lien du sang.
    A travers cette histoire de deux sœurs séparées à la naissance qui se retrouvent pour constater qu'elles vivent dans deux mondes différents qui n'arriveront jamais à se côtoyer, c'est l'affrontement entre le Japon traditionnel avec ses bases sociales, culturelles et morales, décrit notamment au travers des nombreuses fêtes traditionnelles qui jalonnent le récit et le Japon d'après-guerre avec une européanisation forcenée et une américanisation accélérée.
    Cela ressort à de nombreux moments, notamment avec les vêtements, les si beaux kimonos qui se perdent au profit d'étoffes et de vêtements de moindre qualité : "Moi, en tout cas, j'ai en horreur tout ce qu'on affuble de mots occidentaux. Est-ce que par hasard, au Japon, depuis les règnes des temps anciens, nous n'avons pas eu des couleurs d'une indicible délicatesse ?", en passant par l'apparition d'objets tel que les transistors, ainsi que la quête de l'enrichissement et le début de la domination du dieu dollar.
    Le Japon ancestral se heurte au Japon moderne, une civilisation meurt au profit d'une autre : "Un des derniers reflets des années qui inaugurèrent "la nouvelle civilisation" de Meiji était sur le point de disparaître : le tram de la ligne de Kitano qui suit la rivière Horikawa. C'était le plus vieux tramway du Japon.", l'adaptation des personnages est difficile, certains résistent et refusent mais il ressort qu'ils finiront par disparaître, que le moderne prendra l'ascendant sur l'ancestral pour n'en laisser que des miettes.
    Quand on s'intéresse à la biographie de l'auteur, cette oeuvre permet de mieux comprendre son suicide dix ans plus tard, qui a suivi de peu la mort par seppuku de son ami et autre grand auteur japonais Yukio Mishima.
    Toujours en se penchant sur la biographie de Yasunari Kawabata, il ressort que ce roman, comme certainement d'autres de lui, contient beaucoup de sa vie personnelle.
    Il s'est fiancé avec une jeune serveuse de 14 ans avant de rompre, le père de Yukio s'intéresse de près à une apprentie geisha d'environ 14/15 ans.
    Il a été lui-même orphelin, recueilli par ses grands-parents et séparé de sa sœur qui a été recueillie par une tante, il a également adopté un cousin de sa branche maternelle.
    Difficile de ne pas établir un parallèle entre Chieko et sa sœur séparées à la naissance, l'une a été adoptée et l'autre recueillie par sa famille à la mort de ses parents, avec le passé de l'auteur.
    Il y a également durant tout ce récit une forme de désillusion : le père de Chieko ne croit plus en grand chose et surtout plus en son talent pour bâtir des kimonos, Naeko ne croit pas en de possibles retrouvailles durables avec Chieko, quant à cette dernière elle oscille entre deux générations sans trop savoir vers laquelle aller; accompagnée paradoxalement par une quête du beau, particulièrement à la travers la réalisation de kimonos ou de ceinture, un art en train de se perdre mais que quelques personnages veulent conserver.
    Ce roman est écrit dans un style épuré mais percutant, il y a beaucoup de non-dits à travers les phrases et il n'est pas possible à mon sens d'en saisir toutes les subtilités lors d'une première lecture.
    Le temps s'écoule au rythme des saisons, il défile inexorablement et renforce le fait qu'il n'est plus possible de revenir dans le passé, à lire ce roman la phrase "Le temps est assassin" prend tout son sens.
    J'ai également noté une construction quasi parfaite du récit : neuf chapitres de vingt à trente pages chacun, je n'ai pas si souvent que cela rencontré cette régularité de proportion des chapitres.
    Yasunari Kawabata, cet auteur à la plume si subtile qui n'hésite pas à laisser une partie de lui dans ses récits, a reçu le Prix Nobel de Littérature en 1968, marquant ainsi l'ouverture de ce Prix à la riche littérature japonaise.
    "Kyôto" n'est pas un livre facilement abordable mais il recèle pourtant une profondeur et une gravité de toute beauté, une très belle métaphore du basculement du Japon vers l'européanisation et l'américanisation qui fait réfléchir à travers ce récit très riche sur la culture japonaise et les traditions ancestrales, c'est en tout cas une lecture qui m'a profondément touchée.

    Lien : http://lemondedemissg.blogspot.fr/2013/12/kyoto-de-yasunari-kawabata..
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Citations et extraits

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  • Par KATE92, le 06 août 2012

    "Sur le tronc du vieil érable les violettes avaient éclos, Chieko le découvrait (...) A la hauteur des hanches de Chieko, le tronc s'incline légèrement vers la droite; un peu plus haut que sa tête, il penche fortement à droite. Après ce mouvement, les branches surgissent, s'étendent, et prennent possession du jardin. Les longues branches, pesantes à leur extrémité, ploient légèrement.
    A l'endroit où l'arbre penche fortement, un peu en dessous, on devine deux petites cavités dans le tronc; dans chacune de ces cavités, ont poussé des violettes. Et, à chaque printemps, apparaissent les fleurs. D'aussi loin que Chieko se souvienne, il y a toujours eu ces deux souches de violettes sur l'arbre."
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  • Par KATE92, le 24 août 2012


    "[...] De nos jours, on ne parle que d'« idea », de « sense ». Même pour les couleurs, on se réfère aux modes occidentales.
    - Tout ça n'est pas de grande qualité, non ?
    - Moi, en tout cas, j'ai en horreur tout ce qu'on affuble de mots occidentaux. Est-ce que par hasard, au Japon, depuis les règnes des temps anciens, nous n'avons pas eu des couleurs d'une indicible délicatesse ?"
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  • Par Anassete, le 12 mai 2010

    Les papillons, eux, les connaissent. Quand Chieko découvrit les fleurs, voletait au ras du jardin un essaim de petits papillons blancs que leur danse éleva le long du tronc jusqu'aux violettes. Les bourgeons de l'érable, petits et légèrement rouges, étaient sur le point de s'ouvrir, et, blanche, la danse des papillons se détachait comme une tache claire. Fleurs et feuilles des deux souches de violettes jetaient, sur la mousse verte tendre du tronc, un reflet léger.
    C'était une journée de printemps tout en douceur, où le ciel s'embrume comme arbre en fleur.
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  • Par KATE92, le 24 août 2012

    "Trois ou quatre jours plus tôt, Sata Takichirô, le père de Chieko, avait trouvé refuge dans un monastère de religieuses, caché au fond des collines de Saga. [...]
    Dans ce monastère, Takichirô avait loué une pièce, et, à ce point de son existence, qui sait s'il ne ressemblait pas à ce monastère... ?
    Enfin, quoi qu'il en soit, commerce en gros de tissus de kimono qui font la célébrité de Kyôto, la maison Sata était située dans le quartier de Nagagyô, dans le centre. Comme les magasins voisins devenus généralement des sociétés anonymes, celui des Sata était, par la forme, une société. [...] Survivaient, néanmoins, la plupart des usages des « boutiques » à l'ancienne mode.
    Takichirô, depuis son plus jeune âge, avait le comportement d'un homme hors du commun. Au demeurant, misanthrope. Exposer, par exemple, les étoffes tissées et teintes à partir de ses maquettes, était une ambition qu'il n'eut jamais. D'ailleurs, il aurait eu beau les exposer, ses créations trop originales pour l'époque eussent été difficiles à vendre."
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  • Par Anassete, le 12 mai 2010

    Des fleurs, il y en avait, chaque printemps, trois, cinq, ou plus, c'était à peu près le compte. Pas d'avantage, et pourtant, dans les petites cavités du haut de l'arbre, à chaque printemps, surgissaient des boutons et s'épanouissaient les fleurs. Chieko les contemplait de la galerie, ou, au pied de l'arbre, levant la tête; s'il lui arrivait d'être frappée par la "vie" de ces violettes sur le tronc, parfois leur "solitude" l'envahissait.
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Extrait du film Tristesse et beauté (Joy Fleury, 1985) tiré de l’œuvre de Yasunari Kawabata








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