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ISBN : 2226422722
Éditeur : Albin Michel (08/03/2017)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.87/5 (sur 50 notes)
Résumé :
Dans la chambre 217 du Service des Traumatismes Crâniens de la région des Grands Lacs, quelque chose vient de se réveiller. Quelque chose de Maléfique.
Brady Hartsfield, auteur du massacre à la Mercedes où huit personnes ont été tuées et bien plus gravement blessées, a passé cinq années dans un état végétatif à la Clinique des Lésions Cérébrales Traumatiques. Selon ses docteurs, il est très peu probable qu’il récupère complètement. Mais, derrière la bave et l... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
Antyryia
17 mars 2017

Pas plus tard qu'hier, je me suis surpris à contempler longuement l'écran de veille d'un ordinateur, au bureau. Des bulles de différentes couleurs s'y déplaçaient doucement, se télescopaient avant de rebondir dans une autre direction. Pendant cinq bonnes minutes, je n'ai plus du tout prêté attention à ce qui se disait autour de moi. J'étais comme fasciné par cette danse harmonieuse, par ces ronds qui passaient par toutes les gammes chromatiques de l'arc-en-ciel et qui n'en finissaient pas d'aller et venir d'un bord à l'autre de l'écran, à un rythme toujours très lent. J'étais comme hypnotisé.
Et j'ai surtout davantage réalisé les dégâts que pouvait provoquer la démo de "Fishin' Hole", ce jeu vidéo en apparence innocent à l'honneur dans le roman.
Parce que si Brady Hartsfield avait été dans le coin, j'aurais probablement fini par ouvrir la fenêtre et c'est à l'état de crêpe qu'on m'aurait retrouvé sur le macadam, vingt mètres plus bas.
J'attendais avec impatience ce troisième tome de Mr Mercedes. J'avais en effet beaucoup aimé les deux premiers et bien qu'il s'agisse d'une incursion de Stephen King dans la littérature policière, je l'avais trouvé incorrigible quand, dans le second ( Carnets noirs ), il avait attribué à un Brady paralysé sur son lit d'hôpital des pouvoirs de télékinésie. A croire que l'auteur américain ne pouvait s'empêcher d'intégrer du surnaturel, même dans une série de romans noirs. L'idée me ravissait tant les possibilités semblaient infinies avec ce virage à 180°, d'autant plus que Brady fait indubitablement partie de ces méchants qu'on adore détester tant ils sont dérangés, manipulateurs et sournois.
Nouvelle confrontation avec l'Off - ret Bill Hodges ? de nouvelles règles du jeu et un équilibre des forces revu et corrigé ? C'était vraiment prometteur. Sans doute trop.
Comme dans les deux volets précédents, Fin de ronde s'ouvre sur cette scène de cauchemar devant le City Center, où une voiture folle joue au bowling avec des êtres humains en guise de quilles. Cette fois, nous suivrons le point de vue et l'intervention des ambulanciers, qui parviendront notamment à sauver la vie d'une des victimes de ce carnage matinal. Martine Stover demeurera néanmoins tétraplégique et six ans plus tard, il semblerait que sa mère l'ait aidé à quitter ce monde avant de se suicider. Responsable de l'enquête, Pete préviendra son ancien coéquipier Bill Hodges. Il ne s'agit pas du premier incident de ce genre ayant un rapport indirect avec le prince du suicide Hartsfield et même si ce dernier n'est plus en mesure de faire de mal à qui que ce soit, un léger doute subsiste sur son éventuelle implication.
Accompagné de sa fidèle et excentrique associée Holly, Bill mènera une enquête parallèle à celle de la police dont le point de départ sera un Zappit retrouvé sur les lieux du crime, c'est à dire une console de la forme d'une game-boy mais avec des jeux intégrés.
"- Brady Hartsfield aimait le suicide, murmure-t-elle. C'était son hobby."
Comme vous l'aurez compris, Mr Mercedes est quant à lui dans un piètre état depuis qu'Holly est parvenue à le mettre hors d'état de nuire. Sa dernière tentative d'attentat s'est en effet soldée par un crâne fracassé d'un sac de billes.
"Pas loin de l'état de mort cérébrale.", "Il n'y a plus rien à l'intérieur de lui, Bill.", "Hartsfield est parti au pays des légumes.", "Aussi inconsistant qu'un bol de porridge."
Et pourtant ... Bill a toujours eu une incertitude sur la réelle mise hors-circuit de son ennemi juré.
"Il mérite l'oscar des traumatisés du cerveau, pas de doute là-dessus."
Une infirmière le mettait au courant des rumeurs folles qui circulaient au sujet de son patient, qui serait capable malgré son apparente léthargie de déplacer des objets par la force de l'esprit.
Soigné par le docteur Babineau avec un traitement non homologué, l'architecte du suicide serait-il en fin de compte plus en forme que jamais ?
"En tant qu'être physique, il était pour ainsi dire fini."
Le cerveau de Brady tourne en revanche à plein régime et va reprendre exactement là où il s'était arrêté, mettant sur place un nouveau plan machiavélique.
L'aspect fantastique que j'attendais tant est donc bel et bien présent. Hartsfield se découvre de nouvelles capacités, en plus de la télékinésie, qui feraient presque de lui un super-méchant de comics s'il n'y avait pas eu une volonté de l'auteur de rationaliser au maximum ces pouvoirs. En réalité, j'ai eu souvent l'impression de lire un roman fantastique qui ne s'assumait pas entièrement.
Quant au fameux plan de Brady, si j'ai aimé que ce taré puisse malgré sa déchéance continuer à exercer une certaine forme de contrôle sur ses proies en leur suggérant que leur vie ne valait pas la peine d'être vécue ( comme il l'avait déjà fait dans Mr Mercedes ), j'ai trouvé son idée tellement complexe dans sa mise en oeuvre que je me suis parfois perdu en chemin, ne retenant que l'essentiel. Mélange indigeste ( pour moi ) d'électronique, d'informatique et de paranormal, j'avoue m'être parfois déconnecté de la trame vengeresse dont je n'ai pas assimilé tous les rouages. L'intrigue a selon moi souffert d'un manque de fluidité avec cette longue justification et mise en place d'un plan qu'on ne pouvait de toute façon qu'accepter sans y croire véritablement.
Ce troisième volet est donc à mon avis un peu en deçà des deux précédents, mais il n'est pas non plus à éviter. Il répète d'une certaine façon le duel qui opposait Brady et Bill dans le premier tome, mais dans des circonstances radicalement différentes. Brady parviendra-t-il enfin à se venger du flic retraité qui lui a mis tant de bâtons dans les roues ? ( "Hodges méritait plus qu'une balle dans le ventre suivie de dix ou quinze minutes d'agonie. Bien plus." ). le livre offrira en tout cas une ingénieuse conclusion à leur affrontement.
Au-delà de la réflexion sur les dangers des jeux vidéos ou des réseaux sociaux, ce tome a surtout été pour moi synonyme du plaisir de retrouver les protagonistes des tomes précédents. Brièvement on retrouvera Tom Saubers, autre victime de la Mercedes et principalement protagoniste de Carnets noirs. Brady revient sur le devant de la scène et permet quelques moments d'anthologie de par son aspect parasitaire et c'est avec un malsain plaisir qu'on retrouve notre taré de service en très grande forme malgré les apparences. Et puis bien sûr, l'équipe de Finder's keepers est là au grand complet. Jérôme tardera un peu à apparaître mais sa soeur Barbara nous aidera à patienter. Holly quant à elle est toujours parfois maladroite ou stressée ( "Holly a beau avoir des troubles de la personnalité, elle sait très bien arriver à ses fins." ) mais elle a pris beaucoup d'assurance également, en particulier au contact de son associé et ami Bill Hodges. Notre détective sans licence devra quant à lui lutter sur différents fronts puisque les mauvaises nouvelles n'arrivent jamais seules, et le retour de Brady coïncidera avec de graves problèmes de santé. Et Stephen King est toujours aussi talentueux pour rendre réels, sincères et émouvants ses personnages.
Une dernière petite parenthèse pour évoquer certains choix musicaux qu'a fait Stephen King pour ses personnages. Je pense en effet qu'y retrouver Ozzy Osbourne ( "Il va sur BAM-100 et tombe sur du Black Sabbath à l'époque où Ozzy était un mec cool" ) ou Judas Priest ( "Il allume la radio, se trouve un bon Judas Priest, et monte le son." ) n'a rien d'un choix hasardeux.
Ozzy Osbourne a en effet chanté "Suicide solution" sur Blizzard of Ozz, album qu'écoutait en 1986 un adolescent dépressif au moment de son suicide.
Quant à Judas Priest, c'est en 1985 que deux jeunes américains vont écouter en boucle l'album "Stained Class" en fumant de l'herbe avant de passer à l'acte.
Mis en accusation, les anglais sont passés en justice cinq ans plus tard, accusés d'avoir dissimulé des messages subliminaux dans cet album.
Passé à une certaine vitesse, on pouvait entendre sur le disque : Let's be dead - Try suicide - Do it ( Soyons morts - Essaie le suicide - Fais le ).
Je tiens à préciser que dans les deux cas, les artistes ont été mis hors de cause.
Il n'en reste pas moins que les messages subliminaux existent.
Et ça n'est pas Brady Hartsfield, "cet enfoiré de prince du suicide", qui prétendra le contraire.

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frgi
25 mars 2017
Je viens de terminer ce troisième tome de la trilogie et comme le laissait présager le final de "Carnets noirs", après deux tomes exempts de tout soupçon de fantastique, Stephen King a retrouvé ses habitudes en nous offrant un thriller fantastique.
Pour ma part, je dois dire que j'ai avalé ce roman à vitesse vv', aidé par un écriture fluide et par des chapitres très courts, chose très rare chez Stephen King, qui accélèrent grandement le récit.
Donc, pour moi, une nouvelle grande réussite du Maître ... Vivement le prochain ... Merci Maestro, cela fera bientôt 30 ans que je me réjouis à (presque) chacun de vos romans !
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bilodoh
10 octobre 2016
Un esprit criminel a pour but de provoquer le suicide de centaines de personnes, ce dernier volet de la trilogie n'est pas un polar, mais relève plutôt de la science-fiction fantastique. Les personnages déjà développés dans Mr Mercedes et Carnets noirs sont de retour, dans une intrigue qui tient en haleine, mais effleure aussi des sujets douloureux, qui font en quelque sorte partie de l'horreur de notre réalité quotidienne.

Le suicide, c'est 40 000 personnes par an aux USA. Selon l'OMS, dans le monde, c'est 800 000 personnes par an, une personne toutes les 40 secondes. Avec un peu de calcul, en cinq ans ce sera 4 millions de personnes! Et c'est la deuxième cause de mortalité chez les jeunes, provoquant des vagues de suicide trop souvent alimentées par les réseaux sociaux…
Pour compléter le drame, Bill Hodges, le policier retraité héros de la série, est malade. Il doit de toute urgence voir son médecin. Serait-ce le monstre du cancer qui se profile à l'horizon? Et si c'est le cas, cela vaudra-t-il la peine d'entreprendre des traitements même si les chances de succès sont minces? Et n'est-il pas plus important de continuer l'enquête, d'arrêter d'abord les agissements meurtriers?

Pour apprécier la prose de King, il faut accepter le « paranormal » et se laisser entraîner dans cet imaginaire fantastique où la télékinésie devient possible. Mais ses images fortes sont aussi ancrées dans la réalité, nous offrant un miroir des monstres qui se cachent dans les rouages nos sociétés ou au fond de nous-mêmes.

(Il s'agit de la version originale anglaise sortie en juin 2016, car la traduction française n'est pas encore disponible au moment où j'écris cette critique.)
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Annabelle19
20 octobre 2016
Dans End of watch, et après Finders Keepers qui introduisait de nouveaux personnages, on reprend le schéma de Mr Mercedes, en forme de lutte entre Hodges et Brady Hartsfield.
Brady a acquis de nouveaux pouvoirs et, depuis son hôpital où tout le monde le croit catatonique, il cherche le meilleur moyen de les utiliser pour faire le plus de mal possible autour de lui, tout en se vengeant dans le même temps de Hodges. le détective et sa partenaire, Holly, sont bientôt alertés par une série de suicides étranges, et qui semblent liés à Hartsfield. Brady va peu à peu déployer ses plans aussi astucieux que démoniaques, bien à l'abri derrière les marionnettes qu'il contrôle et la certitude de tous - y compris Hodges - qu'il est enfermé dans sa chambre d'hôpital ainsi que dans son propre corps, impuissant.
J'aime bien comment chaque roman de la trilogie a commencé par le massacre de City Center. Chaque fois, on se concentre sur un point de vue différent. Dans ce tome, c'est celui des secours que l'on suit, et l'horreur ressentie devant l'ampleur des dégâts. On nous montre aussi que, même des années après, l'attaque a laissé des traces, des vies ont été détruites pour toujours et des gens sont condamnés à souffrir toute leur vie.
Le danger posé par le jeu dont Brady se sert sonne tellement vrai : qui ne s'est jamais trouvé fasciné, malgré lui, par un petit jeu complètement stupide où il suffisait de regarder l'écran et de cliquer ici et là régulièrement ? C'est le genre de truc légèrement hypnotique qui nous fait perdre la notion du temps et nous donne l'étrange sensation que notre cerveau est aspiré par la machine, pour ne laisser que du vide à la place. Dans End of watch, les jeux deviennent réellement débilitants. L'analogie est inquiétante, en plus d'être extrêmement bien trouvée.
Dès le premier roman, Mr Mercedes, Brady m'a fascinée par sa capacité à élaborer des plans compliqués comme un joueur d'échecs. Ici encore, on voit comment il a construit patiemment sa machination, année après année, comme un architecte ou, mieux encore, une araignée qui tisse sa toile discrètement, lentement. Il se révèle plus maléfique que jamais grâce à ses pouvoirs qui le transforment en petit démon, un démon qui se perche sur votre épaule et vous murmure des choses à l'oreille.
Le roman s'intéresse particulièrement à son obsession du suicide, présente depuis le tout début, et qui est un moyen pour lui d'avoir le contrôle total sur les gens : il ne tue pas ses victimes de ses mains, il n'a même pas besoin de les toucher, il peut les forcer à mettre eux-même fin à leurs jours.
Les capacités qu'il possède font que les plans de Hartsfield ont gagné en ampleur : il a le moyen d'atteindre qui il veut, plus personne n'est à l'abri.
Son pouvoir est expliqué scientifiquement : il semble être le fruit d'expériences pratiquées sur lui pour remettre son cerveau en état. On n'est pas dans le surnaturel pur et dur, Brady n'a pas non plus vendu son âme au diable ou que sais-je encore. On conserve une part de réalisme malgré l'incursion dans le fantastique, et cela contribue à forger l'aura terrifiante de Hartsfield.
Le roman parle aussi de sujets délicats et bien ancrés dans notre réalité : le thème du suicide chez les adolescent qui, comme le livre le rappelle, est très répandu et constitue une véritable menace, et celui de la maladie, cet ennemi insidieux qui peut naître en vous et faire des dégâts mortels. Cette capacité qu'a Stephen King à jongler entre la terreur particulière causée par un individu unique en son genre et complètement dérangé, et celle, plus intime, plus quotidienne, présente autour de chacun de nous, de dangers tels que ceux-là, est ce qui donnera toujours une saveur particulière à ses romans pour moi. Un goût de vrai, parce que Hodges a beau vouloir éliminer sa Némésis avant qu'elle ne ravage le monde, il ne peut oublier, à aucun moment, le mal qui le ronge de l'intérieur et qui, au final, est bien le plus dangereux des deux.
Brady possède une aptitude fascinante pour repérer très vite l'étendue du mal qu'il pourrait causer grâce aux outils à sa disposition. Je me suis régalée de chaque plongée dans son esprit délicieusement tordu. On voit qu'il ne peut se satisfaire bien longtemps d'une vie simple, il a besoin de détruire les autres, d'avoir du pouvoir et du contrôle sur eux pour être heureux. Ce pouvoir qu'il acquière, on ne le verra pas une seule seconde s'imaginer s'en servir autrement que pour blesser ou terroriser ceux qui l'entourent. Brady ne pense qu'au mal qu'il peut faire, c'est tout ce pour quoi il existe.
J'ai préféré cet épisode au précédent, parce que Finders Keepers (Carnets noirs en français) était un peu une parenthèse dans le récit à mes yeux, et parce que je suis une grande fan de Brady Hartsfield (au cas où vous n'auriez pas remarqué) : les antagonistes dans son genre, intelligents et machiavéliques à souhait, c'est tout ce que j'aime !
La tension ne fait que grimper au fil des pages et le suspense va crescendo sur la fin, c'est le même schéma que pour les deux premiers tome, avec un enjeu de vie ou de mort et la nécessité d'aller vite, très vite. le final est une véritable apothéose qui nous colle à notre fauteuil.
J'ai trouvé la conclusion du bras de fer Hodges / Brady satisfaisante, même si j'aurais bien aimé quelque chose d'un peu plus ouvert, qui nous laisserait avec certaine craintes.
Bon, c'est sûrement ma tristesse de voir la fin de cette série arriver qui parle. Stephen King a, de toute évidence, voulu clôturer clairement cette intrigue avec laquelle il en a, visiblement, terminé.
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gruz
13 mars 2017
Stephen King ne fait rien comme les autres. En se lançant dans une trilogie estampillée « thriller », il aurait pu proposer trois romans linéaires. Que nenni, chaque composante de cette triade noire a sa propre personnalité : thriller plutôt classique avec Mr Mercedes, développement sur le pouvoir de la fiction avec Carnets noirs. Et retour brutal au fantastique avec cette Fin de ronde.
Le point commun à toute cette histoire ? le maintenant ex-inspecteur Hodges et sa clique rapprochée, confronté à Brady Hartsfield. Un être malfaisant de plus – mais non des moindres – à ranger dans sa penderie de nuisibles. Fin de ronde est la confrontation finale entre deux mondes qui s'affrontent.
Rien n'est jamais si simple avec le King. Même si, avec cette trilogie, il a avant tout voulu (se) distraire, chaque tome à sa propre et marquante personnalité. Cette fois-ci, la toile de fond est internet et le pouvoir incontrôlable des réseaux-sociaux. le vrai pouvoir de l'esprit sur la matière, comme il le dit si bien (pour le meilleur et surtout pour le pire). Hypnotique, concentrateur et manipulateur.
Il joue sur cet instinct grégaire qui se développe à travers internet, tout comme il fait jouer son méchant de service avec nos peurs liées au rejet. A travers cette idée, il construit une véritable épidémie qui imprime le rythme de ce roman mi-thriller mi-fantastique.
Il n'y a bien que Stephen King pour ainsi proposer trois romans si différents tout en trouvant le liant nécessaire pour assembler le tout. Ce ciment, ce sont les personnages.
Difficile de rester insensible à ces personnages aux caractères si épais qu'on les croirait exister réellement. Des protagonistes qu'on aime (ou qu'on déteste), mais qui sont l'ADN même de ce récit en trois étapes. Je peux vous assurer que ça a été un crève-coeur de tourner la page en les quittant. Autant vous dire qu'il faut vraiment avoir lu les deux précédents épisodes pour profiter au maximum de l'expérience.
A mon sens, Fin de ronde ne restera pas comme un roman majeur de la bibliographie foisonnante du King. Je lui préfère d'ailleurs les deux précédents tomes. Ça n'enlève rien au talent inégalable de l'auteur qui a su donner corps à l'immatériel, donner vie à l'invraisemblable. Toujours avec la volonté de divertir, souvent en faisant passer quelques messages bien sentis, constamment en imprégnant son fort attachement aux personnages (tous ses personnages). Un bon roman du King serait un excellent roman pour n'importe quel autre auteur.
Fin de ronde est un roman résolument moderne et qui pourtant ne détonne absolument pas dans l'univers de Stephen King. le coté fantastique est comme toujours mis au service d'une peinture des relations humaines et de notre société. Une allégorie du mal-être et de la vacuité de nos sociétés dites civilisées.
Les habitués ne seront pas dépaysés avec la récurrence de certaines thématiques chères à l'auteur, comme par exemple ces pouvoirs paranormaux qui apparaissent après un coma (remember Dead zone). Mais Stephen King sait se réinventer constamment à travers ses obsessions, ce qui fait qu'on n'a jamais l'impression qu'il tourne en rond.
De l'amorce jusqu'au ferrage, Fin de ronde ne nous fait pas lâcher la prise, et on se sent comme un poisson dans l'eau en retrouvant cet univers si accrocheur (à l'image du final aussi tendu qu'émouvant). C'est bien le moins que l'on puisse attendre d'un roman du maître, non ? Un Stephen King bien loin d'avoir fini sa ronde.
Lien : https://gruznamur.wordpress...
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Les critiques presse (2)
LaPresse27 mars 2017
On en ressort quand même un peu déçu (la voie réaliste, le ton au noir aurait si bien convenu à tout ce qui a été placé avant!), mais avec le très grand désir de retrouver un jour la fabuleusement étrange Holly.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Telerama01 mars 2017
Lecteurs innocents, passez votre chemin, ce livre est fait pour tous ceux qui connaissent déjà ce bon vieux Bill Hodges, flic retraité, et ses démêlés avec son ennemi juré, le psychopathe Brady Hartsfield.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (54) Voir plus Ajouter une citation
Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur22 avril 2017
Une dernière chose. "Fin de ronde " est une fiction, mais le nombre élevé des suicides - tant aux Etats-Unis que dans beaucoup d'autres pays où mes livres sont vendus - est beaucoup trop réel. Le numéro d'appel nationale de prévention du suicide donné dans ce livre est également réel.
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Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur22 avril 2017
Brady pensa, Voici le premier jour du reste de ma vie.

p. 123
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belette2911belette291121 avril 2017
— Ah, dit Pete. Dr Watson a vu quelque chose ?
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belette2911belette291121 avril 2017
— J’ai du mal à imaginer une tétraplégique assassiner quelqu’un… sauf peut-être dans un épisode d’Esprits criminels.
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natfrommarsnatfrommars14 avril 2017
Puis il se met au lit et regarde fixement l'obscurité, attendant le sommeil, ou l'aube, selon ce qui se présentera en premier.
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