Tout commence avec un inspecteur de police à la retraite qui contacte une galerie d'art. Il est intrigué par une exposition de tableaux représentant uniquement des portraits d'enfants. Quelque chose l'interpelle : un visage parmi les autres, celui d'un enfant disparu, disparu depuis… quarante ans. A l'époque, c'est lui qui avait mené l'enquête, laquelle fut finalement classée sans suite car on ne retrouvera jamais le petit disparu. Ethan Muller, le jeune galeriste d'art new-yorkais, est lui aussi franchement intrigué par cette série de portraits. C'est que le peintre Victor Cracke, leur auteur, a disparu lui aussi dans de mystérieuses conditions. L'affaire est pour le moins troublante, empêtrée, recouverte par les années. Les investigations font remonter à la surface des faits qui se sont parfois déroulés quatre décennies plus tôt. La liste des victimes s'allongent…
Les visages a été élu thriller de l'année par le prestigieux New York Times – c'est bon signe. Mais mettons-nous d'accord tout de suite :
Les visages n'est pas un thriller (to thrill = frissonner), on frissonne rarement à sa lecture, on n'a pas d'angoisse. Je définirais plutôt cet ouvrage de belle saga familiale avec ses secrets, ses non-dits. Tout dans cette famille Muller semble marqué du sceau de l'incompréhension et de la solitude. C'est une plongée dans deux histoires parallèles en fait, mais qui se rejoindront de brillante façon.
Jesse Kellerman nous livre avec talent une histoire touchante, dévoilée petit à petit, avec des interludes de plus en plus troublants qui nous font remonter le temps pour comprendre le présent. Ce qui rend le roman pertinent.
Pas le meilleur thriller de l'année vanté en 1ère et 4ème de couverture, mais il est vrai qu'une fois plongé dans ce roman on a hâte de connaître la fin. L'auteur nous prévient sur le sujet : « ceux d'entre vous qui attendaient une fin spectaculaire risquent d'être un peu déçus et je m'en excuse. » Et effectivement l'épilogue pourrait paraître frustrant, mais le lecteur qui possède toutefois toutes les données en main ne reste pas sur sa faim mais sur une note émouvante.
En conclusion, un très bon roman pour un agréable moment de lecture !
Jesse Kellerman est né en 1978.
Les visages est son premier roman publié en France.. Il est le fils de Jonathan et de
Faye Kellerman, tous deux romanciers américains.