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ISBN : 2266134752
Éditeur : Pocket (30/11/-1)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.93/5 (sur 1106 notes)
Résumé :
Dans les ruines brûlantes de la cité millénaire de Kaboul, la mort rôde, un turban noir autour du crâne. Ici, une lapidation de femme, là des exécutions publiques, les Taliban veillent. La joie et le rire sont suspects. Atiq, le courageux moudjahid reconverti en geôlier, traîne sa peine. Le goût de vivre a également abandonné Mohsen, qui rêvait de modernité. Son épouse Zunaira, avocate, plus belle que le ciel, est désormais condamnée à l'obscurité grillagée du tchad... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (127) Voir plus Ajouter une critique
Colette
29 août 2013
Une histoire déchirante, bouleversante, triste, révoltante...
Avant d'entamer ma lecture, je savais qu'étant donné le contexte de l'histoire, le roman n'allait pas être rose. Mais je ne m'attendais pas non plus à une histoire aussi prenante et touchante.
Kaboul, dans une ville meurtrie où les talibans sèment la terreur, vit Atiq un geôlier ayant perdu le goût de vivre auprès de Mussarat, sa femme malade.
Mohsen et sa belle épouse Zunaira, tentent d'affronter la misère quotidienne en rêvant du bonheur de leur vie passée.
Au milieu des exécutions, des lapidations, de la violence et du désespoir, ils tentent malgré tout de se préserver. Mais parfois la volonté ne suffit pas...
C'est mon deuxième roman de Khadra et je dois dire que sa plume est toujours aussi poignante et poétique. Cet auteur possède l'art de donner vie à ses personnages avec une telle profondeur que l'on fini forcément par s'y attacher.
Il décrit avec beaucoup de force l'accablement et le désespoir de la vie de ses personnages à travers leurs comportements.
Au départ, j'ai détesté Atiq (le personnage principal), car je le trouvais dur et insensible. Mais au fil de la lecture, j'ai finalement trouvé une certaine beauté à ce personnage et j'ai même fini par m'y attacher.
J'ai également beaucoup aimé la sensibilité du couple Mohsen et Zunaira.
C'est selon moi un roman magnifique, plein d'émotions qui reflètent malheureusement la triste réalité d'une population qui subit les violences et les horreurs quotidiennes.
J'ai ressenti à travers l'écriture de Khadra, un profond respect pour la femme. Je pense qu'à travers son histoire, il a tenté de leur rendre hommage en témoignant des injustices qu'elles subissent chaque jour.

C'est un roman très court (148 pages) mais d'une grande intensité. Même si c'est une histoire très triste, je ne regrette pas du tout ma lecture.
Ce roman permet de comprendre un peu mieux ce que peut endurer le peuple afghan chaque jour et de partager par la pensée ce que ces personnes peuvent subir. Il permet également de réaliser la signification de la notion de liberté.
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zwyns
29 janvier 2015
Que dire en lisant un tel livre ? Ici en Europe,on est loin de se rendre compte de leur vie
avec nos images aseptisées et nos reportages ronron sur u n pays parmi d'autres dont on ne sait pas trop où ils se trouvent sur la carte,où les problèmes de misère,d'éducation des enfants,du statut de la femme au rang d'esclave,nous les bien lotis,aux prises avec nos petites manies,nos petites douleurs, notre surconsommation addictive .....
l'Afghanistan n'est qu'un exemple,mais combien d'autres en ce moment,combien d'autres demain?....
Ais je encore le droit de me considérer comme un être humain?
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palamede
18 mars 2017
Après avoir fini le superbe Ce que le jour doit à la nuit, j'ai eu envie de me replonger dans un livre de Yasmina Khadra. J'aime ses histoires qui vous prennent aux tripes (celle-là n'y déroge pas), j'aime son écriture poétique qui raconte les atrocités comme les merveilles. La guerre, le fanatisme religieux, la misère comme la beauté du monde.
Les hirondelles de Kaboul est un évocation puissante et inoubliable de ce monde déchiré et paradoxal. L'histoire de deux hommes, à l'image de beaucoup d'autres dans ce pays magnifique - Atiq, un moudjahid reconverti en geôlier et Mohsen, le mari de Zunaira, la belle avocate condamnée à cacher son visage - qui se désolent de ce qu'ils sont devenus. De ce que les Russes n'ont pas réussi à faire et que les Taliban ont fait d'eux : des lâches ou des tortionnaires, peut-être, des êtres dont la vie n'a plus de sens, sûrement.
Car ce qui a fait suite à la guerre contre les Russes, qui représentait une bataille honorable, n'est pas la libération attendue. À Kaboul, il n'y a plus de joie, plus de musique, plus d'amis. Les cerfs-volants ont disparu, c'est l'heure des lapidations des femmes, de leur déchéance, de leur négation, et de la cruauté gratuite. Celle de la persécution religieuse, perpétrée par des fous de Dieu, qui donne naissance à une déshumanisation qui paraît sans fin.
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Malaura
08 novembre 2011
« Les terres afghanes ne sont que champs de bataille, arènes et cimetières. Les prières s'émiettent dans la furie des mitrailles, les loups hurlent chaque soir à la mort, et le vent, lorsqu'il se lève, livre la complainte des mendiants au croassement des corbeaux. »
Kaboul, ville de ruines, accablée sous un soleil aussi impitoyable que la tyrannie des talibans.
Ici les rires ont laissé la place aux discours haineux des mollahs; les femmes, derrière leurs tchadri grillagés ont tout l'air de fantômes et les seules manifestations d'hilarité ont lieu les jours d'exécutions publiques.
Dans cette ville exsangue, Atik, Moshen, Zunaira ou Mussarat voient leur vie, leur amour, leur raison, disparaître dans les tourments d'une nation livrée aux fous de Dieu.
Car que peut-on faire lorsque la haine devient souveraine ?
Que peut faire désormais Zuneira, la belle avocate, condamnée à ne plus sortir de chez elle si elle n'est pas accompagnée de son mari?
Que peut Moshen, son époux, commerçant ruiné par les talibans, qui sent son coeur se remplir de fiel et de colère, d'amertume et de désillusions?
Que peut faire Atik, le gardien de prison, lorsque l'intégrité de sa foi est chaque jour remise en question par les violences et les injustices dont il est à la fois le témoin et l'exécuteur forcé ?
Et que peut faire Mussarat, sa femme, dont l'attente d'une mort lente et douloureuse s'assortit qui plus est d'une menace de répudiation, car dans l'Afghanistan des talibans, un homme ne reste pas avec une femme malade ?
Ces vies brisées, bafouées, humiliées arriveront-elles à conserver leur dignité et leur part d'identité dans cette ville où l'obscurantisme assombrit les plus beaux espoirs et éteint même les sentiments les plus lumineux ?
Par l'énergie d'un style prenant, théâtral, très évocateur, Yasmina Khadra nous offre encore une fois avec « Les hirondelles de Kaboul » un texte intense, grave, dur et éprouvant, porté par une poésie lyrique, ardente et enflammée.
Sa plume vibrante de rage et de conviction décrit parfaitement un peuple à bout de souffle, accablé par les guerres et le poids de traditions archaïques, où la femme asservie, brimée, maltraitée, assujettie à des règles et des devoirs inconcevables, est l'une des premières à subir les affres de ce pays qui, sous le couvert de Dieu, s'adonne à la barbarie et à la cruauté avec une frénésie toute paranoïaque.
« Avec ce voile maudit, je ne suis ni un être humain, ni une bête, juste un affront ou une opprobre que l'on doit cacher telle une infirmité. »
Ici, Dieu est sur toutes les bouches, dans tous les gestes, dans toutes les actions, dans le murmure de la prière psalmodiée comme dans le cri de la foule lors des lynchages publics, dans le prêche hargneux d'un mollah et dans le tas de pierre préparées pour la lapidation; Dieu se décline à tous les temps, sur tous les modes, dans tous les genres, surtout celui des interdits, des brimades et des punitions.
Peu d'espoir perce dans cette Kaboul qu'on croirait "maudite" tellement l'emprise de la religion est grande, tellement la liberté, enchaînée aux versets d'un Coran déformé, n'est plus qu'un rêve lointain et inaccessible.
Dans ce terrible et dramatique réquisitoire contre la domination religieuse, Yasmina Khadra n'omet rien de l'oppression et de la misère qui sévissent au quotidien dans un pays où les êtres humains ne sont plus que des ombres à genoux.
Témoignage de la folie des hommes, cri de révolte contre le régime de la peur, la condition tragique des femmes "fantômes" et l'obscurantisme religieux, « Les hirondelles de Kaboul » est un roman sombre et puissant mais c'est aussi un hommage poignant au courage des femmes de là-bas et un bel hymne à la tolérance et à la dignité.
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lecassin
21 octobre 2015
J'ai déjà eu l'occasion de dire ici qu'il y a des livres dont sort ébloui, et d'autres dont on sort ébahi, groggy… « Les hirondelles de Kaboul » fait évidemment partie de cette deuxième catégorie…
Le thème, d'abord : le Kaboul des talibans, le Kaboul de la misère tant matérielle qu'intellectuelle… la dictature de l'horreur… et au milieu de tout ça deux femmes… deux femmes remarquables chacune dans leur différence : une, belle, « éduquée », elle était avocate avant les Talibans, c'est Zunaira… l'autre de condition modeste, malade et condamnée, c'est Mussarat…
La prose de Yasmina Khadra, ensuite : un style riche, efficace, poignant… même dans la description de l'indescriptible : lapidation, exécutions publiques humiliations en tous genres…
Ayant vécu un temps au Pakistan, le pays voisin, des ambiances me reviennent, des odeurs, aussi… C'est ça la puissance d'évocation de Yasmina Khadra... Je vais sans doute mettre un certain temps à me remettre de cette lecture difficile, mais néanmoins indispensable : un témoignage que l'on se doit d'affronter pour se souvenir que le pire est à l'oeuvre dans cette partie du monde alors qu'il tente de s'installer ailleurs…
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Citations & extraits (169) Voir plus Ajouter une citation
lesleonerieslesleoneries21 avril 2017
- Ton visage est l'ultime soleil qui me reste, lui a-t-il avoué. Ne me le confisque pas...
Aucun soleil ne résiste à la nuit, lui a-t-elle rétorqué en rajustant significativement sa cagoule.
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lesleonerieslesleoneries21 avril 2017
J'aimerais bien sortir avec toi, tous les jours, tous les soirs, glisser ma main sous ton bras et me laisser emporter par ta foulée. Ça serait merveilleux, toi et moi, debout l'un contre l'autre, devant une vitrine ou bien autour d'une table, à bavarder et bâtir d'invraisemblables projets. Mais ce n'est plus possible, maintenant. Il y aura constamment un épouvantail malodorant, armé jusqu'aux dents, pour nous rappeler à l'ordre et nous interdire de parler à l'air libre. Plutôt que subir un tel affront, je préfère m'emmurer chez moi. Ici, au moins, lorsque le miroir me renvoie mon reflet, je ne m'abrite pas derrière mes bras.
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lesleonerieslesleoneries21 avril 2017
Comment a-t-il pu croire que les promenades d'amoureux étaient encore possibles dans une ville aux allures de mouroir, infestée d'énergumènes rébarbatifs portant dans le regard la noirceur de la nuit des temps ? Comment a-t-il pu perdre de vue les horreurs qui jalonnent le quotidien d'une nation bafouée au point que la cravache est devenue une langue officielle ?
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lesleonerieslesleoneries21 avril 2017
C'est parce que les horreurs quotidiennes s'avèrent plus fortes que l'éveil, et la déchéance humaine plus profonde que les abysses. Mohsen est en train de s'aligner sur les autres, de ressembler à leur détresse, de s'identifier à leur régression. Son geste est la preuve que tout peut basculer sans crier gare.
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cathlaurentcathlaurent13 mars 2012
"Vivre, c'est d'abord se tenir prêt à recevoir le ciel sur la tête. Si tu pars du principe que l'existence n'est qu'une épreuve, tu es équipé pour gérer ses peines et ses surprises. Si tu persistes à attendre d'elle ce qu'elle ne peut te donner, c'est la preuve que tu n'as rien compris. Prends les choses comme elles viennent, n'en fais pas un drame ni un plat ; ce n'est pas toi qui mènes ta barque, mais le cours de ton destin."
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