ISBN : 2266134752
Éditeur : Pocket


Note moyenne : 3.88/5 (sur 231 notes) Ajouter à mes livres

Dans un Kaboul caniculaire, parmi les ruines du désastre et celles des esprits, deux hommes et deux femmes cherchent un sens à leur vie : un bourgeois déchu, une avocate interdite d'exercer, un geolier s'amenuisant à l'ombre des exécutions publiques et une épous... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Pasdel, le 22 mai 2012

    Pasdel
    Premier volume de la trilogie consacrée au rapport entre l'orient et l'Occident, les hirondelles de kaboul tente, par le biais d'un jeune couple afghan et d'un gardien de prison de démêler la montée de l'islamisme.
    Un livre tout en poésie qui traite pourtant de plusieurs sujets graves.
    Les personnages sont, comme souvent avec Khadra, finement ciselés. On s'engouffre dans leurs tiraillements, leurs doutes, leurs colères et leurs interrogations.
    Un hymne à la femme et à sa condition, mais également à la liberté, liberté entravée au nom d'une idéologie.
    Dans cette Kaboul en ruine, Kadhra nous fait un inventaire des fantômes qui déambulent dans cette capitale afghane. Les plaies sont autant humaines que matérielles. Cette haine et cette violence quotidiennes marquent nos quatre héros dans leur chair.
    Un livre poignant, un livre plein d'enseignement empreint de tolérance, de courage et d'amour.
    Un livre et un auteur à découvrir.
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    Critique de qualité ? (34 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Malaura, le 08 novembre 2011

    Malaura
    « Les terres afghanes ne sont que champs de bataille, arènes et cimetières. Les prières s'émiettent dans la furie des mitrailles, les loups hurlent chaque soir à la mort, et le vent, lorsqu'il se lève, livre la complainte des mendiants au croassement des corbeaux. »
    Kaboul, ville de ruines, accablée sous un soleil aussi impitoyable que la tyrannie des talibans.
    Ici les rires ont laissé la place aux discours haineux des mollahs; les femmes, derrière leurs tchadri grillagés ont tout l'air de fantômes et les seules manifestations d'hilarité ont lieu les jours d'exécutions publiques.
    Dans cette ville exsangue, Atik, Moshen, Zunaira ou Mussarat voient leur vie, leur amour, leur raison, disparaître dans les tourments d'une nation livrée aux fous de Dieu.
    Car que peut-on faire lorsque la haine devient souveraine ?
    Que peut faire désormais Zuneira, la belle avocate, condamnée à ne plus sortir de chez elle si elle n'est pas accompagnée de son mari?
    Que peut Moshen, son époux, commerçant ruiné par les talibans, qui sent son cœur se remplir de fiel et de colère, d'amertume et de désillusions?
    Que peut faire Atik, le gardien de prison, lorsque l'intégrité de sa foi est chaque jour remise en question par les violences et les injustices dont il est à la fois le témoin et l'exécuteur forcé ?
    Et que peut faire Mussarat, sa femme, dont l'attente d'une mort lente et douloureuse s'assortit qui plus est d'une menace de répudiation, car dans l'Afghanistan des talibans, un homme ne reste pas avec une femme malade ?
    Ces vies brisées, bafouées, humiliées arriveront-elles à conserver leur dignité et leur part d'identité dans cette ville où l'obscurantisme assombrit les plus beaux espoirs et éteint même les sentiments les plus lumineux ?
    Par l'énergie d'un style prenant, théâtral, très évocateur, Yasmina Khadra nous offre encore une fois avec « Les hirondelles de Kaboul » un texte intense, grave, dur et éprouvant, porté par une poésie lyrique, ardente et enflammée.
    Sa plume vibrante de rage et de conviction décrit parfaitement un peuple à bout de souffle, accablé par les guerres et le poids de traditions archaïques, où la femme asservie, brimée, maltraitée, assujettie à des règles et des devoirs inconcevables, est l'une des premières à subir les affres de ce pays qui, sous le couvert de Dieu, s'adonne à la barbarie et à la cruauté avec une frénésie toute paranoïaque.
    « Avec ce voile maudit, je ne suis ni un être humain, ni une bête, juste un affront ou une opprobre que l'on doit cacher telle une infirmité. »
    Ici, Dieu est sur toutes les bouches, dans tous les gestes, dans toutes les actions, dans le murmure de la prière psalmodiée comme dans le cri de la foule lors des lynchages publics, dans le prêche hargneux d'un mollah et dans le tas de pierre préparées pour la lapidation; Dieu se décline à tous les temps, sur tous les modes, dans tous les genres, surtout celui des interdits, des brimades et des punitions.
    Peu d'espoir perce dans cette Kaboul qu'on croirait "maudite" tellement l'emprise de la religion est grande, tellement la liberté, enchaînée aux versets d'un Coran déformé, n'est plus qu'un rêve lointain et inaccessible.
    Dans ce terrible et dramatique réquisitoire contre la domination religieuse, Yasmina Khadra n'omet rien de l'oppression et de la misère qui sévissent au quotidien dans un pays où les êtres humains ne sont plus que des ombres à genoux.
    Témoignage de la folie des hommes, cri de révolte contre le régime de la peur, la condition tragique des femmes "fantômes" et l'obscurantisme religieux, « Les hirondelles de Kaboul » est un roman sombre et puissant mais c'est aussi un hommage poignant au courage des femmes de là-bas et un bel hymne à la tolérance et à la dignité.
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    Critique de qualité ? (18 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Lune, le 02 juin 2008

    Lune
    Toute femme ne peut qu'être heurtée par l'asservissement que vivent Les hirondelles de Kaboul. Nous sommes au degré zéro de l'horreur. Tellement horrible que cela nous dépasse et que les mots me semblent faibles pour exprimer l'anéantissement qui me frappe lorsque j'imagine vivre dans un tel état de peur, de soumission, de saleté, d'exécutions. Y être femme sans identité, sans reconnaissance est le summum de l'inhumanité. Même si l'histoire finale se devine rapidement, même si elle nous paraît "énorme", c'est toute la métaphore qu'elle représente qu'il nous faut décoder. Les paroles de l'épouse d'Atiq sont percutantes et le livre se termine en rendant une dignité à l'homme conditionné par un monde où il n'a jamais pu se laisser aller, ni à l'amour, ni à ses émotions. La banalité de la cruauté fouette même l'intellectuel affaibli dans son esprit critique puisque ni rêves ni projets ne peuvent plus l'accompagner. La banalité de la cruauté rend fou l'homme le plus sage. C'est pourquoi nous ne pouvons juger aucun de ces héros, simplement tenter de comprendre leur descente aux enfers. le bien et le mal ne sont pas opposés, il y a le bien ET le mal, nous devons y faire face.
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    Critique de qualité ? (16 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par cathrawlinson, le 13 mars 2012

    cathrawlinson
    Destins brisés sur fond de doctrine talibane où on ne trouve pas trace d'humanité.
    J'ai ressenti ce livre comme un hymne aux femmes afghanes.
    Je ne connaissais pas Yasmina Khadra mais je vais m'empresser de me procurer d'autres livres de cet auteur découvert par hasard (le hasard faisant parfois fort bien les choses)
    Critique de qualité ? (18 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par ancoline, le 14 février 2012

    ancoline
    La ville de Kaboul est détruite par les bombardements et luttes diverses. La population est épuisée par le manque de nourriture, l'asservissement religieux imposé par les talibans. Dans les rues c'est le coup de trique si vous riez, si vous tenez la main à votre femme, si vous n'allez pas à la prière alors que vous êtes dans la rue, si vous réfléchissez à voix haute. Les femmes sont des objets utilisées avec mépris pour servir les hommes. Elles doivent silence, soumission et surtout ne pas discuter la parole des hommes. Elles peuvent être répudiée même après des années de mariage parce qu'elle ne pose que des soucis au maître de la maison.
    J'ai vite eu des frissons d'effrois devant les propos des hommes mariés, des talibans. J'ai failli abandonner parce que le texte est dur tout en sentant la vérité. Ma colère grandissait devant si peu de considération d'un être, simplement parce que c'est une femme. J'ai toutefois été prise jusqu'au bout pour connaitre la fin improbable pour moi par ma culture et mes connaissances des gourous extrémistes. Je voulais aussi connaitre jusqu'où peut aller un être humain diminué par un dicta, et imposé par des profiteurs tyranniques.
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par cathrawlinson, le 13 mars 2012

    "Vivre, c'est d'abord se tenir prêt à recevoir le ciel sur la tête. Si tu pars du principe que l'existence n'est qu'une épreuve, tu es équipé pour gérer ses peines et ses surprises. Si tu persistes à attendre d'elle ce qu'elle ne peut te donner, c'est la preuve que tu n'as rien compris. Prends les choses comme elles viennent, n'en fais pas un drame ni un plat ; ce n'est pas toi qui mènes ta barque, mais le cours de ton destin."
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    Citation de qualité ? (10 votes positifs)
  • Par TINUSIA, le 12 juillet 2010

    Quand on passe ses nuits à veiller des condamnés à mort et ses jours à les livrer au bourreau, on n'attend plus grand chose du temps vacant.
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  • Par csapin, le 16 mars 2011

    - Mon épouse est malade. (...) Je l'accepte pleinement, avec une infinie dévotion, sauf que je suis seul et désemparé. Je n'ai personne pour m'assister.

    - C'est pourtant simple : répudie-la.

    - Elle n'a pas de famille, rétorque naïvement Atiq, loin de remarquer le mépris grandissant qui envahit le faciès de son ami visiblement horripilé de devoir s'attarder sur un sujet aussi dévalorisant. Ses parents sont morts, ses frères sont partis, chacun de son côté. Et puis, je ne peux pas lui faire ça.

    - Et pourquoi pas ?

    - Elle m'a sauvé la vie, rappelle-toi.

    Mirza rejette le buste en arrière, comme pris au dépourvu par les arguments du gardien. Il avance les lèvres, penche la figure sur une épaule de manière à surveiller de biais son interlocuteur.

    - Niaiseries ! s'écrit-t-il. Dieu seul dispose de la vie et de la mort. Tu as été blessé en combattant pour Sa gloire. Comme il ne pouvait pas envoyer Gabriel à ton secours, il a mis cette femme sur ton chemin. Elle t'a soigné par la volonté de Dieu. Elle n'a fait que se soumettre à Sa volonté. Toi, tu as fait cent fois plus pour elle : tu l'as épousée. Que pouvait-elle espérer de plus, elle, de trois ans ton aînée, à l'époque vieille fille sans enthousiasme et sans attrait ? Y a-t-il générosité plus grande, pour une femme, que de lui offrir un toit, une protection, un honneur et un nom ? Tu ne lui dois rien. C'est à elle de s'incliner devant ton geste, Atiq, de baiser un à un tes orteils chaque fois que tu te déchausses. Elle ne signifie pas grand chose en dehors de ce que tu représentes pour elle. Ce n'est qu'une subalterne. De plus, aucun homme ne doit quoi que ce soit à une femme. Le malheur du monde vient justement de ce malentendu.

    Soudain, il fronce les sourcils :

    - Serais-tu fou au point de l'aimer ?

    - Nous vivons ensemble depuis une vingtaine d'années. Ce n'est pas négligeable.

    Mirza est scandalisé, mais il prend sur lui et essaye de ne pas brusquer son ami d'enfance.

    - Je vis avec quatre femmes, mon pauvre Atiq. La première, je l'ai épousée il y a vingt-cinq ans ; la dernière il y a neuf mois. Pour l'une comme pour l'autre, je n'éprouve que méfiance car, à aucun moment, je n'ai eu l'impression de comprendre comment ça fonctionne, dans leur tête. Je suis persuadé que je ne saisirai jamais tout à fait la pensée des femmes. A croire que leur réflexion tourne dans le sens contraire des aiguilles d'une montre. Que tu vives un an ou un siècle avec une concubine, une mère ou ta propre fille, tu auras toujours le sentiment d'un vide, comme un fossé sournois qui t'isoles progressivement pour mieux t'exposer aux aléas de ton inadvertance. Avec ces créatures viscéralement hypocrites et imprévisibles, plus tu crois les apprivoiser et moins tu as de chances de surmonter leurs maléfices. Tu réchaufferais une vipère contre ton sein que ça ne t'immuniserait pas contre leur venin.
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  • Par latina, le 15 novembre 2011

    Un déluge de projectiles s’abat sur la suppliciée qui, bâillonnée, vibre sous la furie des impacts sans un cri. Mohsen ramasse trois pierres et les lance sur la cible. Les deux premières se perdent à cause de la frénésie alentour mais, à la troisième tentative, il atteint la victime en pleine tête et voit, avec une insondable jubilation, une tache rouge éclore à l’endroit où il l’a touchée. Au bout d’une minute, ensanglantée et brisée, la suppliciée s’écroule et ne bouge plus. Sa raideur galvanise davantage les lapideurs qui, les yeux révulsés et la bouche salivante, redoublent de férocité comme s’ils cherchaient à la ressusciter pour prolonger son supplice. Dans leur hystérie collective, persuadés d’exorciser leurs démons à travers ceux du succube, d’aucuns ne se rendent pas compte que le corps criblé de partout ne répond plus aux agressions, que la femme immolée gît sans vie, à moitié ensevelie, tel un sac d’horreur jeté aux vautours.
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  • Par MyriamBachon, le 13 mars 2012

    ...je refuse de porter le tchadri. De tous les bâts, il est le plus avilissant. Une tunique de Nessus ne causerait pas autant de dégâts à ma dignité que cet accoutrement funeste qui me chosifie en effaçant mon visage et en confisquant mon identité.
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