> Bernard Cohen (Traducteur)

ISBN : 2266163000
Éditeur : Pocket (2007)


Note moyenne : 3.6/5 (sur 276 notes) Ajouter à mes livres

Pour son célèbre agitateur de père, pour son artiste de mère, Hannah Buchan est une vraie déception. A vingt ans, au lieu de se fondre dans l'ébullition sociale des années soixante-dix, elle n'a d'autre ambition que d'épouser son petit ami médecin et de fonder u... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 04 novembre 2008

    Woland
    State of the Union
    Traduction : Bernard Cohen
    Disons-le tout de suite : Douglas Kennedy n'est ni Philip Roth, ni John Updike. Mais il a ce génie brut, emballant et béni par les Dieux qui fait le bon romancier, l'un de ceux qu'on n'oublie pas même si, côté style, ils écrivent plutôt à la va-vite, sans se soucier beaucoup de la forme et parfois de manière très fantaisiste. (Un peu comme notre Alexandre Dumas, par exemple, la connotation "roman historique" en moins.)
    D'ailleurs, personnellement, j'ai eu un peu de mal à accrocher car ce passé composé employé systématiquement à la place du passé simple, brrrrr ! ... Pour un écrivaillon sans rêves ni imagination, c'est un coup à se casser la ... plume et le clavier. Pour Kennedy, qui possède et les rêves et l'imagination qui va avec, nous dirons qu'il s'agit simplement d'une bizarrerie - et peut-être d'une marque de fabrique. Je n'en sais rien encore : "Les charmes discrets de la vie conjugale" est le premier roman de cet auteur que je lis.
    Mais ce ne sera pas le dernier. ;o)
    Ce roman a pour narratrice Hannah Latham qui, en épousant l'étudiant en médecine Dan Buchan à la fin des années soixante, choisit une vie calme et tranquille - un peu coincée, un peu captive aussi - dans une suite de petites villes américaines.
    Hannah est pourtant la fille d'un universitaire qui milite activement, quand s'ouvre le livre, contre la guerre au Viêt-nam et possède un épais dossier au FBI. Sa mère aussi, artiste-peintre reconnue, est une forte personnalité. Trop peut-être pour cette fille unique qui, depuis déjà de longues années, cherche désespérément, comme elle l'admet elle-même, à recevoir l'approbation maternelle. Arrivée à la conclusion que, de toutes façons, elle ne l'obtiendra jamais, Hannah jette en quelque sorte l'éponge et prend le contrepied de ce que sa mère souhaitait pour elle.
    Elle a assez vite un enfant, le petit Jeff, l'un de ces bébés qui, malheureusement pour leur mère, mettent au moins trois ans à distinguer la nuit du jour. Evidemment, son mari, qui a trouvé un poste à l'hôpital de la petite ville de Pelham, ne peut guère l'aider. Mais, même s'il le pouvait, il ne le voudrait pas et ça, tandis que le lecteur le comprend très vite, Hannah, elle, a le tort de le comprendre aussi mais de le refouler.
    Un jour, alors que Dan est parti en catastrophe au chevet de son père moribond, la jeune femme reçoit la visite de Tobias Judson, ancien élève de son père et gauchiste impénitent qui entretient d'excellentes relations avec les Black Panthers. Tobias lui fait tout d'abord son numéro de charme, finit par l'attirer au lit et ensuite - ensuite seulement - lui révèle qu'il est en fuite, après avoir "soutenu" deux Panthers ayant fait sauter une bombe à Chicago. Consciente d'avoir été manipulée, Hannah pense à le flanquer dehors mais Judson - qui est une ordure finie - lui met le marché en main : ou elle l'aide à passer la frontière canadienne, ou il révèle tout à son mari et, en prime, déclare au FBI qu'elle est sa complice.
    Judson expédié au Canada, l'incident pourrait se clore sans plus attendre. Et, effectivement, c'est ce qui semble se produire. Seulement, près de trente ans plus tard, Judson est de retour aux Etats-Unis et a troqué ses atours de gauchiste exalté contre la défroque - non moins exaltée - de l'évangélique bon teint, qui a serré la main de Dabelyou à la Maison Blanche et désormais prêche vertueusement le repentir à tout va. Comme on ne peut vivre d'amour et d'eau fraîche - surtout pas quand on est un évangéliste américain - Tobias publie aussi ses mémoires dans lesquels il dépeint son aventure avec Hannah comme un véritable roman d'amour entre deux gauchistes sans foi ni loi.
    Je m'arrête là dans ma présentation de ces "Charmes discrets de la vie conjugale" pour vous laisser le plaisir de découvrir tout le parti que l'auteur a su tirer de son intrigue.
    La critique est fine et - vous ne vous en rendrez peut-être compte qu'après avoir reposé le livre - l'ironie qui la sous-tend est féroce. Elle n'épargne pas l'hypocrisie des bien-pensants et même si Douglas Kennedy permet à Hannah de sortir de la curée sur une note d'espoir, on ne peut pas dire vraiment qu'il ait le complexe de la "happy end". Bref, "Les charmes discrets de la vie conjugale" ont certes quelque chose du mélo avec une pointe de soap mais ce n'est ni l'un, ni l'autre : c'est un excellent roman, qui donne envie de découvrir son auteur et le reste de son oeuvre. ;o)
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    • Livres 5.00/5
    Par Eric75019, le 29 janvier 2011

    Eric75019
    A travers l'histoire d'Hannah et de sa famille, c'est une vision "gentiment" critique de la société américaine conservatrice que nous propose ce roman de Douglas Kennedy. Hannah ne recherche au fond qu'une vie de couple bien tranquille et provinciale, qu'elle va très vite trouver en épousant un raisonnable étudiant en médecine, rencontré à l'Université. Son parcours semble donc tout tracé : un mari, un enfant, un petit boulot sans prétention dans une bibliothèque pour s'occuper, dans ce trou perdu où ils finissent par atterrir. Tout cela au grand dam de ses parents : un père intellectuel célèbre pour son engagement contre la guerre du Vietnam, et une mère artiste peintre à la personnalité perverse. Un instant d'égarement dans la vie sans histoire de la jeune femme va avoir des conséquences incalculables de nombreuses années plus tard. Des ennuis en tout genre vont alors s'accumuler pour Hannah, dont la vie bascule. Aidée de quelques amis, elle devra se battre chèrement pour retrouver sa dignité perdue aux yeux de la société et de sa propre famille.
    Ce livre au style fluide est agréable à lire, on s'attache très vite aux personnages, et on suit avec intérêt les diverses péripéties de l'histoire pour connaître la façon dont l'héroïne va s'en sortir. Bien que présente, la critique sous-jacente de l'Amérique pro-Bush, réactionnaire et conservatrice, du pouvoir manipulatoire des médias et des groupes de pression, est cependant trop feutrée pour pouvoir être qualifiée de virulente.
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 28 décembre 2011

    carre
    Douglas Kennedy nous plonge dans les années soixante dix aux Etats Unis, la jeunesse se rebelle et manifeste contre la guerre, l'anticonformisme se propage, la libération sexuelle va connaitre son apogée. Hélas, Hannah Buchan l'héroine est tout le contraire de ce mouvement de contestation au grand dam de ces parents engagés, militant. Elle épouse un jeune médecin et rêve de fonder une famille, d'ailleurs le jeune couple devient rapidement parents. Mais la jeune femme va commettre une erreur qui trente ans plus tard viendra remettre toute sa vie en question et son idéal à mal. En confrontant les années 70 à l'après 11 Septembre 2001, l'auteur montre comment l'Amérique est revenue à des valeurs puritaines, conformistes et bien sûr l'immense pouvoir des médias. Kennedy met aussi en lumière les aberrations de l'administration Bush, même si la démonstration est appuyée. Chacun connait les mensonges du président américain.
    Le roman est bien sûr efficace et se lit plaisamment même si par ci, par là Kennedy nous laisse voir les ficelles de l'intrigue. Mais Kennedy n'a pas son pareil pour mettre en place son histoire, il nous tiens en haleine sur la durée. Et avec un vrai talent pour passionner ces lecteurs.
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    • Livres 4.00/5
    Par laconteuse, le 12 février 2009

    laconteuse
    Voilà enfin mon avis sur ce livre commencé il y a 3 mois maintenant ^^ Ce n'est pas que je n'ai pas aimé, loin de là, mais je n'a i pas eu beaucoup de temps de lecture ces dernières semaines J Bon alors on y va !
    Le livre se compose de deux parties bien distinctes : la première se situe entre 1966-1974 et la seconde à partir de 2003. Dans cette première partie, on vit avec les années « hippies ». On vit d'une façon un peu décalée par rapport à notre époque. Hannah vit en parfaite femme modèle qui suit son mari sans rien dire. Elle reste chez elle dans un premier temps à garder son enfant et puis devient assistante bibliothécaire. Jusqu'au jour où, son mari étant absent pour être au chevet de son père, Hannah accueille un ami « agitateur » de son père. Juste une histoire de 2-3 jours, le temps de préparer la suite de son voyage. Arriva ce qui arriva, Hannah et son ami deviennent amants. Regrettable erreur de la part d'Hannah qui aime éperdument son mari, elle se sent mal de l'avoir trahi… Son ami n'est pas ce qu'il est réellement. Il est recherché partout dans le pays et menace Hannah si elle ne l'aide pas à quitter le territoire. Contrainte de partir et de l'aider, elle commet « le délit » de lui faire passer la frontière. Personne ne saura jamais rien de ce qu'il s'est passé ! 30 ans plus tard, on apprend qu'Hannah est devenue enseignante et a eu un deuxième enfant, une fille qui aura une grande carrière. Mais sa fille se sent terriblement seule et sans personne a aimé. Son premier enfant, s'est marié et est devenu papa. Malheureusement Hannah, ne s'entend pas spécialement avec sa belle-fille. Lorsque la fille d'Hannah disparait tout son monde s'écroule ! Elizabeth, étant amoureuse d'un homme mariée, ne donne plus signe de vie à ses parents, tout le monde s'inquiète. Des recherches sont menées pendant plusieurs mois. Bref, je vais arrêter de vous raconter l'histoire, vous aurez certainement compris que j'ai beaucoup aimé cette histoire. On y est plongé dès le début, on se demande ce qu'il va se passer avec Hannah dans les années 60 mais surtout ce qu'il va se passer si sa petite escapade est révélée. J'avais déjà lu un Douglas Kennedy il y a deux ans maintenant, et je n'avais pas été déçue. J'avais souhaité continué cette découverte et voici que c'est fait !
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    • Livres 4.00/5
    Par Lalivrophile, le 17 novembre 2011

    Lalivrophile
    Ce livre m'a beaucoup plu. Il montre d'abord des relations familiales compliquées. Les parents d'Hannah sont des intellectuels, et elle se sent inférieure à eux. Elle sait que sa mère désapprouve tout ce qu'elle est. Ne se sentant pas à leur hauteur, elle s'enferme dans un mariage avec un homme qu'elle n'aime pas réellement, ou plus de manière amicale.
    La mère d'Hannah a l'air d'être une mégère, surtout lors de la grosse dispute qui l'oppose à sa fille, et après, lorsqu'elle obtient son pardon... Apparemment, John et Dorothy se sont fait plus de mal que de bien en se mariant.
    Plus tard, Hannah aura des enfants, et connaîtra aussi des relations difficiles avec eux. Son fils, Jeffrey, deviendra un bigot puritain. Il est un peu caricatural, mais malheureusement, ce genre de personne existe. le pire, c'est que lorsque le scandale salissant Hannah éclatera, il ne la défendra pas, justement à cause de ce puritanisme, mais sa bigotterie sera plus forte que son amour pour sa mère. Il ne lui accordera même pas le bénéfice du doute.
    Quant à Lizzie, la fille d'Hannah, elle n'est pas équilibrée moralement et mentalement. Elle est flouée par les hommes, et s'accroche à eux, devient hystérique... Hannah et Dan se posent les questions de tous parents en pareil cas: qu'ont-ils raté? Qu'ont-ils fait pour que leurs enfants deviennent ainsi? Ils ne semblent pas avoir fait partie des parents qui délaissaient leurs enfants ou les couvaient trop... Cela montre que parfois, (souvent même), les problèmes des enfants sont dus à l'éducation qu'ils ont eue, mais pas toujours. Hannah et Dan sont ouverts, et leur fils se transforme en une montagne d'intolérance.
    [...]
    Lire la suite sur:

    Lien : http://www.lalivrophile.net/les-charmes-discrets-de-la-vie-conjugale..
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Citations et extraits

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  • Par Myrtle, le 02 décembre 2011

    Sous ses dehors les plus prosaïques, l'existence de chaque individu est riche de contradictions et de nuances. Elle est un roman potentiel, parce que malgré notre aspiration à la simplicité et à la tranquillité nous ne pouvons empêcher les catastrophes ou les accidents de parcours de modifier la trajectoire de nos vies. Tel est notre destin : le désordre, les drames dans lesquels les autres nous entraînent ou que nous créons nous-mêmes font partie intégrante de la condition humaine. Comme la tragédie, qui nous guette sans cesse au tournant. Peut-être s'agit-il là encore d'une réaction à notre état de mortels, d'une manière de nous cacher à nous-mêmes notre fin inéluctable, au-delà de l'agitation, des espoirs et des déceptions?
    Et dans ce cas, la question sans réponse revient inlassablement : quel sens a tout ça?
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  • Par Fleurdelys, le 14 juin 2008

    Nous voulons toujours ce que nous n'avons pas. Nous ne cessons jamais d'être insatisfaits, du moins en partie, par la vie que nous nous sommes organisée, si réussie puisse-t-elle être, parce que nous n'arrivons pas à être entièrement comblés par la réalité, l'ici et le maintenant.
    Je me suis simplement posé à nouveau les éternelles questions sur la difficulté de tout choix de vie, sur notre incapacité à parvenir à la plénitude.
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  • Par Fleurdelys, le 14 juin 2008

    Je me sentais en plein accord avec Brahms: il avait compris qu'il faut vivre ici et maintenant, que cela plaise ou non.
    Et pourtant, me suis-je dit, nous avons l'impression que nous sommes éternels. Nous avons beau être capable d'appréhender rationnellement l'idée que nous allons mourir, cette réalité conserve une part insaisissable. Vraiment nous ne serons plus rien un jour ou l'autre? Vraiment, nous ne faisons que passer sur cette Terre?
    Je me suis souvent demandé si toutes les difficultés que nous créons à nous-mêmes et aux autres pendant notre existence ne sont pas la réaction cent mille fois répétée au constat implacable que tout ce que nous réalisons, tout ce que nous réussissons ou ratons sera presque entierrement effacé par notre mort.
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  • Par Fleurdelys, le 11 juin 2008

    Quelqu'un a dit que les barrages les plus insurmontables que l'on rencontre sur sa route, ce sont ceux que l'on a construits soi-même.
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  • Par Eric75019, le 03 juin 2011

    L'un des grands problèmes de l'agnostique, c'est que quand quelque chose de terrible lui tombe dessus, à lui ou à quelqu'un de proche, il n'a même pas le recours de mettre ça sur le compte de la volonté divine.
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Dédicace de Douglas Kennedy au Furet de Lille - 6/12/2011
Douglas KENNEDY « Cet instant là » Ed. Belfond A la fois drame psychologique, roman d'idées, roman d'espionnage mais surtout histoire d'amour aussi tragique que passionnée, voici une intrigue ambitieuse portée par le talent exceptionnel de Douglas Kennedy. Il nous emmène dans le Berlin en pleine guerre froide, où Thomas, écrivain New-Yorkais, et Petra, réfugiée d'Allemagne de l'est, vivent un amour absolu. Mais bientôt se produit l'impensable. Cet instant là, va bouleverser le destin des amants. Aujourd'hui, vingt-cinq ans plus tard, Thomas est-il prêt à affronter toute la vérité ? Un grand Kennedy, du pur Douglas !








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