> Natalia Zaremba-Huzsvai (Traducteur)
> Charles Zaremba (Traducteur)

ISBN : 2742756833
Éditeur : Actes Sud (2005)


Note moyenne : 3.82/5 (sur 11 notes) Ajouter à mes livres
Nous sommes à Budapest, en 1999. L'écrivain B., qui s'était suicidé peu après les bouleversements de 1989, ne cesse de hanter l'esprit de ses amis. Surtout celui de Keseru, éditeur qui cherche désespérément à publier les œuvres posthumes de l'auteur admiré sans jamais y... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 5.00/5
    Par chartel, le 05 avril 2009

    chartel
    L'œuvre d'Imre Kertész est particulièrement enthousiasmante, d'une part parce que l'auteur possède un formidable talent littéraire, d'autre part parce que sa vie fut constamment troublée par les événements qui marquèrent la seconde moitié du vingtième siècle. Dans "Liquidation" Imre Kertész inscrit son récit dans la période post-communiste des années 1990. Une décennie mélangeant l'espoir, l'attente et surtout la désillusion. Omniprésente, elle devient une sorte d'obsession chez les différents personnages : l'écrivain B ou Bé, qui s'est suicidé après la chute du rideau de fer, plongeant ses proches dans la perplexité et l'incompréhension, l'éditeur Keserü qui, dix ans plus tard, cherche à retrouver le dernier manuscrit du roman de Bé, ou encore Judit, femme de Bé puis maîtresse de Keserü, portant le fardeau de la judéité depuis Auschwitz.
    On retrouve dans ce court roman les grands thèmes de l'œuvre de Kertész : ses rapports problématiques avec l'identité juive depuis son expérience terrible des camps de la mort, la confrontation entre la volonté d'une affirmation individuelle et le carcan politique et social des régimes totalitaires, et, enfin, l'enjeu de la fiction littéraire face au réel. Ce dernier point est, à mon avis, la question centrale de ce roman. Imre Kertész réussit magistralement à instaurer le doute chez son lecteur quand la fiction devient réalité, puis que cette réalité s'avère fiction. Si bien que l'on ne sait plus si c'est une réalité fictive ou une fiction réalisée. On touche ici à l'essence même de la littérature. Merci monsieur Kertész !
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    • Livres 3.00/5
    Par Bunee, le 30 mai 2008

    Bunee
    1999. La Hongrie change de régime et accède aux principes de l'économie de marché. L'ancien système, ses valeurs et ses repères, ainsi qu'une maison d'édition fragile sont liquidés.
    Oubliées et pourtant réminiscentes dans l'imaginaire collectif, les terreurs des temps passés hantent les mémoires des anciens intellectuels -- opposants héroïques désormais dénués de sens et de rôle.
    Bé se paie un dernier voyage de morphine. Cet ancien écrivain, au passé tortueux et sombre, laisse alors ses amis seuls. Né à Auschwitz, il n'aurait pas dû exister - à tel point que pour lui
    Vivre était une honte
    Parmi eux, Keserü, éditeur à la dérive tuant le temps à regarder des clochards par la fenêtre.
    Persuadé qu'il y a derrière cet acte un message, un écrit-testament. Chimère ou réalité, peu importe, il s'accroche à cette idée sans laquelle plus rien "n'aurait de sens", surtout pas cette "prétendue réalité".
    (...)
    http://lelabo.blogspot.com/2006/11/imre-kertsz-roman-traduit-du-hongrois.html
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  • Par Aela, le 14 mars 2011

    Aela
    Budapest 1999. Un éditeur, Keseru, ( son nom veut dire "amer" en hongrois) enquête sur la mort d'un écrivain connu qui s'est suicidé peu après la chute du régime communiste en 1989. Il cherche à publier les oeuvres posthumes de l'auteur, sans parvenir à mettre la main dessus, tant le changement brutal de régime économique a fait basculer les repères.
    En dernier lieu, Keseru essaie de retrouver le roman que B, l'écrivain décédé, a dû écrire sur ses origines et son mal-être. B. est en effet né à Auschwitz en 1944, sans jamais avoir pu connaître sa mère...
    Un très beau récit, qui nous montre l'histoire récente de la Hongrie et le traumatisme durable laissé par les atrocités de la seconde guerre.
    Un livre inspiré par l'expérience tragique de l'auteur qui a connu la déportation en 1944, à l'âge de 15 ans.
    Imre Kertész, écrivain de l'ombre, a reçu le prix Nobel de littérature en 2002.
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Citations et extraits

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  • Par chartel, le 05 avril 2009

    Je crois en l’écriture. En rien d’autre, seulement en l’écriture. L’homme vit comme un ver mais écrit comme un dieu. Autrefois, on connaissait ce mystère oublié de nos jours : le monde se compose de tessons qui s’éparpillent, c’est un obscur chaos incohérent que seule l’écriture peut maintenir. Si tu as une idée du monde, si tu n’as pas oublié tout ce qui s’est passé, alors sache que c’est l’écriture qui a créé pour toi le simple fait que tu as un monde et qu’elle continue à le faire, elle est la toile d’araignée invisible qui relie nos vies, le logos.
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  • Par chartel, le 05 avril 2009

    Je crains d’être incapable de venir à bout de la suite – hypothétique, présente ou passée. Il me manque quelque chose, le témoignage d’un regard éternellement immobile, pour ainsi dire. En effet, j’ai remarqué que chez les véritables écrivains […] ce regard enregistre de manière impartiale et incorruptible tous les événements, même les plus éprouvants du point de vue physique ou moral, tandis que leur autre personnalité, la quotidienne pour ainsi dire, fusionne totalement avec ces événements exactement comme n’importe qui d’autre. J’ose affirmer que le talent d’un écrivain n’est autre – du moins en partie – que ce regard immobile, cette distance qu’on peut ensuite faire parler. C’est un demi-pas, une distance d’un demi-pas.
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  • Par chartel, le 05 avril 2009

    Je me demande pardon à moi-même d’être obligé d’écrire des inepties pareilles ; je découvre les difficultés que peuvent rencontrer mes clients, ceux qu’on appelle les écrivains (ou qui le sont parfois vraiment), pour dompter le matériau brut, la réalité objective, tout ce monde de significations, pour arriver à l’essentiel qui se cache derrière – si tant est qu’il existe. En général on part du principe qu’il existe, car on ne saurait accepter l’idée que notre vie en soit dépourvue ; mais je crains que ce ne soit bel et bien la réalité, l’état de l’être.
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  • Par chartel, le 05 avril 2009

    Ici tout le monde a raté sa vie. C’est la spécificité, le génie du lieu. Par ici, si on n’a pas raté sa vie, c’est qu’on est tout simplement dépourvu de talent.
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  • Par Aela, le 14 mars 2011

    La lecture est comme une drogue qui confère un agréable flou aux cruels contours de la vie.
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Video de Imre Kertész

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Vidéo de Imre Kertész

«Erzähl'mir, Raconte moi » par la compagnie Tempus Fugit. Spectacle inspiré par "Etre sans destin" d'Imre Kertesz, conçu et mis en scène par Carolina Pecheny-Durozier, avec François Accard, Stéphanie Klimkait, Christine Kotschi, Karine Massen et Matthias Meyer. (Théâtre du Soleil, nov 07)











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