Parfois je regarde ma bibliothèque le matin, un peu en conquérante, le café à la main. Et je me souviens des livres que j'ai lu (quand je ne pense pas à ceux que je dois encore lire ou ceux qui vont arriver…) Aujourd'hui, j'ai pensé fortement à
Marche ou crève de Richard Backmann –
Stephen King pour les intimes- car ce roman qui traine en famille depuis des années et qui, comme beaucoup de
Stephen King d'ailleurs, m'a beaucoup marqué.
Présentation de l'éditeur : Mieux que le marathon... la Longue Marche. Cent concurrents au départ, un seul à l'arrivée. Pour les autres, une balle dans la tête.
Marche ou crève. Telle est la morale de cette compétition... sur laquelle une Amérique obscène et fière de ses combattants mise chaque année deux milliards de dollars. Sur la route, le pire, ce n'est pas la fatigue, la soif, ou même le bruit des half-tracks et l'aboiement des fusils. le pire c'est cette créature sans tête, sans corps et sans esprit qu'il faut affronter : la foule, qui harangue les concurrents dans un délire paroxystique de plus en plus violent. L'aventure est formidablement inhumaine. Les participants continuent de courir en piétinant des corps morts, continuent de respirer malgré l'odeur des cadavres, continuent de vouloir gagner en dépit de tout. Mais pour quelle victoire ?
Stephen King a une vision très noire de notre futur – présent alternatif
On ne sait pas trop d'ailleurs, si c'est réel ou pas. Car les Etats sont exactement les mêmes que ceux présents (bien entendu, on parle du Maine dans ce tome). Je serai incapable de vous dire si c'est du fantastique ou de la dystopie dans ce cas. Nous sommes vraiment dans la frontière entre les deux genres. Tout ceci montre déjà que
Stephen King a une vision très noire de notre monde, je vous en avais déjà parlé dans un de ces romans tout récent, Dôme mais aussi dans un autre antérieur : The
Running man.
Dans
Marche ou crève, nous avons une critique des jeux, des divertissements poussés à l'extrême. Dans ce cas présent, une grande marche ou les perdants meurent. Certes, maintenant, avec les Hunger Games, les Battle Royale et autres, ça ne vous cloue pas le bec (ce qui en fait, m'effraie un peu plus du coup) mais à l'époque de la parution du roman, je peux vous dire qu'on ne faisait pas les blasés comme vous ! Nous n'étions pas autant assaillis de télé réalité, de jeux survival comme maintenant. A l'époque (mon dieu, je fais vieille d'un coup), un jeu où l'on meurt quand on perd, c'était révoltant, inconcevable !
Une recherche sur la nature humaine
Stephen King ici évalue notre capacité à survivre en milieu très hostile et aussi le voyeurisme des gens. Nous voyons ce que le corps humain peut endurer pour survivre : fatigue, crampes, faim, rythme de marche soutenu, et j'en passe, vous le découvrirez en lisant ce livre. On voit aussi le mental des concurrents faiblir ou tout simplement se renforcer. L'auteur va tenter de vous montrer les principales motivations (grandes ou petites) des concurrents les plus remarquables. Et ces descriptions sont des plus importantes car elles démontrent que, parfois, pas grand-chose peut maintenir en vie un homme.
On voit aussi qu'au fur et à mesure de l'épreuve, l'impact qu'a sur l'esprit humain cette épreuve physique. On dit souvent que l'activité physique libère l'âme. Or ici, cela libère certains instincts qui ne sont pas des plus nobles. Les concurrents sont en proie à de grandes émotions et risquent à tout moment la folie.
En conclusion, je dirai que
Marche ou crève est un des grands romans de
Stephen King, dont la tension monte en crescendo tout au long des pages. Un incontournable du genre
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