Paul Sheldon est un écrivain à succès qui attire notamment un lectorat féminin. le roman qui l'a conforté dans sa notoriété est «
Misery » qui narre les aventures de son héroïne éponyme. Il n'est guère satisfait de cette bluette et a pris plaisir à faire mourir son personnage central,
Misery Chastain. Il s'est lancé dans l'écriture d'un nouveau roman, intitulé « Fast cars » qui l'a davantage motivé. Sur une petite route du Colorado, près de Sidewinder, sa voiture est projetée au fossé, et il est grièvement blessé aux jambes. Fort heureusement, une automobiliste est venue à son secours. Il s'agit d'Annie Wilkes, une infirmière retraitée, qui connaît bien l'écrivain et qui est une admiratrice inconditionnelle de ses œuvres, notamment de «
Misery ». Mais bien vite Paul déchante : s'il a été ramené à la vie par cette femme qui fait preuve de beaucoup de compétences médicales, il s'en découvre prisonnier. Elle le détient en captivité chez elle, faisant preuve de beaucoup de perversité : elle lui semble folle à lier. Au centre de cette perversité, un chantage : il doit lui écrire un nouveau roman, « le retour de
Misery », en faisant revivre ce personnage qu'il avait tué, sinon, elle n'hésitera pas à le supprimer. Paul réussira-t-il à s'en sortir indemne ?
J'avais déjà lu du même auteur «
CARRIE » et j'avais alors apprécié son style ainsi que ses thèmes de prédilection. Ce roman m'avait attiré par son intrigue, dans une mouvance policière. Il nous présente un huis clos étouffant, avec une unité de lieu, la maison d'Annie Wilkes et seulement deux personnages, l'écrivain et la tortionnaire, qui souffre d'une psychose maniaco-dépressive. L'auteur dresse un éblouissant portrait psychologique d'Annie Wilkes, dont il décrit finement la pathologie mentale. Il nous livre également l'état d'esprit de l'écrivain qui oscille entre abattement, résignation, désespoir profond et volonté opiniâtre de vivre. L'écriture du roman « le retour de
Misery » est une véritable catharsis pour lui, lui permettant de lutter contre l'angoisse de mort et de donner un sens à sa nouvelle existence. J'ai apprécié cette mise en abyme, ce roman dans le roman. On apprend beaucoup sur l'écriture et l'inspiration, la muse de l'écrivain. J'ai trouvé que le début du roman était un peu long, à travers les descriptions de la douleur physique, puis psychique de Paul. L'intrigue est un peu longue à se mettre en place. Dans la suite du roman, on est véritablement captivé par « l'action », à entendre davantage sur le versant psychologique. Ma lecture était orientée par la perspective de la fin : comment
Stephen King allait-il conclure son roman ? Vers le dernier tiers, on bascule dans l'horreur : l'auteur en rajoute dans les descriptions glauques et la tension psychologique est à son comble. J'ai été révulsée par ce passage un peu trop choquant. Hormis cette réserve, j'ai plutôt été comblée par cette lecture, qui s'est avérée somme toutes assez terrifiante, dans la mesure où la situation décrite semble réaliste. Un roman à mi-chemin du policier et de l'horreur, à découvrir.