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ISBN : 2707311030
Éditeur : Editions de Minuit (1987)


Note moyenne : 3.82/5 (sur 49 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
« Si un chien rencontre un chat – par hasard, ou tout simplement par probabilité, parce qu'il y a tant de chiens et de chats sur un même territoire qu'ils ne peuvent pas, à la fin, ne pas se croiser ; si deux hommes, deux espèces contraires, sans histoire commune, sans ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (4)

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    • Livres 5.00/5
    Par patatipatata, le 03 septembre 2012

    patatipatata
    La solitude des champs de coton de Bernard-Marie Koltes est un huis clos à ciel ouvert. Un duel entre chien et loup où les mots sont des armes. C'est l'histoire de deux solitudes en mal d'amour. L'un a tout à offrir, peut-être trop, l'autre est vide de désir ou peut-être trop plein de désir que rien, ni personne ne pourrait assouvir. Trop préoccupés de rester sur leur garde (par orgueil ?) , ils se laissent entraîner dans le jeu d'une joute verbale et ne sauront pas reconnaître l'instant où tout aurait pu basculer. C'est l'histoire d'une occasion manquée qui s'achèvera, lorsque les arguments viendront à manquer, dans la violence d'un corps à corps sans amour.
    Un texte écrit dans une langue magnifique, très classique, où l'on ne peut s'empêcher de penser qu'«on ne badine pas avec l'amour».
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    • Livres 5.00/5
    Par vincentf, le 29 juin 2010

    vincentf
    Ils se rencontrent. De quoi parlent-ils ? De la nature de leur rencontre sans doute. Un dealer, qui vend ce que l'autre désire, un client qui ne désire rien à première vue. Leur rencontre, entre chien et loup, à l'heure illicite, imprévue, vaguement nécessaire. Suite de monologues, captation impossible du désir, l'autre ici, ailleurs, pas de rencontre. Drame de l'illusion de communication. Ils ne savent pas de quoi ils parlent, mais ils parlent, comme Vladimir et Estragon. Ils attendent aussi, mais hostiles, sans entrevoir la possibilité de devenir couple, sous violence larvée. Il ne se passera rien tant qu'ils ne se seront pas éliminés et même s'ils s'éliminent, il ne se passera rien. Drame des rapports de force, incontournables, c'est parce qu'ils se sont rencontrés que leur rencontre est impossible. Rapports animaux, monde animal partout, no man's land, pas même l'arbre d'En attendant Godot. Qu'attendent-ils ? Ils s'attendent, ne s'entendent pas. le dealer sera voleur, s'il n'a rien à fourguer. le client ne se laissera pas faire, mais les chiens lui mordront le cul. A la fin, ils se battront, à mort. Ils feront l'amour sans amour, en répétant qu'il n'y a pas d'amour. le client l'emportera. Pour rien.
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    • Livres 4.00/5
    Par PatatosAmoureuse, le 18 novembre 2012

    PatatosAmoureuse
    Une pièce étrange mais tellement bien mené!
    La compréhension entre les deux personnages résident sur des figures littéraires, des digressions, des sous-entendus des plus étranges qui nous parle tout de même de la condition humaine, et des vérités qui nous constituent également !
    Étrange et Déroutant... Mais qui porte à la réflexion !
    L'écriture est une performance !
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    • Livres 5.00/5
    Par MonsieurTouki, le 05 janvier 2013

    MonsieurTouki
    Quel délice ce livre !
    Il s'agit de la rencontre, sous-entendue, dans tous les sens du terme, entre un dealer et un client. Tout n'est que pensées, expressions, interprétations et perceptions respectives, d'actes au mieux, de paroles, jamais.
    De la différence naissent les craintes, des certitudes…qui elles même mènent au néant, à l'impossibilité de conclure, le deal, évidemment. Possibilité il y eût pu avoir cependant, aveuglante elle aura finalement été.
    La fugacité explicitée et décortiquée : voilà ce qu'est ce livre. Ce que l'on ressent est teinté d'admiration, elle-même se manifestant par quelques légers hoquets d'étonnement.
    Monsieur Touki.

    Lien : http://monsieurtouki.wordpress.com/2013/01/02/dans-la-solitude-des-c..
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Citations et extraits

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  • Par petitours, le 02 décembre 2008

    Si un chien rencontre un chat – par hasard, ou tout simplement par probabilité, parce qu'il y a tant de chiens et de chats sur un même territoire qu'ils ne peuvent pas, à la fin, ne pas se croiser ; si deux hommes, deux espèces contraires, sans histoire commune, sans langage familier, se trouvent par fatalité face à face – non pas dans la foule ni en pleine lumière, car la foule et la lumière dissimulent les visages et les natures, mais sur un terrain neutre et désert, plat, silencieux, où l'on se voit de loin, où l'on s'entend marcher, un lieu qui interdit l'indifférence, ou le détour, ou la fuite ; lorsqu'ils s'arrêtent l'un en face de l'autre, il n'existe rien d'autre entre eux que de l'hostilité – qui n'est pas un sentiment, mais un acte, un acte d'ennemis, un acte de guerre sans motif
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  • Par MonsieurTouki, le 03 janvier 2013

    "Alors ne me refusez pas de me dire l'objet, je vous en prie, de votre fièvre, de votre regard sur moi, la raison, de me la dire ; et, s'il s'agit de ne point blesser votre dignité, eh bien, dites-la comme on la dit à un arbre, ou face au mur d'une prison, ou dans la solitude d'un champ de coton dans lequel on se promène, nu, la nuit ; de me la dire sans même me regarder. Car la vraie seule cruauté de cette heure du crépuscule où nous nous tenons tous les deux n'est pas qu'un homme blesse l'autre, ou le mutile, ou le torture, ou lui arrache les membres et la tête, ou même le fasse pleurer ; la vraie et terrible cruauté est celle de l'homme ou l'animal inachevé, qui l'interrompt comme des points de suspension au milieu d'une phrase, qui se détourne de lui après l'avoir regardé, qui fait, de l'animal ou de l'homme, une erreur du regard, une erreur du jugement, une erreur, comme une lettre qu'on a commencée et qu'on froisse brutalement juste après avoir écrit la date."
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  • Par MonsieurTouki, le 03 janvier 2013

    "Mais plus un vendeur est correct, plus l'acheteur est pervers ; tout vendeur cherche à satisfaire un désir qu'il ne connaît pas encore, tandis que l'acheteur soumet toujours son désir à la satisfaction première de pouvoir refuser ce qu'on lui propose ; ainsi son désir inavoué est exalté par le refus, et il oublie son désir dans le plaisir qu'il a d'humilier le vendeur."

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  • Par neimad6891, le 01 décembre 2010

    Je ne suis pas là pour donner du plaisir, mais pour combler l'abîme du désir

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  • Par neimad6891, le 06 décembre 2010

    Quelle obscurité serait assez épaisse pour vous faire paraître moins obscur qu'elle

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