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> Lori Saint-Martin (Traducteur)
> Paul Gagné (Traducteur)

ISBN : 2742775447
Éditeur : Lémeac (2008)


Note moyenne : 4.48/5 (sur 102 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Qu'y a-t-il de commun entre le coup d'Etat de Pinochet au Chili en 1973, le massacre de la place Tiananmen en 1989, l'effondrement de l'Union soviétique, le naufrage de l'épopée Solidarnosc en Pologne, les difficultés rencontrées par Mandela dans l'Afrique du Sud post-a... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par ChatDuCheshire, le 06 juillet 2015

    ChatDuCheshire
    Quel est le point commun entre la technique de reconditionnement psychologique par la voie de chocs (utilisée notamment par des services de renseignement) et les énormes mutations économiques de ces quarante dernières années voyant l'hyper-capitalisme financier se répandre partout sur la planète ? Réponse dans ce livre de Naomi Klein, cette excellente journaliste canadienne récompensée par le Prix Pulitzer.
    Ayant eu accès à des documents longtemps classés top secret, la journaliste met en évidence comment les USA ont fait en sorte de répandre dans le monde les idées de l'Ecole de Chicago (Milton Friedman et consorts), lesquelles se sont imposées petit à petit à la fin des "trente glorieuses" et, particulièrement, à partir du choc pétrolier et des soubresauts subis par le dollar au cours des années 70. Bien sûr les deux ambassadeurs "par excellence" de ces idées furent, à cette époque, Ronald Reagan aux USA et Margaret Thatcher au Royaume-Uni, ces deux pays ayant une histoire et une culture commune de même que, last but not least, les marchés financiers les plus puissants de la planète qu'il importait de développer plus encore.
    Par conséquent un aspect de la politique que d'aucuns dépeignent de "vassalité" des USA a consisté à faire en sorte, notamment via son allié (certains disent: son caniche) britannique en Europe mais aussi par des méthodes nettement moins avouables (rôle de la CIA dans l'instauration de dictatures hyper-capitalistes en Amérique latine, notamment), d'imposer un régime économique qui ferait du monde son "marché", tout en protégeant leur propre économie par des barrières protectionnistes (faut pas déconner quand même...).
    A cet égard la thérapie du choc fut transposée sur le plan économique, avec des succès très discutables, dans divers pays, notamment en Amérique latine (déjà évoquée) mais aussi dans l'Afrique du Sud post-apartheid et dans les pays d'Europe sortant de décades de communisme et d'économie planifiée.
    Au rang des méthodes plus douces la dispersion de la "bonne parole" étasunienne fut également assurée par la formation de milliers d'étudiants étrangers bénéficiant de bourses fédérales.
    Klein montre que, prudents, les étasuniens se gardèrent, dans un premier temps, d'appliquer ces méthodes de choc chez eux mais n'hésitèrent plus à le faire au cours des années plus récentes, notamment à l'occasion de l'ouragan Katrina à New Orleans, qui permit de mener à bien une politique de gentrification de la région dont on réussit à chasser une bonne part des habitants noirs ou à revenus modestes.
    Je l'ai lu en anglais en vacances et je ne le conseillerais pas car ce livre vous accroche comme un roman mais, en même temps, tout ceci est tellement déprimant (le cynisme, la cupidité du genre humain qui ne connaissent décidément pas de limites) que cela vous gâche une partie du plaisir de vos vacances.
    Néanmoins à lire absolument pour comprendre, du moins selon une perspective (one view on the cathedral, comme aiment à le dire les étasuniens), ce qui nous arrive aujourd'hui.
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    • Livres 5.00/5
    Par Celkana, le 04 avril 2015

    Celkana
    Un livre a surtout mettre entre toutes les mains!
    Naomi Klein nous décrit comment les grandes institutions (FMI, Banque mondiale) censées aider les pays pauvres ou en difficultés ne font finalement que les enfoncer encore plus dans la misère en leur imposant des mesures terribles et contraires à une économie stable et juste; comment nos hommes politiques sont à la botte des industriels et autres entrepreneurs qui n'en veulent qu'à l'argent public mais pour leurs propres poches; comment les stratégies du choc et de l'effroi ont servis les intérêts personnels au détriment d'une population qui n'avait rien demandé...
    Ce livre est lui-même un choc, mais indispensable à parcourir pour enfin ouvrir les yeux sur ce qu'on ressent, qu'on peut deviner, mais sur lequel nous n'avions pas vraiment d'exemples et recherches faites. Naomi Klein l'a fait pour nous et cela devrait permettre de mettre en branle une riposte populaire. Celle-ci existe déjà dans les pays qui ont du subir ces terribles moments de dictatures ou de guerre, mais il faut aussi qu'elle se mette en place dans les pays plus épargnés, si l'on peut dire...
    C'est pour cela que ce livre doit être mis entre toutes les mains, en parler, en débattre mais le diffuser!!!
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    • Livres 4.00/5
    Par tolbiac, le 07 mars 2013

    tolbiac
    Tiens aucune critique pour cet essais?
    Étonnant, puisqu'on est face à 50 ans de notre histoire contemporaine. Ce n'est pas prise de tête, ni gonflant. .Ok ça parle d"économie. Mais ça raconte bien la mise en place du néo-libéralisme. C'est une enquête captivante du fonctionnement de notre monde moderne. Klein fait oeuvre d'humanité en déposant à nos pieds ce poignant témoignage qui l'ensemble des mouvements sociaux et libérales de la planète. C'est facile à lire, fascinant, révoltant, surprenant. On sort de là changé. Différent et notre regard à jamais ouvert d'une autre manière... Et pour info je ne connais rien à l'économie... Et là, j'apprends, je comprends... Et c'est limpide, fou, génialement bien expliqué... Presque le livre de la dernière décennie... Mais je n'irais pas jusqu'à là... Quoique j'hésite...
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    • Livres 5.00/5
    Par rachidben, le 07 mars 2015

    rachidben
    « Trois amis étaient en promenade sur les hauts plateaux de Perse. Surgit une panthère, toute la férocité du monde était en elle. La panthère observa longuement les trois hommes puis courut vers eux. le premier était le plus âgé, le plus riche, le plus puissant. Il cria : « Je suis le maître de ces lieux, jamais je ne permettrai à une bête de ravager les terres qui m'appartiennent » il était accompagné de deux chiens de chasse. Il les lâcha sur la panthère, ils purent la mordre, mais elle n'en devient que plus vigoureuse, les assomma, bondit sur leur maître et lui déchira les entrailles. Tel fut le lot de Nizam-el-Molk. le deuxième se dit : « Je suis un homme de savoir, chacun m'honore et me respecte, pourquoi laisserai-je mon sort se décider entre chiens et panthère ? » il tourna le dos et s'enfuit sans attendre l'issue de combat. Depuis, il a erré de grotte en grotte, de cabane en cabane, persuadé que le fauve était constamment à ses trousses. Tel fit le lot d'Omar Khayyam. le troisième était homme de croyance. Il s'avança vers la panthère les paumes ouvertes, le regard dominateur, la bouche éloquente. « Soit la bienvenue en ces terres, lui dit-il. Mes compagnons étaient plus riches que moi, tu les as dépouillés, ils étaient plus fiers, tu les as rabaissés. » la bête écoutait, séduite, domptée. Il prit l'ascendant sur elle, il réussit à l'apprivoiser. Depuis, aucune panthère n'ose s'approcher de lui, et les hommes se tiennent à distante. » Quand survient le temps des bouleversements, nul ne peut arrêter son cours, nul ne peut le fuir, quelques-uns parviennent à s'en servir. Mieux que quiconque, Hassan Sabbah a su apprivoiser la férocité du monde. Tout autour de lui, il a semé la peur ; pour se ménager, dans son réduit d'Alamout, un minuscule espace de quiétude. » (Citation tirée de Samarcande d'Amin Maalouf).
    Que se passerait-il si les représentants du pouvoir, de la richesse, du savoir et du dogme (plus idéologique que religieux) étaient la même et unique entité ? Voilà de quoi traite exactement La stratégie du Choc. de la façon dont "la férocité du monde" est instrumentalisée dans notre société moderne et mondialisée, et à quelles fins. Un livre indispensable à toute bibliothèque.
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    • Livres 4.00/5
    Par CieduSI, le 12 décembre 2011

    CieduSI
    Un livre qui permet de mieux comprendre certains choix politiques et économiques depuis les années 70 et notamment comment la brutalité de certaines décisions accompagnent la prise de pouvoir des libéraux pour défaire les lois sociales et faciliter la mainmise du capitalisme ultralibéral dans le monde. Avec ce livre les thèses ultralibérales de Milton Fridmann sont décortiquées et les liens entre FMI, banques centrales des grands pays industrialisés et décisions politiques aux USA, Russie, Chili, Corée du Sud, Pologne etc..apparaissent au grand jour. une lecture difficile pour un non économiste mais salutaire.
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Citations et extraits

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  • Par Pumpkin, le 22 août 2010

    Voici quelques chiffres qui donnent une idée de l'ampleur de la transformation : en 2003, le gouvernement des Etats-Unis passa 3.512 marchés avec des sociétés chargées d'exécuter des fonctions liées à la sécurité ; au cours de la période de 22 mois ayant pris fin en août 2006, la sécurité intérieure au sens large - d'une importance économique négligeable avant 2001 - vaut aujourd' hui 200 milliards de dollars. En 2006, les dépenses du gouvernement des Etats-Unis dans le domaine de la sécurité se chiffraient à environ 545 $ par foyer.
    Et il n'est ici question que de la guerre au terrorisme en sol américain. Les gros bénéfices viennent des guerres menées à l'étranger. Sans tenir compte des fournisseurs d'armement, dont les profits ont monté en flèche grâce à la guerre en Irak, la prestation de services à l'armée des Etats-Unis est aujourd' hui l'une des économies tertiaires qui connaît la croissance la plus rapide du monde.
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  • Par alzaia, le 03 septembre 2014

    F.D Roosevelt lorsqu'il rencontrait des organisations sociales ou syndicales qui proposaient des mesures sociales écoutait longuement puis répondait : Descendez dans la rue et obligez moi à le faire. En 1937 année charnière pour le New Deal, combien eut-il de grèves ? 4740 ... Combien eut-il de grève en 2007 ? 21 !

    Celà nous enseigne que si nous voulons des réponses à cette "crise" économique pour un monde plus sains, plus juste, plus pacifique, il va falloir descendre dans la rue et les obliger à le faire.

    (extrait de sa conférence que je retranscris en "citation")
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  • Par Celkana, le 16 mars 2015

    Ils se rendirent en délégation au bureau du représentant du Fonds monétaire international en Bolivie pour lui faire part de leur intention. La réponse de ce dernier fut à la fois enthousiaste et troublante:"C'est l'accomplissement du rêve de tous les fonctionnaires du FMI. En cas d'échec, heureusement, je bénéficie de l'immunité diplomatique et je n'aurais qu'à sauter dans un avion pour m'enfuir."

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  • Par Celkana, le 25 février 2015

    Il se caractérise au premier chef par d'immenses transferts de ressources publiques vers le secteur privé, démarche qui s'accompagne souvent d'une explosion de l'endettement, d'un accroissement de l'écart entre les riches à outrance et les pauvres sans importance et d'un nationalisme exacerbé qui justifie des dépenses colossales dans le domaine de la sécurité.

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  • Par Celkana, le 22 mars 2015

    De tous les obstacles auxquels se heurtait le nouveau gouvernement, le marché se révéla le plus contraignant. D'une certaine façon, c'est là le génie su capitalisme sans entraves: il s'auto-renforce. Une fois les pays ouverts aux humeurs caractérielles du marché mondial, tout manquement à l'orthodoxie de l'école de Chicago est aussitôt puni par les traders de New-York et de Londres, qui se liguent contre la devise du pays coupable.
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