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> France-Marie Watkins (Traducteur)

ISBN : 2253151394
Éditeur : Le Livre de Poche (2004)


Note moyenne : 4.08/5 (sur 844 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Mieux que le marathon... la Longue Marche. Cent concurrents au départ, un seul à l'arrivée. Pour les autres, une balle dans la tête. Marche ou crève. Telle est la morale de cette compétition... sur laquelle une Amérique obscène et fière de ses combattants mise chaque an... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Aline1102, le 17 février 2013

    Aline1102
    Comme chaque année, le 1er mai, débute la Longue Marche. Cent adolescents de moins de 18 ans vont devoir marcher jusqu'à ce qu'il n'en reste qu'un, les 99 autres étant abattus d'une balle dans la tête.
    Parmi les Marcheurs se trouve Ray Garraty, le « Champion du Maine ». Ray ne sait pas vraiment pourquoi il s'est engagé dans cette aventure. Sans doute pour passer un bon moment avec d'autres jeunes de son âge. Et puis, peut-être aussi pour le prix réservé au gagnant : la réalisation de tous ses désirs jusqu'à sa mort.
    Très vite, la Marche devient sérieuse. Les participants sont suivis par un half-track équipé de matériel performant permettant d'espionner les cent Marcheurs. Quiconque descend sous les 6,5 km à l'heure ou montre un comportement suspect reçoit un avertissement. Au bout de trois avertissements, les soldats du half-track descendent le Marcheur.

    Si je ne pouvais utiliser qu'un mot pour parler de Marche ou crève, ce serait celui-ci : addibctif. Dès le début de la Longue Marche, la plume de Stephen King nous oblige à marcher avec ses héros. Jusqu'au bout. Sans prendre de repos (ou presque).
    Il faut dire qu'on se retrouve tout de suite plongé dans l'horreur d'un régime dictatorial : celui du Commandant, qui a élevé la Longue Marche au rang de religion. Cette épreuve attire des jeunes gens qui ont soif de reconnaissance et de célébrité et qui convoitent le Prix : la fortune et la réalisation de tous leurs souhaits jusqu'à la mort. Quant aux citoyens qui ne participent pas à cette Marche, femmes, enfants, vieillards, leur enthousiasme proche du fanatisme pour ce que l'on peut qualifier de carnage public ne fait qu'encourager la répétition annuelle de tout cela. Tout le monde participe à la Longue Marche, que ce soit physiquement, comme les Marcheurs, ou en se joignant à la liesse populaire que cet événement soulève.
    Les Etats-Unis évoqués dans Marche ou crève sont une nation purement hypothétique. Et heureusement ! Car le massacre est bien réel et les jeunes gens sains du départ se transforment très vite en zombies recrus de fatigue (la Marche ne s'arrête jamais, pas même la nuit) avant d'être abattus comme des chiens. Certains deviennent fous, d'autres tentent des actes de bravoure insensés, d'autres encore décident tout simplement de s'asseoir et d'accueillir la mort et le soldat qui l'inflige comme une délivrance ou avec une indifférence totale.
    Grâce à un sujet très noir, c'est dans une véritable réflexion sur la vie et la mort que se lance Stephen King, qui écrit ici sous son pseudonyme de Richars Bachman. Qu'est-ce que la mort ? Qu'y a-t-il après la vie ? de quoi se souvient-on juste avant de mourir, quels souvenirs remontent le puits de la mémoire pour rider la surface de la conscience ? Les kilomètres défilent et chaque concurrent se plonge sporadiquement dans des pensées sombres qui permettent à King d'écrire un récit des plus intenses. le résultat est évident, on ne voit pas passer les 346 pages qui, de plus en plus désespérées, fascinent et horrifient à la fois.
    Les jeunes héros de King finissent par former des groupes que l'on peut qualifier d'amis. Ces jeunes gens s'entraident, parfois, lorsque l'un des membres du groupe est en difficulté. Alors, quand l'un d'eux « reçoit son ticket » (= se fait abattre) ; ce sont surtout les survivants qui souffrent. le questionnement sur la vie et la mort s'intensifie, la terreur aussi ; les survivants craignent les crampes, remettent leurs capacités physiques en question.
    L'introspection est presque au premier plan dans ce roman de King et il en découle un récit d'une grande force, qui pose les bonnes questions. A chacun d'y répondre de façon adéquate pour que jamais nous ne vivions dans une société qui envoie ses ados à la mort afin de divertir la population.
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    • Livres 4.00/5
    Par bilodoh, le 18 août 2014

    bilodoh
    En anglais « The long Walk », où de jeunes hommes doivent marcher en maintenant une certaine vitesse, sinon ils sont brutalement exécutés. C’est donc une marche contre la mort qui n’aura qu’un seul gagnant, le seul survivant. Pas de surnaturel ici, juste une dystopie dans le paysage américain.

    Le roman date de 1979 et contrairement aux « jeux » plus récents comme dans « Battle Royale » ou « Hunger Games », les participants ne se battent pas entre eux, seulement contre la route, la douleur et l’épuisement. Et le talent de conteur de King permet de ressentir cette épreuve physique qui devient de plus en plus mentale et permet de soulever des questions intéressantes.

    Pourquoi se porter volontaire pour « La longue marche » ? S’agit-il de suicides déguisés ? Pourquoi les hommes inventent-ils des sports « extrêmes » où le jeu consiste à risquer sa vie ? Pas seulement pour l’argent ou pour l’honneur pourtant. Dans les marathons et ultra-marathons les coureurs continuent malgré la douleur ou les risques de séquelles permanentes, sans que personne ne les oblige et sans même qu’une récompense ne les attende.

    Préfigurant les téléréalités récentes, la compétition est suivie par la population qui parie sur ses héros et va même jusqu'à applaudir lorsqu’un participant s’écroule et est exécuté. King nous le rappelle, la mort exerce une étrange fascination à travers l’histoire : la guillotine ou le bûcher étaient des attractions populaires, de même que les Jeux du cirque romains qui étaient en fait des jeux de la mort. N’est-ce pas le frisson de la mort qui attire encore les spectateurs lorsque le trapéziste ou le funambule exécute son numéro ?

    Une lecture à découvrir, sur une épreuve d’endurance où, contrairement au film (et au livre), « On achève bien les chevaux… »
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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 13 août 2013

    LiliGalipette
    Roman de Stephen King, publié sous le pseudonyme Richard Bachman.
    Ray Garraty à 16 ans. Comme 99 autres jeunes garçons, il va participer à la Longue Marche, une épreuve sportive de plusieurs jours encadrée par l'armée et qui suscite l'enthousiasme délirant de la foule. « Tout ce qui concernait la Marche tenait un peu de la légende. » (p. 12) le principe est simple : sans jamais descendre en dessous d'une moyenne de 6,5 km/h, les participants doivent avancer sans se retourner et sans s'arrêter. Après trois avertissements, les soldats abattent ceux qui ne respectent pas les règles. « Quand il fait froid, tu peux marcher plus vite et te réchauffer. Quand t'as trop chaud, tu peux marcher plus lentement… et t'es refroidi. » (p. 200) La Longue Marche ne récompense pas celui qui va le plus loin ou le plus vite, mais celui qui avance le plus longtemps. Ici, ce que l'on teste, c'est l'endurance face à la mort. « Si je tombe, je meurs. Jamais je ne pourrai me relever. » (p. 168)
    Ce qu'il faudrait comprendre, c'est la raison qui a poussé tous ces jeunes gens à participer à cette marche mortelle, ce qui les motive à emprunter une voie sans issue qui ne peut voir qu'un seul vainqueur. « Nous voulons tous mourir. […] C'est pour ça que nous faisons ça. Sinon pourquoi, Garraty ? Pourquoi ? » (p. 161) Et pourtant, ils continuent tous d'avancer autant que possible, au mépris de la douleur et de la fatigue, jusqu'à l'ultime épuisement et, pour certains, jusqu'à la folie. Et il y a de quoi devenir fou, car cette marche assassine n'a aucun sens. « Si tout cela est tellement horrible, […] c'est parce que c'est insignifiant. Tu sais ? Nous nous sommes vendus et nous avons échangé notre âme contre du mépris. » (p. 229)
    Garraty est le champion du Maine et, tout le long de la route, d'état en état, des pancartes portant son nom sont agitées. Il faut dire que, chaque année, près de 2 milliards de dollars sont investis en paris sur la Marche, alors la foule veut de l'action et du sang. « Il fallait plaire à la Foule. Il fallait la craindre et l'adorer. Ultimement, il fallait se sacrifier à la foule. » (p. 282) Dans cette marche à la vie, à la mort, il est difficile et douloureux de nouer des alliances. le mieux ne serait-il pas que chacun marche pour lui-même ? Alors, à chaque pas, chaque marcheur attend que les autres tombent et reçoivent leur ticket. La seule possibilité de victoire, c'est de survivre et de le faire seul. « Pas d'aide, pour personne. On marche tout seul ou on ne marche pas. » (p. 315)
    Stephen King développe dans ce roman une angoisse très particulière. On sent la présence d'un état militarisé, voire fasciste qui encadre et régule brutalement tous les excès et toutes les fautes. La Longue Marche est l'expression ultime de la cruauté et de l'absurdité d'un régime dictatorial où les êtres ne valent rien de plus que l'excitation de la foule qui assiste, comme au spectacle, à l'abattage de jeunes vies désillusionnées. J'ai souvent pensé au roman d'Horace McCoy, On achève bien les chevaux, qui présentait l'enfer des marathons de danse pendant la grande crise américaine et où les danseurs devaient rester sur la piste jusqu'à l'épuisement total pour gagner quelques milliers de dollars. Dans Marche ou crève, le vainqueur peut demander ce qu'il veut tout au long de la vie qu'il aura sauvée de l'enfer de la Marche, mais à quel prix ? La fin du roman est grinçante, tout à fait atroce et angoissante, mais elle n'aurait pas pu être différente. Pas de rédemption ou de soulagement pour le survivant d'une marche contre la mort. Voilà donc un très bon roman de Stephen King, haletant et accrocheur, impossible à lâcher quand on l'a ouvert. Pour un peu, je vous dirais : « Bouquine ou crève »…
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    • Livres 3.00/5
    Par garrytopper9, le 06 juillet 2014

    garrytopper9
    Chaque année a lieu la Longue marche, un grand marathon mortel, puisque seul le vainqueur s'en sort vivant. Pour les autres, après trois avertissements, c'est une balle dans la tête. Avancer ou mourir. Marcher ou crever. Un titre très bien trouver.
    Marche ou crève est un vieux livre de Stephen King, puisqu'il date de 1979 mais il se laisse agréablement lire même en 2014. Je ne me suis pas ennuyé pendant cette lecture, on suit avec un réel intérêt un groupe de marcheurs qui se lient d'amitiés malgré eux.
    C'est assez monotone comme lecture parce que, ça tourne toujours un peu en rond, les concurrents se posent des questions existentielles, se souviennent de leur leur enfance et quelques morts s'accumulent. Tous les chapitres sont composé de la même manière. Alors, c'est sympa, ça se laisse lire, mais on tourne un peu en vase clos, et on apprend quasiment rien sur le monde qui les entoure.
    Pour avoir des infos, il faut attendre le dernier tiers du livre, ou là, on nous explique enfin comment ils sont sélectionnés, comment malgré le choix ou non de participer, on se rend compte que l'on se trouve dans une société totalitaire, qui ne laisse en réalité aucun choix.
    Si j'ai bien compris les quelques informations glanés ici et là dans le livre, on comprends que la Longue marche a été établie après la seconde guerre mondiale, mais qui dans ce monde-ci, ne se serait pas terminé en 1945 puisque à un moment bien précis il est dit qu'une base allemande a été attaqué en 1953. On peut donc supposer que les choses ont tournés différemment et que la société a évolué vers une Amérique totalitaire.
    Nous n'avons pas plus de détails, c'est une habitude quand on lit des livres de King mais avec son pseudonyme de Richard Bachman. Un peu comme dans Running man, on nous plonge dans un monde légèrement différent, mais il ne faut pas s'attendre a de réelles explications.
    La fin du livre, par contre, j'ai eu un peu de mal a la comprendre, et j'ai toujours deux théories sur ce qu'il se passe vraiment. A mon avis, chacun interprète la fin comme il le souhaite. Un petit bémol pour moi de ce coté là, j'aime bien que les choses soient claires, même si, ici, une fin facile aurait sans doute gâché le livre.
    Un point négatif par contre, qui concerne l'auteur. Trop de sexe gratuit et facile qui n'apporte rien au récit, si ce n'est pour placé quelques femmes en petites tenues. La dessus, Mr King aurait pu faire l'impasse.
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    • Livres 5.00/5
    Par lehane-fan, le 17 novembre 2010

    lehane-fan
    Rarement un titre n'a su resumer aussi bien la trame d'un bouquin.
    Deux choix , pas un de plus...Vaincre la peur , le froid , la faim , ces echos de balle decimant un a un les participants afin de toucher le saint Graal ou le sol , un trou rouge dans la tete..
    La ou un ecrivain moyen aurait pondu peniblement une cinquantaine de pages insipides et repetitives , King (Bachman) invite magistralement le lecteur a une course hors du commun...L'auteur enquille les pages avec une facilité deconcertante sans jamais tomber dans la facilité ni susciter le moindre ennui..
    Un grand moment de lecture.
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Citations et extraits

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  • Par Wiitoo, le 08 mai 2013

    Garraty songea à son premier choc quand Curley s'était abattu dans un jaillissement de sang et de matière cérébrale, son cerveau étalé comme de la bouillie d'avoine sur la chaussée.

    - Il m'a fallu du temps pour comprendre, mais c'est allé plus vite une fois que j'ai eu surmonté ce blocage mental. Marche ou crève, c'est la morale de cette histoire. Pas plus compliqué. Ce n'est pas une question de force physique, et c'est là que je me suis trompé en m'engageant.
    Si c'était ça, nous aurions tous une bonne chance. Mais il y a des hommes faibles capables de soulever des voitures si leur femme est clouée dessous.
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  • Par claire04130, le 27 avril 2012

    -J'ai encore envie de vivre, dit brutalement Parker. Toi aussi, me raconte pas d'histoires, Garraty. Ce mec, McVries, et toi, vous marchez ensemble et vous déconnez entre vous à propos de l'univers ou je ne sais quoi, c'est rien que des conneries mais ça passe le temps. Mais ne me raconte pas d'histoires. Le résumé, c'est que t'as envie de vivre. Comme la plulpart des autres. Ils vont mourir lentement. Ils vont mourir morceau par morceau. J'y passerai peut-être mais, en ce moment, je me sens d'attaque pour marcher jusqu'à La Nouvelle-Orléans avant de tomber à genoux devant ces pétards mouillés dans leur tacot.
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  • Par clarinette, le 15 janvier 2009

    " Une vieille Ford bleue se présenta ce matin-là au guichet du parking, l'air d'un petit chien fatigué après un longue course. Un des gardiens, un jeune homme sans expression portant uniforme kaki et ceinturon, demanda à voir la carte d'identité en plastique bleu. Le garçon assis à l'arrière la donna à sa mère, qui la remit au gardien. Celui-ci l'emporta vers un terminal d'ordinateur qui avait l'air bizarre et déplacé dans ce cadre rural. Le terminal avala la carte et écrivit sur son écran :


    GARRATY RAYMOND DAVIS
    RTE 1 POWNAL MAINE
    CANTON D'ANDROSGOGGIN
    N°immat.49-801-89
    O.K. - O.K. - O.K.


    Le gardien appuya sur un bouton et tout disparut, laissant l'écran lisse, vert et vide. Il leur fit signe d'avancer."
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  • Par Jenta3, le 28 septembre 2012

    - Il m'a fallu du temps pour comprendre, mais c'est allé plus vite une fois que j'ai eu surmonté ce blocage mental. Marche ou crève, c'est la morale de cette histoire. Pas plus compliqué. Ce n'est pas une question de force physiqe, et c'est là que je me suis trompé en m'engageant. Si c'était ça, nous aurions tous une bonne chance. Mais il y a des hommes faibles capables de soulever des voitures si leur femme est clouée dessous. La tête, Garraty, le cerveau... Ce n'est pas l'homme ou Dieu, c'est quelque chose... dans le cerveau.
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  • Par babycomeback44, le 06 juillet 2014

    les ténèbres. au diable les ténèbres. garraty avait l'impression qu'ils y étaient enterrés vivants. emmurés dans le noir. l'aube était à un siècle. beaucoup d'entre eux ne verraient jamais se lever le jour. le soleil. ils étaient enterrés à six pieds sous les ténèbres. il ne manquait plus que la litanie monotone du prêtre, la voix étouffée mais pas entièrement assourdie par l'épaisse obscurité au-dessus de laquelle se tenait la famille. la famille n'avait pas même conscience d'être là, d'être vivante, elle hurlait et pleurait et grattait le couvercle du cercueil de ténèbres, l'air se raréfiait. l'air se faisait toxique, l'espoir s'estompait jusqu'à devenir lui-même obscurité et au-dessus de tout cela la voix du prêtre comme un glas et les pieds remuants, impatients, de la famille pressée de ressortir sous le chaud soleil de mai, et par-dessus encore le chœur soupirant, bourdonnant des insectes et des vers arrivant pour le festin...
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