ISBN : 2350760197
Éditeur : Editions Privé (2006)


Note moyenne : 4/5 (sur 1 notes) Ajouter à mes livres
Qui a massacré, le 6 avril 1972, la petite, la modeste, l'insignifiante Brigitte Dewèvre, à Bruay-en-Artois, dans un décor à la Zola, sur un terrain vague qui ressemblait à un gigantesque dépotoir ? Depuis plus de trente ans, je traque l'assassin de Brigitte. Une folie ... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 26 mars 2009

    Woland
    Le 6 avril 1972, à 17 heures, sur un terrain vague du petit village de Bruay-en-Artois (désormais Bruay-la-Buissière) dans le Pas-de-Calais, un groupe d'enfants jouant au foot découvre le cadavre d'une jeune fille. Celle-ci est très vite identifiée : il s'agit de Brigitte Dewèvre, âgée de quinze ans et demi, et qui, la veille, avait quitté le domicile de ses parents à 19 h 30 pour aller passer la nuit chez sa grand-mère, ainsi qu'elle le faisait souvent.
    L'affaire va être instruite par le juge Henri Pascal, qui deviendra pour la presse le fameux "juge Pascal." Un homme sympathique et intègre certes mais qui, le premier d'une série de magistrats, aura le tort de s'appuyer un peu trop sur la presse pour faire passer certaines informations.
    Attention ! le juge Pascal n'a rien d'un Jean-Michel Lambert. Au contraire, il a des idées bien tranchées et ne ressemble en rien à une girouette. Pour lui, ce n'est pas le dernier qui parle qui a automatiquement raison. Mais il a le tort de se focaliser sur une seule piste et de négliger toutes les autres.
    Pour certaines raisons, le juge Pascal mit toute la pression sur le notaire de l'endroit, Pierre Leroy, et sur sa compagne, Monique Mayeur. Celle-ci, il est vrai, était propriétaire de la maison qui jouxtait le terrain vague où fut retrouvée Brigitte. Il semble également que la jeune fille connaissait au moins Monique Mayeur. Or, des bruits de réunions plus que galantes se déroulant régulièrement chez Mayeur - et auxquelles participait le notaire - couraient depuis longtemps déjà. En cette époque où, si l'on ignorait encore le SIDA, on célébrait à l'envi les vertus de la liberté sexuelle, les parties de ce genre n'étaient pas rares. Pierre Leroy était également client dans deux ou trois bars de nuit du coin. Il faut l'admettre, cela faisait de nombreuses et de bien troublantes présomptions sur la tête d'un seul homme ...
    Le juge Pascal, qui n'aimait guère la bourgeoisie bien-pensante, fonça donc dans le tas, écartant - Ker le reconnaît à regrets car, jusqu'au bout, il demeura l'ami du juge - pas mal d'autres pistes. Et quand on voulut les reprendre, elles étaient froides ...
    Résultat des courses : Pierre Leroy ne sera pas inculpé et Jean-Pierre F., camarade de Brigitte, qui avouera le crime avant de se rétracter, bénéficiera d'un non-lieu tant ses déclarations fourmillaient de contradictions. Aujourd'hui encore, le meurtre de Brigitte Dewèvre reste imputé à celui que l'on a surnommé "Le Fou de Bruay" et auquel, vaille que vaille, en bon limier, Jean Ker essaie de donner non un visage mais au moins une silhouette.
    Grand reporter à Paris-Match, Jean Ker est un habitué - et même un spécialiste - des faits divers. (Quelques années plus tard, il tiendra un rôle assez ambigu dans l'affaire Villemin.) C'est un passionné qui a, en lui, du Rouletabille et du Tintin - mais un Rouletabille et un Tintin soumis à la loi du plus fort tirage. Depuis maintenant trente-cinq ans, il n'a pas renoncé à l'idée de faire toute la clarté sur l'affaire Dewèvre, laquelle n'a en effet jamais été élucidée.
    En dépit d'un style un peu facile et de quelques longueurs, son livre accroche le lecteur. Sous le clinquant du journaliste de "Paris-Match", se dessine un enquêteur réfléchi quoique passionné et qui ne conclut rien sans avoir amassé des preuves suffisantes - un homme intelligent, doté d'un réel instinct "de flic", à la fois fasciné et en même temps révulsé par les horreurs auxquelles peut atteindre le Mal humain. En outre, les seules complaisances que l'on relève ici concernent l'ego de Jean Ker et jamais le crime. Pas de photos tape-à-l'oeil non plus, un réel respect de la victime morte trop jeune même si Ker refuse d'en faire un ange de perfection. Bref, un livre à lire par ceux que l'Affaire de Bruay-en-Artois intéresse. ;o)
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Citations et extraits

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  • Par Woland, le 26 mars 2009

    [...] ... [Yvette = une amie de Brigitte] et [Brigitte] avaient toujours de l'argent, toutes les deux ! Si bien que, à l'époque, on disait qu'Yvette piquait des sous à son beau-père. Elles se moquaient même de moi qui n'avais pas d'argent, alors je fauchais dans les troncs de l'église Sainte-Barbe ; forcément, on était seize à la maison et moi, c'était parce que j'avais faim. Brigitte achetait plein de trucs mais en secret, elle laissait tout chez Yvette. On ne savait pas d'où venait son argent, elle le cachait dans ses chaussures. Un billet de cinquante à l'époque, c'était une somme. (...)

    - Elles faisaient ... des choses chez Mayeur ?

    - C'est la rumeur qui le dit ! On dit aussi que Leroy aurait payé pour être tranquille. ... [...]
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  • Par Woland, le 26 mars 2009

    [...] ... Pascal a des défenseurs bruyants et qui, malgré leur bonne volonté, compliquent les choses. Alors que l'enquête devrait suivre toutes les pistes, la caravane, l'homme au pull, les maos reviennent en force avec un leitmotiv : le coupable, c'est le bourgeois, pas besoin d'enquêter ! François Ewald, le prof de philo, organise une grève de la faim sur le site. Une tente est plantée au bas de la butte, sur le terrain vague, là où le corps a été retrouvé. Ewald est venu avec une consoeur et il organise tout, dans le pur style agitation-propagande. Il anime des groupes de parole pendant que les amis de Brigitte jeûnent pour réclamer justice. ... [...]
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  • Par Woland, le 26 mars 2009

    [...] ... Je pense encore à ce que m'a dit France, cette petite secrétaire ambitieuse, devenue barmaid puis entraîneuse. Elle économise pour acheter un bar. Son père pense qu'elle est hôtesse dans une grande banque. Mais ses révélations sont plus un portrait qu'un début de preuve, et je me dis que des manies sexuelles ne font pas un assassin ... Ce n'est pas l'opinion du juge Pascal qui, lui, a des quasi certitudes, qu'il définit comme des faisceaux de présomptions. ... [...]
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PROCES VILLEMIN
PROCES JEAN MARIE VILLEMIN qui comparait pour le meurtre de son cousin, Bernard LAROCHE, qu'il soupçonnait d'avoir tué son fils, Grégory. Grégory Villemin, 4 ans, avait été retrouvé assassiné dans la Vologne le 16 octobre 1984.La cour d'assises de la Côte d'Or a entendu le témoignage d'un journaliste de Paris Match, JEAN KER, qui, neuf ans après les faits, a décrit une scène...











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