ISBN : 2070136744
Éditeur : Gallimard (2012)


Note moyenne : 3.82/5 (sur 28 notes) Ajouter à mes livres
«Ceux-là viennent de Moscou et ne savent pas où ils vont. Ils sont nombreux, plus d’une centaine, des gars jeunes, blancs, pâles même, hâves et tondus, les bras veineux le regard qui piétine, le torse encagé dans un marcel kaki, allongés sur les couchettes, laissant pen... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par sylvaine, le 17 mai 2012

    sylvaine
    Qui n'a pas rêvé un jour de monter dans le transsibérien et de se laisser porter par le tic tac du train .partir de Moscou , arriver à Vladivostok ,voir défiler les paysages somptueux de cette Russie de mystère , les forêts , la toundra la steppe le lac Baïkal …
    Mais voilà ce n'est pas du tout cette euphorie avant le départ que ressent Aliocha , ce jeune russe en treillis militaire qui se retrouve coincé dans un coin de wagon avec tous ses conscrits qui n'ont trouvé personne pour leur sauver la mise et éviter de partir à l'armée donc à la guerre , pas d'argent pour corrompre qui sait qui peut ,pas de jeune femme mise enceinte pour l'occasion
    Résultat le voici confiné, fumant cigarette sur cigarette et regardant sans voir les rails qui fuient derrière le train….
    A la gare de Krasnoïarsk, Hélène une jeune française monte dans ce train direction retour à Paris, passer par le Pacifique pour y arriver n'est certes pas le plus court chemin mais ….
    Et chose improbable, incroyable, ils vont se rencontrer Aliocha et elle et arriver à communiquer, à se comprendre sans pouvoir échanger autre chose que des gestes, des mimiques.
    Dans un style qui lui est propre Maylis de Kerangal , récompensée pour ce livre par le prix Landerneau, nous embarque dans ce train magique, mythique .Je suis restée sous le charme de ses descriptions de personnages , utilise t' elle un stylo ou bien un pinceau ? .Mais quelques mots et hop le décor est planté, vous y êtes , pas besoin de caméras la scène est là sous vos yeux !!
    Et à travers Aliocha défile l'histoire de cet immense pays, la vie dans ces appartements communautaires, la fin de la guerre froide, la pauvreté de tous les jours ; en pendant la vision d'Hélène plus idéalisée, romantique qui est surtout celle d' Anton son amant qu'elle fuit de retour en Russie depuis peu dissident certes mais heureux de retrouver son pays.
    Laissez vous tenter , …
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par litolff, le 06 février 2012

    litolff
    Une épopée ferroviaire à l'issue incertaine...
    Parce-qu'il n'a pas de femme enceinte de 6 mois ou suffisamment d'argent qui pourraient le faire échapper à la conscription, Aliocha se retrouve coincé dans un wagon de 3ème classe du transsibérien en partance pour une destination inconnue mais lointaine et condamné à subir le supplice du bizutage et du service militaire ; seul échappatoire, fuir ou se cacher... Hélène, une française, a aussi pris la direction de la Sibérie pour des raisons différentes et la rencontre entre ces deux là, si improbable qu'elle soit pour cause d'incommunicabilité, revêt un aspect insolite et romantique avec la taïga en toile de fond.
    J'ai beaucoup aimé ce petit roman dans lequel j'ai retrouvé la plume si particulière de Maylis de Kerangal qui m'avait enchantée dans "Naissance d'un pont" : une écriture qui "rentre dedans", puissante et très rythmée ; en trois mots, elle croque une trogne de russe ou l'atmosphère d'un wagon rempli de corps de conscrits, qui sait aussi décrire sans emphase la beauté de la forêt russe. Une démonstration d'écriture éblouissante !
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    Critique de qualité ? (19 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Deuzenn, le 22 mars 2012

    Deuzenn
    L'écriture de Maylis de Kerangal happe le lecteur comme le Transsibérien dévore les kilomètres dans la taïga : des phrases longues, hachées, fougueuses, avec peu d'arrêts en gare. A peine monté dans le wagon en première page, on est entraîné dans ce voyage jusqu'à la dernière , sans presque reprendre son souffle.
    A travers Aliocha, le jeune conscrit russe cherchant à s'enfuir, l'auteur dresse un portrait sans concession de la Russie actuelle : les appartements communautaires, les lambeaux de la Guerre froide, la pauvreté dans un pays toujours hostile... de l'autre côté, Hélène, française, pose un regard différent, plus romantique et idéalisé :
    " Elle a de la Russie une vision tragique et lacunaire, montage confus où s'enchaînent la chute fatale d'un landau dans un escalier monumental d'Odessa, le tison brûlant sur les yeux de Michel Strogoff, la gymnaste Elena Moukhina qui voltige aux barres asymétriques, le visage de Lénine, fiévreux, haranguant la foule, le drapeau de l'Union soviétique au sommet du Reichstag, les photos trafiquées, les sourcils de Brejnev et la barbe de Soljenitsyne, La Moueete à l'Odéon un soir de printemps, les milliers de prisonniers qui creusent un canal entre la mer Baltique et la mer Blanche, Noureïev qui bondit par-dessus la barrière dans un aéroport, un défilé de chars sur la place Rouge [...]" (pp 63-64)
    Car la Russie est réellement le troisième personnage principal de roman : à travers ses paysages, son histoire, elle est omniprésente et ne sert pas juste de décor : elle est l'élément perturbateur de l'intrigue, celui qui provoque la rencontre entre Aliocha et Hélène.
    De cette rencontre fortuite dans l'adversité naît ce roman sur la fuite : chacun cherche quelque chose qu'il espère trouver tout au bout du chemin de fer, au bord du Pacifique; chacun cherche à retrouver la vie, oubliée au fond de la Sibérie. La barrière de la langue, les différences culturelles, mènent à la maladresse et pourtant ces deux-là se comprennent avec un sentiment d'urgence et de danger.
    Un roman court et nerveux, très visuel aussi ; une petite pépite qui se dévore en quelques heures!
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 29 février 2012

    brigittelascombe
    Déstabilisée au départ par une création aux antipodes du Transibérien de Dominique Fernandez (écrit suite au même "voyage en Transibérien entre Novossibirsk et Vladivostok dans le cadre de l'année France-Russie en 2010"), puisque Tangente vers l'est ne relate pas l'itinéraire d'écrivains à travers la Russie mais s'attache à la tranche de vie d'un conscrit Aliocha, "un gosse à la carrure d'athlète", en route vers les casernes de Tchita ("Putain de Sibérie!") où la barbarie des bizutages (de son "pays de merde") frise l'horreur,cruel sort qu'il veut éviter à tout prix par moult tentatives de désertions, j'ai été peu à peu happée par l'originalité du sujet.
    Maylis de Kerangal, auteur de quatre romans dont Naissance d'un pont(prix Franz Hessel et prix Médicis 2010) soulève des pans de voile (ex:"une steppe mauve,lumineuse" ou la beauté du lac Baïkal qui a la couleur des yeux d'une femme aimée) pour mieux balancer son lecteur dans la boite noire plus sordide (aux mots plus crus) de l'inconscient, celle d'un homme " point de fuite qui dévore l'espace et le temps", prêt à tout pour sauver sa peau.
    Il lui faudra compter avec le sadique sergent Letchov qui patrouille, la "provodnita" qui a l'oeil sur tout entre deux passages de serpillère et la méfiance d'Hélène la Française qui fuit Anton "le maître du barrage".
    "Les rails en forme de ligne de fuite" conduisent-ils vers la liberté ?
    Peu de pages, peu d'histoire du pays ou de paysages (occultés sans doute vu leur monotonie), mais une écriture percutante qui saute allègrement de la poésie au pur argot,une froideur sibérienne, une âme d'écorché vif qui glace, et un condensé d'émotions entre inquiétude,méfiance,terreur et... où la Sibérie ainsi que le dit Maylis de Kerangal, "demeure toujours ce qu'elle a été une expérience limite"!
    A boire cul sec comme un verre de vodka!
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    • Livres 5.00/5
    Par pilyen, le 02 avril 2012

    pilyen
    J'ai passé ma journée dans le transsibérien de Novossibirsk à Vladivostok. J'ai arpenté le train de la troisième classe surpeuplée par tous les conscrits se rendant en Sibérie jusqu'à la première classe, plus confortable et en compagnie d'une jolie française un peu mystérieuse montée à Krasnoïarsk. Et tout ça grâce à Maylis de Kerangal et son magnifique roman "Tangente vers l'est".
    Dès le premier paragraphe, le décor est planté :
    "Ceux-là viennent de Moscou et ne savent pas où ils vont. Ils sont nombreux, plus d'une centaine, des gars jeunes, blancs, pâles même, hâves et tondus, les bras veineux le regard qui piétine, le torse encagé dans un marcel kaki, futes camouflage et slips kangourous, la chaînette religieuse qui joue sur le poitrail, des gars en guise de parois dans les sas et les couloirs, des gars assis, debout, allongés sur les couchettes, laissant pendre leur bras, laissant pendre leurs pieds, laissant pendre leur ennui résigné dans le vide, ..."
    Un wagon de conscrits filant à 60 km/h vers une caserne sibérienne synonyme de bannissement, de trou noir. Parmi eux, Aliocha, vingt ans, broie du noir et décide dans sa tête de tenter le tout pour le tout en désertant au prochain arrêt. Hélas pour lui, la réalité s'avère plus sombre et il échoue. de retour dans le train, il rencontre une femme seule, française. Quelques regards et cigarettes partagées suffisent à cette femme d'aider le jeune soldat à se cacher dans sa cabine de première classe. Et débute un formidable suspens, prenant, haletant. Aliocha réussira-t-il à échapper au sergent recruteur bien déterminé à ne laisser aucune de ses jeunes recrues prendre la tangente?
    Si le livre est aussi prenant, c'est que l'écriture de cette auteure est absolument magistrale. le pouvoir d'évocation de ses mots est immense, immergeant le lecteur dans une réalité tellement tangible que l'on ressent les soubresauts du train, la chaleur de l'eau sortant des samovars, la désespérance des paysages.
    Nous sommes passagers de ce transsibérien, enfermés dans une cabine semi luxueuse où va se dérouler une traque infernale. Les deux personnages principaux véhiculent l'ambiguité nécessaire pour que le champ de tous les possibles soit ouvert,...
    la fin sur le blog

    Lien : http://sansconnivence.blogspot.fr/2012/04/tangente-vers-lest-de-mayl..
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Critiques presse (7)


  • Lexpress , le 14 mars 2012
    Un style très séduisant. Une belle histoire, qui nous montre le pouvoir d'une étincelle de hasard.
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  • Lexpress , le 12 mars 2012
    Une écriture envoûtante, travaillée et maîtrisée. En résumé, un petit livre qu'il aurait fallu doter de plus de 127 pages!
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  • Lexpress , le 08 mars 2012
    Tangente vers l'est est un livre fort et percutant, de ceux que l'on porte longtemps en soi.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Lhumanite , le 20 février 2012
    Escamotées les conventions du « retour de Russie » : Maylis de Kerangal se déroute, prend la tangente, vers l’est et la littérature. On s’embarque.
    Lire la critique sur le site : Lhumanite
  • LeMonde , le 27 janvier 2012
    Comme une pierre composée de plusieurs sortes de cristaux différents, [Maylis de Kerangal] mêle les registres avec souplesse, faisant cohabiter mots précieux et mots d'argot, poétique et trivial. Le tout à un rythme très particulier, légèrement haletant : une sorte d'éboulis gracieux qui n'appartient qu'à elle.
    Lire la critique sur le site : LeMonde
  • Lexpress , le 17 janvier 2012
    Le texte est court, superbe, ensorcelant. En une centaine de pages, Maylis de Kerangal dit tout : l'inhumanité d'un système, le gouffre devant l'inconnu, l'appel de l'ailleurs, la solidarité humaine.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Telerama , le 04 janvier 2012
    A travers ce jeu ardent d'esquive et d'aimantation, Maylis de Kerangal enregistre les ondes sismiques de toute rencontre, humaine ou géographique. Elle chante sa fascination pour « la peau de la Terre, l'épiderme de la Russie, les griffes et la soie », et apporte sa pierre, chaude et granuleuse comme un boulet de canon, à la littérature de voyage ici magistralement ­renouvelée.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par Nadael, le 23 mars 2012

    Il soulève un pan du rideau et jette un oeil à travers la vitre, côté couloir. Dehors, c'est toujours la même nuit chromée et le train qui roule sans faillir, franchissant un à un le fuseaux horaires, désagrégeant le temps à mesure qu'il parcourt l'espace ; le train qui compacte ou dilate les heures, concrétionne les minutes, étire les secondes, progresse arrimé au sol et pourtant désynchronisé des horloges de la Terre : le train comme un vaisseau spatial.
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  • Par litolff, le 06 février 2012

    Le premier couloir est vide, tout le monde dort là-dedans quand pourtant c'est dehors que ça se passe, l'aube qui relève la forêt, à toute allure, redresse chaque fût à la verticale, le sous-bois bleuté perforé de rayons chargés d'une lumière charnelle, la taïga comme un tissu magnétique que la nouvelle épaisseur de l'air module à l'infini.
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  • Par lejardindestephanie, le 13 avril 2012

    [...] lac infini, les rives en pente douce, les hameaux de villégiatures déserts, les isbas de bois, le rivage si proche sans la moindre vague, à peine un clapotis, on capture tout ce qu'on peut pendant que le lac demeure visible, et s'étire, velouté, lisse, miroir du ciel, pas une ride sur l'eau, seule une barque solitaire quasi immobile dans le soir qui tombe [...]
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par Nadael, le 23 mars 2012

     Sans attendre, Aliocha s'y poste, happé par cette focale unique sur le monde, comme un oeil que l'on aurait derrière la tête, fasciné par la vision du chemin de fer qui blinde à rebours dans le fond du paysage, ruban strié alternant le clair et le foncé, stroboscope éclairant son visage, et bientôt, hypnotisé, il touche ce point de l'espace où la forêt avale les rails encore plus chauds, engloutit les traverses en un puits de mystère, peu à peu il oublie le wagon, oublie les gars qui fument dans son dos et l'odeur des peaux qui ventousent les parois à force de suer, il n'est plus que ce point de fuite qui dévore l'espace et le temps, coïncide avec lui, s'en obsède, prêt à verser lui aussi dans le grand trou noir, à y basculer tête la première, tout plutôt que la Sibérie, tout plutôt que la caserne (...)
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  • Par litolff, le 06 février 2012

    Une Française, il est déçu -ne sait pourtant rien des femmes françaises, rien, ne connaît d'elles que des Fantine, des Eugénie ou des Emma, femmes obligatoires dont il avait entrevu des fragments de psyché dans des manuels scolaires et relégués loin de celles qui l'éblouissent, Lady Gaga en tête.
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Videos de Maylis de Kerangal

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Vidéo de Maylis de Kerangal

Rencontre avec Maylis de Kerangal et Dominique Fernandez à la librairie La Galerne, pour la parution de leurs livres, Tangente vers l'est et Transsibérien.








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    Né à Belfast, C.S. Lewis est entre autres l'auteur des "Chroniques de Narnia". Il était ami et collègue de Tolkien à Oxford. C.S. pour :

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