AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2226319417
Éditeur : Albin Michel (12/10/2016)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 56 notes)
Résumé :
Un recueil de nouvelles auscultant les paradoxes de l'Amérique et abordant des thèmes tels que les souffrances individuelles et collectives, la vieillesse et la mort, la culpabilité, etc
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
Foxfire
19 décembre 2016
  • 4/ 5
Même si je pense que King n'est jamais meilleur que lorsqu'il écrit des romans fleuves, j'ai toujours apprécié ses nouvelles. C'est donc avec grand plaisir que je me suis plongée dans ce "bazar des mauvais rêves". Comme tout recueil, le résultat est inégal, il y a de l'excellent, du bon et du moins bon.
Je vais commencer par ce qui fâche, une nouvelle qui m'a mise en rogne, tant par sa faible qualité que par son propos. Ecrite à l'occasion du lancement de la Kindle, "Ur" met en scène la liseuse d'Amazon. Je ne suis pas forcément hostile au concept, d'autant plus que l'intrigue est plutôt sympa. Mais, une fois n'est pas coutume, c'est le traitement qui pêche. Il y a de grosses longueurs, je me suis souvent ennuyée. Et le récit ressemble parfois à une longue publicité. Je n'ai pas compter combien de fois les mots "kindle" et "amazon" apparaissaient mais c'est juste insupportable et transforme une histoire qui aurait pu être efficace en un produit bassement mercantile. Quant à certaines réflexions, je ne les ai simplement pas digérées. Je suis adepte de la lecture sur support papier, et je n'ai aucune intention de me mettre à la liseuse. Je comprends tout à fait qu'on puisse lire de cette façon (gain de place, économies) mais je n'apprécie pas que mon choix soit moqué par l'auteur. Libre à moi de penser que rien ne peut remplacer un livre papier et je pense que cette opinion ne fait pas de moi une ringarde, ou une "ancienne" selon les termes de King. Lorsque le personnage principal, d'abord hostile avant de succomber à la liseuse, dit à ses élèves (il est prof de lettres) que les livres sont des objets réels, des amis, évoquant l'odeur et le bruit du papier, il se voit répondre que les livres ce sont des idées et des émotions et que seul le contenu compte. Certes, le contenu reste le plus important mais l'émotion ne vient pas que des mots. Les sensations viennent aussi d'un rituel de lecture. La 1ère émotion que je ressens avec un livre est sensorielle, le toucher, la vue, l'odorat... Et selon moi, un des trésors offerts par la littérature est l'échange. Vous me direz qu'on peut partager des livres numériques. Certes. Mais ce partage n'est pas tout à fait le même qu'avec un livre papier, tout comme l'échange de fichiers MP3 n'a pas la même valeur émotionnelle que celui d'un vrai disque. Et j'ai bondi lorsqu'au détour d'une phrase le narrateur dit qu'il va en librairie "en partie mû par la pitié" car "même le chat qui passait le plus clair de sa vie à somnoler dans la vitrine paraissait mal nourri". Alors là, Stephen, ça ne passe pas. Si les libraires sont "mal nourris" c'est en grande partie à cause d'Amazon et consorts. Et l'amour des livres, c'est là qu'il est, en librairie, pas dans les entrepôts géants d'Amazon. Ce n'est pas par pitié que j'achète en priorité en librairie. C'est d'abord pour moi un acte de résistance (à petite échelle). Ensuite, c'est pour moi un plaisir, une joie que d'entrer dans un endroit rempli à craquer de bouquins. Et puis, un libraire qui parle et conseille avec passion, c'est autre chose qu'un algorithme "si vous avez aimé cela, vous aimerez...". Bref, sur ce coup King m'a vraiment déçue.
Mais je ne peux pas rester fâchée longtemps avec mon vieux pote Stephen lorsque je lis des petits bijoux tels que "Mile 81", "Morale", "Herman Wouk est en vie", "A la dure" ou "Nécro".
Si on retrouve certains éléments très classiques chez King (l'alcoolisme qui est un thème récurrent, les portraits de l'enfance toujours aussi justes, les héros écrivains...), on sent aussi que King a vieilli. La nostalgie de l'enfance est un peu moins au coeur des récits. Les thèmes de la vieillesse et des liens familiaux prennent une place très importante (évolution déjà visible dans les derniers romans du maître). A l'instar de "Premium Harmony", récit sans aucun élément surnaturel qui évoque la banalité d'une vie ordinaire avec justesse et subtilité. "Batman et Robin ont un accrochage" fait également la part belle à l'intime avec ce portrait d'un homme et son père atteint d'alzheimer. le ton réaliste et émouvant de cette tranche de vie se conclut sur une explosion de violence suffocante.
Certaines nouvelles sont aussi l'occasion de découvrir un King différent. Ainsi "Eglise d'ossements", une poésie en prose, révèle une facette inattendue de l'auteur.
Mais la nouvelle qui m'a le plus interpellée est sans conteste "le petit dieu vert de l'agonie". Cette nouvelle que King a écrite à la suite de son grave accident et qui a pour sujet la douleur physique, n'est peut-être pas la meilleure du point de vue littéraire mais elle m'a remuée de façon très intime. C'est à la lecture de ce genre de récit que je me dis que King a un talent rare pour mettre des mots sur les sensations les plus difficiles à décrire. Pour avoir connu un épisode de souffrance physique extrême (même si pour moi, cela a duré beaucoup moins longtemps que pour King), j'ai perçu toute la vérité qui transpire de ce récit. C'est à moi que King parlait. Lorsqu'il parle de la douleur comme d'une entité palpable, tangible, qui palpite à l'intérieur de soi, j'ai retrouvé ce que j'avais vécu. Lorsqu'un personnage dit à l'infirmière qu'elle a, la faute à l'usure du métier, oublié la compassion et l'empathie face au malade qui souffre, j'ai lu les mots que j'aurais voulu dire aux infirmières et aux médecins. King évoque si bien la douleur physique, ces moments où le corps n'est que torture, où on a tellement mal que rien n'existe en dehors... On ne se sent pas seul au monde, on se sent dans un autre monde... Et même une fois le corps guéri, une fois la souffrance disparue, on se souvient de ce "voyage au pays de la douleur", on la revit en cauchemars, elle n'atteint plus le corps mais a laissé une marque indélébile sur l'âme.
Rien que pour ce genre de miracles littéraires, Stephen King aura toujours pour moi une place à part, dans ma bibliothèque et dans mon coeur de lectrice.
Challenge Pavés 2016-2017- 4
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          4118
gruz
20 octobre 2016
  • 4/ 5
Stephen King nous donne de ses nouvelles. Vingt au total, accompagnées d'un gros supplément d'âme. Dix huit histoires inédites et deux déjà connues en français (« A la dure » édité dans la version poche de Nuit noire, étoiles mortes, et « Sale gosse » sorti en numérique pour marquer la venue du Maître à Paris en 2013). le tout accompagné d'une longue introduction et d'un texte introductif pour chaque nouvelle. Et ça, ça change tout.
Un mot sur ces textes de présentation, tout aussi passionnants que les nouvelles elles-même. L'auteur y fait preuve d'une telle proximité avec le lecteur qu'on a littéralement l'impression qu'il s'adresse directement à nous. Comme s'il nous susurrait à l'oreille la genèse de chaque histoire. Ça permet de poser un oeil différent sur son travail et ce qu'il a voulu proposer, et une autre perspective sur son inspiration. C'est juste fabuleux d'ainsi entrouvrir la porte de l'esprit du King et de découvrir techniques, motivations et mystères de son écriture.
Vingt histoires donc, certaines courtes, d'autres proches de la novella. du King pur jus mais pas seulement, du King à l'ancienne mode ou plus moderne, du King défendeur et intercesseur de la littérature américaine aussi.
L'auteur s'amuse dans ce bac à sable qui porte bien son nom. Un bazar, un bric-à-brac où l'on découvre pêle-mêle des univers aussi variés que ludiques, aussi étonnants que sombres.
Certaines histoires sentent fort le terreau des premiers amours de l'écrivain, alors que d'autres explorent des contrées inédites pour lui. Il ne s'en cache pas et propose pour certaines de véritables exercices de style où il s'amuse à écrire « à la manière de » sans jamais perdre sa spécificité, ni singer. C'est sa manière de déclarer son amour pour la littérature américaine, ancienne ou contemporaine, traditionnelle ou de genre. Son amour fou des livres et des histoires des autres.
Mine de rien, ce fut un bel exercice pour moi aussi, en tant que lecteur. Découvrir ou me confirmer les styles d'écriture que j'aime et ceux que j'aime moins, tant il sait passer de l'emphase au style sec avec talent. le bazar des mauvais rêves ou un pur moment ludique tout autant qu'un voyage dans toutes les littératures, dans LA littérature tout court.
Chacun aura ses préférences tant les récits sont diversifiés, tant les émotions sont de couleurs diverses (avec une prédominance pour les teintes sombres, bien évidemment).
J'ai été touché par sa Morale (huitième histoire du recueil), emballé (c'est pesé) par son Après-vie, électrisé par son Nécros spirituel. Et j'ai applaudit des deux mains pour sa nouvelle Ur qui est tout autant un magnifique hommage aux auteurs qu'il adore (dont Hemingway) qu'un récit franchement provocateur. Il fallait oser proposer un texte sur l'amour des romans et du pouvoir de la littérature au travers d'une histoire sur… la Kindle d'Amazon. Sacré King !
Qu'ils soient basés sur un fait divers ou d'inspiration plus fantastique, qu'ils parlent de douleur ou de relations humaines, les récits de ce pavé de 600 pages ont tous (à des degrés divers) leur propre personnalité. Avec comme point commun le talent unique de Stephen King. le bazar des mauvais rêves n'est en rien une plongée poussiéreuse dans d'obscurs textes, mais bien de nouvelles preuves du talent protéiforme et unique du Maître.
Lien : https://gruznamur.wordpress...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          303
bilodoh
26 novembre 2016
  • 4/ 5
Une série d'une vingtaine de nouvelles flirtant avec l'étrange, le fantastique et même le post-apocalyptique.

On trouve de tout dans ce bazar et impossible bien sûr de résumer, car il s'agit d'une suite de textes qui portent sur des thèmes très variés. Même si on n'atteint pas les grands frissons de l'angoisse des romans de l'auteur, je dois avouer avoir passé de bons moments de lecture.

Chacune des histoires est précédée d'une présentation de l'auteur qui crée une connivence et donne un petit air sympathique aux textes. Ce petit plus plaira particulièrement aux admirateurs de longue date du King qui auront l'impression de mieux connaître cet homme qui a parfois troublé leur sommeil.

Un petit bémol : je me demande pourquoi avoir inclus des nouvelles déjà publiées dans un autre recueil? Ce Bazar fait 599 pages, un nombre suffisant pour pouvoir retrancher celles parues récemment chez le même éditeur. Je pense à « À la dure », une nouvelle dont l'intérêt réside dans le punch final, un suspens gâché quand on a lu « Nuit noire, étoiles mortes » (mais bon, il s'agit peut-être des aléas de la parution des traductions.)
Une tournée dans le souk du King où chaque chose n'est pas d'égale valeur, mais où on peut toujours dénicher un bidule intrigant à rapporter à la maison.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          300
Wazlib
09 novembre 2016
  • 5/ 5
Je n'ai pas envie de radoter, et je ne vais même pas utiliser cette bonne vieille technique qui dit « Je ne vais pas répéter une millième fois » et aboutit à une mille-et-une-ième répétition. Car nous en sommes arrivés à ce stade : plus personne n'a besoin de vanter Stephen King. Vous dire que cet homme est un des plus grands auteurs que cette vaste Terre ait fait germer est inutile ; et vous décrire son talent très unique à vous toucher avec la précision d'un sniper est presque démodé. Les faits sont là : un seul auteur est capable de battre Stephen King sur son terrain, et c'est Stephen King lui-même.
Il y a une époque où je vantais encore et encore un certain Clive Barker. Et loin de moi l'idée de le dénigrer désormais, il reste pour moi une influence majeure. Je le disais plus original que King, et offrais cette explication aussi banale que surfaite : Clive Barker nous entraine dans ses peurs, ses angoisses alors que King se contente de travailler une peur commune à tous. Deux erreurs, dans ce propos : 1) « se contente » sonne bien faux ici, tant l'art de foutre les chocottes également à tout le monde est difficile, 2) après bien des livres de King lus, c'est une assertion globalement fausse, puisque Stephen King possède des peurs bien particulières, lui aussi, et une manière de les raconter unique, et surtout 3) Stephen King est bien plus qu'un « écrivain qui fait peur ». Alors bien sûr que certains de ses écrits relèvent d'une certaine forme d'« horreur », et il n'y a rien de honteux là-dedans, tant cet auteur livre ses lettres de noblesse au genre. Mais d'une manière plus globale, Stephen King est juste un bon écrivain. Un excellent, un sublimissime conteur. Et c'est là le principal.
le Bazar des Mauvais Rêves ne déloge pas à la règle, et j'irai même jusqu'à dire que c'est un de ses meilleurs recueils de nouvelles. Il est tout bonnement excellent. Je pense que j'aurai bien du mal à vous en parler comme je voudrais... Ce que je sais, c'est que le plaisir que j'ai eu à la lecture de ce bouquin n'est pas quantifiable. Cette période de l'année n'y était pas pour rien : quand les nuits deviennent froides et les journées grises, il n'y a rien, mais alors rien de mieux qu'un Stephen King (ou bien : un Stephen King et un thé noir avec du miel).
Je ne vais pas user de ce mode de critique que j'avais utilisé lors de mes premières critiques de recueil de nouvelles, qui consistait simplement, et avec une certaine fainéantise, à dérouler linéairement le programme. Je vais tenter de regrouper un peu, et de vous donner un aperçu de la pépite en papier que vous pouvez tenir entre vos mains, si vous le décidez.
Commençons par ce qui est peut-être « le moins bon » du recueil, en tous cas ce que j'ai trouvé le moins réussi. Ces nouvelles-ci, loin d'être mauvaises, sont simplement d'un niveau un peu inférieur au sentiment de chef-d'oeuvre globale. Je parle du poème « Eglise d'ossements » qui, s'il est riche en images marquantes, est un peu brouillon et ne gagne pas la qualité de l'autre poème du recueil. Je parle également de « Morale » qui est à coup sûr une nouvelle très réfléchie, et qui donne honnêtement à réfléchir, mais qui n'a pas cette qualité d'histoire si chère à Stephen. C'est intéressant, ça bouleverse, et c'est très réussi, mais encore une fois, ça n'atteint pas le sommet des autres récits. La nouvelle qui lui succède, « Après-vie » n'est pas non plus spécialement remarquable, même si je le répète pour la dixième fois, cela reste très bon.
Viennent ensuite un groupe de nouvelles, qui feront plaisir aux fans de King de la première heure, et même de la dernière (je plaisante, elle n'existe pour l'instant pas, cette dernière heure !) : des nouvelles divertissantes, avant tout d'excellentes histoires, qui n'en perdent pourtant pas une pour faire réfléchir son lecteur. C'est le cas de « Mile 81 », qui renoue avec les monstres originels de Stephen King : je parle bien sûr des démons mécaniques. le petit personnage que King met en scène tombe juste et lance le recueil de nouvelles sur les chapeaux de roue, prouvant d'ores et déjà que King est au sommet de son art. « La Dune », moins enthousiasmante, revêt quand même l'habit de ce bon vieux recueil « Brume », dont elle semble tout droit être sortie. L'histoire d'un vieux monsieur qui jour après jour, va sur sa plage personnelle pour y lire les noms écrits sur le sable, promesses de morts prochaines... « Sale Gosse » est excellente dans la pure veine King : ça fait frissonner, ça fait se sentir mal à l'aise, et c'est toujours extrêmement bien raconté. J'ai trouvé « Une Mort » très maline, et d'une certaine manière, ça change de lire du King avec cette écriture aussi froide et dépourvue. C'est plutôt bon. « A la dure » jour avec son lecteur, lui faisant prendre de l'avance quelques pages avant le dénouement, et le faisant se sentir plus mal à l'aise que jamais : excellent ! « Ur » et « Nécro » vous combleront à souhait, tant elle regroupe la grande qualité de divertissement du King, autant qu'une écriture assimilée à un régal.
J'aimerais aussi vous parler d'un autre groupe de nouvelles, plus personnelles, et affirmant devant l'éternel à tous ses détracteurs que King est un putain d'écrivain : des nouvelles qui s'attachent à parler de scènes de vie, pour le coup pas forcément « fantastique » ou horrifique. Cela fait des travaux superbes : « Premium Harmony », très touchante, « Batman et Robin ont un accrochage » : encore plus touchante. « Mister Yummy » est également une belle réflexion sur la mort et bien des thèmes s'y rapportant. C'est beau.
Et pour conclure, les meilleures d'après moi. « Billy Barrage », histoire de baseball extrêmement maitrisée. Je n'y connais rien en baseball et c'est là la magie de King : il m'a fait vivre pour ça le temps de quelques dizaines de pages. C'est magique. « le Petit Dieu Vert de l'Agonie » est également un récit de Stephen King excellent, très, très réussi. Réflexion sur le thème de la douleur, difficile d'y être insensible. Surtout que comme d'habitude, King ne s'y prend pas comme un manchot pour vous faire aller où il veut que vous alliez. « Feux d'artifice imbibés » est une nouvelle pleine d'humour, et d'amour aussi. L'histoire d'un gars et de sa mère, qui n'hésitent pas à s'en envoyer deux trois dans le cornet, et pour qui s'est engagée une sorte de guerre avec leurs riches voisins le jour de fête nationale. Une guerre à coup de feux d'artifice.
Et il y a « le Tonnerre en été ». Je ne vais pas m'étaler : cette histoire m'a ému aux larmes. Et ce n'est pas une tournure de langage, ce n'est pas un artifice : j'ai vraiment été très touché. C'est simplement magnifique, sans contraste dans mes sentiments. Un chef-d'oeuvre, tout simplement. Il vaut parfois mieux ne pas tenter de mettre des mots sur l'inexplicable (même si King me démentirait probablement...).
Bon, alors, que vous dire en conclusion ? Est-ce utile de vous conseiller ce livre ? Car j'ai nommé cette critique « Par ces nuits froides... », évidemment pour souligner le fait que dans l'immensité obscure de la nuit, les histoires de King ont un écho tout à fait délectable. Mais il y a aussi un tout autre sens : me croiriez-vous si je vous disais que ce livre, à lui seul, vous donne une motivation pour vous lever et aller braver le froid et la brume ? Si je vous disais que ce livre est un appui sur lequel construire votre quotidien, le temps de sa lecture ? Je n'aime pas trop classer des « auteurs préférés », ça n'a pour moi pas de sens. Ce qui en a en revanche, c'est qu'aucun auteur, et même pas Bret Easton Ellis ou Clive Barker, ou même J. K. Rowling, n'a eu un impact si large sur ma vie. Stephen King est pour moi l'auteur par excellence.
Je me suis demandé ce que pensait King de l'élection de Donald Trump, ce jour. Je crois qu'on le saura très vite, lorsqu'il décidera de prendre la plume pour régler ses comptes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          125
LiliGalipette
01 novembre 2016
  • 4/ 5
Entre autres horreurs, vous trouverez ici :
Une voiture carnivore,
La mort de quelques chiens,
Un vieux monsieur cleptomane,
Une dune prophétique,
Un sale gosse,
Un idiot accusé à tort,
Un homme d'Église qui veut connaître la puissance du péché,
Une vision de la vie après la mort,
Une liseuse pas comme les autres,
Des mères célibataires fatiguées,
Des vieux en maison de retraite,
La forme de la douleur,
Des nécrologies puissantes,
Des survivants après la fin du monde.
Pour ne pas changer, King nous parle de nos peurs les plus irrationnelles et les plus inavouables. « Car – pensez-y – face à la mort, que faire sinon rire ? » (p. 60) Il y a des horreurs monstrueuses et des horreurs quotidiennes, jamais les moins terrifiantes. « Il m'arrive de penser qu'en réalité, un recueil de nouvelles est une sorte de journal de bord des rêves, une façon de capturer des images du subconscient avant qu'elles ne s'évaporent. » (p. 238) Pas de doute, le subconscient du roi de l'épouvante est bien craignos, pour notre plus grand plaisir !
Stephen King continue ses adresses au Fidèle Lecteur. Son succès, il sait à qui il le doit. Dans ce recueil qui rassemble des textes anciens, voire perdus, et nouveaux, il prouve à nouveau qu'il sait écrire des nouvelles, mais surtout qu'il aime le faire. Chaque nouvelle est introduite par son contexte de création. Stephen King rend alors hommage à son quotidien et aux auteurs/artistes qui ne cessent d'inspirer son oeuvre. « Bien que les expériences de la vie soient la base de tout récit, je ne fais pas de fiction confessionnelle. » (p. 388) Une des nouvelles raccroche à l'univers de la tour sombre, à mon sens le chef-d'oeuvre de Stephen King.
Le bazar des mauvais rêves n'est pas le meilleur recueil de cet auteur que j'apprécie tant, mais j'ai retrouvé avec plaisir le style unique de Stephen King et sa capacité incroyable à nous faire regarder derrière notre épaule, même si on est adossé à un mur. Surtout si on est adossé à un mur. « de ce côté-ci de la trappe, il y a ce que nous nous plaisons à appeler ‘le monde réel'. Et de l'autre côté, il y a toute la machinerie de l'univers, tournant à plein régime. Seul un imbécile voudrait passer la main dans un tel rouage pour tenter de le stopper. » (p. 101)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          230

Les critiques presse (2)
Telerama23 novembre 2016
Une chaleureuse expérience de « littérature commentée », une berceuse complice au seuil des « mauvais rêves ».
Lire la critique sur le site : Telerama
LaPresse03 novembre 2016
Le maître de l'horreur y donne... bien sûr, dans l'horreur, mais également dans le fantastique, la science-fiction et dans le drame psychologique.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations & extraits (91) Voir plus Ajouter une citation
grm-uzikgrm-uzik16 octobre 2016
- "Votre vrai boulot de journaliste, consiste à donner aux gens les faits qui leur permettront de prendre des décisions et d'avancer. Alors n'en faite pas des tonnes. Pas de chichis ni de prétention. Commencez par le commencement, exposez la suite clairement, de manière à ce que le récit de chaque événement s'enchaîne logiquement avec le suivant, et finissez par la fin. Qui, en journalisme, est toujours la fin pour le moment. Et ne sombrez jamais dans ce truc de fainéant qui consiste à dire que certaines personnes pensent ou l'opinion générale veut. Une source pour chaque fait, voilà la règle. "

- Nécro -
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          51
bilodohbilodoh26 novembre 2016
À chaque fois que tu vois un truc qui brille, il faut que quelqu’un allume la machine à pleuvoir. Le truc qui brille résiste jamais à l’eau.

(p. 328, Herman Wouk…)
Commenter  J’apprécie          160
RubyDeYingRubyDeYing07 décembre 2016
Ça a commencé quand Pinky a dit: "Qu'est ce qu'elle a la patronne ? Elle est en mode “Gangnam Style”. Alors j'ai regardé et elle se balançait d'avant en arrière sur son fauteuil de bureau en se tenant le cou. Et puis elle est tombée de son fauteuil et tout ce que je pouvais voir, c'était ses pieds, qui tambourinaient sur le sol. Roberta a demandé ce qu'on devait faire. J'ai même pas pris la peine de répondre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
LiliGalipetteLiliGalipette01 novembre 2016
« De ce côté-ci de la trappe, il y a ce que nous nous plaisons à appeler ‘le monde réel’. Et de l’autre côté, il y a toute la machinerie de l’univers, tournant à plein régime. Seul un imbécile voudrait passer la main dans un tel rouage pour tenter de le stopper. » (p. 101)
Commenter  J’apprécie          70
grm-uzikgrm-uzik16 octobre 2016
- "Appeler le 911 était si simple que même un enfant savait le faire. En fait, les enfants le faisaient. Quand un cambrioleur entrait. Quand Petite Sœur tombait dans l'escalier. Ou si Papa prenait Maman pour un punching-ball."

- Ce bus est un autre monde -
Commenter  J’apprécie          70
Videos de Stephen King (112) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Stephen King
"22-11-63" de Stephen King (Alchimie d'un Roman, épisode 1)
autres livres classés : nouvellesVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Le quiz Stephen King !

Quel est le premier livre de King a avoir été publié ?

Shining
Dead Zone
Carrie
Le dôme

10 questions
945 lecteurs ont répondu
Thème : Stephen KingCréer un quiz sur ce livre
. .