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William Olivier Desmond (Traducteur)
ISBN : 2277231126
Éditeur : J'ai Lu (1999)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.23/5 (sur 1914 notes)
Résumé :
Misery Chastain est morte. Paul Sheldon l'a tuée avec plaisir. Tout cela est bien normal, Misery Chastain est sa créature, le personnage principal de ses romans. Elle lui rapporte beaucoup d'argent, mais l'a aussi étouffé: sa mort l'a enfin libéré. Maintenant, il peut écrire un nouveau livre.

Un accident de voiture le laisse paralysé aux mains d'Annie Wilkes, l'infirmière qui le soigne chez elle. Une infirmière parfaite qui adore ses livres mais ne lu... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (179) Voir plus Ajouter une critique
darkmoon
04 mai 2013
  • 5/ 5
Une histoire originale, sombre, inquiétante!
Véritable thriller psychologique, Misery est l'oeuvre éponyme du grand, du très grand Stephen King. Ainsi le récit commence très bien, comme dans toute histoire écrite par King afin d'installer une ambiance paisible dans une famille à priori normale pour ensuite contraster le tout avec une fin souvent signe d'une apothéose horrifique et inévitable ou bain de sang, folie et autres se mélangent... Ici, Misery narre l'histoire d'un romancier à succès, Paul Sheldon, qui, pris dans une tempête de neige s'écrase dans un ravin avec sa voiture. Heureusement, quelqu'un le trouve. Il s'agit d'une certaine Annie Wilkes qui n'est autre que l'une de ses plus grandes fans et ferventes admiratrices. Celle-ci va découvrir le nouveau manuscrit de son «héros» qui n'est autre qu'une énième suite de son très grand roman traitant d'un personnage dans lequel elle s'est totalement identifiée «Misery». Quand celle-ci va découvrir que Misery trouvera la mort à la fin du manuscrit de Paul, le cauchemar ne fera que commencer pour Paul qui finalement, aurait bien préféré rester coincé dans ce ravin. Encore une fois, Stephen King tire son épingle du jeu en nous livrant un excellent récit aux rebondissements multiples qui tient le lecteur en haleine du début à la fin.
De plus, le roman est parfaitement découpé entre le monde extérieur donc l'environnement caractérisé par l'enquête de J.T Mac Cain et le monde intérieur c'est-à-dire la maison d'Annie où Paul, ayant perdu pendant de longs mois l'usage de ses jambes et se retrouvant en fauteuil roulant, se retrouve séquestré chez son bourreau. Dans ce livre, le suspense est omniprésent, notamment grâce à de terrifiants passages et une description vraiment soignée de bout de bout. Misery est une sorte d'huis-clos où la victime et le bourreau doivent cohabiter. Franchement, pour imaginer des ambiances glauques, King est le meilleur !
Avec cette oeuvre majeure, Stephen King fait partager aux lecteurs l'angoisse de l'artiste et du créateur, soumis malgré lui à la critique, bonne ou mauvaise, professionnelle ou illégitime. Il exprime à travers le personnage de ce romancier captif, la difficulté de demeurer LIBRE DE S'EXPRIMER, en étant totalement serein et détaché, face à des inconnus fanatiques, qui s'approprient les oeuvres. Les auteurs sont confrontés parfois à des lecteurs (plus ou moins aimables) qui n'hésitent pas à exprimer sans gêne leurs feelings. D'autre part, je suis totalement sidérée par l'immense talent du Maitre King. Pour ces raisons, je ne peux qu'adhérer à sa vison plus qu'alarmiste du phénomène de transfert : (un anonyme qui s'approprie un texte, décide de sa valeur, y ajoute son mal-être personnel et s'imagine avoir un droit légitime de récompense, de correction ou de punition vis-à-vis de l'auteur initial). C'est totalement aberrant et terrifiant. Nota : Pour les fans (sérieux) du Maitre, lorsque Paul Sheldon est "condamné" à inventer un récit en partant d'une impasse, il se sert du fameux "Sauras-tu ?", un jeu que pratiquait avec talent Stephen King, auprès de ses copains, lorsqu'il était encore un enfant et un amateur...
Le film est aussi super! Rob Reiner est sûrement l'un des rares réalisateurs à avoir compris l'univers de Stephen King. Paysages calmes et enneigés, petite bourgade sans problèmes cachant de terribles secrets et personnages dont la folie dépasse l'entendement constituent la plupart du temps la base de tout roman signé par le King. Anne Wilkes interprétée par Kathy Bates est sans conteste l'un des portraits les plus terrifiants du cinéma. Ses épouvantables colères et son humeur changeante en terrifieront plus d'un. Face à elle, James Caan en écrivain célèbre qui décide d'opérer un tournant dans sa carrière. D'où ce duel psychologique légendaire teinté de violence et de folie qui se terminera dans un final ahurissant et haletant. Tout le film de Reiner repose sur ce duel. Alternant les scènes à suspense et les scènes de pures horreurs (qui n'a pas hurlé devant le supplice infligé aux pieds de James Caan), "Misery" est une oeuvre d'épouvante unique capable de rendre une petite bonne femme plus monstrueuse que le diable en personne. Eprouvant et prenant, le film va au bout de l'horreur et nous fait passer un moment que l'on n'est pas prêt d'oublier.
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isajulia
03 avril 2013
  • 5/ 5
Encore un chef-d'oeuvre du grand King.
Tout les ingrédients sont réunis dans ce huit-clos angoissant pour mettre les nerfs du lecteur à vif.
Je dois dire que l'idée de l'admiratrice qui séquestre son auteur préféré parce qu'il a fait mourir son héroine phare est grandiose.Annie est complètement dingue,Paul a vraiment forte affaire avec une fan pareille et il va payer chèrement ce qu'Annie considère comme une "trahison".La mort de Misery est inacceptable à ses yeux et elle va employer tout les subterfuges pour faire plier l'écrivain à revenir en arrière sur le dénouement de son récit.
Bizarrement j'ai adoré le personnage d'Annie,le fait qu'elle n'ait absolument rien pour elle amplifie notre envie d'en savoir plus sur cette femme.C'est un peu une icône à sa manière,sa folie fascine et à chaque page je me suis demandée jusqu'ou elle était prête à aller et quelles sont ses limites.Derrière une façade de tortionnaire désagréable et cruelle c'est une vraie paumée qui n'a pas grand chose dans sa vie et dans le fond c'est triste.
L'ambiance du roman est tout simplement parfaite,moi qui suis claustrophobe j'ai eu l'impression d'étouffer tout au long de cette lecture.King a tellement bien manié son contexte qu'on s'y croirait.A lire!
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AgatheDumaurier
28 septembre 2016
  • 5/ 5
Huis clos terrifiant et énorme métaphore de la création, les deux marchant ensemble, Misery est un chef d'oeuvre en passe de devenir un mythe.
L'écrivain Paul Sheldon, créateur du personnage ultra populaire de Misery, une orpheline aventurière aimée par deux hommes, a un accident de voiture dans la neige. Il est " sauvé" par Annie Wilkes, une femme au physique imposant et effrayant, qui entreprend de le soigner seule dans sa ferme, car c'est une ancienne infirmière. Annie n'en revient pas d'avoir affaire à son auteur préféré, Paul s'inquiète de ne pas être à l'hôpital. Quelque chose ne va pas chez Annie. Elle a des absences, le regard vide, une "crevasse noire" au front qui indique une pensée démente. Et lorsqu'en se procurant MIsery's Child, le dernier opus de la série, elle se rend compte que Paul a fait mourir son héroïne, elle devient complètement folle- de rage. Ouille ouille ouille pour Paul Sheldon. Il doit ressusciter Misery, ou alors ...La colère de la " déesse" s'abattra sur lui...
Le coeur de l'histoire est le rapport de Paul à son oeuvre, et d'Annie à l'oeuvre de Paul. Annie est la "déesse", une muse terrifiante dont le rôle est d'enchainer l'écrivain à son oeuvre, par tous les moyens. Cet enchainement est physique. On coupe les jambes, les mains, on obture l'esprit, pour qu'une seule chose ne compte : l'écriture. Et ça marche. Paul écrit son meilleur livre. Il plonge littéralement dans cette réalité parallèle pour échapper à l'enfer d'Annie, Annie qui en même temps le réduit à un pur esprit créateur, tachant de lui ôter toute pensée extérieure à son oeuvre. L'esprit de Paul se réduit peu à peu au trou béant que constitue son histoire, faire renaitre Misery, et l'entrainer dans d'autres aventures. Il s'y absorbe, et King nous instruit du processus de creation. Il faut que...il faut que...trouver l'idée et le moyen, le lieu et la formule. Paul doit apprendre cette lecon. Il ne sait rien faire d'autre, il ne doit pas se détourner de son destin. La violence que constitue cet acte d'oubli de soi et de son corps est parfaitement et génialement incarnée par l'infirmière folle, la psychopathe obsédée par un personnage de fiction. C'est donc aussi un texte sur la puissance de la fiction sur l'esprit. C'est Annie aussi qui tient ce rôle. Pour elle, Misery est plus reelle que tous les êtres vivants. le monde extérieur est composé de " sales oiseaux" qu'elle hait et qui la haïssent, mais dans les livres, dans les feuilletons...le monde est plus beau et c'est le seul qui importe. Elle est prête à mourir pour Misery, pour lire jusqu'au bout "Le retour de Misery ", le roman qu'elle impose à Paul Sheldon d'écrire.
Misérable est la position de l'écrivain ligoté à sa machine à écrire, misérable le lecteur attaché à des personnages de papier, mais c'est aussi la seule chose que l'écrivain sache faire, et sans quoi il perd tout sens, et le seul rayon de lumière du lecteur, âme perdue dans un océan de ténèbres.
Ah vraiment c'est beau et puissant.
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greg320i
12 décembre 2011
  • 5/ 5
Maléfique, méchante,irritable ou folle, les mots ne sont pas asser assaisonné pour decrire Annie, la femme de ce roman qui n'a rien à envier à Hannibal Lecter. La frayeur prend le pas sur l'histoire quand on songe à l'incapacité physique du pauvre auteur pris au piège d'une maison tenu par un bourreau tout ce qu'il y a de plus humain (au sens littéral) . Nul besoin de fantastique ici, pas de démon,de goules ou fantôme quelqu'onque: la véritable horreur est la meilleur quand elle est réel,possible et écrite d'une main de maître par un stephen King très inspiré qui commence sa carrière en signant succès à la suite . Inoubliable et angoissant,préparer vous au pire !
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Ellane92
17 janvier 2015
  • 5/ 5
Paul Sheldon est très content : il a tué la poule aux oeufs d'or, Misery Chastain, l'héroïne de romans à l'eau de rose qui lui a apporté notoriété et aisance financière, pour se consacrer à l'écriture d'un "vrai livre" d'auteur, Fast Car. Au volant de sa vieille voiture, il fête le mot "fin" déposer sur son premier jet de manuscrit de son vrai livre. Mais entre le champagne, l'euphorie, les virages et la tempête de neige, il perd le contrôle de son véhicule et c'est l'accident.
C'est Annie Walker qui le dégage de sa voiture. Ancienne infirmière vivant à présent seule dans une maison sans voisin, elle a posé des éclisses sur ses jambes en petits morceaux et lui fournit du Novril, des antidouleurs codéinés dont Paul ne peut bientôt plus se passer. Annie a reconnu en Paul Sheldon l'auteur qui écrit les aventures de Misery, dont elle est la fan numéro un.
Tout va presque bien dans le meilleur des mondes possibles jusqu'au jour où Annie découvre le triste sort que Paul a réservé à Misery dans son dernier roman (elle attend toujours la parution en édition de poche). Paul va devoir faire amende honorable, et écrire la suite de Misery. Et il va devoir être convaincant pour écrire "Le retour de Misery". N'est-ce pas, Paul, que tu vas être convaincant, parce que sinon, Annie va se fâcher (petit coup d'oeil vers la hache planquée dans la réserve…) ?
Misère de misère (désolée, je n'ai pas pu m'en empêcher !) que ces quelques semaines passées par Paul chez son hôtesse indésirable ! Sans éléments fantastiques ou monstre planqué sous le lit, sans super pouvoir ou élément inexplicable, Stephen King crée un climat effroyablement terrifiant et stressant par la seule psychose implacable d'Annie, dont on découvre, en même temps que l'infortuné auteur, l'amplitude infinie !
J'avais déjà lu ce livre il y a longtemps, gardant en souvenir la trame principale et certaines scènes particulièrement marquantes pour mon jeune esprit (la hache bien sûr, la "bougie spéciale" sur le gâteau d'anniversaire, ou la tondeuse à gazon). Pour cette relecture, si j'admire la facilité avec laquelle King nous fait basculer très très rapidement dans l'horreur de la nouvelle vie de Sheldon, j'ai en revanche regretté l'avalanche de scènes particulièrement gores qui se succèdent parfois à un rythme vraiment effréné. J'ai préféré la seconde moitié du livre, qui privilégie la suggestion à la description.
L'histoire est donc menée tambour battant par un King en pleine forme, avec juste ce qu'il faut d'évènements et de révélations pour maintenir toujours à son maximum l'addiction du lecteur, qui se retrouve vite voyeur de cette relation un brin (enfin, un très gros brin !) sadomasochiste de l'auteur et de son infirmière. Enfin, nous avons deux histoires en une, puisque nous suivons la progression du "Retour de Misery" écrit par Paul dans les conditions que l'on sait !
On trouve également dans Misery, comme dans un certain nombre de romans de King, des thématiques récurrentes qui semblent importer à cet auteur prolifique. La mise en parallèle du "roman populaire", facile à lire et sans exigence, qui rapporte au compte en banque de son auteur, avec le roman de littérature, plus exigent, qui peine à trouver son lectorat, et qui ne permet pas de nourrir son homme ; c'est de la décision d'écrire de "vrais et bons" romans que survient la catastrophe (voir également La part des ténèbres par exemple). « Il s'appelait Paul Sheldon et écrivait deux sortes de romans : ceux qui étaient bons et ceux qui se vendaient bien. » Je me demande s'il n'y aurait pas là un message aux lecteurs…
On trouve, pêle-mêle, dans Misery un héros addictif : à la codéine pour Paul Sheldon, tout comme d'autres pouvaient l'être à l'alcool (dans Shinning par exemple), ou Stephen King himself. Comme dans La part des ténèbres, l'écriture passe du statut de métaphore de la vie au rang de pourvoyeur de vie, avec des réflexions plutôt intéressante sur la relation d'un écrivain avec le processus d'écriture. « Nul besoin d'un psychiatre pour se rendre compte de l'aspect autoérotique de l'écriture ; on brandouille une machine à écrire au lieu de s'astiquer soi-même, mais l'un comme l'autre dépendent d'une imagination fertile, d'une main rapide et d'un engagement sans faille dans l'art de l'outrance. »
Pour ma part, j'ai apprécié en particulier la relation amour-haine qu'entretient Sheldon vis-à-vis de son roman écrit sous la contrainte, au même titre que j'apprécie la relation trouble entre Beaumont et Stark dans La part des ténèbres. J'ai beaucoup aimé également la personnification qu'opère Paul sur les objets de son quotidien : la machine à écrire et son sourire édenté qui le nargue, le barbecue vorace de bonne littérature… « Elle [la machine à écrire] lui souriait de toute la splendeur de ses touches (sauf une), lui disant qu'il était juste et noble d'entreprendre, mais qu'à la fin un destin funeste l'attendait tout de même. » Et puis, toujours, un sens de la formulation pas très politiquement correct mais qui donne ce piment particulier, qui fait sourire le lecteur en même temps qu'il est horrifié de ce qu'il lit !
Bref, nul besoin d'épiloguer pendant des pages : Misery est un best-seller de King, adapté avec brio en 1990 avec une Kathy Bates plus vraie que nature ! Lisez l'un, regardez l'autre, et après, répondez à la question : a-t-il su ?
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Citations & extraits (90) Voir plus Ajouter une citation
DavalianDavalian06 juillet 2012
Fous un écrivain à poil, fais le tour de ces cicatrices, et il te racontera en détail l'histoire de la plus petite d'entre elles. Les grandes sont à l'origine de tes romans, pas l'amnésie. C'est tout à fait utile d'avoir un peu de talent pour devenir écrivain, mais la seule chose qui soit absolument indispensable, c'est la capacité de se souvenir de la moindre cicatrice.
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CielvariableCielvariable17 avril 2013
Elle commençait à respirer plus rapidement, frôlant l'hyperventilation ; le rythme auquel elle serrait les poings s'accélérait, et il comprit que dans quelques instants elle serait hors de sa portée.
Rassemblant le peu de courage qu'il lui restait et dans un effort désespéré pour adopter la note - à la fois ferme et calme - d'irritation la plus juste, il lui lança : "Et autant arrêter tout de suite ce cinéma. Piquer une crise n'arrangera pas les choses."
Elle resta paralysée et le regarda, blessée.
" Il n'y a vraiment pas de quoi se mettre dans cet état, Annie, reprit-il d'un ton patient.
- C'est une ruse. Vous ne voulez pas écrire mon livre, et vous inventez des raisons pour ne pas commencer. Oh, bon sang ! Je savais que vous le feriez. Mais ça ne marchera pas avec. Je-
- C'est idiot, la coupa-t-il. Est-ce que j'ai dit que je ne voulais pas commencer ?
- Non... Non, mais-
- C'est exact. Je ne l'ai pas dit, puisque je vais le faire. Vous n'avez qu'à vous approcher; je vais vous montrer quel est le problème. Amenez-moi aussi le Webster Pot.
- Le quoi ?
- Le petit récipient avec les stylos et les crayons. Dans les journaux, on les appelle parfois ainsi. A cause de Daniel Webster. "
C'était une histoire qu'il venait d'inventer à l'instant, mais ce moment d'inspiration eut l'effet désiré ; elle parut plus perplexe que jamais, perdue dans un monde de spécialistes dont elle n'avait pas la moindre connaissance. Cette perplexité avait dissipé (et donc par la même occasion désamorcé) encore plus sa colère ; il s'aperçut qu'elle ne savait maintenant même plus si elle avait le droit d'être en colère.
Elle lui apporta le pot de crayon et de stylos qu'elle posa sèchement sur la planche. Bon Dieu, j'ai gagné ! Non ce n'était pas cela. Misery avait gagné.
Non cela aussi était inexact. C'était Shéhérazade qui avait gagné. Shéhérazade.
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ladesiderienneladesiderienne19 août 2015
- Lorsque je commence un livre, j'ai toujours une idée sur le tour que vont prendre les choses, mais en réalité, jamais aucun ne s'est terminé exactement comme je l'avais prévu. Ce n'est pas tellement surprenant, si l'on y pense un instant. Écrire un livre, c'est un peu comme lancer un missile intercontinental... sauf qu'il voyage dans le temps et non dans l'espace. La durée de temps que vivent les héros de l'histoire, et la durée réelle de temps que vit le romancier pendant qu'il écrit. Faire qu'un roman se termine exactement comme on l'avait prévu serait comme tirer un missile qui ferait le tour de la moitié de la terre et lâcherait sa charge dans un panier de basket. Cela paraît imaginable sur le papier, et parmi les types qui construisent ces engins, on en trouve qui disent sérieusement que c'est aussi facile que deux et deux font quatre - alors qu'ils n'ont aucune chance d'y arriver.
- Oui, dit Annie, je vois.
- Je dois avoir un bon système de navigation sous le crâne, parce que je ne tombe jamais bien loin, la plupart du temps ; et si la charge explosive est suffisante, "pas bien loin" convient parfaitement.
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LaLuKLaLuK13 août 2015
Paul Sheldon, un écrivain à succès, a la malchance d’avoir un accident de voiture au milieu de nulle part. Il est recueilli par Annie Wilkes, qui se décrit comme "son admiratrice numéro 1". Etant infirmière, elle l’amène chez elle pour le soigner. Apprenant que Paul s’apprétait à faire mourir l’héroine de ses romans, Misery Chastain, elle le séquestre, et lui demande d’écrire un nouveau livre rien que pour elle, en "ressuscitant" Misery Malheur à Paul s’il refuse... Ne pouvant plus se déplacer sans fauteuil roulant, drogué et dépendant, il est à la merci d’Annie, qui n’hésite pas a employer des moyens...rustiques pour le convaincre.

Ce fut le premier Stephen King que j'ai ouvert. Et mon Dieu, quelle claque ! Une atmosphère pesante, et cette Annie, qui vous fait franchement froid dans le dos. Les descriptions nettes n'ont aucun mal à nous mettre dans la tête la figure ronde et rouge de colère de celle-ci, ou bien ses mains grasses qui s'occupent du corps bien abimé de l'auteur en vogue.
La peur et l'angoisse sont présentes de la première ligne à la dernière, ne relâchant jamais la pression qui vous noue le ventre.
A lire sans même hésiter si vous êtes friand de cette atmosphère particulière ! Le plus dur sera d'éteindre la lumière après avoir terminé ce bijou...
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ladesiderienneladesiderienne12 août 2015
Il se laissa aller dans le fauteuil, tremblant de tout son corps, s'efforçant d'arrêter de trembler parce que ça lui faisait mal, et incapable d'y arriver. Des larmes lui coulaient le long des joues. Il ne cessait de la revoir qui abattait le poing sur ce qui restait de son genou comme un ivrogne abat le sien sur le comptoir de chêne d'un bar, il ne cessait de se sentir englouti dans la terrible supernova blanc-bleu de la douleur.
"Je vous en prie, mon Dieu, je vous en supplie", gémit-il tandis qu'à l'extérieur la Cherokee démarrait dans une pétarade. "Mon Dieu, je vous en supplie, faites-moi sortir d'ici ou tuez-moi... laissez-moi sortir d'ici ou tuez-moi."
Le ronflement du moteur s'éloigna sur la route et Dieu ne fit ni l'un ni l'autre ; l'abandonnant à ses larmes et à ses souffrances, maintenant réveillées et hyperactives dans tout son corps.
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