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ISBN : 2253035297
Éditeur : LGF - Livre de Poche (1984)


Note moyenne : 3.42/5 (sur 24 notes) Ajouter à mes livres
Prix Nobel de littérature en 1968, Yasunari Kawabata ne révéla peut-être jamais aussi bien que dans les cinq nouvelles de La Danseuse d'Izu la poésie, l'élégance, le raffinement exquis et la cruauté du japon.
Est-ce là ce « délicat remue-ménage de l'âme » dont p... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 3.00/5
    Par chocobogirl, le 10 février 2011

    chocobogirl
    " La danseuze d'Izu "est la première publication de Kawabata. Cette nouvelle, paru en 1926, rendra célèbre celui qui deviendra un des plus grands auteurs japonais.
    Les cinq nouvelles qui composent le recueil ici présent tournent toutes autour du sujet de l'amour, de la beauté des femmes et de la mort, comme on le retrouvera fréquemment dans son oeuvre.
    La danseuze d'izu (1926) :
    Cette première nouvelle, qui donne son nom au recueil, est inspiré de l'expérience personnelle de l' auteur.
    En 1918, Kawabata part en voyage vers Izu. Lors de son parcours à pied, il rencontre une troupe de théâtre itinérant.
    On retrouve la même trame dans ce récit où le narrateur est fasciné par la beauté d'une des jeunes actrices. Il accorde son chemin à celui de la troupe, lie amitié avec le meneur, Eikichi, pour mieux se rapprocher de sa soeur, la belle Kaoru qui se révèlera très jeune.
    " La lampe de la cabine s'éteignit. Une odeur de poisson frais, de marée, montait vers la bateau et devenait plus intense. Il faisait complètement noir. Je me réchauffais à la tiédeur du corps de mon compagnon et je laissais couler mes pleurs. Ma tête se résolvait en eau claire, qui s'écoulait sans rien laisser en moi ; et j'en éprouvais une douceur paisible. "
    Elégie (1932) :
    Une femme veuve se souvient de son mari et continue à le croire vivant à travers la nature. Parlant aux fleurs, aux plantes, elle continue d'honorer son amour pour lui au delà de la mort.
    "Quelle est navrante cette coutume des vivants d'invoquer les morts ! mais comme elle est navrante surtout cette croyance que l'être survit en conservant, dans un monde à venir, la forme qui fut déjà sienne dans un monde antérieur !"
    " Les grandes eaux tumultueuses des massacres, des destructions, ne peuvent donc anéantir ces riens qui ont existé entre un homme et une femme ? "
    Bestiaire (1933) :
    Un homme un peu solitaire élève des oiseaux. Il se passionne pour ces animaux, les regarde vivre, grandir, s'aimer, se battre et mourir avec indifférence. Il n'aime pas les hommes car "les liens sont difficiles à rompre". alors que les animaux tendent "vers un canon de beauté très arbitraire, sans égard pour leur vie ni pour leurs moeurs". Ses réflexions sur les animaux, non dénués de cruauté, l'amène plus loin à se souvenir de Chikako, une danseuse avec qui il a eu une liaison.
    " Prenons les chiens, par exemple : après avoir eu des colleys, on continue de préférence avec la même race, comme on aime les femmes qui vous rappellent votre premier amour, au point de vouloir, pour finir, en épouser une qui ressemble à celle qu'on a perdue. "
    Retrouvailles (1946) :
    Nous sommes en 1945. Un homme, qui revient de la guerre, assiste à une représentation et aperçoit dans le public une ancienne amante. Leur rencontre fait remonter les souvenirs à la surface et la belle Fujiko s'attache aux pas de Yuzo, lui contant à demi mots les difficultés de sa situation.
    " Cela rappelait à Yuzo ce qu'il avait aussi ressenti : que l'extrême abnégation et l'extrême égoïsme se confondaient parfois, en un curieux mélange : de la critique de soi-même à la fatuité, de l'altruisme à l'exclusif souci de ses intérêts, de la bienveillance à la méchanceté, de la torpeur à l'excitation. "
    La lune dans l'eau (1953) :
    Un homme invalide et malade se voir forcé de garder le lit. Sa femme Kyoko lui fait alors voir le monde à travers un miroir à main. Observant sa femme en train de jardiner à travers la fenêtre, le mari finit par y découvrir un autre monde, plus étincelant. Kyoko y découvre une autre image d'elle-même.
    " On ne connait que le reflet de son visage ; ces traits qui vous sont personnels, uniques, vous demeurent invisibles. On se touche la figure chaque jour, comme si les traits que renvoie le miroir étaient ceux de votre vrai visage..."
    " Pour conserver ce reflet du monde, il aurait sacrifié sa vie. Certain jour, après une forte averse, tous deux contemplaient la lune reflétée dans une flaque d'eau. Cette lune, dont on pouvait à peine dire qu'elle fut l'illusion d'une illusion, resurgit dans le coeur de Kyoko. "

    Voilà donc 5 nouvelles d'une beauté exemplaire, parfois hermétiques et qui nécessiteront pauses et réflexion (ou même plusieurs lectures) pour en comprendre tout le sens. 5 nouvelles qui nous parlent d'amour avec subtilité et non-dits, de la vieillesse et de la beauté de la mort qui exacerbe les sensations et les sentiments.
    5 nouvelles contemplatives et poétiques qui souligne l'impermanence du bonheur et l'éphémère de la vie.
    A noter : les traductions françaises existantes sont plutôt anciennes et certaines semblent avoir quelque peu remodelé le sens de certains passages. Par exemple, il semblerait qu'une touche d'homosexualité pointe dans le premier texte qui a été occulté avec la traduction.

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-la-danseuse-d-izu-kawa..
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    • Livres 3.00/5
    Par vanillabricot, le 29 juillet 2008

    vanillabricot
    Voilà le tout premier bouquin que j'ai lu dans ma quête de reculturation japonaise!
    Yasunari Kawabata a reçu le prix Nobel de littérature en 1969.
    C'est une étudiante qui m'avait parlé de ce bouquin alors que je me renseignait subtilement sur Izu ou je voulais passer mes vacances avec Bibi
    POur revenir au livre, il s'agit de 5 petites nouvelles qui parlent d'amour et de mort.
    Bon dans l'ensemble, j'ai pas adoré....
    Je l'ai trouvé un peu long et plat dans l'ensemble. Très poétique certes, mais d'une poésie typiquement orientale qui en général a du mal à m'atteindre du premier coup. Ce livre ne m'en a pas offert la porte.
    Excepté pour une des 5 nouvelles!La dernière qui s'appelle "La lune dans l'eau". Un homme malade qui ne peut plus sortir de sa chambre regarde le monde, la femme qu'il a aimé et la vie qui était la sienne à travers un miroir. J'ai trouvé cette nouvelle vraiment très belle.
    C'est bien ça m'a permis de finir le bouquin sur une bonne impression
    En note globale je mettrai un 2/5 parceque j'ai vraiment pas accroché, pour la dernière nouvelle ce serait un joli 4/5
    Quoiqu'il en soit c'est un tout petit bouquin d'à peine plus de 100 pages et qui coute 3 euros
    Il se lit très vite et il ne m'a donc jamais semblé lourd!
    A tenter....
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    • Livres 3.00/5
    Par Lencreuse, le 01 septembre 2010

    Lencreuse
    Les cinq nouvelles de ce recueil tournent autour d'un même thème : celui de l'amour. Mais un amour manqué, rêvé, mort, manquant… Ici point de happy end mais une langue qui prend son temps et déroule le fil des amours souvent regrettées. Il y a une certaine langueur dans ce recueil, propre souvent à la littérature japonaise. Mais j'avoue être souvent restée à distance (bon reconnaissons que je ne l'ai peut-être pas entamé avec l'esprit qu'il fallait pour apprécier comme il se doit ce livre) de ces histoires. La Danseuse d'Izu, qui donne le titre au recueil, ne m'a pas interpellée, pas touchée un seul instant. Pourtant la thématique générale du recueil et la mélancolie ambiante ne me laissent pas indifférente, loin de là ! Et dans certaines nouvelles, j'ai senti le petit souffle m'emporter, notamment dans le très beau dernier texte : La lune dans l'eau.

    Lien : http://lencreuse.over-blog.com
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    • Livres 3.00/5
    Par LN, le 11 octobre 2010

    LN
    La poésie qui irradie ces pages, particulièrement dans la première et dernière nouvelle étincèle encore longtemps après avoir refermé le livre. Dans « La Danseuse d'Izu » la poésie est comme impressionniste, elle est instillée par petites touches subtiles qui subliment cet homme seul charmé par une jeune danseuse. Il suit les méandres de sa petite troupe, attiré par l'harmonie émanant des forains.


    Lien : http://lecturissime.over-blog.com/article-la-danseuse-d-izu-de-yasun..
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Citations et extraits

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  • Par claireogie, le 19 décembre 2010

    Quelques temps après, l'oiselier fit venir un autre couple de la montagne, mais lui ne désirait que le mâle.
    "Cela fait la paire ; je ne puis en garder un seul chez moi. Tenez, je vous donne la femelle pour rien.
    - Mais vont-ils s'entendre tous les trois ?
    - Bien sûr ! Si vous placez deux cages l'une à côté de l'autre pendant quatre ou cinq jours, ils feront connaissance."
    Cependant, comme un enfant devant un jouet neuf, il n'avait pas attendu. L'oiselier sortait à peine qu'il introduisait le couple dans la cage de la solitaire.
    Il n'avait pas prévu le tumulte qui s'ensuivit. Les nouveaux venus ne parvenaient même pas à se poser sur le perchoir et voletaient d'un bout à l'autre de la cage tandis que la première occupante, terrorisée, pétrifiée, contemplait avec agitation du fond où elle restait. Le couple s'entr'appelait, comme deux époux dans le danger. Les trois coeurs apeurés battaient violemment. Quand on mit la cage dans le placard, le couple avec quelques cris se rapprocha, mais l'autre femelle restait inquiète dans son coin.
    Cette situation ne le satisfaisant pas, il répartit les oiseaux dans deux cages, mais à la vue de la paire il s'apitoya sur le sort de l'isolée; alors, il la réunit avec le mâle, mais celui-ci, échangeant des pépiements avec sa femelle, se refusait à toute familiarité avec l'autre. Pourtant, ils finirent par s'assoupir côte à côte. le lendemain soir, quand on les remit tous trois ensemble, ils manifestèrent moins de frayeur et s'endormirent en boule, chacun posant la tête dans les plumes de son voisin. Il posa la cage près de son appuie-tête et sombra dans le sommeil à son tour. A son réveil, le lendemain, deux oiseaux formaient une pelote de laine chaude tandis qu'au fond, sous le perchoir, gisait le troisième, les ailes légèrements écartées, les yeux mi-clos, les pattes étendues, mort.
    Comme s'il ne fallait surtout pas le laisser voir aux autres, il retira le petit cadavre à la dérobée, le jeta dans la poubelle sans rien dire à la domestique, se sentant coupable d'avoir tué cette bête cruellement.
    "Lequel était mort ?" En observant la cage très soigneusement, il crut discerner, contre toute attente, que la première femelle lui restait ; cependant, comme il y tenait davantage, parce qu'il l'élevait depuis un certain temps, alors que l'autre n'était là que depuis deux jours, il se crut peut-être influencé par son désir, ce qui, chez un homme sans famille, lui parut odieux.
    "Si l'on a des préférences, si l'on choisit, pourquoi vivre avec des animaux ? Dans ce cas, il y a les hommes !"
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