> Vincent Delezoide (Traducteur)

ISBN : 2020981270
Éditeur : Editions du Seuil (2010)


Note moyenne : 3.4/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres
Banlieue de Tokyo. Quatre jeunes filles, Toshiko, la sérieuse, Terauchi, la douée, Yuzan, la paumée et Kirazin la fêtarde, passent un mois d’août horriblement lourd et studieux dans une école spécialisée dans le bachotage lorsque, un matin, Toshiko entend du bruit dans ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Woland, le 05 novembre 2011

    Woland
    Riaru Warudo
    Titre américain : "Real World"
    Traduction de l'anglo-américain : Vincent Delezoide

    Une fois de plus, un texte qui nous parvient par le biais de la traduction d'une traduction ! Franchement, quand les éditeurs français comprendront-ils que, même s'ils y trouvent certainement leur profit personnel, cela lèse le lecteur ? Déjà, si habile qu'elle soit, une traduction laisse toujours passer quelque chose mais alors la traduction d'une traduction ! SurtOut quand on a une certaine notion de la langue japonaise, si nuancée, si pointilleuse, et qu'on connaît assez bien l'honnête pragmatisme de l'anglais moderne ! de telles pratiques sont, répétons-le, condamnables.
    Beaucoup plus court que "Out" et "Monstrueux", "Le vrai monde" reprend lui aussi le prétexte d'un assassinat atroce - le meurtre d'une mère par son fils adolescent - pour dénoncer les excès d'un système. Kirino nous permet d'entendre les critiques sur le système scolaire japonais à la base la plus concernée par ces critiques, à savoir les adolescents. Des adolescents qui, à l'issue de la crise provoquée par le crime, passeront à jamais à l'âge adulte.
    Si, comme nous, on a lu "Monstrueux" juste avant "Le vrai monde", le discours semblera assez désagréablement répétitif. On pourra même avoir l'impression que l'auteur écrit à dessein sur un thème qui, dans son pays, doit cartonner. Ce qui est peut-être exact mais, en l'absence d'une traduction directement issue du japonais, nous ne le saurons jamais.
    Au compte des points forts de ce roman, on mettra des héros - les quatre adolescentes et le jeune tueur - assez finement analysés. Leur malaise, cet étouffement progressif qu'ils ressentent au coeur de la société, ce gouffre qui se creuse entre eux-mêmes et le monde des adultes, à commencer par celui de leurs parents, tOut cela est pour ainsi dire palpable. D'une manière différente de la jeunesse occidentale mais de façon tOut aussi grave, la jeunesse nippone donne l'impression d'une petite planète qui, brusquement, s'est vue arrachée à son orbite naturel et protecteur (l'axe parental et familial, très important dans la culture japonaise) pour se retrouver propulsée dans une solitude aux proportions intersidérales.
    Pour y échapper, certains choisissent la violence et la Mort, tant pour les autres que pour eux-mêmes.
    Néanmoins, ici encore, nous ne recommanderons la lecture de ce livre qu'aux inconditionnels de Kirino Natsuo. ;o)
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par verobleue, le 06 octobre 2010

    verobleue
    Le vrai monde” de Natsuo Kirino est un roman narré successivement par ses différents personnages principaux : quatre inséparables amies de collège confrontées à l'un de leur semblable, « le lombric », qui vient d'assassiner sa propre mère.
    L'action se situe dans la banlieue de Tokyo au mois d'août. Au lieu d'être synonyme de vacances et de repos, août est pour beaucoup d'ados japonais le mois des cours intensifs pour réussir les concours d'entrée aux universités.
    Le Lombric va les entraîner dans sa fuite, chacune n'osant le repousser, mues par des raisons toutes différentes : la plus importante pour les filles étant de leur révéler quelque chose sur elles-mêmes.
    Ces ados ne sont pas malheureux, ils font partie de la classe moyenne japonaise.
    Filles ou garçons, tous sont perturbés, livrés à eux-mêmes, subissant des pressions : celle de leurs parents à une course effrénée à la réussite et celle de la société japonaise qui ne reconnaît en eux que des consommateurs.
    Ils ont en commun, pour différentes raisons, une triste vision de leur avenir et ne se reconnaissent pas dans le monde de leurs parents.
    Ce livre nous présente une vision lucide de la jeunesse japonaise, éloignée de cette perfection japonaise tant vantée. Il est naturel que des jeunes cherchent leur voie, leur équilibre, ce que la culture de ce pays n'admet peut-être pas.
    Natsuo Kirino parvient à mieux faire comprendre le mal être qui peut habiter les ados et les pousser à être attiré par l'interdit, par la souffrance ou par le déni de soi et qui choisissent de s'investir dans un monde virtuel, sous couvert de pseudonymes et perdent ainsi contact avec la réalité, devenant une sorte de héros dans le monde qui leur est propre.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par leolechat, le 24 février 2012

    leolechat
    "Le vrai monde" nous décrit le quotidien d'adolescents en pleine dérive. Perte des valeurs, perte des repères, ils vivent dans une jouissance que l'on pourrait qualifier d'autistique, chacun étant centré dans sa bulle, un monde à part peuplé de fantasmes imaginaires qui leurs permettent de s'évader d'un quotidien trop lourd : pressions aux examens, exigences parentales démesurées, course à la réussite.
    Toschiko Yamanaka alias Nina Hori, Yuzan, Kirarin et Terauchi, quatre lycéennes, s'inventent un monde à part, de nouvelles identités pour fuir "Le vrai monde" : "Dans notre groupe de quatre filles, tOut le monde a un deuxième nom inventé dont on se sert quand on loue un box de karaoké. Faut faire bien gaffe, nous dit toujours Terauchi, sinon on va finir dans une base de données. Et après, les adultes nous contrôleront."
    Leur petit groupe va être bouleversé par un événement tragique. le Lombric, voisin de Toschiko, élève médiocre d'un collège privé prestigieux, va assassiner froidement sa daronne car il ne supporte plus ses critiques incessantes. Les quatre adolescentes que la situation intrigue et fascine, vont devenir les complices de l'adolescent coupable de ce matricide et couvrir sa fuite. L'une d'elle ira jusqu'à l'accompagner dans sa dérive. On assiste, impuissants, à une dramatique et inéluctable descente aux enfers dont aucun des adolescents ne sortira indemne.
    Natsuo Kirino nous brosse comme dans ses précédents romans, le portrait d'une société japonaise en pleine déliquescence. Dans ce dernier, il est question d'une jeunesse nippone nourrie aux mangas et aux jeux vidéo qui n'arrive plus à faire la distinction entre le monde réel et le monde imaginaire : "Vous ne comprenez donc pas ? avais-je envie de lui dire. C'était comme un jeu entre le lombric et nous. Et le meurtre de votre femme faisait partie de ce jeu auquel nous nous sommes amusées."
    Une fois de plus Madame Kirino m'a bluffée par sa plume froide et incisive, toujours aussi subtile et élégante. Je conseillerai cependant à ceux qui ne connaissent pas l'auteur et qui souhaitent faire une incursion dans son univers de commencer par lire l'excellent "Out" qui reste à mon sens, le roman incontournable de l'auteur.


    Lien : http://leslecturesdisabello.blogspot.com/2011/11/le-vrai-monde-de-na..
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par lostinbooks, le 04 avril 2011

    lostinbooks
    C'est l'été, à Tokyo. Toshi, en dernière année de lycée, se prépare pour les cours intensifs aux examens d'entrée à l'université, quand elle entend un bruit de verre brisé dans la maison voisine. Sur le chemin de la gare, elle croise justement son voisin, lycéen dans un établissement prestigieux, qu'elle a surnommé "le lombric" (à cause de son physique pas très attrayant) et qui, exceptionnellement, a l'air en pleine forme. En fait, il vient de tuer sa mère. Ce que Toshi n'apprendra que le soir en rentrant, après s'être aperçue qu'on lui a volé son vélo et son portable. Elle fait rapidement le lien entre la disparition du lombric et le vol de son vélo et décide de n'en rien révéler à ses parents, ni à la police. Entre temps, le lombric a déjà contacté les amies de Toshi : Yuzan, Kirarin et Terauschi qui garderont le secret et même pour certaines aideront le jeune assassin dans sa cavale.
    Le roman donne tour à tour voix aux cinq protagonistes, qui ont en commun, pour différentes raisons, une triste vision de leur avenir et ne se reconnaissent pas dans le monde agressif de leurs parents, où la pression ne se relâche jamais et où le regard des autres continue à peser. Les adultes du roman ne sont en effet pas des modèles très glorieux (père alcoolique, mère adultère et autres pervers).
    Les quatre amies ont chacune une personnalité bien distincte et révèlent, lorsqu'elles ont droit au chapitre, des aspects de leur vie qu'elles n'avaient jamais osé dévoiler. Terauchi sera la plus lucide et c'est elle qui projettera ses amies dans Le vrai monde.
    Natsuo Kirino, comme dans ses précédents romans, plus particulièrement "Out" et "Monstrueux" décrit une vision proche de la réalité sociale japonaise, insistant ici sur la course effrénée à la réussite des enfants et adolescents japonais, soumis à une pression dont certains s'échappent parfois de la façon la plus extrême. Pour le « Vrai monde », elle s'est inspirée de plusieurs faits divers qui ont eu un grand retentissement médiatique, notamment le cas de Sakakibara Seito, un adolescent de quatorze ans, reconnu coupable du meurtre particulièrement horrible de plusieurs enfants à Kobe au début des années quatre-ving-dix et auquel le "lombric" se compare assez souvent. D'autres adolescents choisissent de s'investir dans un monde virtuel, sous couvert de pseudonymes et perdent ainsi contact avec la réalité, devenant une sorte de héros dans le monde qui leur est propre.
    Et c'est un peu ce à quoi tendait finalement le lombric. Comme le dit si justement le petit frère de Terauchi, "parce qu'il est un élève d'un lycée d'élite qui a chuté, il devient un héros."
    Un roman original et noir. A noter que cette édition est traduite de l'édition américaine, ce qui est un peu dommage.

    Lien : http://perduedansleslivres.blogspot.com/2010/03/le-vrai-monde-natsuo..
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    • Livres 4.00/5
    Par IreneAdler, le 04 février 2012

    IreneAdler
    Un jeune garçon surnormé le Lombric par sa voisine, assassine sa mère avec une batte de base ball. Sa voisine et ses amies l'aident chacune à leur façon. Kirazin, une des jeunes filles, finira en cavale avec lui. L'issue sera tragique à bien des égards.
    Un portrait sans concession ni complaisance du Japon moderne. Les adolescents n'ont plus de repères, ils sont simplement poussés à leur maximum par des parents qui veulent se réaliser à travers eux
    Ils sont la génération perdue du Japon, sans guerre nécessiare. La concurrence débridée et la perte de valeurs y ont pourvu.
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Citations et extraits

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  • Par Woland, le 07 février 2012

    [...] ... Tout le temps que je passe à pédaler sur mon vélo, je suis sur le point de m'endormir. C'est peut-être la météo, mais je m'étonne de me sentir comme ça tandis que je pédale sur l'asphalte brûlant de la nationale, à quelques centimètres des camions qui passent à toute allure. Ce n'est pas comme si j'étais fatigué ni rien. Ce que je fabrique depuis hier se résume à faire de la route sur un vélo de fille. Jusqu'à maintenant, le voyage a été facile. Chaque fois que je vois une supérette, je m'arrête pour me rafraîchir, boire un peu d'eau et lire des mangas. Il n'y a donc aucune raison pour que je sois aussi somnolent.

    Mais peut-être que la situation dans laquelle je me trouve maintenant ressemble à celle du soldat japonais. [Alors qu'il était encore en primaire, le narrateur avait vu sur un film d'actualités un soldat japonais se laisser battre à mort par un couple de vieux Philippins qui se vengeaient probablement de ce qu'il leur avait fait subir pendant la guerre.] Peut-être que je ne le sais pas, mais que mon inconscient essaie d'échapper à la réalité. Il doit donc y avoir quelque chose à craindre, me dis-je.

    Matricide. Je n'aurais jamais cru pouvoir faire un truc pareil, mais voilà, c'est fait. Le choc que j'ai eu en regardant les informations hier soir dans la supérette a commencé à me rendre nerveux. J'avais vu un article là-dessus dans un journal et m'étais simplement dit : Hé, regardez-moi ça ! Mais à la télé, c'était effrayant. ... [...]
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  • Par Woland, le 07 février 2012

    [...] ... La sirène sonne encore. Mais là, juste entre deux grondements, j'entends un grand bruit, quelque chose qui se casse chez les voisins. Nos maisons sont tellement proches qu'en ouvrant une fenêtre on peut entendre les parents qui s'engueulent, ou le téléphone qui sonne. Je me dis qu'ils ont peut-être pété une vitre. Il y a sept ans, le gamin qui vivait en face, dans la maison en diagonale de la nôtre, a envoyé un ballon de foot à travers une fenêtre de la pièce où on conserve notre autel bouddhiste. Il a fait celui qui n'a rien vu et, plus tard, on l'a transféré dans une école du Kansai. Je me rappelle que le ballon abandonné est resté une éternité sous l'auvent de chez moi.

    Bref, le bruit que j'entends est exactement le même. Il n'y a pas de petits enfants à côté, alors c'est un peu bizarre d'entendre quelque chose voler en éclats avec une telle force et, dans l'ensemble, plutôt inquiétant. Peut-être qu'un cambrioleur est entré par effraction. Le coeur battant à tout rompre, je tends l'oreille, mais n'entends rien de plus. Silence total. ... [...]
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  • Par verobleue, le 29 septembre 2010

    La plupart des jeunes que je connais ne lisent que des mangas, mais je préfère les romans. Les romans sont plus proches de la vraie vie, c'est comme s'ils montraient le monde après en avoir épluché une couche, une réalité qu'on ne pourrait pas voir autrement. Ce que je veux dire, c'est qu'ils ne sont pas superficiels. Ca fait de moi une sorte d'anomalie au sein de ma classe. Mes camarades ne voient que la surface des choses. Pareils pour leurs parents; Ils doivent trouver que ca leur rend la vie plus facile, comme si c'était la manière la plus intelligente d'aborder l'existence. Quelle bande de trouducs!
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  • Par verobleue, le 06 octobre 2010

    Même une mère sympa et un père comme lui ne peuvent vraiment pas ressentir l'agression mercantile que leur enfant subit depuis le berceau, la peur permanente qu'elle a d'être dévorée vive par les abrutis qui l'entourent. Ils pigent tout simplement pas
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  • Par verobleue, le 06 octobre 2010

    J'ai perdu ma virginité pendant ma deuxième année de collège. C'est un peu la honte, en fait, de dire des trucs comme "perdre sa virginité". L'acte en lui-même n'avait aucun sens. Je ne me rappelle même pas à quoi le mec ressemblait. Il était dans un lycée privé et se teignait les cheveux en châtain rougeâtre. Parfois, quand je repense à lui, ça me déprîme et je me demande comment j'ai pu faire ça avec un gars comme lui. C'était un mec grossier et stupide qui aimait me faire la leçon et me dire comment les filles devaient se comporter. Elles ne devaient pas se balader à poil, elles ne devaient pas fumer, etc.
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