ISBN : 2070357554
Éditeur : Gallimard (2008)


Note moyenne : 4/5 (sur 5 notes) Ajouter à mes livres
Dans un pays saigné à blanc par la guerre civile, lorsque l'Algérie se décomposait sous les coups de ses propres enfants, Yasmina Khadra a voulu témoigner à chaud de cette tragédie. Il l'a fait par le roman, au risque de son existence, en donnant chair et vie au person... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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  • Par kedrik, le 07 septembre 2011

    kedrik
    Je suis loin, mais le vent mutin m'apporte parfois des odeurs chargés de souvenirs, des échos du vieux pays. Des fois, ce sont des mots qui sentent mauvais :
    Vous faites partie de ces harkis qui ont vocation à être cocus jusqu'à la fin des temps (...). Vous êtes des sous-hommes, vous êtes sans honneur.
    Ah, le socialisme du Languedoc-Roussillon...
    L'Algérie, c'est un grand oncle/beau-père qui a fait son service militaire là-bas et qui n'en parle jamais. C'est une génération pour qui le mot "bicot" n'est pas péjoratif. Ils ont "fait l'Algérie" comme d'autres "font un cancer". Autant de bombes à retardement dans les réunions de famille prêtes à exploser dès que l'on évoque cette zone interdite de la mémoire nationale.
    Alors quand un auteur algérien évoque dans ses polars cette période que tout le monde veut oublier, ça fait mal. Et encore, à la colonisation et la révolution, il faut ajouter la tentation de l'Islam radical, la cruauté militaire et la lente agonie d'une guerre civile. Alors, quand en plus l'auteur met en scène des enquêtes criminelles dans cette Algérie, ça fesse. C'est pas vraiment du Éric-Emmanuel Schmitt. FLN, GIA, Raïs, harkis, fellagas... Les ingrédients sont difficiles à avaler et font également mal quand ils ressortent de l'autre côté. Les filles suédoises tatouées qui se vengent de leur violeur, à côté c'est "Oui-Oui à la campagne".
    D'autant que l'auteur sait de quoi il parle. Car derrière le pseudonyme de Yasmina Khadra se cachait autrefois Mohammed Moulessehoul, un officier algérien ayant connu l'école militaire dès l'âge de 9 ans. Alors son commissaire Brahim Llob, ce n'est pas une création artistique née sur la terrasse du café de Flore. Il pue le réalisme. Il suinte de contradictions.
    Il ne correspond pas du tout au prototype. Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes
    Ah, l'humour auvergnat...
    N'attendez pas du commissaire Llob une visite touristique d'Alger : ses enquêtes ne font nullement la promotion de l'exotisme sauce Club Med. Urbainement parlant, l'action pourrait avoir lieu dans n'importe quelle ville nord-africaine. Mais ce qui fait la saveur si spéciale de Yasmina Khadra, c'est les soubresauts de la conscience algérienne. le colon chassé, les emmerdes ne font que commencer. L'idée même de réconciliation nationale est impensable. le parti unique n'y fonctionne pas, alors place au multipartisme qui va ouvrir la brèche au radicalisme religieux. D'autres tortures, d'autres attentats.
    Llob est croyant, écrit des polars et envoie chier tout le monde, qu'il soit bistrotier ou ministre. Son passé de maquisard teinte clairement sa vision de la nation, mais il assiste impuissant à la débandade nationale. Il ne mène pas tant des enquêtes qu'il se fait mener par elles. Il fait son travail tandis que dans la rue, des barbus assassinent des intellectuels. Ambiance délétère. Goût métallique dans la gorge à chaque chapitre.
    Le corps français traditionnel.
    Ah, les anciens d'Occident et du GUD qui deviennent de respectables ministrables...
    Il y a peu d'espoir dans cette ambiance qui oscille entre stigmates de la guerre d'indépendance et atrocités de la guerre civile. Mais ce n'est pas l'horreur lointaine d'une planète de SF, c'est l'Algérie que l'on connait depuis toujours. Celle des Mourad et Azziza qui ont maintenant le cul entre deux chaises entre une Algérie qu'ils ne connaissent pas et un France qui ne les reconnait pas.
    Yasmina Khadra décrit très bien ce monde qui part en déliquescence. Des politiques véreux. Des algériens moyens coincés. Des salopards à tous les coins de rue. le livre pèse lourd dans les mains, et ce n'est pas uniquement à cause du fait qu'il regroupe 4 romans.
    Les Français issus de l'immigration sont plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes... C'est un fait.
    Ah, les raccourcis sociologiques... Pourtant, maître Eolas le dit : on ne voit que ce qu'on regarde.
    Dans mon billet sur The city & the city, j'évoquais notre don pour ne pas voir les choses qui nous entourrent. Cette Algérie meurtrie, je l'ai découverte avec L'ennemi intime, un peu. Mais c'est finalement le commissaire Llob qui m'a ouvert les portes sur ce purgatoire algérien. Je me doutais bien que c'était pas joli-joli, une guerre civile, mais après ce quatuor, pas moyen de prétendre que je n'étais pas au courant. C'est marrant comme je n'en ai pas entendu parler pendant toute ma scolarité. L'Algérie, c'est le cousin dont on a honte et dont il est interdit de parler à table.
    Au passage, la couverture indique "Thriller". Je trouve ça incroyablement déplacé. C'est même insultant pour les millions de morts. Aurait-on l'idée d'apposer le même tag publicitaire sur la couverture du Journal d'Anne Franck ? Même si ce n'est qu'un polar, ce quatuor algérien a pour cadre un pays en charpies.
    Ceci dit, j'avoue que lire ces 4 romans à la queue leu leu, c'est lourd. Ça pèse sur l'estomac et sur la conscience. Je sais qu'il existe un film tiré du roman Morituri, mais rien qu'à regarder la bande-annonce, je sais que ça va m'enfoncer encore plus dans la sinistrose. Et j'ai besoin de légèreté après ce voyage en apnée dans la vie de Brahim Llob.
    Quand on ajoute à ça, le bruit et l'odeur...
    Tu vois, contrairement à Polnareff, je n'ai pas le mal de toi, ma petite France.
    PS : dans un tout autre registe (encore que), les rôlistes se souviendront sans doute de Jean-Hugues Matelly, auteur en 1997 d'un bouquin sur le JdR aux Presses du Midi. C'est un gendarme de conviction, mais également un sociologue qui cogite ailleurs qu'au café du commerce. La hiérarchie du monsieur lui reproche depuis quelques temps d'avoir dit tout haut quelques vérités sur la gendarmerie et veut lui fermer son clapet de bidasse. La grande Muette, quoi. Monde de merde, comme dirait Georges Abitbol...

    Lien : http://hu-mu.blogspot.com/2010/03/le-quatuor-algerien.html
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    • Livres 4.00/5
    Par annie, le 06 août 2008

    annie
    le polar algérien


    Ce folio policier contient les quatre tomes des aventures du commissaire Llob :


    La Part du mort

    En 1988, le commissaire Llob tente d'empêcher la justice algérienne de gracier un dangereux psychopathe.

    Il ne peut pas deviner qu'il vient de mettre le doigt dans un terrible engrenage…

    La libération de ce meurtrier est le premier acte d'une machination terrifiante ourdie par certains maîtres du pouvoir algérien pour éliminer l'un des leurs.

    Pour que le coup soit imparable, il doit être cautionné par un homme libre, intègre, obstiné, intransigeant. Un fonctionnaire dont personne ne peut soupçonner qu'il puisse se laisser manipuler par quiconque. le commissaire Llob est parfait pour ce rôle. Mais acceptera-t-il de s'effacer comme il est prévu qu'il le fasse ?
    Au fil de son enquête, Llob devra comprendre ce qui s'est passé au cours d'une nuit d'août 1962 quand des familles entières de harkis ont dû affronter la haine des combattants de l'Armée de libération. Quels comptes ont été réglés au cours de ces massacres ? Quels secrets ont été enfouis dans les charniers creusés sous les taillis ?

    Yasmina Khadra poursuit ici son implacable autopsie de la société algérienne. Sans aucune concession, avec cette force et cette lucidité qui ont fait le succès de ses romans précédents et lui ont permis d'être traduit dans tous les pays d'Europe et aux États-Unis, il continue de brosser le portrait de ce peuple généreux qui avait toutes les raisons de croire à son épanouissement avant que la cupidité boulimique de ses dirigeants et leurs effroyables manipulations le fassent basculer dans sa propre négation.


    Morituri

    « Da Achour ne quitte jamais sa chaise à bascule. Chez lui, c'est une protubérance naturelle. Une cigarette au coin de la bouche, le ventre sur ses genoux de tortue, il fixe inlassablement un point au large et omet de le définir. Il est là, du matin au soir, une chanson d'El Anka à portée de somnolence, consumant tranquillement ses quatre-vingts ans dans un pays qui déçoit.

    Il a fait pas mal de guerres, de la Normandie à Diên Biên Phu, de Guernica au Djurdjura, et il ne comprend toujours pas pourquoi les hommes préfèrent se faire péter la gueule, quand de simples cuites suffisent à les rapprocher. »

    Double blanc

    Le tonnerre éructe de toutes ses forces dans la nuit. De temps à autre, les lumières éblouissantes de l'éclair ricochent sur le bas quartier, peuplant les recoins de visions cauchemardesques. Il est vingt-deux heures, et pas un chat ne se découvre assez de cran pour se hasarder dans les rues. C'est l'heure où les gens s'autoséquestrent pour se forger des alibis, la conscience cadenassée, un sommeil opaque sur les yeux. le moindre friselis est perçu comme un cri d'agonie. Alger retourne en enfer.

    L'Automne des chimères

    Le commissaire Llob, après avoir enterré un ami d'enfance égorgé en plein soleil dans son jardin, est convoqué par sa hiérarchie pour avoir eu le tort d'écrire un livre. La guerre civile fait rage. Colère, amertume et terreur se mêlent tandis qu'au cœur des villes, dans le silence des maquis ou sur les plages en pleine foule se terre la bête immonde de l'intégrisme. Prête à frapper. Prête à tout ; un jouet dans la main des puissants...
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    • Livres 4.00/5
    Par vdujardin, le 28 septembre 2010

    vdujardin
    Pour La Part du mort : Si l'histoire policière n'est pas le point fort de ce livre, il est, comme le voulait l'auteur, l'occasion de dresser un vaste tableau de l'Algérie et des germes de violence qu'elle portait avant l'explosion du terrorisme (et est-ce que cela a vraiment changé aujourd'hui ?). J'ai vraiment beaucoup aimé, même si le tableau est noir, très noir même. En dehors de la dénonciation de la corruption généralisée, de l'absentéisme, de l'alcoolisme de certaines élites, de l'écart entre les quartiers de villas et des taudis, la fascination des marques de vêtements et autre américaines et européennes, de petites remarques laissent entrevoir un vrai problème récurrent en Algérie : alors que c'est l'un des pays les plus riches d'Afrique (grâce au pétrôle), l'eau ne coule qu'épisodiquement au robinet. du coup, quand elle arrive, tous les récipients (et les baignoires, bien sûr) sont remplis... Il y a deux ans, lors de mon dernier séjour, c'était toujours un problème en dépit de la construction de plusieurs barrages.

    Lien : http://vdujardin.over-blog.com/article-21260349.html
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    • Livres 5.00/5
    Par bibliopmo, le 17 juillet 2008

    bibliopmo
    Ce folio policier contient les quatre tomes des aventures du commissaire Llob : La Part du mort, Morituri, Double blanc et L'Automne des chimères.
    Le site de l'auteur : http://www.yasmina-khadra.com/
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    • Livres 3.00/5
    Par bboizard, le 11 février 2012

    bboizard
    La Part du mort bien ayant été écrit en dernier, se situe dans le début du recueil et en occupe la majeure partie.
    Une fois qu'on l'a lu, les 3 autres romans semblent inaboutis et je dois reconnaître que je n'ai pas pu aller jusqu'au bout...
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