« Imaginez-vous entrant dans une salle d'attente où se trouvent cinq hommes. L'un d'eux vous plaît. Selon toute vraisemblance, c'est celui-là le mauvais choix. »
Tel est le conseil avisé que Silke Hempel, psychothérapeute de son état, délivre à ses patientes névrosées.
On ne viendra pas s'étonner après ça que Silke se retrouve toute seule. Enfin toute seule, pas vraiment puisque cette quadra divorcée est aussi la mère d'un ado pas vraiment bien dans sa peau, scotché à longueur de journée (et de nuit) à Internet.
Et pourtant, elle n'est pas difficile, Silke.
Comme elle le dit à Bert, son secrétaire, homme de ménage… et meilleur ami auprès de qui elle s'épanche régulièrement, elle ne cherche pas forcément une relation stable, le grand amour d'une vie. Un bon coup d'une nuit ne serait déjà pas si mal.
Une confession qui, de la bouche de son amie, ne manque pas d'étonner Bert.
« Tu sais ce qui me fout les boules chez vous, les pédés ?! Vous pensez que les hétéros sont tous des nuls au pieu, surtout les nanas qui font pas le poids. Vous êtes persuadés de détenir le brevet de l'orgie vite faite bien faite, mais ça fait longtemps qu'on est à la hauteur de vos ébats ! Et même si un petit préliminaire est pas pour nous déplaire plutôt que d'avoir un avant-bras dans le cul dès la troisième minute, tu peux te foutre tes clichés où je pense. Je trouve pas ça bandant qu'on « me masse les pieds des heures durant ». L'ère de Sex and the City aurait pu vous ouvrir les yeux sur le fait que les nanas peuvent être actives !!! »
Un soir, lors d'une virée dans un bar, Silke et Bert croisent Maddin, un beau gosse costaud, qui a quitté pour deux semaines sa Bavière et sa ferme natales, afin de découvrir les charmes de la capitale. Ou plus exactement ceux des berlinoises.
Malgré (ou à cause de) ses bottes en caoutchouc et de son accent péquenaud, Maddin ne laisse pas Silke indifférente. Mais celle-ci, abonnée aux aventures désastreuses, craint de sortir à nouveau blessée de cette relation, et ne donne pas suite.
Au grand désespoir de Bert qui les trouve faits l'un pour l'autre. En bon copain plein de bonnes intentions, il va s'arranger pour réunir Silke et Maddin par tous les moyens.
Puisse la passion s'exprimer et avoir le dernier mot !
Pour une fois, avec
Et maintenant, allongez-vous !,
Ralf König délaisse les homos, leurs histoires de couple et de cul, pour se pencher sur les peines de cœur d'une hétéro et, plus généralement, sur la libido féminine.
Au final, sur le thème du copain gay qui vole au secours de sa meilleure copine hétéro pour l'aider à « pécho » un mec, et jouant du fossé qui sépare les mœurs de la ville et de la campagne, le bédéiste allemand nous gratifie d'une comédie gentillette, sans véritable surprise. Alors, on sourit, certes, et pas qu'une fois, mais on ne peut s'empêcher de regretter l'humour corrosif et la charge féroce qui sont d'ordinaire la marque de fabrique de celui que les critiques ont baptisé le « Bretécher gay ».
En plus de la version “musical” de Brokeback Mountain, je ne résiste pas au plaisir de citer un autre de mes passages préférés qui en dit long sur la différence entre hommes et femmes en matière de sexe :
Calé dans son canapé, Bert potasse « Comprendre les femmes pour les nuls ». Il égraine les titres des chapitres : Pas si vite, Monsieur !, Toute femme rêve d'être traitée en princesse, Prenez des cours de tango, elle sera conquise… C'est alors qu'il se tourne vers son copain et s'écrie : « T'imagines ? Devoir d'abord danser le tango avant de pouvoir se faire sucer ? »
En cela, avec moins de délicatesse sans doute,
Ralf König, par la voix de son personnage, rejoint l'avis de Billy Crystal sur la question : “Women need a reason to have sex. Men just need a place.”
Lien : http://www.incoldblog.fr/?post/2011/05/16/%C2%AB-Les-femmes-ont-beso..