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08/15 La révolte du caporal Asch1Ajouter à mes livres
Premier volume de la trilogie des " 08/15 ".
Mieux qu’aucun document, cette célèbre chronique nous révèle ce qu’était l’armée allemande en 1939.
08/15 est le chiffre qui désigne le fusil-mitrailleur allemand. C’est aussi le symbole de l’esprit mil... > voir plus
Le caporal Asch de la 3ème batterie d'artillerie de la Reichwehr, se retrouve quelques années avant la deuxième guerre mondiale, dans une caserne d'une petite ville de Prusse. Il y règne une discipline de fer aussi ridicule qu'inhumaine. Hitler et ses séides y forgent l'instrument de leurs futures conquêtes en usant de méthodes d'un autre temps. Des entraînements épuisants, des vexations incessantes et des corvées injustes s'abattent sur les hommes. L'adjudant-chef Schoultz, une culotte de peau cocue et bornée, prend un malin plaisir à humilier les plus faibles. Dans un premier temps, Asch se contente de tirer le plus possible au flan en profitant de la complicité de son ami Kowalski et du garde-mites Werktreu. Mais les « instructeurs » ayant dépassé les bornes du supportable, il se révolte ouvertement. Cette attitude est tellement inimaginable pour Schoulz et les autres qu'ils le prennent pour un fou et réagissent en conséquence.
Mieux qu'aucune étude ou document sur l'armée allemande de l'avant-guerre, cette célèbre chronique révèle par quels conditionnements (le plus souvent complètement idiots) on transforme de braves gens tout à fait normaux en machines à tuer sans le moindre état d'âme. Rien que cet aspect du livre serait déjà passionnant. Mais Kirst a eu le génie d'y ajouter l'humour, la dérision dans une intrigue abracadabrantesque du plus haut comique. L'examen d'Asch par un major, plutôt chirurgien-boucher que spécialiste en psychiatrie, est un monument humoristique ridiculisant totalement la psychanalyse. On se régale en suivant les péripéties et les tribulations de ce petit homme (08/15 est le symbole du premier fusil-mitrailleur normalisé et également celui du couillon lambda, du blaireau « Dupont Lajoie », tout comme le nom de « Werktreu » qui signifie « fidèle au travail » a été attribué au plus cossard du régiment). Tel un grain de sable jeté dans les rouages d'une mécanique implacable, il arrive à la mettre en difficulté avec les seules armes dont il dispose : l'intelligence, l'ironie et le bon sens. Un régal !
- Il y en a un qui a la diarrhée et l'autre des étourdissements.
- Tous les deux veulent couper aux exercices d'infanterie, espèce de noix. Ils connaissent mieux que vous les règles du jeu, Lindenberg. Ils savent exactement ce qui va venir. Perce que, eux, sont faits pour être sous-officiers. Mais vous, vous n'êtes qu'une machine à paragraphes.
Il se rapprocha d'elle. Il l'entoura de son bras et toucha sa chair ferme. Elle tremblait. Elle se pressa contre lui d'un geste maladroit. Elle ferma les yeux et releva la tête. Il lui donna un baiser.
Ses lèvres étaient rigides et ne cédèrent qu'en hésitant. Elle était entre ses bras, comme morte.