ISBN : 2260019609
Éditeur : Julliard (2011)


Note moyenne : 3.47/5 (sur 55 notes) Ajouter à mes livres
Médecin à Francfort, Kurt Krausmann mène une existence ordinaire, limitée à ses allers-retours entre son cabinet de consultation et son appartement bourgeois. Jusqu au drame familial qui va le précipiter dans le désespoir.
Afin de l aider à surmonter son chagrin... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Pasdel, le 26 mai 2012

    Pasdel
    D'aucuns rattacheront ce livre à la trilogie Occident-Orient, mais pour moi, même s'il tend à s'en rapprocher par le fond, il n'en fait pas partie.
    Avec L’équation africaine, Yasmina Khadra va nous faire découvrir l'Afrique, mais surtout les Africains, par l'entremise d'un jeune médecin allemand.
    Tout comme Les Sirènes de Bagdad, L’équation africaine est un texte introspectif. Mais la comparaison s'arrêtera là, car ce livre nous laisse un sentiment d'inachevé, de banalité... Khadra a tenté de se mettre à la place de l'européen pour décrire les relations entre ces deux continents, si parfois sa vision peut passer, le plus souvent elle reste archaïque et caricaturale. Certes certains continuent à voir le blanc supérieur ainsi que toute la panoplie qui va avec, mais cette perception a évolué notamment grâce aux ouvrages de nombreux auteurs africains.
    Pour une fois chez Khadra, les personnages manquent de profondeur, de crédibilité, ils paraissent être arrêtés au stade d'ébauche et ne font que renforcer le sentiment d'inachevé qui prévaut tout au long de la lecture.
    L'affrontement semblait prometteur entre ces deux êtres cultivés, mais il n'a pas tenu ses promesses. La descente aux enfers de Kurt semblait inéluctable, véritable exutoire à ses pensées de dérélictions, mais soudain, alors que cette géhenne s'offre à lui, un ultime sentiment de survie, une nouvelle rébellion l'envahissent. Revirement venu de nulle part.
    Une lecture toujours plaisante, mais pour moi ce n'est pas un grand Khadra. Il était plus à son avantage dans ses précédents ouvrages.
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    Critique de qualité ? (31 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par litolff, le 08 octobre 2011

    litolff
    Un roman anti-dépressif ! L'occident devrait cesser de se regarder le nombril et commencer à regarder l'âme de l'Afrique, voici le constat que dresse Yasmina Khadra dans ce roman qui aborde la question de la mort en Afrique et en Occident à travers une histoire de piraterie.
    Le protagoniste principal du roman, Kurt, se retrouve veuf dès le début du roman car sa femme, désespérée de n'avoir pu obtenir la promotion espérée dans son entreprise, met fin à ses jours…
    Et nous occidentaux de dire, ben oui, la pauvre, à quoi bon vivre si malgré une vie confortable, l'amour d'un homme, des amis, un bel appartement, à quoi bon vivre si son travail n'est pas reconnu par sa hiérarchie, si elle a été victime des manœuvres d'un collègue arriviste…
    Ben non, intervient Yasmina Khadra qui au travers de son roman assène qu'on peut toujours remonter la pente et aimer, et démontre par là le gouffre qui existe entre les conceptions occidentale et africaine de la vie et de la mort.
    Kurt part donc en bateau pour des vacances en Afrique à l'invitation d'un ami fortuné qui espère lui changer les idées : ça ne va pas se passer comme prévu… mais oui, ça lui changer les idées et à son insu, Kurt va changer et porter un regard différent sur la vie et l'humanité. Car ils seront victimes de pirates au large des cotes somaliennes et seront transbahutés comme gibier à rançon, battus, humiliés et acculés au désespoir, en compagnie d'un autre otage français qui s'efforce d'ouvrir le cœur de Kurt à l'Afrique. Voilà pour le fond.
    Et si j'ai aimé le fond, je n'en dirais pas autant de la forme qui m'a gênée à plusieurs reprises. le récit fait alterner les dialogues entre pirates et otages et des envolées lyriques truffées de métaphores légèrement ridicules dans lesquelles les yeux rouges «courent comme deux fourmis carnivores» , la nuit est « sénescente », les lèvres sont « incarnadines » et les êtres "immarcescibles" ou encore le Darfour est « une Atlantide gore qu'écument d'insaisissables ogres abyssaux, où les ténèbres sont aussi rouges que les autels sacrificiels » et "dans la rudesse de (son) hiver intérieur, la forêt de (ses) soucis se ramassait en un vaste bûcher et attendait stoïquement qu'un soleil miséricordieux descende de son nuage pour y mettre le feu"… Ouf... J'ai lu 3 ou 4 romans de Yasmina Khadra et j'avais le souvenir d'un style simple et percutant… il faudra que je relise pour voir. Et puis forcément, ces envolées lyriques font durer le plaisir et on finit avec 330 pages là où 200 auraient probablement largement suffi !
    D'autre part, j'aimerais que quelqu'un m'explique comment deux allemands (dont on ne dit pas qu'ils parlent français), des pirates africains dont on ne connait pas la langue et dont on doute qu'ils aient appris l'anglais sur les bancs de l'école et un français, arrivent à communiquer, se répondre du tac au tac avec une ironie recherchée et échanger des considérations humaines et politiques… sans jamais avoir de problème de compréhension… trop forts !
    Ces réserves mises à part, j'ai bien aimé ce livre que j'ai tout de même dévoré d'une traite !
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par tigrou4145, le 18 décembre 2011

    tigrou4145
    Je ne connaissais pas cet auteur et c'est une belle découverte.
    C'est un roman très touchant qui se lit très facilement et qui plonge le lecteur au coeur de l'horreur.
    Kurt est un personnage très attachant. Fou de douleur après le suicide de sa femme, il se retrouve pris en otage avec son meilleur ami, puis seul, avec son compagnon d'infortune, un autre otage français mais africain de coeur.
    C'est une fiction mais extrêmement réaliste ; pour avoir lu Même le silence a une fin, j'ai trouvé énormément de points communs entre les deux récits, notamment sur le côté humain de certains geôliers.
    Seule la fin est un peu tirée par les cheveux et trop moralisatrice ; en effet, Kurt se pose la question de savoir comment sa femme a pu choisir de se suicider pour avoir raté un poste quand il y a tant de misère dans le monde. C'est comme dire aux enfants de finir leur assiette parce qu'il y a des enfants en Afrique qui meurent de faim. Mais personne ne réfléchit ni n'agit dans sa vie par comparaison avec ce que les habitants des pays pauvres n'ont pas.
    Malgré ce petit bémol, ce roman reste agréable à lire.
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 1.00/5
    Par sandrine57, le 21 janvier 2012

    sandrine57
    Désemparé par le suicide incompréhensible de sa femme, Kurt Krausmann, un médecin allemand, accepte d'accompagner un ami pour une mission humanitaire aux Comores. Mais au large de la Somalie, leur bateau est pris d'assaut par des pirates. le cuisinier philippin, sans intérêt, est jeté par dessus bord. Kurt et son ami Hans sont transférés à terre et deviennent les otages d'une bande de mercenaires sans états d'âme.
    De Yasmina KHADRA je ne connaissais que le nom mais j'en avais entendu beaucoup de bien. J'imagine que tous ces avis positifs ne sont pas fondés sue L’équation africaine qui est tout simplement une daube! Au fil des pages, j'ai subi l'écriture plate et sans saveur de l'auteur, ses poncifs, sa morale, sa philosophie de comptoir, ses erreurs, ses jugements, ses dialogues à rallonge.
    Des pirates somaliens qui parlent comme des professeurs de lettres, des erreurs grotesques (les "cordes" du bateau, les "palettes" de l'hélicoptère), un entêtement gênant à parler de "Frankfurt" plutôt que de "Francfort", des lieux communs sur l'Afrique et les africains et pour finir une histoire d'amour inutile...voilà ce que je retiens de ce roman qui fut une réelle déception.
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 22 décembre 2011

    carre
    La vie du docteur Krausmann est sans nuages jusqu'au jour ou sa belle épouse Jessica met fin à ces jours. L'univers du médecin de Francfort bascule alors dans l'horreur. Il accepte de partir avec son meilleur ami pour une croisière pour se reconstruire. Hélas les deux hommes sont attaqués, pris en otage par une bande de bandits armés. Ils vont rencontrés alors un français Bruno qui va partager leur détention. Entre peurs, brimades, tortures physiques et morales et humilliations le quotidien des otages est une véritable plongée au coeur du mal humain. Mais la captivité de Kurt va lui montrer aussi l'incroyable instinct de survie de ces habitants.
    Si Khadra peine à nous passionner dans la première partie du roman en revanche le récit monte en puissance et Khadra dresse un portrait saisissant de cette afrique sauvage mais digne. Un continent qui s'évertue à rester debout malgré des décennies de tyrannies génocidaires, d' élites corrompues et assoiffées de pouvoir et d'argent et qui laisse mourir leur peuple sous le regard indifférent de l'Occident. le livre de Khadra met aussi en lumière le remarquable travail des OMG même si cela peu paraitre un goutte d'eau dans cette ce désert de mort et de misère. Après sa remarquable trilogie sur le monde arabe, Khadra signe de nouveau une excellente fiction. Mais est'on vraiment dans la fiction ?
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)

Critiques presse (3)


  • Actualitte , le 22 février 2012
    Malgré un sujet âpre, la plume est toujours aussi souple, agréable et fluide.
    Lire la critique sur le site : Actualitte
  • Bibliobs , le 19 septembre 2011
    Il y a toujours deux romans dans un roman de Khadra, ex-officier versé dans le pilonnage grammatical : l'histoire et la manière dont elle est racontée. La première est banale, la seconde est épouvantable.
    Lire la critique sur le site : Bibliobs
  • Lexpress , le 15 septembre 2011
    Avec son immense talent de conteur, Yasmina Khadra nous jette dans une Afrique orientale déboussolée.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par csapin, le 27 juin 2011

    - Je n'ai pas choisi la violence. C'est la violence qui m'a recruté. De mon plein gré ou à mon insu, peu importe. Chacun fait avec ce qu'il a. Je n'en veux à personne en particulier et, par conséquent, je ne vois pas comment ne pas loger tout le monde à la même enseigne. Pour moi, Blanc ou Noir, innocent ou coupable, victime ou bourreau, c'est du pareil au même. Je suis trop daltonien pour distinguer le bon grain de l'ivraie. Et puis, c'est quoi le bon grain, et c'est quoi l'ivraie ? Ce qui est bon pour les uns est mauvais pour les autres. Tout dépend de quel côté on se trouve. Nul besoin d'éprouver du regret ou du remords. Qu'est-ce que ça change lorsque le mal est fait ? Petit, j'avais peut-être un coeur, aujourd'hui il est calcifié. Quand je porte ma main à ma poitrine, je ne perçois que la colère en train de sourdre en moi. Je ne sais pas m'émouvoir puisque personne n'a eut pitié de moi. Je ne suis que le support de mon fusil, et j'ignore qui, de moi ou de mon fusil, commande l'autre.
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  • Par csapin, le 27 juin 2011

    Je pense à ma vie d'autrefois, si captivante et facile qu'elle ressemble à une farce ; une vie aseptisée, chronométrée, réglée comme du papier à musique, qui commençait et se terminait tous les jours de la même façon : un baiser au réveil, un autre au retour du travail, un autre avant d'éteindre dans la chambre à coucher, avec des je t'aime au bout de chaque appel téléphoniques et à la fin de chaque SMS - bref, le bonheur ordinaire que l'on croit définitivement acquis, aussi incontestable que le fait accompli... Ah ! ce bonheur-là, la pierre philosophale, le rêve domestiqué, le paradis terrestre dont on est à la fois le dieu délétère et le démon privilégié... ce sacré bonheur qui repose sur pas grand-chose et qui, pourtant, supplante toutes les ambitions et tous les fantasmes... ce bonheur qui, en fin de compte, n'a que son illusion pour abri et que sa candeur pour alibi... Avais-je douté de sa vulnérabilité ? Pas un instant... Puis, un soir, un soir ordinaire, un soir qui ne fait que se substituer aux milliers de soirs qui l'ont précédé, tout bascule. Ce que l'on a bâti, ce que l'on comptait conquérir, pfuit ! s'évanouit d'un claquement de doigts. On s'aperçoit que l'on marchait sur un fil, en somnambule.
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  • Par csapin, le 27 juin 2011

    - Aucune race n'est supérieure à une autre. Depuis la préhistoire, c'est toujours le rapport de force qui décide de qui est la maître et de qui est le sujet. Aujourd'hui, la force est de mon côté. Et même si je ne suis à tes yeux qu'un taré de nègre, c'est moi qui mène la danse. Aucun savoir, aucun rang social, aucune couleur de peau ne pèse devant une vulgaire pétoire. Tu te croyais sorti de la cuisse de Jupiter ? Je vais te prouver que tu n'es qu'un avorton comme nous tous, sorti d'un trou du cul. Tes titres universitaires comme ton arrogance de Blanc n'ont pas cours là où une simple balle suffit à confisquer l'ensemble des privilèges. Tu es né en Occident ? T'as de la chance. Maintenant, tu vas renaître en Afrique et tu vas comprendre ce que ça signifie.
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    Citation de qualité ? (9 votes positifs)
  • Par litolff, le 08 octobre 2011

    Vis chaque matin comme s'il était le premier
    Et laisse au passé ses remords et méfaits
    Vis chaque soir comme s'il était le dernier
    Car nul ne sait de quoi demain sera fait.
    Citation de qualité ? (20 votes positifs)
  • Par csapin, le 27 juin 2011

    - Qu'est-ce qui t'autorise à nous traiter de sauvages ? Nous aurais-tu décrochés d'une liane ou d'un baobab ? J'aimerais bien savoir ce qui fait de nous des sauvages ? La guerre ? Les vôtres sont pires que les cataclysmes. La misère ? C'est à vous que nous la devons. L'ignorance ? Qui te fais croire que tu es plus cultivé que moi ? Je suis certain d'avoir lu plus de bouquins que toute ta famille réunie, et toi en tête. Je connais à la virgule près Lermontov, Blake, Hölderlin, Byron, Rabelais, Shakespeare, Lamarck, Neruda, Goethe, Pouchkine, s'enflamme-t-il en les énumérant sur ses doigts tandis que son ton gagne en crescendo... Alors, docteur Kurt Krausmann, qu'est-ce qui fait de moi un sauvage et de toi un civilisé ?
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