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ISBN : 2070136744
Éditeur : Gallimard (2012)


Note moyenne : 3.64/5 (sur 95 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
«Ceux-là viennent de Moscou et ne savent pas où ils vont. Ils sont nombreux, plus d’une centaine, des gars jeunes, blancs, pâles même, hâves et tondus, les bras veineux le regard qui piétine, le torse encagé dans un marcel kaki, allongés sur les couchettes, laissant pen... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par mariech, le 25 novembre 2012

    mariech
    Deux personnes qui n'ont absolument rien en commun se retrouvent sur le Transsibérien , Alliocha qui part vers la lointaine Sibérie pour faire son service militaire et Hélène , jeune française , venue en Russie pour suivre l'homme qu'elle aime .
    Alliocha a tout fait pour ne pas se retrouver dans le train qui l'emmène faire son service militaire dans la lointaine Sibérie il fait le voyage contre son gré et va essayer d'échapper à la vigilance des gardiens qui accompagnent les conscrits .
    Hélène , elle est tombée amoureuse d'un Français d'origine russe , qui a un moment a un envie irréprésible de rejoindre ' son ' pays ' .
    A Paris , l'amour de la Russie éternelle les avait réunis , mais leur amour ne résiste pas à la réalité de la Russie .
    Arrivé au ' Pays ' , l'homme qu'elle aime se transforme , tandis qu'Hélène se morfond dans ce pays qu'elle aimaginé différemment .
    Lors de sa rencontre avec Alliocha , elle est étonnée par sa jeunesse , il a à peine 20 ans , elle en a 35 ans , lui est étonné car il n'a jamais vu une ' française ' , ils ne parlent pas la même langue , sont d'univers différent , leur point commun , c'est de prendre ' la tangente '.
    Ce roman a un côté enchanteur , j'avais l'impression d'être réellement dans le transsibérien avec Aliocha et Hélène , de découvrir les paysages de Sibérie en même temps qu'eux , d'être bercée par le roulis du train .
    Je n'avais pas trop aimé l'écriture de 'Naissance d'un pont ' , j'ai adoré ce livre .
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    • Livres 4.00/5
    Par litolff, le 06 février 2012

    litolff
    Une épopée ferroviaire à l'issue incertaine...
    Parce-qu'il n'a pas de femme enceinte de 6 mois ou suffisamment d'argent qui pourraient le faire échapper à la conscription, Aliocha se retrouve coincé dans un wagon de 3ème classe du transsibérien en partance pour une destination inconnue mais lointaine et condamné à subir le supplice du bizutage et du service militaire ; seul échappatoire, fuir ou se cacher... Hélène, une française, a aussi pris la direction de la Sibérie pour des raisons différentes et la rencontre entre ces deux là, si improbable qu'elle soit pour cause d'incommunicabilité, revêt un aspect insolite et romantique avec la taïga en toile de fond.
    J'ai beaucoup aimé ce petit roman dans lequel j'ai retrouvé la plume si particulière de Maylis de Kerangal qui m'avait enchantée dans "Naissance d'un pont" : une écriture qui "rentre dedans", puissante et très rythmée ; en trois mots, elle croque une trogne de russe ou l'atmosphère d'un wagon rempli de corps de conscrits, qui sait aussi décrire sans emphase la beauté de la forêt russe. Une démonstration d'écriture éblouissante !
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    • Livres 4.00/5
    Par LiliGalipette, le 30 juin 2012

    LiliGalipette
    Aliocha et Hélène se retrouvent dans le même wagon du Transsibérien. le premier est un conscrit russe qui fuit l'appel, la seconde est une Française qui fuit un homme, voire une vie. À bord du train, chacun déserte et part vers l'Est pour un nouveau destin. « le Transsibérien. La ligne mythique : deux rails en forme de ligne de fuite qui la conduiraient jusqu'au Pacifique. La piste de la liberté qui donnait sur l'océan. » (p. 62) Aliocha et Hélène ne se connaissent pas, mais entre eux s'établit une connivence inattendue qui dépasse la langue et les histoires personnelles. En aidant Aliocha, c'est un peu elle-même qu'Hélène tente de sauver. Mais la liberté est lointaine, tout au bout des rails et le terminus est une promesse incertaine. « Quinze minutes, c'est une éternité pour qui se tient caché dans les chiottes d'un train derrière une porte qui peut s'ouvrir à chaque instant. » (p. 108)
    Ce très court roman m'a rappelé Le canapé rouge de Michèle Lesbre. Des personnages se croisent dans les wagons d'un train qui n'en finit pas d'avaler des rails. Ces héros voyageurs traînent avec eux de passés pas forcément tragiques, mais très certainement encombrants. le voyage vers l'Est, c'est l'occasion de changer de peau, de faire table rase. Prendre la tangente, c'est habituellement éviter un obstacle déplaisant, se défiler devant l'adversité. Mais il est des défis qui ne valent pas la peine d'être relevés ou qui feraient perdre davantage que ce qu'ils ont à offrir. Et ceux qui en prennent conscience sont parfois plus braves que les téméraires qui ne faiblissent pas.
    J'ai aimé cette histoire, mais je suis restée un peu à la marge du récit. En fait, j'ai voyagé sur le marchepied. Si j'ai apprécié, c'est surtout pour les paysages esquissés derrière les vitres du train. Mais le roman de Maylis de Kerangal reste un très beau texte, intimiste et émouvant.
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    • Livres 3.00/5
    Par sylvaine, le 17 mai 2012

    sylvaine
    Qui n'a pas rêvé un jour de monter dans le transsibérien et de se laisser porter par le tic tac du train .partir de Moscou , arriver à Vladivostok ,voir défiler les paysages somptueux de cette Russie de mystère , les forêts , la toundra la steppe le lac Baïkal …
    Mais voilà ce n'est pas du tout cette euphorie avant le départ que ressent Aliocha , ce jeune russe en treillis militaire qui se retrouve coincé dans un coin de wagon avec tous ses conscrits qui n'ont trouvé personne pour leur sauver la mise et éviter de partir à l'armée donc à la guerre , pas d'argent pour corrompre qui sait qui peut ,pas de jeune femme mise enceinte pour l'occasion
    Résultat le voici confiné, fumant cigarette sur cigarette et regardant sans voir les rails qui fuient derrière le train….
    A la gare de Krasnoïarsk, Hélène une jeune française monte dans ce train direction retour à Paris, passer par le Pacifique pour y arriver n'est certes pas le plus court chemin mais ….
    Et chose improbable, incroyable, ils vont se rencontrer Aliocha et elle et arriver à communiquer, à se comprendre sans pouvoir échanger autre chose que des gestes, des mimiques.
    Dans un style qui lui est propre Maylis de Kerangal , récompensée pour ce livre par le prix Landerneau, nous embarque dans ce train magique, mythique .Je suis restée sous le charme de ses descriptions de personnages , utilise t' elle un stylo ou bien un pinceau ? .Mais quelques mots et hop le décor est planté, vous y êtes , pas besoin de caméras la scène est là sous vos yeux !!
    Et à travers Aliocha défile l'histoire de cet immense pays, la vie dans ces appartements communautaires, la fin de la guerre froide, la pauvreté de tous les jours ; en pendant la vision d'Hélène plus idéalisée, romantique qui est surtout celle d' Anton son amant qu'elle fuit de retour en Russie depuis peu dissident certes mais heureux de retrouver son pays.
    Laissez vous tenter , …
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    • Livres 4.00/5
    Par Missbouquin, le 02 août 2012

    Missbouquin
    "Ils se sont donné leurs prénoms, se sont donné du feu, se sont donnés des clopes."
    "Ils" ce sont le jeune appelé Aliocha et Hélène, une Française qu'il rencontre dans le train le menant vers la Sibérie, où il devra effectuer son service. Refusant de tout son être cet exil lointain, Aliocha décide de déserter. Il se réfugie dans la cabine d'Hélène. Commence alors une promiscuité forcée, où la barrière de la langue et leur différence de culture et de condition créent malentendus sur malentendus.
    Le temps de ce voyage interminable au milieu des steppes glacées de Russie, Maylis de Kerangal dessine un huis clos feutré, où la tension et la violence sont cachées, sans pour autant être inexistantes.
    J'ai réellement vécu ce court roman, par une lecture en un seul trait. J'ai eu froid comme eux, j'ai ressenti leur malaise, la soif de liberté d'Aliocha, le désir de solitude d'Hélène, leur volonté de fuite qui les lie malgré tout le reste. Pas question d'amour ni d'amitié dans ce texte, seulement de rapports entre deux êtres, seulement d'humanité. On entre dans une forme de littérature qui s'affranchit des temps et des lieux, une littérature de la rencontre, qui appelle un bagage culturel universel, l'appel de la liberté, de la nature. La soif de vivre.
    Ce roman est, pour moi, le meilleur des 4 premiers livres lus pour le Prix Océans. Au contraire de Notre-Dame du Nil, mon second choix, dans lequel j'ai appris un certain nombre de choses, ici l'auteur a parlé directement à mes sentiments, par sa plume poétique, nous offrant un coin de Russie, par les yeux d'une Française, qui ne connaît de ce grand pays qu'un peu de sa littérature, tout comme moi : "Elle a de la Russie une vision tragique et lacunaire, montage confus où s'enchaînent la chute fatale d'un landau dans un escalier monumental d'Odessa, le tison brûlant sur les yeux de Michel Strogoff ... ". Et pourtant la Russie ce n'est pas (que) ça. La Russie c'est Aliocha, son refus d'être contraint, ses peurs, sa jeunesse et son avenir qui s'ouvre et s'éclaire grâce aux gestes de deux femmes dans un train.
    Et puis l'arrivée, avec un goût de fin du monde, de bord du monde.
    "Le silence est tel après le vacarme du train que chaque bruit explose, vit sa vie de bruit, un crissement d'herbe, un froissement de plume, une plaque de terre qui craque, l'écho de leur présence sous le ciel qui se charge en encre, toutes sonorités qui sont comme la dorsale de l'espace, et leurs voix elles aussi sont d'une autre matière."


    Lien : http://missbouquinaix.wordpress.com/
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Critiques presse (8)


  • LaPresse , le 13 mai 2013
    La seule chose dont elle était certaine, dans un contexte plutôt protocolaire et officiel, était l'expérience précise du train, très bien rendue dans le roman. Le reste, inventé, témoigne plutôt du fossé entre une Occidentale et un pauvre gamin russe, que l'écrivaine comble par le récit, car ils finiront par se ressembler d'une émouvante façon.
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  • Lexpress , le 14 mars 2012
    Un style très séduisant. Une belle histoire, qui nous montre le pouvoir d'une étincelle de hasard.
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  • Lexpress , le 12 mars 2012
    Une écriture envoûtante, travaillée et maîtrisée. En résumé, un petit livre qu'il aurait fallu doter de plus de 127 pages!
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  • Lexpress , le 08 mars 2012
    Tangente vers l'est est un livre fort et percutant, de ceux que l'on porte longtemps en soi.
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  • Lhumanite , le 20 février 2012
    Escamotées les conventions du « retour de Russie » : Maylis de Kerangal se déroute, prend la tangente, vers l’est et la littérature. On s’embarque.
    Lire la critique sur le site : Lhumanite
  • LeMonde , le 27 janvier 2012
    Comme une pierre composée de plusieurs sortes de cristaux différents, [Maylis de Kerangal] mêle les registres avec souplesse, faisant cohabiter mots précieux et mots d'argot, poétique et trivial. Le tout à un rythme très particulier, légèrement haletant : une sorte d'éboulis gracieux qui n'appartient qu'à elle.
    Lire la critique sur le site : LeMonde
  • Lexpress , le 17 janvier 2012
    Le texte est court, superbe, ensorcelant. En une centaine de pages, Maylis de Kerangal dit tout : l'inhumanité d'un système, le gouffre devant l'inconnu, l'appel de l'ailleurs, la solidarité humaine.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Telerama , le 04 janvier 2012
    A travers ce jeu ardent d'esquive et d'aimantation, Maylis de Kerangal enregistre les ondes sismiques de toute rencontre, humaine ou géographique. Elle chante sa fascination pour « la peau de la Terre, l'épiderme de la Russie, les griffes et la soie », et apporte sa pierre, chaude et granuleuse comme un boulet de canon, à la littérature de voyage ici magistralement ­renouvelée.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par michelekastner, le 18 juin 2012

    Aliocha est là en bonne place qui croise les bras sur son tee-shirt, et rit lui aussi, un rire forcé, râpeux dans sa gorge serrée. Il n'a rien enfilé avant de descendre, n'a pas même pris son sac de peur d'attirer l'attention, il est le plus léger possible, rien dans les mains, rien dans les poches, délesté de tout ce qui lui donnerait un nom - a plié la photo de sa mère au fond de sa chaussure - mais pourvu d'un téléphone portable, d'un chargeur et de cent roubles ; le jeune conscrit désespéré n'existe plus, c'est un autre homme. Car déjà, un appelé fait voir à Aliocha son paquet de cigarettes vide, puis lève un pouce par-dessus son épaule, désignant les bâtiments de la gare, va voir là-bas, t'as le temps - coup d'oeil sur la montre. Aliocha opine du chef, son plan marche du feu de Dieu, il pivote mains dans les poches, surtout ne pas croiser les yeux des autres, s'éloigne de quelques mètres, ces tous premiers mètres qui sont une rivière de glace, un désert de pierre ou une jungle vénéneuse, toutes zones rétives infestées de pièges, il marche droit, bientôt hors du halo des réverbères, déserteur en puissance lancé sous le ciel en dôme, les sons pâlissent dans son oreille comme s'il avait plongé sous la mer, les éclats de vois faiblissent, la peur le prend à la gorge : il est à Krasnoïark, ville dont il ignore tout et où il va devoir survivre, esseulé, pauvre, sans refuge, quelle folie est-il en train d'accomplir ? Ne sait-il pas qu'en territoire hostile la solution est toujours collective ? Pour qui se prend-il ? Encore faudrait-il, avant de s'enfuir, qu'il passe outre son ignorance crasse et sache où il met les pieds.
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  • Par Missbouquin, le 02 août 2012

    "Le silence est tel après le vacarme du train que chaque bruit explose, vit sa vie de bruit, un crissement d'herbe, un froissement de plume, une plaque de terre qui craque, l'écho de leur présence sous le ciel qui se charge en encre, toutes sonorités qui sont comme la dorsale de l'espace, et leurs voix elles aussi sont d'une autre matière."

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  • Par Nadael, le 23 mars 2012

    Il soulève un pan du rideau et jette un oeil à travers la vitre, côté couloir. Dehors, c'est toujours la même nuit chromée et le train qui roule sans faillir, franchissant un à un le fuseaux horaires, désagrégeant le temps à mesure qu'il parcourt l'espace ; le train qui compacte ou dilate les heures, concrétionne les minutes, étire les secondes, progresse arrimé au sol et pourtant désynchronisé des horloges de la Terre : le train comme un vaisseau spatial.
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  • Par LiliGalipette, le 30 juin 2012

    « Le Transsibérien. La ligne mythique : deux rails en forme de ligne de fuite qui la conduiraient jusqu’au Pacifique. La piste de la liberté qui donnait sur l’océan. » (p. 62)

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  • Par HenriMoufettal, le 14 décembre 2012

    page 46
    Tout se passe comme si avec la nuit s'achevait la trêve.

    Page 63

    Il est Andreï Roublev et Marina Tsetaïeva, il est Iouri Gagarine, il est Tchaïkovski, il est Trotski lui-même, il se nomme Anton Tchekhov. Elle a de la Russie une vision tragique et lacunaire, montage confus où s'enchaînent la chute fatale d'un landau dans un escalier monumental d'Odessa, le tison brûlant sur les yeux de Michel Strogoff(...)
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Maylis de Kerangal, Dialogues littéraires
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