> M.-L. Laureau (Traducteur)
> Georges La Flize (Traducteur)
> Guy de Maupassant (Préfacier, etc.)

ISBN : 2080705865
Éditeur : Flammarion (1993)


Note moyenne : 4.12/5 (sur 8 notes) Ajouter à mes livres
L'action se passe en Italie du Nord, au siècle dernier. Une jeune veuve, lors de l'assaut donné à la citadelle que commande son père, est violée par un officier qui profite de son évanouissement. Quand la marquise doit avouer à sa famille qu'elle est enceinte, celle-ci ... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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  • Par dbacquet, le 28 mai 2012

    dbacquet
    C'est dans une citadelle assiégée, en proie aux flammes et à des meutes sauvages, que le seigneur de G…, son gouverneur, n'a pu défendre, que La Marquise d'o…, sa fille, faillit être violée par des soudards déchaînés. Il fallut l'intervention brutale d'un officier Russe, le comte F…, qui venait de prendre la place, pour les en empêcher ; mais celui-ci, lorsque il éloigna du tumulte la marquise qui le vit d'abord comme « un ange du ciel », ne put pas davantage résister à l'impétuosité de son désir, quand la marquise fut, après tant d'émotions, tout à fait évanouie, elle qui avait mené, après la mort de son mari, une vie retirée et sans reproche dans la maison de son père. le comte F…, qu'on avait cru mort dans un combat, réapparut tel un esprit, et, soit par amour, soit par repentir, voulut l'épouser à tout prix, mais se heurta vite, malgré les sentiments étranges qu'il avait suscités, à son refus. En outre, elle se ressentait de plus en plus de malaises insistants et un médecin lui confirma une grossesse qui pour elle n'était encore qu'un mystère. Elle sera dès lors répudiée par son père avec la plus grande violence et il faudra que le comte F… avoue sa faute pour pouvoir l'épouser enfin.
    C'est dans une ville dévastée par un tremblement de terre, Santiago, capitale du royaume du Chili, que deux amants condamnés s'échappent, l'un de sa prison où il voulait se pendre, l'autre de la place publique où on la menait au supplice. le père de Josephe, un homme riche et puissant parmi la noblesse de la ville, chassa Jeronimo, le précepteur de la famille, et mit sa fille dans un couvent, quand il apprit leur union jugée indigne. Mais Josephe qui retrouvait son amant dans le jardin du couvent, tomba enceinte et c'est sur les marches d'une cathédrale qu'elle s'affaissa et enfanta.
    C'est à Haïti en pleine révolte des noirs que Toni, une jeune métisse florissante dont on usait des atours, tenta de sauver mystérieusement un Français devenu son amant.
    Dans « l'enfant trouvé » une épidémie de peste s'était déclarée.
    Dans « Sainte Cécile », durant la guerre de trente ans, trois frères iconoclastes furent empêchés de commettre le crime qu'il projetait dans une église à cause de la puissance du chant et de la musique qui en sortit alors et qu'avait menés une main mystérieuse…
    C'est donc dans un monde bouleversé que se jouent, dans les nouvelles de Kleist, les destins individuels. Des personnes se heurtent aux conventions, à une justice humaine qui relève parfois de l'arbitraire. C'est dans un monde bouleversé et d'une très grande violence que les instincts refont surface. Si dans l'œuvre de Kleist, il est encore des fantômes comme dans « la mendiante de Locarno » et des interventions divines, qui châtient ou protègent, le style est plutôt d'un réalisme si méticuleux et si incisif, qu'il en devient presque brutal ; il s'attache à décrire des caractères, des faits et leurs enchaînements, sans les subordonner complètement à la raison, comme si nous marchions constamment au-dessus d'un abîme dont le fond nous échappe. Kleist s'était vu lui-même mis au ban de la société dont il condamnait la cupidité, les archaïsmes et l'hypocrisie et souffrait de déréliction comme s'il eût perdu toute forme d'idéal. Il avait été condamné par une grande partie de ses contemporains, à cause de la violence qui abonde dans son œuvre, outrepassant les cadres autorisés du récit, et des éléments pathologiques qui s'y ajoutent. Certains, cependant, reconnurent en lui un écrivain d'exception.
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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 20 octobre 2010

    Woland
    Die Marquise von O ... , Das Erdbeden in Chili, Die Verlobung in St. Domingo, Das Bettelweib von Locarno, der Findiling, Die Heilige Cäcilie oder die Gewalt der Musik, der Zweikampf
    Traduction : M. L. Laureau & G. La Flize
    Introduction : Antonia Fonyi
    Rejeté par Goethe, courant d'échec en échec littéraire, optant en définitive, après avoir assassiné la femme qu'il aimait, pour un suicide par balle, Von Kleist mérite amplement la place d'ovni qu'il occupe dans la littérature allemande. Romantique, il l'est par le style (ah ! ces paragraphes à la Balzac, qui n'en finissent pas d'en finir !), par l'amour du mélodrame et aussi par la caractérisation, très début du XIXème, de ses personnages. Néanmoins, au beau milieu de ce que certains (moi la première) considèreraient comme une soupe de mots et d'intrigues un tantinet trop épaisse, jaillissent des fulgurances, des audaces même d'une surprenante - voire choquante - modernité.
    L'auteur donne l'impression de se dédoubler et de confier la rédaction de certains passages à son alter ego. Quand on sait l'importance du double dans la littérature romantique et fantastique allemande - fascination que l'on retrouvera au XXème siècle dans la grande époque du cinéma de l'UFA, entre les deux guerres - on se dit que la chose n'est certes pas un hasard. A moins que Kleist ait parfois écrit sous l'influence de certaines drogues - c'est une idée qui vient tout naturellement à l'esprit, je vous l'assure.
    Si l'on prend par exemple la nouvelle qui donne son titre à ce volume, "La marquise d'o ...", on s'aperçoit qu'à une héroïne aristocrate, élevée de telle façon qu'on ne l'a jamais laissée lire le moindre roman ou la moindre gazette douteuse, veuve admirable et mère dévouée, bref, un personnage qui fait corps avec les lois de son siècle, Kleist oppose ce qu'on serait tenté de définir comme un anti-héros même si, à la fin du texte, il finit par rejoindre le giron de la bonne société. Brutal, dissimulateur, guidé par la violence de l'instinct sexuel, le comte F ... est un violeur qui, en outre, a mis à profit l'évanouissement de sa victime pour abuser d'elle. Tout ce qui, dans la nouvelle, relève des pulsions non maîtrisées du comte est exposé avec une franchise qui, pour le public de l'époque, pouvait se confondre avec de la crudité pure et simple.
    Mais il y a plus dérangeant : la scène au cours de laquelle la marquise et son père se réconcilient tandis que la mère, qui a facilité leur entrevue, les observe d'abord par le trou de la serrure avant de les rejoindre tranquillement :
    Citation:
    [...] ... L'oreille délicatement collée à la porte, [Mme de G ...] écouta et perçut les tout derniers mots d'un léger chuchotement qui lui sembla venir de la marquise. Par le trou de la serrure, elle aperçut la fille sur les genoux de son père, ce qu'il n'avait encore jamais admis de sa vie. Elle ouvrit enfin la porte et, le coeur tout débordant de joie, elle vit la marquise silencieuse, la nuque ployée en arrière, les yeux tout à fait clos, affaissée dans les bras de son père. Et lui, assis dans le fauteuil, ouvrant de grands yeux brillants de larmes, posait sur sa bouche de longs baisers brûlants et avides comme un véritable amoureux ! Sa fille se taisait et lui se taisait aussi ; il restait assis, le visage penché sur elle, comme sur la jeune fille de son premier amour, et il lui tournait la tête pour l'embrasser encore. La mère était aux anges ; ( ... ) se penchant de part et d'autre du siège, elle le regarda de côté tandis que, avec un bonheur indicible, il caressait des doigts et des lèvres la bouche de sa fille. ... [...]
    Dans "Les Fiancée de Saint-Domingue", on s'aperçoit très vite que, sous le pathos romantique, c'est la question des relations sexuelles entre les Blancs et les Noirs qui sous-tend tout le récit avec une connotation dominant-dominé qui n'étonnera pas le lecteur d'aujourd'hui mais dont on se demande ce qu'en pensa celui de l'époque, surtout après l'équipée de Toussaint-Louverture à Haïti. "L'Enfant Trouvé" reprend le thème de l'inceste - mais ici, la mère du fils incestueux ne l'est pas par le sang. le sommet de l'ambiguïté est atteint par "La Mendiante de Locarno", court récit assez bâtard qui se veut histoire de fantômes et dont l'ambiguïté réside dans la première ligne, lorsque le gentilhomme demande à la mendiante d'aller derrière le poêle. Précisons que, dans cette histoire, s'il y a viol, il s'agit de celui d'une vieille femme handicapée par un homme dans la force de l'âge.
    Bref, vous l'aurez compris, ce recueil, avec son étrangeté et son culte pour l'ambiguïté, titille sans cesse la curiosité du lecteur qui se demande s'il "lit double" ou pas. A découvrir, ne serait-ce que pour partager les impressions ressenties et en débattre. le lecteur a-t-il l'esprit mal placé ou Von Kleist aurait-il pu prétendre à être le Georges Bataille de son siècle ? ;o)
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Citations et extraits

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  • Par Woland, le 20 octobre 2010

    .. Au pied des Alpes, à Locarno, en Italie septentrionale, se trouvait un vieux château appartenant à un marquis et dont on voit maintenant les ruines et les décombres quand on vient du Saint-Gothard : château aux vastes et hautes pièces, dans l'une desquelles une vieille femme malade, qui s'était présentée en mendiant, fut un jour recueillie par la maîtresse de maison et couchée, par pitié, sur de la paille qu'on y avait répandue pour elle. Le marquis, qui revenait de la chasse, entra par hasard dans cette pièce où il avait coutume de déposer ses fusils, et ordonna impatiemment à la femme de se lever du coin dans lequel elle était couchée et de s'en aller derrière le poêle. En se levant, la femme glissa avec sa béquille sur le sol et se blessa dangereusement aux reins ; de sorte que, si elle se releva pourtant avec une peine indicible et traversa de biais la pièce, ainsi qu'il lui était prescrit, ce fut pour s'affaisser en gémissant et soupirant derrière le poêle et mourir.

    Plusieurs années plus tard, alors que, par suite de la guerre et de la mauvaise récolte, le marquis était dans de graves embarras d'argent, descendit chez lui un chevalier florentin qui voulait lui acheter le château pour la beauté du site. Le marquis, qui tenait beaucoup à ce marché, chargea sa femme de loger l'étranger dans ladite pièce, restée inoccupée et qui était fort joliment et richement installée. Mais quelle ne fut pas la stupéfaction du couple lorsque, au milieu de la nuit, le chevalier descendit les trouver, pâle et égaré, jurant ses grands dieux qu'il y avait des revenants dans la pièce, que quelque chose, qui avait échappé à ses regards, s'était relevé dans le coin de la chambre, avec un bruit de paille foulée, avait lentement traversé de biais la chambre, à pas distincts et chancelants, et s'était affaissé en gémissant et soupirant derrière le poêle. ... [...]
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  • Par Woland, le 20 octobre 2010

    [...] ... Sur un signe de l'Empereur, la trompette du héraut sonna pour le combat, et les deux chevaliers, épée et bouclier aux mains, s'attaquèrent. Du premier coup, le seigneur Friedrich blessa le comte : de la pointe de son épée pourtant assez courte, il le toucha entre le bras et la main, aux charnières de l'armure. Le comte qui, dans l'émoi de ce coup, avait bondi en arrière et examinait la blessure, découvrit que, malgré l'abondance du sang qui coulait, la peau n'était que superficiellement entamée. Aussi, devant les murmures des chevaliers placés sur la rampe du château qui trouvaient choquante son attitude, il passa de nouveau à l'attaque et reprit le combat en homme qui a retrouvé ses forces dans leur plénitude. Dès lors, on vit ondoyer la lutte entre les deux combattants, pareils à deux vents de tempête qui s'affrontent, à deux nuages d'orage qui, dardant la foudre l'un sur l'autre, s'abordent et, sans se mêler, sous le fracas répété du tonnerre, s'amoncellent en roulant l'un autour de l'autre. Le seigneur Friedrich était là, épée et bouclier en avant, fixé au sol, comme s'il voulait y prendre racine. Jusqu'aux éperons, jusqu'aux chevilles et aux mollets, il enfonçait dans cette terre débarrassée de ses pavés, qu'on avait à dessein ameublie, écartant de sa poitrine et de sa tête les coups insidieux du comte qui, petit et agile, attaquait pour ainsi dire de tous les côtés à la fois. ... [...]
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Théâtre
Emission publique présentée par François Régis BASTIDE consacrée au théâtre, avec les critiques Alfred SIMON, Matthieu GALEY, Dominique JAMET, Gilles SANDIER (il arrive en retard et se fait huer par le public) qui débattent des pièces suivantes : - à 2'50 : "Penthésilée" de Heinrich von KLEIST, mis en scène par Michel HERMON à la Cartoucherie de Vincennes - à 22'50 : "Le Malade...











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