> Jacqueline Odin (Traducteur)

ISBN : 2848050950
Éditeur : Sabine Wespieser (2011)


Note moyenne : 3.94/5 (sur 118 notes) Ajouter à mes livres

Dans la chaleur de l’été, un père conduit sa fille dans une ferme du Wexford, au fond de l’Irlande rurale. Bien qu’elle ait pour tout bagage les vêtements qu’elle porte, son séjour chez les Kinsella,des amis de ses parents, semble devoir durer. Sa mère est à... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 27 mai 2012

    LiliGalipette
    Un matin d'été, un père dépose sa fille à la ferme des Kinsella. Pour soulager son épouse qui est encore enceinte, l'enfant passera la belle saison loin de la maison. D'abord mal à l'aise, la fillette trouve auprès des Kinsella tous les bonheurs d'une famille. « On se réjouit de la garder. […] Elle est la bienvenue ici. » (p. 19) le couple est attentif et tendre et lui voue une affection qui semble compenser une perte. « Oh, n'est-elle pas là pour qu'on la gâte ? » (p. 54) Gâtée, choyée, entourée, la petite fait l'expérience d'un certain bonheur qui tranche avec la rudesse qu'elle a toujours connue.
    Si la tristesse affleure parfois dans les yeux de Mrs Kinsella, elle n'en a jamais honte. La peine qu'elle porte est lourde, mais elle n'est pas gênante. « Là où il y a un secret […], il y a de la honte, et nos n'avons pas besoin de honte. » (p. 19) Hélas, l'été devra s'achever. Entre une enfant avide d'être aimée et un couple éperdu d'amour, la vie douce aurait pu continuer, mais septembre sonne le glas de l'heureuse quiétude d'une famille qui s'était choisie.
    Il est assez difficile de situer ce roman dans le temps. Il se déroule après les années 50, c'est certain, mais rien n'indique qu'il soit contemporain de l'écriture. L'Irlande est présente, mais de façon très subtile : l'histoire qui est racontée pourrait se passer n'importe où tant la perte d'un enfant représente une douleur universelle.
    Ce très court roman est servi par une plume douce et majestueuse. J'espère que la traduction est à la mesure de l'original. J'ai été particulièrement émue par cette enfant si discrète qui ne trouve pas sa place chez elle et n'ose pas prendre la place d'un autre ailleurs.
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    Critique de qualité ? (22 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par litolff, le 24 septembre 2011

    litolff
    Lumineux !
    Un tout petit roman (100 pages) qui raconte avec beaucoup de délicatesse le séjour d'une petite fille irlandaise, confiée le temps d'un été à des oncles et tantes éloignés qu'elle ne connait pas : sa maman est sur le point d'accoucher d'un enième enfant et ne pas l'avoir dans les jambes sera un soulagement. Chez les Kinsella, la petite s'attend donc à être, sinon rabrouée, du moins ignorée...mais il n'en est rien et les Kinsella qui n'on pas d'enfant, offrent à la petite, qui au cours de l'histoire, devient Petale, l'amour qu'elle n'a jamais reçu. Petale s'épanouit donc lentement au contact de ce couple aimant qui lui donne des marques d'affection auxquelles elle n'est pas habituée.
    Tout en non-dits et en silences, un plaidoyer contre la misère sociale et la négligence parentale, une évocation pleine de pudeur de la perte d'un enfant et du désir de maternité.
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    Critique de qualité ? (19 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par kathel, le 22 janvier 2012

    kathel
    Courte critique pour un court roman. N'y voyez pas une marque de désintérêt de ma part, bien au contraire. J'avais déjà été emballée par L'Antarctique, recueil des nouvelles douces-amères de Claire Keegan, je suis encore séduite par ce roman.
    C'est l'histoire toute simple d'une petite fille que son père confie à un couple de parents éloignés pour quelques semaines, le temps que sa mère enceinte prenne un peu de repos avant l'accouchement. Avec son regard d'enfant, la petite remarque, sans toujours le comprendre, tout ce qui oppose ses parents aux Kinsella. Elle se sent bien chez eux, mais voit et entend des choses qu'elle a du mal à appréhender et qui trouveront leur signification plus tard. En attendant, elle profite de la vie à la campagne, et de la tendresse dont elle est entourée. C'est un joli récit d'apprentissage, à hauteur d'une fillette de sept ans, mais jamais mièvre, ni tombant dans la sensiblerie.
    Comme dans les nouvelles de Claire Keegan, où les personnages prenaient conscience d'eux-mêmes dans des situations délicates, la petite fille se trouve à un croisement de routes et amenée à prendre peut-être sa première grande décision. Que dire d'autre sinon que j'attends déjà avec impatience le prochain roman de Claire Keegan ?

    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-claire-keegan-les-trois-..
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    Critique de qualité ? (16 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par caro64, le 19 novembre 2011

    caro64
    Ceci est un petit roman, mais sa lecture révèle un grand talent. L'histoire en est simple : une petite fille est envoyée chez oncle et sa tante alors que sa mère s'apprête à accoucher. Loin de sa fratrie déjà nombreuse et de ses parents préoccupés du quotidien à assurer, elle découvre ce qu'est la douceur de l'amour. L'attention et la délicatesse de cet homme et de cette femme qu'elle connaissait à peine la bouleversent et la font grandir petit à petit ; ils révèlent un trésor mais aussi des failles.
    Tout un monde s'ouvre à elle désormais et plus rien ne sera comme avant.
    Claire Keegan suggère plus qu'elle ne décrit avec une étonnante clarté et une admirable pudeur le foisonnement des sentiments nés de personnages blessés et dignes. Une tonalité poétique et mélancolique se dégage de ces pages que je vous conseille de découvrir à votre tour...
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par ppette007, le 02 octobre 2011

    ppette007
    Ce roman raconte une parenthèse enchantée dans la vie d'une enfant de la campagne irlandaise. C'est l'histoire d'une fillette issue d'une famille nombreuse, qui se voit confiée le temps d'un été aux bons soins de son oncle et sa tante, les Kinsella, car ses parents sont débordés par l'arrivée d'un nouveau-né. Dans sa nouvelle famille d'adoption, un couple de vieux fermiers sans enfant, elle reçoit pour la première fois attention et affection. La petite fille aux manières empruntées s'épanouit progressivement au contact des Kinsella. Malgré le bien-être nouveau qu'elle éprouve, la fillette ne peut toutefois s'empêcher de noter certains détails étranges sur le couple dont l'amour à son égard semble sincère mais teinté de douleur. Elle découvrira bientôt pourquoi et sortira grandie de cette expérience.
    Attention, ce court roman (100 pages) est un petit bijou de poésie ! Claire Keegan choisit un regard d'enfant pour nous raconter cette histoire qui se déroule dans l'Irlande profonde dans les années 80. Peu d'indices trahissent cette époque ce qui confère une dimension universelle au récit. Ici, le silence est roi car tout est suggéré de manière subtile, par petites touches. D'ailleurs, l'auteure fait dire à l'oncle de la fillette que « la parole n'est une nécessité en aucune circonstance » (p.75). C'est que les gestes, les intonations de voix, les non-dits en disent bien plus ici que les mots échangés entre les adultes. Ainsi, la gêne ressentie par le père de la fillette lorsqu'il se rend chez les Kinsella est rendue palpable par les mots soigneusement choisis par la romancière. Celui-ci finira par partir de manière précipitée en oubliant la valise de sa fille. de même, le glissement progressif des noms donnés à la fillette par son oncle est particulièrement parlant. de « Gamine », celle-ci devient « Petite », avant d'être finalement nommée affectueusement « Pétale ». Tout comme « monsieur Kinsella » deviendra « Papa » à la fin de l'ouvrage.
    Ce livre a tout l'aspect d'un conte tant il est peuplé de descriptions qui nous transmettent des sensations, des sons ou encore nous offrent des jeux de lumière. En quelques mots, l'atmosphère magique et presque irréelle du récit peut s'assombrir ou s'éclairer subitement (p. 60 : « Il y a dans l'air le goût d'une chose plus sombre »).
    Avec douceur, Claire Keegan parvient à aborder simplement des sujets importants comme l'amour, la perte d'un être aimé, la pauvreté des familles qui rend l'épanouissement des enfants difficile, etc. Son récit de l'apprentissage de la vie par Pétale est tendre et touchera plus d'un lecteur. En conclusion, ce livre est un vrai coup de cœur !
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par LiliGalipette, le 27 mai 2012

    « Là où il y a un secret […], il y a de la honte, et nos n’avons pas besoin de honte. » (p. 19)
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  • Par LiliGalipette, le 27 mai 2012

    « On se réjouit de la garder. […] Elle est la bienvenue ici. » (p. 19)
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  • Par LiliGalipette, le 27 mai 2012

    « Oh, n’est-elle pas là pour qu’on la gâte ? » (p. 54)
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  • Par ster, le 02 juin 2011

    Le vent est fort et rauque dans les arbres, il s'agite parmi les branches sèches, dont les feuilles se soulèvent et se balancent. C'est très agréable de sentir la route découverte dévaler au-dessous de nous, sachant qu'on va, au bout, trouver la mer. La route continue et le ciel, le paysage entier semble s'éclaircir. Kinsella dit quelques petites choses insignifiantes puis s'enveloppe dans le silence qui est habituel chez lui, et le temps passe sans donner l'impression de passer, et nous voilà dans un espace dégagé, sableux, où les gens doivent garer leur voiture. Il y a des traces de pneus et des nids-de-poule partout, une poubelle qui ne semble pas avoir été vidée depuis longtemps.
    "On est presque arrivés, Pétale."
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  • Par yv1, le 09 août 2011

    Elle m'emmène dans la maison. Il y a un moment très sombre dans le couloir ; alors que j'hésite, elle hésite avec moi. Puis nous passons dans la chaleur de la cuisine où il faut que je m'assoie, que je me mette à l'aise. Sous l'odeur de pâtisserie, un désinfectant, un produit javellisé pointe. Elle retire du four une tarte à la rhubarbe qu'elle pose sur le plan de travail pour la laisser tiédir : du sirop bouillonnant prêt à déborder, de fines feuilles de pâte sculptées dans la croûte. Un courant frais souffle par la porte mais ici tout est chaud, tranquille et propre. De grandes marguerites sont immobiles comme le grand verre d'eau dans lequel elles se dressent. Il n'y a de trace d'enfant nulle part. (p.14)
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