ISBN : 2843375088
Éditeur : Anne Carrière (2008)


Note moyenne : 3.85/5 (sur 26 notes) Ajouter à mes livres
J'ai onze ans, et je vis dans une famille complètement tordue. Heureusement qu'il y a mon frère Maxence. Lui, c'est mon manuel de savoir-survivre. Le soir, on ferme nos oreilles à double tour, pour ne plus entendre les cris de nos parents qui se disputent. Croyez-moi su... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (19)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 03 juillet 2009

    LiliGalipette
    Roman d'Ondine Khayat.
    Slimane a onze ans. Lui et son frère Maxence, treize ans, subissent la violence de leur père, qu'ils appellent le Démon. le Démon les frappe et frappe leur mère, une femme faible, amoureuse, incapable de sauver ses enfants de la folie d'un père meurtrier, incapable de se sauver elle-même. Les deux frères se soutiennent, s'inventent des mondes heureux, forgent des rêves pour survivre, existent l'un pour l'autre. Mais à force d'endurer jour après jour les coups, les cris, les disputes, à force de vivre dans la peur, dans l'attente effrayée et dans l'ombre, Maxence perd pied et décide de partir au Pays sans adultes. Slimane tente de le suivre, mais il se perd en chemin. Avec ses nouveaux amis, le Pitbull, Valentine, Hugo, Marguerite et Sidonie, Slimane décide de sauver les enfants malheureux, de les débarasser de tous les Démons, et de rendre le sourire à toutes les mamans.
    Quelle prose sublime! J'ai frissonné souvent en tournant les pages. La détresse de cet enfant battu et affolé est poignante. Les questions innocentes qu'il pose sont riches d'une grande sagesse et d'une douceur magnifique. le style d'Ondine Khayat est superbe, délicat et sensible. Je recommande ce livre sans aucun doute. Je l'ai dévoré en deux soirées, avec une boîte de mouchoirs à mes côtés. Et je ne résiste pas au plaisir d'en livrer quelques extraits révélateurs du talent de l'auteure.
    Page 18: "Les battements de nos coeurs, c'est rien d'autre que les murmures de tous ceux qui habitent dedans. Quand il n'y a plus personne, il s'arrête de battre. Il faut un grand coeur pour y mettre tous ceux qu'on aime, et laisser de la place à tous ceux qu'on va aimer, mais qu'on ne connaît pas encore."
    Page 62: "Je me bouche les oreilles pour ne plus entendre tous ces mots blessants. le Démon, quand il parle, on dirait une marée noire. Comme celles qu'on voit à la télé. Les beaux oiseaux blancs sont recouverts de mazout. Ils meurent parce qu'on leur a mis tellement de saleté sur eux qu'ils ne peuvent plus voler. Moi aussi, j'ai du mazout partout, et des fois je peux même plus respirer. Quand je marche, on dirait qu'il y a du goudron sous mes pieds. Je reste collé. La vie est trop étroite pour moi. Qu'est-ce que je vais devenir? Il y a une pierre à l'intérieur de moi. Une pierre impossible à soulever. C'est l'intifada dans mon coeur, ça cogne, ça cogne... Il pèse une tonne. Des fois, quand je pose ma main dessus, je l'entends même plus battre. "
    Page 155: "Je pleure parce que mon frère préféré était tellement triste qu'il est parti sans me prévenir. Je pleure parce qu'il ne m'a pas emmené avec lui alors qu'il avait juré craché. Je pleure parce que j'ai peur de ne plus jamais el revoir. Je pleure parce que je ne peux pas vivre sans lui."
    Merci au site chezlesfilles et aux éditions Anne Carrière de m'avoir fait découvrir ce livre.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Sly, le 17 août 2011

    Sly
    Un livre qui nous décrit la vie au travers des yeux d'un enfant battu, Slimane.
    L'innocence, la simplicité des mots avec lequel il nous décrit ce qu'il ressent et endure en fait une œuvre touchante. Cette façon de dialoguer directement avec le lecteur et de se confier à lui, nous oblige à nous impliquer émotionnellement. On ne peut pas rester simple spectateur.
    Slimane n'est pas seul à subir les coups du Démon (leur père), son grand frère Maxence, son manuel de savoir-survivre comme il le dit si bien veille sur lui. Leur mère incapable de réagir face a la violence de son mari contre elles et ses enfants, m'a révolté. Comment comprendre le fait que cette femme reste avec un homme qui maltraite sa famille. Maxence, qui fini par ne plus supporter cette vie de souffrance et décide de partir au « Pays sans adultes » ne la fait pas changé d'avis et elle s'accroche a cette amour inconditionnel envers le Démon. Il faudra un acte de courage et de désespoir de la part de Slimane pour qu'enfin une lueur d'espoir apparaisse au bout de son tunnel. Quelques enfants abîmés eux aussi par la vie vont devenir ses amis. Ensemble ils vont se reconstruire.
    Une idée proposée dans le livre m'a fait sourire et je me suis dit pas si bête. Organiser un loto humanitaire. On prélève un certain pourcentage sur l'argent que les gens jouent et on le redistribue à des associations humanitaires.
    L'auteur Ondine KHAYAT, nous démontre avec ce livre que le courage des enfants dépasse souvent celui des adultes. J'ai trouvé la lecture agréable et j'ai souri quelquefois aux remarques sur la vie de ce jeune petit garçon.
    L'histoire qui parle d'un sujet sensible est loin d'être larmoyante mais est émouvante.
    Est-ce qu'un pays sans adulte ne serait-il pas mieux finalement ?
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par Ori, le 31 juillet 2009

    Ori
    Le pays sans adultes d'Ondine Khayat, Anne Carrière
    Le petit Slimane a une vie bien difficile. Ave son frère Maxence, ils sont victimes des coups quotidiens de leur père et de l'absence de réaction de leur mère, elle aussi, victime impuissante.
    Et un jour Maxence en a assez, il part au Pays Sans adultes, abandonnant Slimane à son triste sort.
    Alors, je suis face à un gros problème pour donner mon avis sur ce livre, car j'ai deux avis antithétiques et qui ne s'entendent pas du tout!
    Au début, j'ai détesté, je trouvais l'histoire démago, Slimane est un enfant et il parle comme un thésard, même quand il ne comprend pas un mot qu'il prononce mal, en fait on voit bien que l'auteur fait semblant de faire croire qu'il ne le comprend pas. Et ses remarques innocentes d'enfant qui sont en fait écrites par un adulte m'ont rendues folles "les riches, ils mangent des oeufs de poissons iraniens (du caviar), alors ils sont pas racistes" arghhhhhhhhhhh démago, démago, beurk, beurk!!!
    Et puis, petit à petit, tout doucement, Slimane m'a émue. Il m'a juste fallu faire comme si c'était vraiment un enfant qui parlait, pas une auteur démago, bien pensante et moralisatrice. Mais je l'ai fait sans m'en rendre compte finalement, donc je dois être un peu injuste envers l'auteur.
    J'ai manqué verser une larme à la fin.
    Comme quoi les pires rencontres peuvent avoir une belle fin!
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par BlueGrey, le 27 août 2009

    BlueGrey
    « La vie, c'est pas pour les enfants. »
    Slimane a 11 ans et vit dans une famille «complètement tordu». Son père «le Démon», alcoolique depuis qu'il a perdu son travail, est tout le temps en colère et déverse sa rage sur femme et enfants à coups de gueules et de poings. Sa mère travaille toujours plus, pour pouvoir payer le loyer. Heureusement il y a son grand frère Maxence le magicien, son «manuel de savoir-survivre». Maxence, il fait danser la vie, il imagine des rêves qui éloignent la peur, il invente des mondes heureux. Mais un jour Maxence n'a plus la force et décide de partir pour Le pays sans adultes. Slimane tente de le suivre, mais il se trompe de chemin...
    Ce livre touche, direct en plein cœur, par une certaine légèreté pour dire des choses pourtant grave. Sans emphase ni trémolos, la voix de Slimane, ses mots d'enfant, simples mais justes, son langage trituré très imagé, amusent, attendrissent, chiffonnent et percutent :
    « L'autre jour mon frère Maxence s'est précipité pour la défendre, mais mon père lui a donné deux baffes et ça l'a fait saigner du nez. Je suis resté là, sans pouvoir faire un geste, à regarder le sang du nez de Maxence se mêler à celui de l'arcade sourcilière de maman. Ça faisait comme un ruisseau écarlate sur les dalles de la cuisine. Je connais pas le numéro du SAMU, alors je me suis juste avancé vers eux, et on s'est serré tous les trois très fort, pendant que des coquelicots fleurissaient sur mon tee-shirt blanc. » p 15-16
    « Les battements de nos cœurs, c'est rien d'autre que les murmures de tous ceux qui habitent dedans. Quand il n'y a plus personne, il s'arrête de battre. Il faut un grand cœur pour y mettre tous les gens qu'on aime, et laisser de la place à tous ceux qu'on va aimer, mais qu'on ne connaît pas encore. » p 18
    « - Et maman, elle nous aime ?
    - Oui, mais elle est complètement paumée.
    - Tu crois qu'elle a perdu son chemin ?
    - C'est ça. Elle a pris la mauvaise route. Elle aurait dû revenir sur ses pas il y a longtemps.
    - Pourquoi elle l'a pas fait ?
    - Les adultes, c'est comme ça qu'ils vivent. Ils font des erreurs, et après, ils ont plus la force de tout recommencer.
    - Les enfants, c'est pas pareil ?
    - Non, parce que les enfants n'ont pas encore mis de barreaux autour de leur vie. » p 125
    « Je pleure parce que mon frère préféré était tellement triste qu'il est parti sans me prévenir. Je pleure parce qu'il ne m'a pas emmené avec lui alors qu'il avait juré craché. Je pleure parce que j'ai peur de ne plus jamais le revoir. Je pleure parce que je ne peux pas vivre sans lui. » p 155
    Le style virevolte dans un mélange de noirceur et de pureté, de désespoir et d'ingénuité, de cynisme et de poésie pour esquisser un drame latent. Et cette lecture, loin d'être légère, est pourtant agréable et prenante : le récit est simple, beau et poignant.

    Lien : http://descaillouxpleinleventre.blogspirit.com/archive/2008/12/02/le..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par antigoneCH, le 07 janvier 2009

    antigoneCH
    Imaginez-vous cette scène : vous êtes un enfant, vous êtes au collège, à la piscine plus exactement, quelqu'un, un camarade sans doute, vous a poussé dans le grand bassin. Vous êtes tombé dans l'eau, la tête la première, mais vous ne savez pas nager, personne ne vous a appris, et vous coulez, vous le savez, votre corps glisse vers le fond, vous pouvez même raisonnablement penser avec une acuité insoutenable que vous êtes en train de vous noyer. Au plus profond de votre angoisse, une barre en fer vous choque la poitrine, alors vous vous accrochez à elle, par instinct, le nez plein de chlore. C'est désagréable cette lutte pour remonter à la surface, étouffant, mais soudain votre tête sort de l'eau, l'air mêlé d'espoir s'engouffre dans votre bouche, vous ne mourrez pas aujourd'hui, vous êtes sauvé, vous respirez.
    Cette scène n'existe pas dans Le pays sans adultes, je l'ai inventée. Et pourtant, elle correspond exactement à mon impression de lecture. Difficile en effet d'expliquer avec d'autres mots cette descente inexorable dans l'horreur et cette remontée, en fin d'ouvrage vers un avenir meilleur. Difficile de juger cette écriture, à la limite de la facilité, et qui pourtant n'y tombe jamais...
    Slimane a onze ans. Il est le narrateur de cette histoire. Il vit un enfer quotidien fait de violence, de misère et d'injustice. Son père, le "Démon", sème la terreur et les coups. Lorsque le grand-frère, Maxence, disparaît, parti rejoindre le "Pays sans Adultes", Slimane décide de le suivre. Ce qui aurait pu être entraîner sa perte deviendra finalement son unique planche de salut...


    Lien : http://antigonehc.canalblog.com
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

> voir toutes (9)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Mariebib, le 11 octobre 2010

    J'ai pleuré plusieurs fois.
    Magnifique. Vraiment magnifique.
    Je cite le passage qui m'a fait pleurer le plus:

    "Maman est rentrée à 18h. Elle finit plus tôt, le jeudi. Le bruit de la clé dans la serrure m'a fait sursauter. Je l'ai entendu aller et venir d'un pas lourd dans l'appartement. Longtemps après, elle a ouvert la porte. Elle m'a regardé, assis avec mes ailes d'ange. Puis, elle a vu le corps de Maxence se balancer, et une experession folle est passée sur son visage. "
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par wictoria, le 25 novembre 2008

    Je voudrais que le chagrin soit effervescent, comme ça je verserais de l'eau dessus, et je le regarderais se dissoudre lentement.
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par Sly, le 15 août 2011

    Les battements de nos coeurs, c'est rien d'autre que les murmures de tous ceux qui habitent dedans. Quand il n'y a plus personne, il s'arrête de battre. il faut un grand coeur pour y mettre tous les gens qu'on aime, et laisser de la place à tous ceux qu'on va aimer, mais qu'on ne connaît pas encore.
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par Sly, le 15 août 2011

    Les adultes passent leur temps à nous dire de faire ci, ou ça d'être comme ci, ou comme ça, mais quand on voit dans quel état ils ont mis la planète, on se dit qu'ils feraient mieux de se taire et que ce sont les enfants qui devraient être au pouvoir.
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par Sly, le 15 août 2011

    On devrait vider nos coeurs comme on vide un grenier. Jeter les vieilles querelles qui l'encombrent, les tristesse qui prennent trop de place. On devrait teindre nos coeurs avec des couleurs vives, quand les années les ont rendus trop ternes.
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir Le pays sans adultes par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (44)

  • Ils sont en train de le lire (1)
  • Ils veulent l'échanger (1)

> voir plus

Quiz