> Juliette Aubert (Traducteur)

ISBN : 274276545X
Éditeur : Actes Sud (2099)


Note moyenne : 3.89/5 (sur 46 notes) Ajouter à mes livres
L'un est le grand explorateur Alexander von Humboldt (1769-1859). Il quitte la vie bourgeoise, se fraye un chemin à travers la forêt vierge, rencontre des monstres marins et des cannibales, navigue sur l'Orénoque, goûte des poisons, compte les poux sur la tête des indig... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Bunee, le 20 mai 2009

    Bunee
    Excellent ouvrage, très drôle, vivant et documenté que ce roman !
    Berlin, 1828.
    Alexander von Humboldt a déjà parcouru les terres inconnues, découvert des canaux et des voies de navigation au cœur des forêts vierges, répertorié des centaines d'espèces de fleurs, plantes, animaux … Assoiffé de voyages et de découvertes, ses multiples pérégrinations l'ont rendu célèbre bien au-delà des frontières de l'Europe.
    Il parvient, grâce à un harcèlement épistolaire acharné, à inviter à une conférence d'éminents savants (et faire venir !) Carl Friedrich Gauss, grand génie des mathématiques égocentrique et aigri se vantant d'avoir sauvé Göttingen de la canonnade Napoléonienne, et ayant une quasi phobie des voyages.
    Clin d'œil, parmi d'autres, nombreux dans ce livre, à l'histoire : Gauss est accueilli par Daguerre, ami de Humboldt, qui tente de fixer cet instant mémorable sur une plaque de cuivre … Mais malheureusement le procédé n'est pas très au point (C'est d'ailleurs Gauss qui suggèrera à Daguerre l'emploi d'une solution saline afin de fixer l'image), et tout vire à la catastrophe lorsqu'un gendarme vient disperser ce curieux attroupement non autorisé (id est : trois personnes réunies en un même endroit).
    La première scène est donc celle-ci: deux personnages au caractère si particulier, ayant chacun parcouru et arpenté, classé, répertorié, cartographié le monde … Deux êtres humains frôlant du bout de l'âme l'infini (Gauss) comme le Fini (Humboldt) et tentant de le mesurer de leur hauteur d'homme.
    Après cette scène, flash-back sur la vie de chacun de ces protagonistes. L'un et l'autre tour à tour chapitre par chapitre, voit son histoire relatée. Au départ ce sont deux personnages que tout amènerait à opposer :
    Le milieu social d'origine (Humboldt est issu d'une famille aisée, contrairement à Gauss), le rapport au monde (Humboldt est avide de voyages et d'expéditions tandis que Gauss reste entre ses quatre murs – enfin pas tant que cela puisqu'il est devenu arpenteur pour fuir son épouse qu'il ne supporte pas) et aux autres (Humoldt est bien plus sociable, voire mondain, que Gauss).
    Et pourtant.. Au fil de leur existence réciproque, chacun entend parler de l'autre ou s'y intéresse vaguement, et on retrouve un échos. Entre celui qui parcourt le monde pour le cartographier et celui qui mesure les lois terrestres et céleste à l'aulne des principes mathématiques, il y a au final peu de différences. Tant et si bien que l'existence de chacun suit une courbe ascendante (révélation du génie, célébrité, même si pas énormément de richesses) puis descendante (Les succès se raréfient, leurs prouesses s'affadissent dans le temps, déclin physique et intellectuel) et au final chacun éprouve de la pitié pour l'autre. Chacun de ces deux être est décalé par rapport à la société, et est marqué par une éducation particulière.
    Ces génies sont avant tout hommes, et on est reconnaissant à Kehlmann d'émailler le parcours de ces mythes de quelques bassesses et défauts infâmes. Car tous deux ont un ego surdéveloppé, une sorte de cynisme et d'ironie lancinants, ce qui donne lieu à des épisodes d'un humour d'une noirceur savoureuse.
    Ces deux personnages sont à la fois admirables, attachants, parfois ridicules et mesquins, mais Toujours campés avec une certaine tendresse. le style narratif, qui est très marqué par le dialogue au style indirect à l'imparfait, m'a beaucoup plus, mais je conçois que certains puissent en être lassés rapidement.
    Bref, je conseille vraiment ce livre, je l'ai trouvé très vivant et original.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par litolff, le 20 avril 2011

    litolff
    Un petit délice de littérature : dans un style très enlevé et plein d'humour, ce jeune auteur nous raconte les vies rocambolesques et la rencontre délirante de deux génies universels, Gauss et von Humboldt : sans une once de pédanterie, Daniel Kehlman nous fait (presque) pénétrer l'esprit totalement extravagant et génial de ces deux visionnaires pour qui le savoir, la connaissance, la rigueur et l'exactitude tenaient lieu de loisirs... Brillant !
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par BMSierre, le 03 novembre 2008

    BMSierre
    Daniel Kehlmann, jeune auteur autrichien nous conte avec talent, la vie passionnante - à la fin du XVIIIème siècle - de deux jeunes génies allemands. Alexander von Humboldt, explorateur - botaniste, s'enfonce dans la forêt vierge, pénètre dans les grottes les plus profondes, gravit des volcans et découvre le canal naturel entre l'Orénoque et l'Amazone, s'offusque de la manière d'agir du Père Zea de la mission des jésuites P.111 et s'intéresse tout particulièrement aux plantes de la forêt vierge. Carl Friedriech Gauss, astronome et mathématicien déteste voyager : il demeure en Allemagne, travaille à l'ouvrage de sa vie qui le fera le surnommer " Prince des mathématiques ". Homme de génie, il n'hésitera pas - le soir de sa nuit de noce - à sortir du lit pour noter une formule P. 148 et, lorsqu'il repense à son enfance, il se souvient de sa réflexion d'alors " les êtres humains ne voulaient pas penser " P. 53. J'apprécie tout particulièrement ce récit croisé de la vie passionnante des deux savants ; l'auteur nous les fait apprécier pour leurs compétences exceptionnelles mais nous les rend aussi sympathiques au regard de leurs travers et de leurs faiblesses ou " caprices de fin de vie ". Lisez " Les Arpenteurs du monde " vous serez subjugués. J.P.
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    • Livres 5.00/5
    Par zarline, le 07 mai 2009

    zarline
    Les Arpenteurs du monde relate la vie de deux génies allemands, Alexander von Humboldt et Carl Friedrich Gauss. le premier, considéré comme un père fondateur de la géographie physique, est principalement connu pour son voyage en Amérique du Sud, durant lequel il fit d'importantes découvertes, notamment l'existence du canal naturel entre l'Orénoque et l'Amazone, et dont il ramena de nouvelles espèces végétales, animales et minérales. le deuxième, surnommé le "Prince des Mathématiques", élabora de nombreuses théories sur les probabilités et la compréhension des nombres, et apporta beaucoup à l'astronomie. le titre fait référence à une de leur activité commune: l'arpentage ou la mesure d'un terrain, une activité qui demandait beaucoup de patience et de connaissances à l'époque où les satellites n'existaient pas.
    Les Arpenteurs du monde n'est cependant pas un livre d'histoire de la science, mais bien un roman d'aventures, de vie et de découvertes. Avec comme point de départ ces deux scientifiques contemporains, Daniel Kehlmann tisse, avec maestria, des liens entre leurs vies, jusqu'à une rencontre organisée à l'apogée de leur Gloire. L'auteur réussit à nous transporter à cette époque, qui voit naître un vrai désir de comprendre le monde et où les sciences prennent de plus en plus d'importance. J'ai été enchantée par l'ambiance de ce XIXème siècle, qui découvre la montgolfière, le spiritisme, les phénomènes volcaniques ou encore de nouvelles planètes. Daniel Kehlmann parvient à rendre le milieu parfois austère de la science, accessible, passionnant et même sympathique, grâce à ses personnages attachants, que ce soit Humboldt, l'éternel célibataire (il était très probablement homosexuel) et Gauss qui se sent enfermé dans un monde trop lent et bête pour lui.
    Je n'ai qu'un conseil, FONCEZ!


    Lien : http://unmomentpourlire.blogspot.com/2009/05/les-arpenteurs-du-monde..
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    • Livres 4.00/5
    Par moustafette, le 02 janvier 2011

    moustafette
    Humboldt, l'aventurier optimiste que rien n'arrête et Gauss, l'obsessionnel dépressif et râleur , c'est un peu Laurel et Hardy au pays des merveilles. Ces deux visionnaires ont pourtant bel et bien existé. Ils nous entraînent dans une promenade scientifique et philosophique où l'on croise pêle-mêle Goethe, Kant, Aguirre, Daguerre, les frères de Montgolfier, La Condamine, Bolivar, le président Jefferson, le tsar de Russie, Napoléon.
    Humboldt, assisté de Bonpland, son arpète rochelais, va crapahuter des rives de l'Orénoque aux sommets de la Cordillière des Andes. Ils y rencontrent de drôles de chiens volants, des poissons parlants, des cannibales, le maître du curare. A ses risques et périls, Humboldt prélève, cueille, examine, décortique, calcule, note, dessine tout et n'importe quoi.
    Pendant ce temps, sur la terre ferme, Gauss, le prince des mathématiques, passe d'abord pour un hurluberlu. Son cerveau bouillonne de chiffres, d'équations, de théorèmes. Il mange à peine, dort peu, oublie ses emplois alimentaires; il calcule partout, toujours et encore. S'intéressant de plus en plus à l'astronomie, il vainc son appréhension des voyages et embarque dans une montgolfière, afin de se rapprocher des étoiles.
    Perdus l'un et l'autre dans leurs périgrinations, nos deux héros n'en oublient pas moins d'avoir un regard plein de naïveté et de sagesse sur l'espèce humaine.
    Le ton léger et humoristique de ce livre réconcilie avec le savoir tous les nuls en maths ; l'air de rien, il nous cultive.

    Lien : http://moustafette.canalblog.com/archives/2007/03/18/index.html
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Critiques presse (1)


  • Lecturejeune , le 01 juin 2007
    Lecture jeune, n°122 - Qui sont les arpenteurs du monde ? Alexandre von Humboldt et Carl- Friedrich Gauss, celui-ci mathématicien, celui-là naturaliste, tous deux passionnés de recherche scientifique : observer, compter, décrire, déterminer les causes, mesurer le monde, découvrir les grandes structures, telles sont les activités qui les font vivre. Daniel Kehlmann s’intéresse alternativement à l’un ou à l’autre, et nous conte leur vie avec humour, de leur jeunesse à leur grand âge. Le lecteur s’amuse au récit des aventures de l’infatigable Alexandre entre Orénoque et Andes, durant lesquelles il cartographie à tour de bras et mesure tout ce qu’il rencontre, des insectes aux volcans, aussi attentif à la vie des indigènes qu’indifférent à la sienne et à celle de ses compagnons. Gauss, à l’inverse, ne quittera jamais l’Allemagne et difficilement sa petite ville. Ce mathématicien génial (de nombreuses lois portent son nom) et inventeur d’instruments est un misanthrope doublé d’un grognon. L’auteur nous les montre indifférents aux honneurs autant qu’à l’argent, toujours en avance sur leur temps, il les imagine amers de ne pas connaître les progrès futurs (aviation, électricité) qu’ils pressentent, conscients que leurs rêves ne sont pas des chimères mais des points de départ. Comme eux l’auteur marche à grands pas, sautant les années, esquivant les raisonnements ardus, privilégiant les anecdotes qui confrontent nos deux « cosinus » à un monde figé et rétrograde. L’image qu’il donne d’eux est parfois ubuesque, mais toujours chaleureuse. On aimerait que le lecteur subisse la contagion de cette curiosité aventureuse… Michelle Brillatz

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Citations et extraits

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  • Par zarline, le 07 mai 2009

    C'était étrange et injuste, dit Gauss, et une illustration parfaite du caractère lamentablement aléatoire de l'existence, que d'être né à une période donnée et d'y être rattaché, qu'on le veuille ou non. Cela donnait à l'homme un avantage incongru sur le passé et faisait de lui la risée de l'avenir. (...) Même une intelligence telle que la sienne, reprit Gauss, n'aurait rien pu concevoir aux premiers âges de l'humanité ou sur les rives de l'Orénoque, tandis que dans deux siècles le premier imbécile venu pourrait se moquer de lui et inventer des absurdités sur son compte.
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  • Par litolff, le 20 avril 2011

    Il était présent lorsqu'on mesura, sous la bruine et sur une pelouse piétinée aux portes de la ville, le dernier segment du méridien reliant Paris au pôle. Lorsque ce fut fait, tout le monde enleva son chapeau et se serra la main : un dix millionième de la distance serait moulée en métal et deviendrait l'unité de référence pour toutes les futures mesures de longueur. On voulait l'appeler mètre. Humboldt était toujours transporté de joie lorsqu'on mesurait quelque chose ; cette fois, il était ivre d'enthousiasme.
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    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par litolff, le 20 avril 2011

    Un homme qui ne déterminait pas à chaque instant sa position géographique ne pouvait pas se déplacer. On ne laissait pas une énigme, si petite soit-elle, sur le bord de la route.
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  • Par zarline, le 07 mai 2009

    Et ceci, il présenta le petit récipient en argile à Humboldt, était à présent le poison le plus violent de ce monde-ci et de tous les autres. Avec ça, on pouvait tuer des anges!
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  • Par litolff, le 20 avril 2011

    Bonpland lui demanda s'il ne dormait donc jamais.
    Pas s'il pouvait l'éviter, répondit Humboldt.
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