> Ryôji Nakamura (Traducteur)
> René de Ceccatty (Traducteur)

ISBN : 2757804812
Éditeur : Points (2007)


Note moyenne : 4.1/5 (sur 30 notes) Ajouter à mes livres
Dans une usine de Tôkyô, quatre femmes travaillent de nuit.
Leurs maris sont tous infidèles ou violents, et détestés. Lorsque Yayoi finit par étrangler son conjoint, c'est une véritable descente aux enfers qui commence pour elle et ses complices. Leur route crois... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 04 novembre 2011

    Woland
    Auto
    Traduction : Nakamura Ryôji & René de Ceccatty
    Si, sur Nota Bene, nous ouvrons ce fil non dans la section "Polars" mais dans celle dédiée à la littérature asiatique, c'est que, un peu comme la Barbara Vine qui se dissimule sous les traits de Ruth Rendell, Kirino Natsuo utilise un argument policier pour dépeindre et critiquer, de façon pertinente et souvent violente, la société japonaise moderne. Elle le fait, notons-le, avec une agressivité plus radicale que l'auteur anglais contemplant sa propre culture. Question - peut-être - de génération, plus sûrement de contexte : contrairement à la Grande-Bretagne, le Japon a connu tOut d'abord une modernisation en quelque sorte à marche forcée et, après les horreurs d'Hiroshima et de Nagasaki, une américanisation Outrancière qui, certes, a permis de relever le pays mais à quel prix ...
    Dans une usine qui prépare des plateaux de sushis, quatre femmes venues d'horizons bien différents ont choisi, pour des raisons purement salariales, de travailler de nuit, c'est-à-dire de minuit à cinq heures du matin, en non-stop ou presque.
    Katori Masao, la quarantaine bien affirmée, souffre du repli sur soi-même marqué depuis des années par son époux, souffrance aggravée par le silence dans lequel s'enferme désormais leur fils lorsqu'il vient à les croiser dans l'une ou l'autre pièce de leur petite maison. Jônuchi Kuniko vit pour sa part en concubinage avec un compagnon qui ne tardera pas à la quitter, et sans trop se soucier des dettes de plus en plus élevées qu'elle contracte pour se montrer sans cesse "dans le vent", à la manière occidentale. Azuma Yoshie, la plus âgée du groupe, réputée pour sa cadence au travail, est veuve et doit s'occuper d'une fille impatiente de voler de ses propres ailes mais bien contente de puiser dans la maigre bourse maternelle, et de sa belle-mère grabataire - à la fin du livre, elle se retrouve en Outre en charge de son petit-fils, que sa fille aînée, enfuie depuis longtemps, revient sans cérémonie lui déposer chez elle. Enfin, Yamamoto Yayoi, pourtant la plus jolie du lot, connaît de gros problèmes de couple (scènes diverses, violences) auprès d'un époux qui sort de plus en plus et a commencé, sans bien sûr lui en rien dire, à fréquenter les salons de jeux et les bars à hôtesses les plus luxueux de la ville.
    Un soir, vers les onze heures, alors qu'elle s'apprête à partir pour son travail, Yayoi, devant son aveu cynique qu'il vient d'épuiser tOutes leurs économies, étrangle par surprise son mari. Reprenant ses esprits, elle décide de se confier à Masao, en qui elle voit probablement un substitut maternel, et celle-ci lui promet de l'aider à se débarrasser du cadavre ...
    A partir de là commence, pour chacune de ces femmes - puisque, une à une, tOutes finiront par être impliquées dans l'affaire - une descente non pas en Enfer mais au plus profond de ce que leur personnalité est capable d'accomplir pour se sortir sans trop de mal de ce que leur impose une société gouvernée par la volonté de ne jamais perdre la face, le désir insatiable de réussite et la tolérance la plus totale envers ce que peuvent s'autoriser les membres du sexe mâle.
    Car "Out" est aussi une étude soignée - on pourrait presque écrire "au petit point" - de la condition féminine dans le Japon contemporain. Si l'on veut bien garder à l'esprit que la culture japonaise est, depuis toujours, à vocation patriarcale, on constate ici que la modernisation du pays n'a pas changé grand chose à cet état de fait : pis, elle semble même l'avoir aggravée. L'Homme domine toujours, tOut lui est permis mais la femme, elle, doit encore, sous peine d'être cataloguée comme mauvaise épouse, mauvaise mère, etc, etc, ..., endosser tOutes les corvées quotidiennes, et ceci sans protester une seule fois. Faute de quoi, elle risque gros, telle Jônuchi, personnage à vrai dire assez peu sympathique qui, à trop vouloir faire la maligne, finit prise à son propre piège.
    Un livre épais mais qu'on ne veut lâcher pour rien au monde avant d'en voir la fin, à la traduction soignée, à l'intrigue alerte et épicée d'une sacrée dose d'humour noir, aux personnages riches et complexes. A ce jour, c'est pour nous le meilleur livre de son auteur. Lisez-le : vous nous en direz des nouvelles. ;o)
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 03 juillet 2011

    lehane-fan
    Out est définitivement " in " .
    Jeu de mot , il est vrai , facile contrairement à la vie que mene ce quatuor de femmes travaillant de nuit à la confection de plateaux repas . Mais ne dit-on pas : travail besogneux , mariage heureux ? non ! A ce travail harassant s'ajOute une double peine , une cellule familiale qui n'en a que le nom !
    Masako , leader incontesté , au passé trouble , de ce groupuscule apparemment soudé , cohabite plus qu'elle ne vit avec un mari démissionnaire et un fils qui ne lui adresse plus la parole .
    Yoshié , surnommée " la patronne " au boulot , est une femme usée qui éleve seule son enfant et sa belle-mere grabataire . Elle assure au travail mais s'en remet totalement à Masako pour le reste...
    Kuniko ne vit que pour et par l'argent . Se trouvant grosse et moche , elle a fait du paraitre une ligne de vie , dépensant à tOut va l'argent qu'elle n'a pas si ce n'est au travers de ses nombreux prets qu'elle peine à rembourser...Derriere une attitude bravache , elle craint Masako qui lui en impose encore malgré leur différence d'age..
    Et enfin , l'on retrouve Yayoi . La plus jolie des quatre n'a pas plus de chance avec un mari volage et joueur qui à la main leste lorsqu'il a un peu trop bu . Elle sera à l'origine de ce thriller psychologique de haute volée en l'etranglant et s'en remettant , elle aussi , à Masako pour faire disparaitre le corps .
    A des niveaux diverses , ces quatre personnages seront désormais complices de meurtre et feront ainsi de leur vie un enfer ! Dans leur malheur , c'est Sataké , un patron de jeux clandestins au casier judiciaire bien rempli et aux rapports plus qu'atypiques avec la gente féminine , qui sera dans le collimateur de la police . Relaché , il n'aura qu'une obsession , retrouver et punir le ou les auteurs de cet assassinat qu'on lui impute !
    Honnetement , j'ai lu des thrillers bien plus sanglants ( encore qu'il y ai de veritables moments de bravoure ) et d'une nervosité autre mais ce Out m'a pris dans ses filets lentement , irrémédiablement en me contant une histoire haletante dont les héros ou anti-heros sont des personnages à la dérive luttant juste pour survivre . Une rentrée d'argent frais , promise pour avoir fait disparaitre un corps , sera perçue comme une éclaircie salvatrice dans le brouillard de leur vie alors que c'est une nuit polaire qui les y attend desormais! Impossible de faire machine arriere ! C'est une course poursuite épique ou les chasseurs deviennent proies et ou les rebondissements foisonnent . Meme si le rythme est plutot lent ( thriller asiatique oblige , ne l'oublions pas ) , l'ennui y est cependant totalement banni grace à une écriture incisive au pouvoir hypnotiseur .
    L'auteur nous livre un excellent thriller empreint d'une critique sociale des plus interessante sur la société Japonaise et la place de la femme en son sein .
    Les personnages sont travaillés . Leur psychologie ultra fouillée .
    Malgré le pavé , aucune fioriture , aucun raccourci facile .
    Les seconds roles sont également là pour apporter leur écot à ce puzzle psychologique et y ont tous une place de choix .
    Autre point remarquable , l'evolution des rapports entre ces quatre galeriens des temps modernes . D'amicaux , les rapports vont se distendre et les veritables natures se faire jour ! Quand la mort frappe a votre porte , le déni , la veulerie , la trahison , la délation ne sont jamais tres loin...
    Et que dire du final epoustouflant , ce face à face inéluctable ou la condamnée semble se fondre en son bourreau , l'accepter comme son alter égo et...paf ! le chien...lisez et vous saurez...
    Lire Out , c'est un peu comme rouler en DS , la vitesse fait défaut mais le plaisir de conduite est là et bien là !
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par BMR, le 13 juillet 2008

    BMR
    Voilà bien un roman pas banal : Out de la japonaise Natsuo Kirino.
    Un polar peut-être. Un polar social assurément.
    Impossible à classer, à résumer.
    L'histoire de quatre femmes ordinaires.
    Quatre femmes très ordinaires qui survivent entre leur travail de nuit dans une fabrique de paniers-repas (les bentos nippons), leurs maris violents ou partis avec la caisse, leur belle-mère grabataire, leurs ados difficiles et leurs soucis d'argent.
    L'argent est d'ailleurs au coeur de ce roman social : dépenses, surendettement, appât du gain, prêteurs usuriers, ...
    Un roman foisonnant avec tOute une galerie de personnages très fouillés (plusieurs points de vue sont alternativement donnés sur cette histoire) qui gravitent autour de ces quatre femmes. Quatre beaux portraits féminins, même si la peinture n'est pas très reluisante.
    Quatre collègues qui vont, par la force des choses, s'entraider lorsque l'une d'elles va tuer presqu'accidentellement son mari lors d'une dispute. Il faut l'aider à se débarrasser du corps ...
    Les quatre apprenties charcutières auront bientôt fort affaire : un suspect idéal (il a déjà commis quelques méfaits par le passé) est accusé de la disparition du mari. Mais il n'entend pas se laisser faire et part à la recherche des vraies meurtrières.
    On aura compris que Natsuo Kirino ne fait ni dans la dentelle, ni dans le roman à l'eau de rose.
    C'est rude, c'est cru (oui, je sais, les sushis ça se mange cru), c'est sans concession.
    Une plongée abrupte dans le quotidien du Japon d'aujourd'hui avec juste ce qu'il faut d'intrigue pour nous tenir éveillé pendant ce voyage.
    Vraiment un livre à lire pour tous les curieux.
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par annie, le 08 août 2008

    annie
    Je connais mal la littérature niponne... mais agréable surprise avec ce roman. J'en lirai probablement d'autres.
    *
    Masako, Yoshie, Kuniko et Yayoi, - quatre femmes qui passent leurs nuit à remplir des paniers-repas dans une usine de la banlieue de Tokyo.
    *
    Une heure de travail à la chaine après l'autre, elles se disent leurs souffrances : que leurs maris les battent, les trompent ou les abandonnent, elles ont en effet toutes en commun de subir le malheur d'être femmes dans un pays où ce sont les hommes qui dirigent.
    *
    C'est dans ce contexte de violence sociale décrit par le menu que l'inévitable se produit : n'en pouvant plus d'être traitée comme une esclave, Yayoi finit par étrangler son mari.
    *
    Solidaires, ses amies se placent aussitôt sous la direction de Masako et l'aident à faire ce qu'il faut pour ne pas finir en prison.
    Commence pour ces quatre femmes une longue descente aux enfers, où elles vont croiser le chemin d'un certain Mitsuyoshi Satake, un ancien nervi hanté par l'acte abominable qu'il a jadis fait subir à une femme qui avait osé le défier.
    *
    Terrifiante autant qu'implacable, le dynamique qui voit alors ces personnages s'affronter dans une lutte à mort pour la liberté, l'amour, le pouvoir et l'argent est lancée.
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par leolechat, le 05 juin 2011

    leolechat
    C'est le premier thriller japonais que je lisais, et très franchement, j'étais vraiment curieuse de savoir ce que pouvait donner un polar à la sauce nippone ! et bien je n'ai pas été déçue !
    En tout premier lieu pour le dépaysement, pour cette plongée dans le Japon moderne qui m'a permis de mieux cerner les us et coutumes de ses autochtones. En second lieu pour l'histoire narrée par l'auteur. Celle-ci nous brosse le quotidien de quatre femmes, Yoshié, Yayoi, Kuniko et Masako, vivant dans la périphérie de Tōkyō. On est loin de la jolie banlieue dorée des “Desperate housewives”, pour elles pas de sorties shopping, ni de réunions tupperware, mais un travail de nuit en usine, abrutissant et sans la moindre pause, consistant en la préparation de paniers-repas à la chaîne ! Leurs vies personnelles ne sont pas plus réjouissantes : maris violents, joueurs et infidèles, belle-mère incontinente et grabataire à charge, problèmes financiers, un quotidien des plus moroses et désespérant. Il n'est pas facile de vivre au pays du soleil levant, société patriarcale par excellence, quand on est née femme !
    Jusqu'au jour ou l'une d'elle craque et étrangle son mari, prise d'une folie meurtrière quand elle apprend qu'il a perdu toutes leurs économies en jouant au baccara. Ces quatre femmes vont se retrouver liées par ce meurtre, elles vont en toute complicité, démembrer le mari de Yayoi, pour se débarrasser du corps plus facilement. Ce qui reste le plus déroutant est le sang-froid et le calme avec lequel elles accomplissent cet acte, comme si elles exécutaient tout simplement une de leur tâche ménagère quotidienne. Voici d'ailleurs un passage, qui résume bien l'état d'esprit de ces femmes au moment où elles passent à l'acte :
    «… Mais qu'est-ce que vous faites ?
    Masako se tourna vers elle d'un air excédé.
    - On le coupe en morceaux. On a décidé que c'était un travail comme un autre.
    - Mais enfin … c'est pas un travail !
    - Si, c'en est un ! décréta Masako pour couper court. Tu as besoin d'argent, tu nous aides.
    Ces mots la réveillèrent…»
    ….. à partir du moment où elles commettent l'irréparable, leurs vies vont se fissurer, ce sera l'escalade, l'effondrement progressif, total et inéluctable !
    Ce qui caractérise la plume de Natsuo Kirino ? cynisme, froideur et élégance. J'ai beaucoup aimé son style d'écriture et ce roman qui sort des sentiers battus. Je vais donc attaquer très prochainement, un autre de ses livres “Monstrueux”(encore un pavé), en espérant qu'il sera aussi passionnant que celui-ci !

    Lien : http://leslecturesdisabello.blogspot.com/2011/06/out-de-natsuo-kirin..
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Citations et extraits

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  • Par BMR, le 13 juillet 2008

    [...] - Mais qu'est-ce que vous faites ?
    Masako se tourna vers elle d'un air excédé.
    - On le coupe en morceaux. On a décidé que c'était un travail comme un autre.
    - Mais enfin ... c'est pas un travail !
    - Si, c'en est un ! décréta Masako pour couper court. Tu as besoin d'argent, tu nous aides.
    Ces mots la réveillèrent.
    - Vous aider, mais à quoi ?
    - On va en faire des petits morceaux qu'on mettra dans des sacs que tu iras jeter.
    - Je n'aurai rien d'autre à faire ?
    - Non.
    - Et ça me rapportera combien ?
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  • Par BMR, le 13 juillet 2008

    [...] Comme les femmes préparent les repas tous les jours, elles sont plus habituées que les hommes à la chair et au sang. Elles savent mieux manier le couteau et mieux traiter les déchets.
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  • Par leolechat, le 07 juillet 2011

    «Comme les femmes préparent le repas tous les jours, elles sont plus habituées que les hommes à la chair et au sang. Elles savent mieux manier le couteau et mieux traiter les déchets. Et en plus une femme qui a accouché, dans la mesure où elle a côtoyé de très près la naissance et la mort, est dotée d'un plus grand courage. Sa femme de ce point de vue-là, en était un bon exemple, se dit-il non sans humour.»

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  • Par pleblon, le 18 mars 2011

    Elle arriva au parking en avance pour le rendez-vous. Dès qu'elle descendit de la voiture, elle sentit la moiteur d'une épaisse nuit de juillet.
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