> Gilles Berton (Traducteur)

ISBN : 2702433332
Éditeur : Masque (Editions du) (2008)


Note moyenne : 3.9/5 (sur 104 notes) Ajouter à mes livres
Publiés pour la première fois dans les années 1989-1991, L'été de cristal, La pâle figure et Un requiem allemand évoquent l'ambiance du Ille Reich en 1936 et 1938, et ses décombres en 1947 Ils ont pour héros Bernie Gunther, ex-commissaire de la police berlinoise devenu ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par ChristopheM, le 02 novembre 2011

    ChristopheM
    La trilogie berlinoise: T1 L'été de critstal:
    Vous avez la chance d'en avoir le droit, alors, laissez ces images atroces d'uniformes SS, de drapeaux nazis, de portraits du « Guide », d'étoiles jaunes, de camps de concentration et d'exécutions, émerger de votre mémoire. Vous vous retrouvez à Berlin en 1936. Bernie Gunther, un enquêteur privé, est sollicité par Herr Six, un puissant industriel de la Ruhr, pour débusquer l'assassin de sa fille, Grete enseignante, et son mari, Paul Pfarr, avocat. Au décès des deux époux, Paul partisan du national socialisme léguait tout au III ème Reich. Cependant, un vol de bijoux dont un collier cartier de plus d'une centaine de carra a été volé et un incendie a effacé toutes traces d'infractions. Il ne resta que deux corps calcinés. Tragique et simple.
    L'atmosphère ambiante au sein de la ville n'est pas pour aider le héros. Période des jeux olympiques de Berlin en 1936. La ville prend un coup de fraîcheur accompagné de décoration à la mode propre au dictateur. le peuple berlinois est autorisé à lire des livres étrangers pour ce moment où le monde regarde l'Allemagne. Berni profite de cette brèche offerte par le parti pour mener son enquête en commençant par le médecin légiste, puis un prêteur sur gage, la femme d'ouvrage, il revient sur ses pas en interrogeant Haüpthändler le secrétaire personnel de Six, qui serait lié à Grete.
    Voilà où le lecteur commence à ne plus savoir ou mettre de la tête, impossible de ne pas raconter une partie de la trame de l'affaire. L'auteur pousse le bouchon encore et encore...
    L'enquêteur doit faire preuve d'ingéniosité, de discrétion vu la tension qui règne dans Berlin. Tout le monde se méfie de tout le monde. La corruption, les dénonciations, la fidélité au parti national socialiste. Non sans ignorer les multiples services de police au service du Reich, la Kripo, la Sapo, la Gestapo, en plus de la police classique, le syndicat du crime comme la Force allemande. Son caractère lui sera d'une grande utilité pour rester en vie pendant l'enquête. Il est franc, culoté, il a du répondant, charmeur, ancien policier il a son réseau de contact qui sera un de ses atouts pour persévéré et progressé dans son travail. Il est indépendant du parti, de la société, ne fait pas de différence entre un juif et un allemand. C'est en quelque sorte un reste de la voie de la raison dans une ambiance où la libre pensée est proscrite. Il représente, en fait, le côté du libre arbitre, la part de l'homme qui n'adhère pas à l'extrémisme en vigueur dans la société de l'époque, il permet d'exprimer ce que les gens ressentaient à l'époque du nettoyage ethnique, de la propagande. C'est pourquoi on s'attache à lui.
    Berni comprendra que son affaire en forme deux distinctes : vol de bijoux et de documents compromettants. Pris dans le suspens, l'envie de savoir, le lecteur mange les pages, les connections papillotent dans sa pièce de lecture, c'est la réussite de l'écrivain qui ne lâche plus le curieux qui voulait qu'on lui raconte une histoire...
    Von Greis un receleur étroitement lié à Goering pour affaires et avec Walther funk, son amant, qui n'était autre que l'ancien conseiller économique d'Hitler ; est recherché et retrouvé mort dans un bui bui. Lien établi avec Mutschmann un perceur de coffre qui a disparu et Bock qui était compagnon de cellule de Mutschmann. Bock avoue que le syndicat dirigé par Red Dieter les avait engagés pour un cambriolage qu'il refusa. Tillesen patron du bordel et Mutschmann ont fait le coup. Häupthändler était en contact avec un marchand de diamant. Info que Berni a obtenue grâce à une retranscription d'une écoute téléphonique obtenue par les services de Goering en échange de trouver von Greis pour lui. Marlene Sahn, la secrétaire de Paul dévoile à Berni que Paul bossait pour Himmler, dans le but d'endiguer la corruption au sein du Reich. Paul avait découvert le lien entre six et le crime organisé. Les documents que von Greis possédait et qui restent introuvables. La maîtresse de Paul, Eva, se cache. Berni retrouve le trio Haüpt., Eva et le revendeur de bijoux. Mais la gestapo surveillant de près l'affaire intervient, Häupt. et Eva éclipsé et le revendeur de bijoux mort. Berni inculpé pour meurtres. Sa nouvelle secrétaire Inge, avec il entretient une relation sérieuse, amoureuse et qui l'aidait dans son enquête a disparu le même jour alors qu'elle devait le retrouver au lieu ou le trio était. Berni libéré se présente chez Six pour obtenir le fin mot de l'histoire. Les deux individus partent à la recherche du couple en fuite, les retrouvent aux mains de Dieter. La Gestapo intervient une fois de plus, pas de survivant à part Berni et Six qui sera assigné en résidence surveillée. Et Berni ?
    Mutschmann planqué à Dachau, le KZ. Heydrich oblige Berni à se rendre sur place pour retrouver le perceur et savoir où les documents compromettant pour Goering sont toujours dans la nature. Berni devra s'y rendre en tant que prisonnier, incognito, devra subir le même sort que les autres détenus. Autant chercher une aiguille dans une meule de foin. Avec l'espoir de sauver sa vie, sans tomber malade, en retrouvant Mutschmann parmi des milliers de détenus. Rester en vie demandait bien plus d'effort que de mener une enquête classique dans de bonnes conditions de vie. le cauchemar suinte ce camp, Berni s'affaibli à petit feu…
    Une œuvre d'une grande finesse. Un décor tristement célèbre qui se passe de mots. Au vu de la tournure que prend l'affaire, le lecteur prendra vite conscience du talent énorme de l'auteur qui n'a aucune difficulté à ajouter quelques propos humoristiques pour atténuer l'amertume engendrée par la violence du sujet traité. La maîtrise du contexte historique est incontestable et d'autant plus étonnante que les faits s'étaient déroulés il y avait plus de cinquante ans quand le livre fut publié en 1989. Un bouquin haletant avec une enquête palpitante qui grossit à vue de chapitre. Berni retrouvera-t-il celle qu'il aime? Son tempérament changera-t-il après de telles épreuves? Que lui réservera la seconde guerre mondiale?
    A lire évidemment!
    http://lirecrire.over-blog.com/article-la-trilogie-berlinoise-87803499.html

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    • Livres 5.00/5
    Par kedrik, le 08 septembre 2011

    kedrik
    La trilogie berlinoise n'a rien à voir avec les trois albums de David Bowie sortis entre 77 et 79 avec Brian Eno. Non. Ce sont trois romans noirs se déroulant à Berlin entre 1936 et 1947 et mettant en scène un détective privé nommé Bernhard Gunther. Bernie n'est pas nazi : c'est un ex-flic de la Kripo (police criminelle) qui a claqué sa démission quand le Parti a commencé à faire du ménage dans l'administration. Il savait que tôt ou tard, il ferait partie des exclus du système. Alors plutôt que de finir en camp pour avoir refusé d'obéïr à des ordres devenus odieux, Bernie devient détective privé. Son gagne-pain ? Les familles juives qui l'engagent pour retrouver un mari ou un frère qui a disparu du jour au lendemain. Bernie refuse les histoires de divorce : c'est trop dangereux. Bernie boit. Bernie se laisse séduire par des femmes fatales ressemblant à Lilly Marleen et donc à Marlène Dietrich. Bernie accepte des enquêtes dangereuses, car il faut bien vivre.
    Dans L'été de cristal, Bernie accepte de chercher un collier de diamants qui a disparu d'un coffre-fort dans une maison incendiée où deux corps ont été retrouvés. C'est l'été 1936, Berlin accueille les jeux olymopiques et tente de faire croire au reste de l'Europe qu'elle est fréquentable.
    Dans La Pâle figure, Bernie fait la chasse à un maître-chanteur pour le compte d'une veuve qui a peur que l'homosexualité de son fils ne devienne un scandale publique. Mais dans ce Berlin de 1938 rôde également un tueur en série aux motivations étranges. L'Allemagne et les Sudètes sont sur le point d'exploser, l'Europe retient son souffle.
    Un requiem allemand se déroule toujours à Berlin, mais en 1947. Bernie a survécu à la guerre, mais au prix de blessures autant physiques que morales. Il survit dans les décombres de Berlin en exploitant les possibilités qu'offrent les différentes zones britaniques, françaises, américaines et russes. Et quand une vieille connaissance est accusée de meurtre, Bernie reprend du service dans un décor post-apocalyptique.
    Bon, je dois l'avouer, l'hostilité de Bernie envers le régime nazi m'a un peu repoussé au début. Non pas que je prétende que tous les Allemands de l'époque étaient des SS, mais ma dernière lecture allemande était Les Bienveillantes, aussi j'avais une vision très... malsaine. du coup, je trouvais la posture démocrate de Bernie un peu facile, comme si l'auteur cherchait à en faire un type bien parmi des millions de connards pour faire plaisir au lecteur. Car Bernie critique ouvertement le régime en place, il n'hésite pas à balancer des vannes sur les nazis sans devoir en payer le prix. Personne ne le dénonce à la Kommandantur, il reste ce type libre qui pense sincèrement que son pays perd pied. du coup, forcément, les salauds sont les nazis, les adhérents du Parti... Mais la noirceur générale de la trilogie a fini par gommer cette impression. Bernie n'est pas un chevalier blanc pourfandant les ténèbres nazies : c'est finalement un homme assez gris qui ne se révolte pas. Sa démission de la Kripo n'est pas tant une rebellion qu'une fuite.
    Les enquêtes de Bernie sont un modèle du genre : un peu d'argent pour les indics afin de collecter des tuyaux, fréquentation de la pègre quand c'est nécessaire, opération coup de poing quand le récit devient trop mou, femmes mystérieuses qui couchent aussi facilement qu'elles se barrent, révélation de dernière minute pour surprendre le lecteur. C'est hammettien au possible, le cynisme de Bernie valant bien celui de Sam Spade. le décor allemand et la politique nationale-socialiste donne des impressions de monde sur le point de basculer, c'est d'autant plus inévitable que le lecteur sait que ça ne va pas bien se passer dès 1939. Bernie rame à contre-courant tandis que la masse ne fait que suivre les ordres. Les grands de ce monde (Goering, Himmler...) renforcent le côté ignoble : le Parti ne se laisse jamais inquiéter. le roman qui se déroule en 1947 brosse un portrait peu flatteur des autres nations et relativise beaucoup l'ignominie en en faisant un trait de caractère plus européen qu'allemand.
    Bref, le roman noir berlinois d'avant et d'après guerre, c'est profond et intense. C'est solennel comme un film de Claude Lanzmann, mais ludique comme un roman de Chandler. Une lecture de plus de 800 pages qui laisse un drôle de goût en bouche, entre amertume berlinoise et plaisir du polar. L'auteur, Philip Kerr, est Écossais. En plus d'écrire des romans noirs avec des tickets de rationnements et des pogroms, il écrit des histoires pour enfants (Les enfants de la lampe magique). Quelque part, je comprends qu'il ait besoin de cette double écriture, entre horreur adulte et magie de l'enfance.


    Lien : http://hu-mu.blogspot.com/2009/06/la-trilogie-berlinoise.html
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    • Livres 5.00/5
    Par BMR, le 16 janvier 2009

    BMR
    Voici une belle trouvaille (coup de coeur Fnac) : La trilogie berlinoise de l'écossais Philip Kerr.
    La ré-édition réunit trois épisodes de la série qui met en scène un privé au goût de Philip Marlowe, à l'odeur de Nestor Burma (celui de la télé) mais aux relents de Gestapo puisque la série se passe à Berlin, avant et après guerre.
    Ce qu'évoque d'ailleurs la couverture avec une photo qu'on jurerait tirée des cartons de Leni Riefenstahl, l'équivoque photographe du Reich aux sujets troubles, du genre un esprit sain dans un corps sain ...
    Le premier épisode, L'été de cristal, se déroule en 1936 pendant les JO de Berlin (filmés par Leni Riefenstahl justement), en pleine ascension du parti National-Socialiste.
    Le titre en VO (March violets) évoque «les violettes de mars 1933» lorsque fleurirent toutes les adhésions spontanées à ce parti NAZI, et lorsqu'on traficotait pour obtenir un «petit» numéro d'adhérent prouvant ainsi sa longue fidélité à la doctrine en vogue.
    Le privé c'est Bernie Gunther (ancien flic, ancien détective de l'hôtel Adlon, aah l'hôtel Adlon de Berlin ...) qui fanfaronne avec un humour grinçant et caracole avec une belle inconscience entre les pattes des monstres des SS ou de la Gestapo.
    On croisera même Goering au détour d'une soirée mondaine ou encore Himmler à un enterrement.
    Bernie essaie de surnager dans ces eaux nauséabondes égratignant au passage tous les profiteurs du nouveau régime.
    Sur les traces de Bernie on parcourt Berlin en tous sens, de la Friedrichstrasse au Kürfürstendamm et du quartier de Schöneberg au Kreuzberg, oubliant un instant dans quelle horreur s'enfonce la belle capitale.
    C'est tout l'intérêt de ce bouquin que de nous plonger dans la vie quotidienne berlinoise juste avant-guerre et de nous montrer les plus petits rouages de la mécanique nazie en marche.
    Instructif et édifiant.
    Le second épisode, La pâle figure, nous amène en 1938 alors que l'Allemagne envahit les Sudètes.
    Cette aventure est plus classique : le privé a réintégré la police officielle, pour un temps, et part sur les traces d'un serial killer ... et sur celles de la propagande qui prépare la nuit de cristal ...
    Le dernier épisode, Un requiem allemand, nous propulse en 1947 à la fin de la guerre, où l'on retrouve Bernie, marié (si, si !) dans Berlin en ruines.
    Un Berlin dévasté où les femmes rescapées tentent de survivre et où la peur de la soldatesque russe est de règle.
    On suit donc Bernie jusqu'à Vienne (Autriche) en pleine dénazification, lorsque les Américains tentent de récupérer les «meilleurs éléments» allemands pour constituer, face aux soviétiques, les forces d'espionnage qui feront bientôt les beaux jours de la guerre froide.
    Mais Bernie garde son sens de l'humour et sa condescendance berlinoise qui n'est pas sans rappeler notre propre arrogance parisienne !
    Une excellente idée que de ré-éditer ces trois épisodes qui nous auront permis de parfaire notre compréhension de cette Allemagne, avant, pendant et après. La visite est terminée, n'oubliez pas le guide ! Il s'appelle Philip Kerr (ou Bernie, c'est selon).

    Lien : http://bmr-mam.over-blog.com/article-26710249.html
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    • Livres 4.00/5
    Par Folfaerie, le 09 août 2010

    Folfaerie
    La trilogie berlinoise se compose de L'été de cristal, La Pâle figure et Un requiem allemand. Je vais tout de suite mentionner une petite chose qui me parait gênante dans la traduction des titres : le premier volume aurait dû s'intituler Les violettes de Mars (en raison de ce mouvement citoyen, je devrais dire cette ruée pour s'inscrire au Parti et obtenir des cartes avec une date d'ancienneté la plus lointaine possible...), et le second L'été de cristal, en référence à ces fameuses nuits où le bon peuple allemand cassait les vitrines des commerçants juifs... Je ne sais par quelle bizarrerie le traducteur n'a pas suivi cet ordre, mais c'est dommage...
    Dans L'été de cristal, le lecteur fait connaissance avec le détective privé Bernie Gunther. Il possède toutes les caractéristiques que sa profession exige, au moins sur le plan littéraire : désabusé, cynique, courageux et chanceux, coureur de jupons, aimant travailler en solitaire, amateur d'alcool et doté d'un sens de l'humour particulier, n'hésitant pas à sortir une blague ou un bon mot (quoique, certaines des expressions employées par ce brave Gunther m'ont parfois laissée perplexes, je n'en ai pas toujours saisi le sens…) dans les situations les plus dangereuses.
    Jusqu'ici rien que de très banal pour un polar. Mais voilà, Kerr a eu la bonne idée de situer le roman en 1936 à Berlin. Un fonds historique des plus intéressants.
    Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il ne faisait pas bon vivre à Berlin en 36, et remarquez, après non plus.
    A cette date, on assiste à la montée en puissance du parti national-socialiste, les lois de Nuremberg ayant été adoptées en 35. Et Berlin se prépare à accueillir les J.O....
    Autant dire que le climat est quelque peu trouble dans cette ville. D'ailleurs, Bernie s'est fait une spécialité : la recherche de personnes disparues, activité que l'on devine aisément prospère...
    Bernie doit donc enquêter sur la mort de la fille d'un riche industriel, Hermann Six. Et accessoirement retrouver des bijoux et des dossiers compromettants.
    Par chance, Gunther est un bon détective qui a deux atouts : c'est un vétéran de la guerre contre les Turcs et un ancien policier (de la Kripo). Les rebondissements seront nombreux et les chausses-trappes fréquents. le privé aura même droit à un petit séjour à Dachau, lieu de sinistre mémoire…
    Deux ans plus tard, dans La Pâle figure, Gunther a réintégré provisoirement la Kripo pour tenter d'arrêter un serial killer qui s'en prend à de jeunes et blondes Allemandes. Il fait équipe avec deux ou trois policiers dont le violent Becker que nous retrouverons en mauvaise posture dans le troisième volet. Gunther est bien évidemment manipulé, devant se garder des faux-amis et des traîtres. Un vrai panier de crabes…
    Le requiem allemand. 1947 : Bernie Gunther vit chichement et marié (!) à Berlin où tout n'est que ruines. Il a traversé la guerre sans trop de dommages et le voilà qui reprend du service pour un gradé Russe, lequel désire sauver une vieille connaissance du détective, Becker, emprisonné à Vienne pour le meurtre d'un Américain. Vienne comme Berlin ploient sous le joug des Alliés : Anglais, Américains, Russes et Français contrôlent, surveillent, manigancent, complotent, bref, c'est l'anarchie la plus totale. le requiem allemand m'a paru être un clin d'œil au Troisième homme de Graham Greene.
    Je n'en dirai pas plus sur les multiples intrigues, car il n'y a rien de pire, en chroniquant un polar, de dévoiler trop de faits ou de mentionner des personnages clés. Pour ma part, ce ne sont pas les enquêtes qui font le sel de ces romans mais bien le contexte historique. Philip Kerr a une connaissance étonnante du Berlin d'avant-guerre, suivant son personnage principal dans les rues de la ville, dans les principaux lieux où les nazis opéraient, dans les bars sordides… La faune rencontrée n'est pas très différente de celle qui peuple les pages des romans d'Ellroy : prostituées, riches industriels, actrices, indics, policiers véreux… mais à ceux-là s'ajoutent des personnages moins courants : espions, membres du parti nazi et certaines figures tristement inoubliables comme Himmler, Goebbels ou Müller. Dans l'ensemble la plupart des personnages possèdent tous un fonds de cruauté remarquable…
    Je n'ai pas particulièrement goûté les incontournables scènes de sexe ou les dialogues fort crus entre les différents protagonistes mais enfin, ce ne sont pas ces petits détails qui m'ont empêchée d'aimer ces livres. Plus dérangeantes en revanche furent les scènes de torture. En dépit de cela, j'ai été scotchée par les descriptions du quotidien des Berlinois à cette époque. Ce qui est glaçant, c'est que Kerr a bien su rendre les comportement aussi bien du peuple que des nantis : ce mélange d'indifférence, de faiblesse, d'orgueil qui a conduit à la montée en puissance du nazisme. Evidemment certains allemands n'appréciaient pas la tournure des événements, la façon dont les juifs étaient traités mais il n'y eut point de mouvement populaire pour s'opposer à cette escalade. du reste, le troisième roman qui se passe en 1947 est peut-être encore plus effrayant. Non seulement certains hauts dignitaires nazis continuent à passer à travers les mailles du filet avec la complicité des Alliés, fait déjà écoeurant en soi, mais les Berlinois, comme les Viennois d'ailleurs, ne semblent pas avoir la pleine mesure des atrocités commises par leurs nations respectives (à ce propos, l'Autriche en prend pour son grade…). Les Russes se comportèrent de manière tout aussi moche, et finalement, le sort des Berlinois fut moins enviable encore après 1945 que durant le nazisme.
    Je suis donc ravie (même si cette trilogie remets en mémoire des événements qui laissent un goût amer) d'avoir découvert la série de Kerr et je crois que je me laisserai tenter par un quatrième volume, d'autant qu'il se passe en Amérique du sud, lieu de prédilection des nazis qui échappèrent à la justice européenne.


    Lien : http://lectures-au-coin-du-feu.over-blog.com/article-la-trilogie-ber..
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    • Livres 4.00/5
    Par valeriane, le 08 février 2012

    valeriane
    Une brique de plus de 1000 pages qui réunit trois récits, L'été de cristal, La pâle figure et Un requiem allemand. Un roman noir qui nous plonge dans l'Allemagne nazie du IIIème Reich. Trois périodes, 1936, 1938 et 1947, traversées par Bernie, ancien de la police berlinoise, reconverti en détective privé. Trois intrigues qui ont comme toile de fond une période sombre de l'histoire et ses obscurs protagonistes.Au début, l'épaisseur du livre fait peur. Une fois poussé la porte des premiers chapitres, j'ai adopté Bernie. A l'image des détectives US des années 50, Bernie est un solitaire. Grinçant et insolant, sa perspicacité et son flair nous entraine dans des intrigues palpitantes et complexes. Rebondissements, faits historiques, le roman a tout pour passionner. le premier volet est écrit a un rythme soutenu. Un rythme qui sera ralenti dans la troisième partie. Une perte de vitesse, pour moi, due aux descriptions plus longues des services américains, russes et allemands et à la multitude de protagonistes. Mais aussi un ralentissement qui témoigne de l'état d'esprit du héros. Forcé de réintégrer la police nazie dans le second tome, Bernie sort d'un camp de travail quand on le retrouve au début du troisième tome. Une page de l'histoire s'est écrite durant les 11 années qui sépare les 3 parties. On passe d'une Allemagne glorieuse, emplie d'ambition-peu reluisante- à une Allemagne déchue, dont l'avenir est bien sombre. Néanmoins, les retournements de situation sont toujours bien présents et entrainants.Dès le début de chaque partie, je n'avais qu'une seule envie, savoir ce qui allait se passer. Difficile dès lors de lâcher le pavé! Les pages se dévorent littéralement. Même si je me souviens avoir vu cette couverture lors de sa sortie en grand format (pendant mon stage en librairie), c'est via la participation au prix des lecteurs du Livre de poche que j'ai découvert ce livre. Editée pour la première fois entre 1989 et 1991, cette trilogie serait prolongée par une nouvelle aventure de Bernie Gunther! Une info alléchante! Un auteur que j'ai adoré découvrir.Ma note : 4,5 étoiles
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Citations et extraits

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  • Par BMR, le 16 janvier 2009

    [...] Dans beaucoup de quartiers, un plan des rues n'était guère plus utile qu'une éponge de laveur de carreaux. Les artères principales zigzaguaient comme des rivières au mileu de monceaux de décombres. Des sentiers escaladaient d'instables et traîtresses montagnes de gravats d'où, l'été, s'élevait une puanteur indiquant sans erreur possible qu'il n'y avait pas que du mobilier et des briques ensevelis dessous.
    Les boussoles étaient introuvables, il fallait beaucoup de patience pour s'orienter dans ces fantômes de rues le long desquelles ne subsistaient, comme un décor abandonné, que des façades de boutiques et d'hôtels : il fallait également une bonne mémoire pour se souvenir des immeubles dont ne restaient que des caves humides où des gens s'abritaient encore.
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  • Par BMR, le 16 janvier 2009

    [...] Ce soir-là, on eût dit que tout Berlin s'était donné rendez-vous à Neukölln, où Goebbels devait parler. Comme à son habitude il jouerait de sa voix en chef d'orchestre accompli, faisant alterner la douceur persuasive du violon et le son alerte et moqueur de la trompette. Des mesures avaient par ailleurs été prises pour que les malchanceux ne pouvant aller voir de leurs propres yeux le Flambeau du Peuple puissent au moins entendre son discours. En plus des postes de radio qu'une loi récente obligeait à installer dans les restaurants et les cafés, on avait fixé des haut-parleurs sur les réverbères et les façades de la plupart des rues. Enfin, la brigade de surveillance radiophonique avait pour tâche de frapper aux portes des appartements afin de vérifier se chacun observait son devoir civique en écoutant cette importante émission du Parti.
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  • Par caro64, le 04 août 2010

    Derrière l’immeuble où était situé mon bureau, se trouvait l’Alex, le quartier général de la police… qui considère aujourd’hui comme criminel le fait de parler irrespectueusement du Führer, coller sur la vitrine de votre boucher une affiche le traitant de «vendu», omettre de pratiquer le salut hitlérien ou se livrer à l’homosexualité. Voilà ce qu’était devenu Berlin sous le gouvernement national-socialiste: une vaste demeure hantée pleine de recoins sombres, d’escaliers obscurs, de caves sinistres… où s’agitaient des fantômes déchaînés qui jetaient les livres contre les murs, cognaient aux portes, brisaient des vitres et hululaient dans la nuit, terrorisant les occupants au point qu’ils avaient parfois envie de tout vendre et de partir.
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  • Par caro64, le 04 août 2010

    Il me paraissait que les allemands étaient à présent capables de supporter n'importe quoi de la part du premier venu, pourvu qu'il soit en uniforme ou porte un insigne officiel. Moi qui me considère pourtant comme un Allemand représentatif, je ne comprenais pas mes compatriotes, étant par nature réfractaire à toute forme d'autorité, même si cela peut paraître curieux de la part d'un ancien policier.
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  • Par BMR, le 16 janvier 2009

    [...] Pourtant, certains disaient que les Popovs prenaient seulement de force ce que les femmes allemandes ne demandaient pas mieux que de vendre aux Anglais et aux Américains.
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La chronique de Gérard Collard - Hôtel Adlon
Pour bien commencer le week-end, notre chroniqueur libraire Gérard Collard vous propose aujourd'hui le dernier livre de Philip Kerr : "Hôtel Adlon" (éditions du masque) qui n'est autre que la suite de La trilogie berlinoise... Regardez l'avis de Gérard Collard... La présentation du livre "La trilogie Berlinoire" par l'éditeur : Publiés pour la première fois entre 1989 et 1991, L'Eté de cristal, La pâle figure et Un requiem allemand ont pour toile de fond le IIIe Reich à son apogée et, après la défaite, l'Allemagne en ruine de 1947. Bernie Gunther, ex-commissaire de la police berlinoise, est devenu détective privé. Désabusé et courageux, perspicace et insolent, Bernie est à l'Allemagne nazie ce que Philip Marlowe est à la Californie de la fin des années 1930 : un homme solitaire, témoin de son époque. Des rues de Berlin "nettoyées" pour offrir une image idyllique aux visiteurs des Jeux olympiques à celles de Vienne la corrompue, Bernie enquête au milieu d'actrices et de prostituées, de psychiatres et de banquiers, de producteurs de cinéma et de publicitaires. La différence avec un film noir d'Hollywood, c'est que les principaux protagonistes s'appellent Heydrich, Himmler et Goering.... La présentation du livre "Hôtel Adlon" par l'éditeur : Dans ce sixième épisode, retour aux sources. Berlin, 1934 : le monde est aveugle. Mais Bernie Gunther, lui, ne l'est pas. Après avoir quitté la police de plus en plus nazifiée, il est chargé de la sécurité des résidents du célèbre hôtel ...








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