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> France-Marie Watkins (Traducteur)

ISBN : 2253151394
Éditeur : Le Livre de Poche (2004)


Note moyenne : 4.09/5 (sur 752 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Mieux que le marathon... la Longue Marche. Cent concurrents au départ, un seul à l'arrivée. Pour les autres, une balle dans la tête. Marche ou crève. Telle est la morale de cette compétition... sur laquelle une Amérique obscène et fière de ses combattants mise chaque an... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Aline1102, le 17 février 2013

    Aline1102
    Comme chaque année, le 1er mai, débute la Longue Marche. Cent adolescents de moins de 18 ans vont devoir marcher jusqu'à ce qu'il n'en reste qu'un, les 99 autres étant abattus d'une balle dans la tête.
    Parmi les Marcheurs se trouve Ray Garraty, le « Champion du Maine ». Ray ne sait pas vraiment pourquoi il s'est engagé dans cette aventure. Sans doute pour passer un bon moment avec d'autres jeunes de son âge. Et puis, peut-être aussi pour le prix réservé au gagnant : la réalisation de tous ses désirs jusqu'à sa mort.
    Très vite, la Marche devient sérieuse. Les participants sont suivis par un half-track équipé de matériel performant permettant d'espionner les cent Marcheurs. Quiconque descend sous les 6,5 km à l'heure ou montre un comportement suspect reçoit un avertissement. Au bout de trois avertissements, les soldats du half-track descendent le Marcheur.

    Si je ne pouvais utiliser qu'un mot pour parler de Marche ou crève, ce serait celui-ci : addibctif. Dès le début de la Longue Marche, la plume de Stephen King nous oblige à marcher avec ses héros. Jusqu'au bout. Sans prendre de repos (ou presque).
    Il faut dire qu'on se retrouve tout de suite plongé dans l'horreur d'un régime dictatorial : celui du Commandant, qui a élevé la Longue Marche au rang de religion. Cette épreuve attire des jeunes gens qui ont soif de reconnaissance et de célébrité et qui convoitent le Prix : la fortune et la réalisation de tous leurs souhaits jusqu'à la mort. Quant aux citoyens qui ne participent pas à cette Marche, femmes, enfants, vieillards, leur enthousiasme proche du fanatisme pour ce que l'on peut qualifier de carnage public ne fait qu'encourager la répétition annuelle de tout cela. Tout le monde participe à la Longue Marche, que ce soit physiquement, comme les Marcheurs, ou en se joignant à la liesse populaire que cet événement soulève.
    Les Etats-Unis évoqués dans Marche ou crève sont une nation purement hypothétique. Et heureusement ! Car le massacre est bien réel et les jeunes gens sains du départ se transforment très vite en zombies recrus de fatigue (la Marche ne s'arrête jamais, pas même la nuit) avant d'être abattus comme des chiens. Certains deviennent fous, d'autres tentent des actes de bravoure insensés, d'autres encore décident tout simplement de s'asseoir et d'accueillir la mort et le soldat qui l'inflige comme une délivrance ou avec une indifférence totale.
    Grâce à un sujet très noir, c'est dans une véritable réflexion sur la vie et la mort que se lance Stephen King, qui écrit ici sous son pseudonyme de Richars Bachman. Qu'est-ce que la mort ? Qu'y a-t-il après la vie ? de quoi se souvient-on juste avant de mourir, quels souvenirs remontent le puits de la mémoire pour rider la surface de la conscience ? Les kilomètres défilent et chaque concurrent se plonge sporadiquement dans des pensées sombres qui permettent à King d'écrire un récit des plus intenses. le résultat est évident, on ne voit pas passer les 346 pages qui, de plus en plus désespérées, fascinent et horrifient à la fois.
    Les jeunes héros de King finissent par former des groupes que l'on peut qualifier d'amis. Ces jeunes gens s'entraident, parfois, lorsque l'un des membres du groupe est en difficulté. Alors, quand l'un d'eux « reçoit son ticket » (= se fait abattre) ; ce sont surtout les survivants qui souffrent. le questionnement sur la vie et la mort s'intensifie, la terreur aussi ; les survivants craignent les crampes, remettent leurs capacités physiques en question.
    L'introspection est presque au premier plan dans ce roman de King et il en découle un récit d'une grande force, qui pose les bonnes questions. A chacun d'y répondre de façon adéquate pour que jamais nous ne vivions dans une société qui envoie ses ados à la mort afin de divertir la population.
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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 13 août 2013

    LiliGalipette
    Roman de Stephen King, publié sous le pseudonyme Richard Bachman.
    Ray Garraty à 16 ans. Comme 99 autres jeunes garçons, il va participer à la Longue Marche, une épreuve sportive de plusieurs jours encadrée par l'armée et qui suscite l'enthousiasme délirant de la foule. « Tout ce qui concernait la Marche tenait un peu de la légende. » (p. 12) le principe est simple : sans jamais descendre en dessous d'une moyenne de 6,5 km/h, les participants doivent avancer sans se retourner et sans s'arrêter. Après trois avertissements, les soldats abattent ceux qui ne respectent pas les règles. « Quand il fait froid, tu peux marcher plus vite et te réchauffer. Quand t'as trop chaud, tu peux marcher plus lentement… et t'es refroidi. » (p. 200) La Longue Marche ne récompense pas celui qui va le plus loin ou le plus vite, mais celui qui avance le plus longtemps. Ici, ce que l'on teste, c'est l'endurance face à la mort. « Si je tombe, je meurs. Jamais je ne pourrai me relever. » (p. 168)
    Ce qu'il faudrait comprendre, c'est la raison qui a poussé tous ces jeunes gens à participer à cette marche mortelle, ce qui les motive à emprunter une voie sans issue qui ne peut voir qu'un seul vainqueur. « Nous voulons tous mourir. […] C'est pour ça que nous faisons ça. Sinon pourquoi, Garraty ? Pourquoi ? » (p. 161) Et pourtant, ils continuent tous d'avancer autant que possible, au mépris de la douleur et de la fatigue, jusqu'à l'ultime épuisement et, pour certains, jusqu'à la folie. Et il y a de quoi devenir fou, car cette marche assassine n'a aucun sens. « Si tout cela est tellement horrible, […] c'est parce que c'est insignifiant. Tu sais ? Nous nous sommes vendus et nous avons échangé notre âme contre du mépris. » (p. 229)
    Garraty est le champion du Maine et, tout le long de la route, d'état en état, des pancartes portant son nom sont agitées. Il faut dire que, chaque année, près de 2 milliards de dollars sont investis en paris sur la Marche, alors la foule veut de l'action et du sang. « Il fallait plaire à la Foule. Il fallait la craindre et l'adorer. Ultimement, il fallait se sacrifier à la foule. » (p. 282) Dans cette marche à la vie, à la mort, il est difficile et douloureux de nouer des alliances. le mieux ne serait-il pas que chacun marche pour lui-même ? Alors, à chaque pas, chaque marcheur attend que les autres tombent et reçoivent leur ticket. La seule possibilité de victoire, c'est de survivre et de le faire seul. « Pas d'aide, pour personne. On marche tout seul ou on ne marche pas. » (p. 315)
    Stephen King développe dans ce roman une angoisse très particulière. On sent la présence d'un état militarisé, voire fasciste qui encadre et régule brutalement tous les excès et toutes les fautes. La Longue Marche est l'expression ultime de la cruauté et de l'absurdité d'un régime dictatorial où les êtres ne valent rien de plus que l'excitation de la foule qui assiste, comme au spectacle, à l'abattage de jeunes vies désillusionnées. J'ai souvent pensé au roman d'Horace McCoy, On achève bien les chevaux, qui présentait l'enfer des marathons de danse pendant la grande crise américaine et où les danseurs devaient rester sur la piste jusqu'à l'épuisement total pour gagner quelques milliers de dollars. Dans Marche ou crève, le vainqueur peut demander ce qu'il veut tout au long de la vie qu'il aura sauvée de l'enfer de la Marche, mais à quel prix ? La fin du roman est grinçante, tout à fait atroce et angoissante, mais elle n'aurait pas pu être différente. Pas de rédemption ou de soulagement pour le survivant d'une marche contre la mort. Voilà donc un très bon roman de Stephen King, haletant et accrocheur, impossible à lâcher quand on l'a ouvert. Pour un peu, je vous dirais : « Bouquine ou crève »…
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    • Livres 5.00/5
    Par lehane-fan, le 17 novembre 2010

    lehane-fan
    Rarement un titre n'a su resumer aussi bien la trame d'un bouquin.
    Deux choix , pas un de plus...Vaincre la peur , le froid , la faim , ces echos de balle decimant un a un les participants afin de toucher le saint Graal ou le sol , un trou rouge dans la tete..
    La ou un ecrivain moyen aurait pondu peniblement une cinquantaine de pages insipides et repetitives , King (Bachman) invite magistralement le lecteur a une course hors du commun...L'auteur enquille les pages avec une facilité deconcertante sans jamais tomber dans la facilité ni susciter le moindre ennui..
    Un grand moment de lecture.
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    • Livres 3.00/5
    Par Rouletabille, le 26 février 2014

    Rouletabille
    Pendant les premières pages, j'ai douté, comment King va pouvoir tenir tout un bouquin en nous racontant seulement la marche macabre d'un groupe d'adolescents, on va vite tourner en rond.
    Et bien non, la force de ce récit est qu'on ne décroche pas de ce huis clos alors que finalement il y a aucun rebondissements, tout est linéaire, assez prévisible mais malgré tout je n'ai jamais senti de décrochage.
    Aucun événements extérieurs ne vient perturber le récit de cette Longue Marche, King reste avec les participants et nous aussi, le lecteur ne saura rien du commandant organisateur, ne saura rien de très précis sur les motivations des concurrents, rien sur le prix choisit par le vainqueur.
    La seule petite longueur est lorsque McVries raconte l'histoire de la naissance de sa cicatrice sur plusieurs pages.
    Sinon tout s'enchaîne sans temps morts, les marcheurs alternant les phases d'optimismes, de souffrances physiques, de réflexions sur la mort, le sexe, l'amitié, des phases de silence, le tout avec la multiplication d'un vocabulaire grossier habituel lorsque des ados papotent, péquenaud, bougre, connard, tout y passe.
    Par contre, je trouve que King passe assez vite sur l'aspect des douleurs, sur le manque le nourriture, certes les participants se détériorent grandement au fur et à mesure mais le récit reste assez sobre pour évoquer ces contraintes physiques face à autant d'effort.
    La fin est sans surprise, on la connait des la page 34 (format poche) avec cette phrase "Garraty compris soudain qu'il allait gagner". Malgré tous les efforts de King pour décrire son grand coup de fatigue au milieu du bouquin où il passe à 2 secondes de la mort, on sait très bien qu'il va pas mourir.
    Un livre pertinent dans une société qui adore éliminer les participants des concours, jeux, qu'elle organise... On en revient à une phrase de Benjamin Castaldi, grand connaisseur du genre, si un jour on fait un jeu dans un avion qui va s'écraser avec 9 parachutes pour 10 participants, qui est le plus fou, l'organisateur ou les participants ?
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    • Livres 3.00/5
    Par rubisblue, le 01 septembre 2013

    rubisblue
    Très bon roman de notre ami S. King. Je ne suis clairement pas assez spécialiste pour dire si c'est son meilleur ou même un incontournable dans ce thème, mais ça reste un très bon écrit.
    Lu en 2 jours, vous pouvez imaginer qu'il est prenant. Malgré les 100 personnages principaux, on arrive bien à distinguer et différencier le noyaux de héros. Le rythme est bon, sans longueurs, se permettant néanmoins des ellipses un peu trop grandes à mon goût.
    Mais le génie ou plutôt la petite particularité géniale de ce livre, reste qu'à n'importe quel moment du livre, au court de votre lecture, où même lorsque vous faites une pause pour le reprendre quelques heures plus tard, vous savez que le narrateur marche et trime physiquement. Ça donne une impression toute particulière de continuité mais aussi de malaise en crescendo. Si Ray souffre de plus en plus, vous aurez peut-être vous aussi l'impression de ressentir comme une douleur lancinante, une anticipation quant à la survie du jeune homme qui pulse et brûle doucement vos veines. Car si l'histoire est aussi cruelle, on peut se dire que l'écrivain l'est tout autant. Donc le dénouement ne sera peut-être pas celui auquel vous aurez envie de croire. (Pas de spoiler ici, je dis simplement qu'à la lecture, rien ne vous garantit que le narrateur survivra au dénouement.).
    Pour ceux qui s'attendent à une lecture brutale, violente et malsaine, je les avertis néanmoins qu'ils risquent d'être déçus. Le récit est assez épuré, et les motivations des personnages comme leurs sentiments face à la mort omniprésente sont assez flous. Pas de pleurs, pas d'épiphanie sur le sens de la vie, mais aussi, pas de buts. King a ici éliminé tous les éléments extérieurs (Vous ne saurez même jamais les vrais souhaits des participants si jamais ils gagnent le prix). L'histoire est un prétexte pour se recentrer sur la nature humaine profonde face à un régime totalitaire et l’élimination de jeunes pour l'honneur patriotique. Donc, les fanatiques d'un côté, et les jeunes gens englués là-dedans, ne regrettant rien ou conscients de s'être fait endoctrinés. Les vraies limites de la force physique et mentale humaine ne sont par contre pas aussi bien traitées que ce à quoi on pourrait s'attendre. Je pense que les vrais acharnés de l'effort physique doivent trouver le récit assez fade et inconsistant ; mais à nouveau, ce n'est pas non plus le récit de le l'escalade de l'Everest. C'est juste une chouette dystopie et une bonne critique de la téléréalité et de l'engagement aveugle.
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Citations et extraits

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  • Par Wiitoo, le 08 mai 2013

    Garraty songea à son premier choc quand Curley s'était abattu dans un jaillissement de sang et de matière cérébrale, son cerveau étalé comme de la bouillie d'avoine sur la chaussée.

    - Il m'a fallu du temps pour comprendre, mais c'est allé plus vite une fois que j'ai eu surmonté ce blocage mental. Marche ou crève, c'est la morale de cette histoire. Pas plus compliqué. Ce n'est pas une question de force physique, et c'est là que je me suis trompé en m'engageant.
    Si c'était ça, nous aurions tous une bonne chance. Mais il y a des hommes faibles capables de soulever des voitures si leur femme est clouée dessous.
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  • Par claire04130, le 27 avril 2012

    -J'ai encore envie de vivre, dit brutalement Parker. Toi aussi, me raconte pas d'histoires, Garraty. Ce mec, McVries, et toi, vous marchez ensemble et vous déconnez entre vous à propos de l'univers ou je ne sais quoi, c'est rien que des conneries mais ça passe le temps. Mais ne me raconte pas d'histoires. Le résumé, c'est que t'as envie de vivre. Comme la plulpart des autres. Ils vont mourir lentement. Ils vont mourir morceau par morceau. J'y passerai peut-être mais, en ce moment, je me sens d'attaque pour marcher jusqu'à La Nouvelle-Orléans avant de tomber à genoux devant ces pétards mouillés dans leur tacot.
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  • Par clarinette, le 15 janvier 2009

    " Une vieille Ford bleue se présenta ce matin-là au guichet du parking, l'air d'un petit chien fatigué après un longue course. Un des gardiens, un jeune homme sans expression portant uniforme kaki et ceinturon, demanda à voir la carte d'identité en plastique bleu. Le garçon assis à l'arrière la donna à sa mère, qui la remit au gardien. Celui-ci l'emporta vers un terminal d'ordinateur qui avait l'air bizarre et déplacé dans ce cadre rural. Le terminal avala la carte et écrivit sur son écran :


    GARRATY RAYMOND DAVIS
    RTE 1 POWNAL MAINE
    CANTON D'ANDROSGOGGIN
    N°immat.49-801-89
    O.K. - O.K. - O.K.


    Le gardien appuya sur un bouton et tout disparut, laissant l'écran lisse, vert et vide. Il leur fit signe d'avancer."
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  • Par Jenta3, le 28 septembre 2012

    - Il m'a fallu du temps pour comprendre, mais c'est allé plus vite une fois que j'ai eu surmonté ce blocage mental. Marche ou crève, c'est la morale de cette histoire. Pas plus compliqué. Ce n'est pas une question de force physiqe, et c'est là que je me suis trompé en m'engageant. Si c'était ça, nous aurions tous une bonne chance. Mais il y a des hommes faibles capables de soulever des voitures si leur femme est clouée dessous. La tête, Garraty, le cerveau... Ce n'est pas l'homme ou Dieu, c'est quelque chose... dans le cerveau.
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  • Par ChloeB, le 14 avril 2010

    Quelle profondeur a t'il atteinte, à l'intérieur de lui-même ? Des brasses ? Des kilomètres ? Des années-lumière ? Quelle profondeur et qu'elle obscurité ? Et la réponse lui vint : trop profond pour voir dehors. Il se cache là dans le fond, dans les ténébres et c'est trop profond pour voir dehors.

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