AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Pierre Alien (Traducteur)
ISBN : 2253151491
Éditeur : Le Livre de Poche (2004)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 668 notes)
Résumé :
On ne lit pas un roman de Stephen King, on le dévore. Avec Différentes saisons, notre plaisir est quadruplé, car King nous offre cette fois quatre histoires qui sont en fait des romans à part entière.

Un innocent condamné à perpétuité cherche à s'évader ; un jeune garçon démasque un ancien nazi dans une petite ville de Californie; des gamins partent à la recherche d'un cadavre ; un médecin raconte l'histoire d'une jeune femme célibataire et enceinte ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.fr
Critiques, Analyses & Avis (47) Voir plus Ajouter une critique
lilyrose87
lilyrose8707 avril 2014
  • Livres 4.00/5
Différentes saisons...voilà un recueil de nouvelles qui mérite qu'on s'y attarde quelque peu. Pour les plus cinéphiles d'entre vous, vous savez certainement que trois des nouvelles du recueil ont été adaptés :
- Rita Hayworthe et la Rédemption de Shawshank sous le titre Les Evadés (bien que la nouvelle soit infiniment meilleure, j'ai une certaine tendresse pour ce film, certainement due au jeu impeccable du duo Freeman/Robbins)
- Un élève doué (il me semble que l'adaptation porte le même titre que la nouvelle) : je n'ai pas le film, donc je ne peux pas vraiment comparé. Je sais juste que Ian McKellen joue Düssander, ce qui est quand même un très bon argument pour voir le film (oui, pour certains acteurs je ne suis absolument pas objective)
- le Corps plus connue sous le nom de Stand by me : allez, vous pouvez me l'avouer, vous avez tous un jour plus ou moins fredonné cette chanson. Là encore, je n'ai pas vu le film. Il paraît qu'il est bien...
Je sais, ici nous sommes sur un site de critiques de livres pas sur un site de critiques d'adaptations de livres (encore qu'on pourrait en dire un rayon à ce sujet). Alors, critiquons mes amis.
- Rita Hayworthe et la Rédemption de Shawshank : symbolisant le printemps, cette nouvelle est de très loin ma préférée. Elle est la seule à intégrer mon top 10 et même mon top 5. L'histoire est vraiment magnifique, même si ça ne semble pas sauter aux yeux au départ.
Le narrateur est Red, le Géo Trouvetout de la prison. Vous souhaitez vous procurer un objet? Peu importe sa rareté, il vous le trouve. Comme il aime le rappeler, Red est l'un des rares prisonniers à reconnaître sa culpabilité.
Un jour, un nouveau prisonnier arrive à Shawshank. Il s'appelle Andy Dufresne, banquier de son état. Il a été reconnu coupable du double meurtre de sa femme et de l'amant de cette dernière. Comme beaucoup de prisonniers, Andy clame son innocence...et Red, qui en a vu en vingt ans de cabane, va le croire.
Ici, ce n'est pas l'histoire de Red qui est racontée. C'est l'histoire d'Andy, racontée par Red. Et je vous l'affirme, il s'agit d'une magnifique narration. Cette nouvelle est une véritable oeuvre d'art, un bijou à avoir dans sa bibliothèque. Je suis incapable de trouver un défaut, peut-être est-ce par manque d'objectivité, je n'en sais rien. Lors de ma lecture, j'ai vu les personnages s'animer, la prison de Shawshank se dessiner sous mes yeux. J'ai, pour un temps, oublier où je me trouvais. Il y aurait tout aussi bien pu y avoir Brad Pitt à côté de moi, je ne l'aurais même pas remarqué.
Je vous conseille vraiment de lire cette nouvelle, vous en ressortirez changés!
- Un élève doué : l'été s'est installé. Nous sommes en Californie, dans la famille de Todd Bowden, 13 ans. Un élève très brillant, surement trop pour son propre bien. Il découvre par hasard que l'un de ses voisins est un ancien nazi. Il décide de le faire chanter, en l'obligeant à lui raconter ses souvenirs de guerre, surtout ses souvenirs de camps de concentration, sous peine de le dénoncer.
Je n'ai pas du tout aimé cette histoire. Non pas à cause de la manière dont King l'a écrite. Au contraire, la rédaction est absolument parfaite, et c'est justement cela qui est dérangeant. L'histoire suit Todd pendant toute son adolescence, mais justement, on finit par se rendre compte qu'il n'a jamais eu d'adolescence. Ce gamin a été perverti dès son plus jeune âge, et - contrairement à La rédemption de Shawshank, où l'espoir et la rédemption sont deux éléments intrinsèquement liés aux personnages principaux - lorsque l'on arrive à la fin de la nouvelle, on finit par se rendre compte que le destin de Todd était scellé bien avant sa rencontre avec Düssander.
Ce que j'ai trouvé dérangeant, voire carrément malsain, c'est la manière dont King dépeint le caractère de Todd. Il est issu d'une famille aisée. Ses parents l'aiment. Il est un garçon brillant. Alors comment a-t-il pu aussi mal tourné? Finalement, la seule chose que j'ai aimé c'est la morale véhiculée par la nouvelle : qui est le véritable monstre? Celui qui a passé sa vie à torturer, massacrer des Juifs? Ou celui qui prend plaisir à se faire raconter ces histoires, à fantasmer dessus? Vous jugerez par vous-même.
- le Corps : Véritable ode à l'amitié, cette nouvelle se situe à Castle Rock (la ville fictive préférée de l'auteur). Gordon Lachance, est le narrateur de cette nouvelle. Il a 12 ans, un âge où l'on profite des derniers moments de tranquillité et d'insouciance avant de plonger dans la dure réalité du monde. Gordon a perdu son grand frère, mort dans un accident de voiture. du fait de cette perte, ses parents ont tout simplement ignoré Gordon (il se qualifie lui-même d'homme invisible). Ce dernier a donc trouvé du réconfort auprès de ses meilleurs amis, aussi paumés que lui : Vern Tessio, Teddy Duchamp et Chris Chambers.
Un jour, les garçon apprennent la localisation du corps d'un garçon de leur âge, percuté par un train. Poussés par la curiosité morbide et surtout par un désir d'aventures, les quatre amis décident d'aller le trouver et d'en revendiquer sa découverte auprès de la police locale.
Le Corps est une très bonne nouvelle. A travers les yeux de Gordon, on découvre les joies de l'amitié mais aussi ses peines. La nouvelle s'apparente également à l'apprentissage de la dure réalité de la vie. Ici, pas de happy end en perspective. Ce n'est pas parce qu'on est jeune qu'on est invincible. Mais qu'importe...pendant un automne, Chris, Teddy, Vern et Gordon l'ont cru...et c'est ça qui compte.
Je vous la conseille, avec un petit paquet de mouchoirs à côté...juste au cas où
- La méthode respiratoire : Cette nouvelle m'a laissé un sentiment mitigé, qui est probablement dû à la manière dont King introduit l'histoire. Il s'agit de son classique "histoire dans une histoire". La méthode respiratoire n'est pas l'histoire racontée par le narrateur, le Dr Emlyn McCarron, mais celle narrée par un de ses confrères, lors d'une réunion d'un club new-yorkais, plus que mystérieux, où les membres aiment se raconter des histoires macabres (un peu comme nous, quand nous étions en colo...si, attendez vous n'allez pas me faire croire que vous n'aimiez pas vous serrez autour d'un feu de camp en imaginant des histoires horribles et terrifiantes?).
Si la première partie - la découverte du club par le narrateur - ne me paraît pas très intéressante, la seconde - où l'histoire de la Méthode respiratoire apparaît - a plus capté mon attention.
Au final, il n'y avait peut-être pas de quoi. La Méthode respiratoire raconte le combat d'une jeune femme, Sarah, qui se retrouve enceinte alors qu'elle n'est pas mariée. Or, à l'époque, ce n'était pas très bien vu (à ce propos, il y a une scène que je trouve absolument magnifique dans ce récit, celle où Sarah achète une alliance pour éviter le regard des autres...elle est tellement juste et criante de vérité, j'avais vraiment envie de pleurer).
Sarah va poursuivre sa grossesse toute seule, jusqu'à l'accouchement...qui est quelque peu surréaliste voire carrément hallucinant.
Au final, l'histoire n'est pas macabre...pas vraiment, et c'est la raison pour laquelle j'ai été un peu déçue. Je me suis dit qu'avec un club d'histoires macabres j'allais être au paradis. J'ai mis ça sur le compte de l'esprit de Noël.
Différentes saisons est un recueil que je vous conseille de lire. Toutes les nouvelles sont bien écrites (encore une fois, mes critiques portent sur le fond et non sur la forme...à part pour La Méthode Respiratoire. Mais je ne suis pas fan du style d'écriture de l'histoire dans l'histoire dans l'histoire en règle général).
+ Lire la suite
Commenter    J’apprécie          124
LiliGalipette
LiliGalipette12 juillet 2014
  • Livres 5.00/5
Espoir, éternel printemps – Rita Hayworth ou la rédemption de Shawshank
Andy Dufresne entre dans la prison de Shawshank pour une longue peine. Jugé coupable d'avoir assassiné son épouse et l'amant de celle-ci, il est pourtant innocent. Durant toutes les années de sa captivité, refusant de laisser enfermer, il prépare une spectaculaire évasion dont le premier élément est un poster de Rita Hayworth. C'est l'histoire de cette évasion que raconte le narrateur « Andy était cette part de moi qu'ils n'ont jamais pu enfermer, la part de moi qui se réjouira quand finalement le portail s'ouvrira et que je sortirai, vêtu d'un costume minable, avec vingt dollars me brûlant les poches. […] de cette part, tout simplement Andy en avait plus que moi et il s'en est mieux servi. » (p. 118) le film de Frank Darabont avec Tim Robbins et Morgan Freeman m'avait beaucoup plu et cette lecture me donne furieusement envie de le revoir.
Été de corruption – Un élève doué
Todd Bowden est un bon garçon, bien élevé, intelligent. Impossible de comprendre son attitude quand il démasque un ancien officier nazi dans le voisinage : au lieu de le dénoncer aux autorités, il le presse de questions et veut toujours plus de détails. « Pourquoi viens-tu ici déranger un vieillard ? Peut-être, comme tu le dis, étais-je autrefois un nazi. Et même un SS. Maintenant, je suis vieux, c'est tout, et je dois prendre un suppositoire pour faire fonctionner mes intestins. Alors, qu'est-ce que tu veux ? / / Eh bien… je veux qu'on me raconte. C'est tout. C'est tout ce que je veux. Vraiment. » (p. 152) Hélas, la fascination macabre du garçon pour le passé de l'officier nazi va virer à l'obsession, au chantage et au sadisme. Peu à peu, le rapport de force s'inverse et s'annule : le gamin et le vieux deviennent deux monstres liés l'un à l'autre par la honte et l'horreur.
L'automne de l'innocence – le corps
Billy, Vern, Teddy et Chris tuent le temps avant la rentrée des classes. Ce sont les derniers jours des vacances d'été. Pour marquer le coup et tenter de devenir des héros, ils partent à la recherche du cadavre d'un jeune garçon. Ces quelques jours arrachés à la monotonie et à l'ennui les feront passer de l'enfance à l'adolescence quand l'aventure entre copains se heurte à la brutale réalité. « le gosse était mort. le gosse n'était pas malade, il n'était pas endormi. le gosse n'allait plus jamais se lever le matin ou attraper la chiasse en mangeant trop de pommes ou cueillir de la vigne vierge. […] le gosse était déconnecté de ses baskets sans aucun espoir de réconciliation. Il était mort. » (p. 504) le film de Rob Reiner avec Wil Wheaton et Kiefer Sutherland est un bijou d'émotion qui colle très exactement au texte.
Un conte d'hiver – La méthode respiratoire
À New York, il existe un club d'hommes très fermé. Les participants s'y retrouvent pour lire, discuter ou jouer aux cartes, comme dans tous les clubs. Mais pour Noël, ils ont l'habitude de se raconter des histoires surnaturelles. L'une d'elles est particulièrement étrange et relate l'accouchement d'une femme grâce à une étonnante méthode respiratoire. « Quel mal y aurait-il, au nom du ciel, à raconter à ma femme une soirée parfaitement innocente dans le club vieillot de mon directeur… et même s'il y avait quelque chose de mal, qui le saurait jamais ? » (p. 559) Et pourtant, le personnage principal se garde bien d'évoquer ses rencontres avec son épouse, tout comme il évite de poser trop de questions à l'étrange majordome, en dépit du malaise qui l'assaille quand il passe la porte du club.
Ni tout à fait romans, ni tout à fait nouvelles, ces quatre textes suffisent à prouver l'étendue du talent du King. Capable de nous tenir en haleine avec les histoires les plus simples ou de nous faire frissonner d'horreur devant les pires avanies, Stephen King sait parfaitement ce qu'il fait de ses lecteurs et comment les atteindre. Encore, ai-je envie de dire ! Heureusement que je n'ai pas tout lu de cet auteur !
+ Lire la suite
Commenter    J’apprécie          150
Cyril34
Cyril3404 octobre 2015
  • Livres 4.00/5
Les quatre longues nouvelles qui composent le recueil sont à l'image des saisons dont elles s'inspirent : différentes par leur thème et leur atmosphère mais indissociables les unes des autres. En guise de toile de fond, un ciel blafard contre lequel plane une ombre : le spectre corrupteur de la société américaine.
On entre dans la ronde sur une note d'espoir aux accents de fantaisie. Puis, à mesure que les saisons défilent, le lugubre filtre, le malsain s'insinue. On sent bien que King a du mal à museler sa marotte et c'est sur une scène d'une horreur poignante que s'achève le cycle.
Mention toute particulière au duel psychologique que se livrent cet adolescent aux dehors lisses mais profondément dérangé et cet ancien nazi. Les liens cannibales et parasites qu'ils tissent l'un l'autre se tendent, se distendent, se tordent, s'étranglent, laissant le lecteur hors d'haleine.
Un King (presque) sans monstre ni fantôme, mais pas sans frisson !
Commenter    J’apprécie          210
meeva
meeva26 juillet 2014
  • Livres 5.00/5
Quatre nouvelles dans ce recueil :
Rita Hayworth et la Rédemption de Shawshank :
Excellent !
Le narrateur Red a un phrasé très agréable à suivre.
Le personnage principal Andy Dufresnes est impeccable, juste un peu énigmatique. Il semble planer, un peu comme un ange, au-dessus de toutes les horreurs de la prison.
Il y a une histoire, même du suspense mais pas de fantastique, pas d'effusion d'horreur.
Par contre, l'atmosphère de la prison qui est décrite, les rapports entre les prisonniers et entre les gardiens et les prisonniers rend bien compte de l'horreur du système carcéral.

Je signale une adaptation au cinéma de cette nouvelle sous le titre Les évadés, par Frank Darabont en 1994, avec Tim Robbins et Morgan Freeman respectivement dans le rôle principal et le rôle du narrateur.
J'ai vu le film (de nombreuses fois) avant de lire le livre. Et je trouve, une fois n'est pas coutume, que l'adaptation est excellente elle-aussi :
De nombreux passages sont repris textuellement ; à la lecture de la nouvelle, plusieurs fois j'entendais la voix de Morgan Freeman, d'où peut-être mon impression d'un phrasé particulier.
Les modifications que j'ai remarquées me semblent donner encore plus de force à l'histoire ou au message ;
par exemple, ce qu'il advient du bibliothécaire lorsqu'il sort de prison ;
ou encore comment Andy est débarrassé des « chiennes » ;
la présence plus importante du gardien Hadley ;
ce qu'il advient du jeune détenu Tommy ;
le dernier matin qui est décrit dans la prison ;
le développement bien plus important dans le film de la dernière action d'Andy ;
et même le sort réservé au directeur de la prison, qui s'est fait berné par Andy (ce qui n'est pas le cas dans la nouvelle).
Finalement le film me semble plus soigné que la nouvelle.
Cela dit, je n'ai pas été déçue de lire cette nouvelle, même en connaissant déjà l'histoire, mais cela m'a donné furieusement envie de revoir le film.
Stephen King s'attarde pas mal sur l'idée de réhabilitation : Red est une personne importante dans la prison mais il sait qu'une fois sorti, il ne sera plus rien.
Cette idée m'avait marquée dans Les anges meurent de nos blessures, de Yasmina Khadra : un des personnages dit qu'il a vu un caïd se faire rabrouer par un simple guichetier français (quelque chose dans ce genre-là).
Un raté peut être quelqu'un qui a réussi dans un autre milieu que le nôtre, avec d'autres valeurs que les nôtres. Et quand nos marmots virent mal, il ne faudrait pas oublier de leur garder un peu de respect.

Un élève doué :
Des personnages à la psychologie bien dérangeante, bonne nouvelle, une fin un peu brutale peut-être.

Le corps :
Ah ! J'ai aimé la bande de gamins des Cités d'Or, j'ai aimé la bande de gamins de Çà, j'ai aimé la bande gamins de cette nouvelle.
Là encore quelques réflexions sur les chances de réussite qu'on laisse à certains gamins, qui ne viennent pas des bonnes familles…

La méthode respiratoire :
Non là je dois dire que celle-ci m'a complètement échappée ; pas vu l'intérêt, voire même pas compris…
+ Lire la suite
Commenter    J’apprécie          81
Joualvert
Joualvert04 juin 2015
  • Livres 4.00/5
Recueil de 4 romans courts qui démontre bien la versatilité de S. King. Je connaissais 3 de ceux-ci pour avoir vu les films que j'avais trouvés très bons, spécialement ''Shawshank redemption'' (''Les évadés'' en France) et ''Stand by me''. À l'époque de leur écoute, j'étais loin de me douter qu'ils étaient basés sur des histoires de S. King ! Je me suis replongé dans ces 2 histoires avec plaisir. ''Un élève doué'' est macabre à souhait et propose une situation intéressante, une espèce d'amitié malsaine et toxique. Dans la dernière, ''La méthode respiratoire'', totalement inédite pour moi, le fantastique se pointe le bout du nez, et j'ai vraiment apprécié les deux parties distinctes qui la composent.
Comme toujours, une lecture fort plaisante et je suis à nouveau admiratif devant ses idées d'histoires.
Commenter    J’apprécie          160
Citations & extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
Malahide75Malahide7524 mai 2013
Il est parti en riant, d'un pas souple et gracieux, comme s'il n'avait pas mal, autant que moi, comme s'il n'avait pas des ampoules, autant que moi, comme s'il n'avait pas été piqué et taraudé par les moustiques, les chiques et les mouches noires, autant que moi. Comme s'il n'avait aucun souci au monde, comme s'il allait retrouver un appart superbe au lieu d'une maison de trois pièces (une baraque, plutôt) sans eau courante, avec des carreaux cassés recouverts de plastique et un frère qui l'attendait probablement à l'entrée.
Même si j'avais su ce qu'il fallait dire, je n'aurais peut-être rien dit. La parole détruit les fonctions de l'amour, me semble-t-il - Qu'un écrivain dise ça peut paraître énorme, mais je crois que c'est vrai. Ouvrez la bouche pour dire à un cerf que vous ne lui voulez aucun mal et vous le voyez filer avec un bref coup de queue. Le mot fait mal. L'amour n'est pas ce que ces trouducs de poètes comme McKuen veulent vous faire croire. L'amour a des dents et ses morsures ne guérissent jamais. Aucun mot, aucune combinaison de mots, ne peut refermer ces morsures d'amour. C'est l'inverse qui est vrai, ironiquement. Quand ces blessures cicatrisent, ce sont les mots qui meurent. Croyez-moi. j'ai fait ma vie avec les mots, et je sais que c'est vrai.
+ Lire la suite
Commenter    J’apprécie          90
darkmoondarkmoon31 mai 2013
On peut en venir à révéler ce qui vous coûte le plus à dire et voir seulement les gens vous regarder d'un drôle d'air, sans comprendre ce que vous avez dit ou pourquoi vous y attachez tant d'importance que vous avez failli pleurer en le disant. C'est ce qu'il y a de pire, je trouve. Quand le secret reste prisonnier en soi non pas faute de pouvoir l'exprimer mais faute d'une oreille qui vous entende.
+ Lire la suite
Commenter    J’apprécie          170
darkmoondarkmoon17 mai 2013
Nous sommes contents qu'il soit parti, mais un peu tristes aussi. Certains oiseaux ne sont pas faits pour être mis en cage, c'est tout. Leurs plumes sont trop colorées, leur chant trop libre et trop beau. Alors on les laisse partir, ou bien ils s'envolent quand on ouvre la cage pour les nourrir. Une part de vous, celle qui savait au départ qu'il était mal de les emprisonner, se réjouit, mais l'endroit où vous vivez se retrouve après son départ d'autant plus triste et vide.
+ Lire la suite
Commenter    J’apprécie          120
darkmoondarkmoon04 juin 2013
Ce qu'il y a de plus important, c'est le plus difficile à dire. Des choses dont on finit par avoir honte, parce que les mots ne leur rendent pas justice - les mots rapetissent des pensées qui semblaient sans limites, et elles ne sont qu'à hauteur d'homme quand on finit par les exprimer.
Commenter    J’apprécie          160
LiliGalipetteLiliGalipette12 juillet 2014
« Andy était cette part de moi qu’ils n’ont jamais pu enfermer, la part de moi qui se réjouira quand finalement le portail s’ouvrira et que je sortirai, vêtu d’un costume minable, avec vingt dollars me brûlant les poches. […] De cette part, tout simplement Andy en avait plus que moi et il s’en est mieux servi. » (p. 118)
Commenter    J’apprécie          100
Videos de Stephen King (104) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Stephen King
La chronique de Jean-Edgar Casel - Carnets noirs
autres livres classés : nouvellesVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Le quiz Stephen King !

Quel est le premier livre de King a avoir été publié ?

Shining
Dead Zone
Carrie
Salem

10 questions
859 lecteurs ont répondu
Thème : Stephen KingCréer un quiz sur ce livre
. .