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ISBN : 2707311030
Éditeur : Editions de Minuit (1987)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 145 notes)
Résumé :
« Si un chien rencontre un chat – par hasard, ou tout simplement par probabilité, parce qu'il y a tant de chiens et de chats sur un même territoire qu'ils ne peuvent pas, à la fin, ne pas se croiser ; si deux hommes, deux espèces contraires, sans histoire commune, sans langage familier, se trouvent par fatalité face à face – non pas dans la foule ni en pleine lumière, car la foule et la lumière dissimulent les visages et les natures, mais sur un terrain neutre et dé... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
ATOS
ATOS22 juillet 2013
  • Livres 5.00/5
Cet obscur objet du deal...le désir.
Le désir : l' élément moteur de l'échange soumis à la loi de nos marchés.
Et si le désir n'était en fait lui même que l'unique sujet de ce marché.
Le désir serait il l'enjeu de nos échanges, et ce que nous désirons ne serait il qu'un prétexte ?
Nous désirons tous. Sur ce terrain nous voilà, humains, au moins égaux.
Celui qui ne désire pas, ne vit pas. Donc nous désirons...
Mais que désirons nous exactement ? Et comment ?
L'intensité du désir a t elle une incidence sur son assouvissement ?
Faut il mieux « bien » désirer que fortement désirer ?
Que désire t on vraiment ?
Ce qui nous manque ? Ce que l'autre possède ?
Et si nous ne désirions que le propre désir de l'autre ?
Pacte diabolique en somme qui sous entend l'absence d'amour.
Chacun a intérêt au deal.
C'est la loi du marché : l'offre et la demande crée le marché.
Pas de hasard.
Le désir n'est pas involontaire.
Le vouloir est la racine du désir. le pouvoir quant à lui en est la sève.
Parce qu'il y a pouvoir, il y a possibilité, entente, la négociation peut s'établir.
Si le pouvoir vient à manquer d'un seul côté et c'est toute l'architecture, la structure de l'échange qui s'écroule.
Le jeu consiste donc, ou plutôt la règle, à ce que l'on fasse croire à l'autre aussi longtemps que possible que l'on possède le pouvoir sur le vouloir.
Être maître de sa situation,... rester maître..., même si on risque d'aller traîner sa solitude dans un champ de coton..
L'empathie donne lecture au désir, et de la souffrance également.
On ne peut saisir le désir de l'autre que si ce désir ne nous est pas étranger.
Il en est même de la souffrance, puisqu'on ne peut concevoir que la souffrance qu'il est possible de ressentir soi même.
Et il en va de même pour chacun de nos sentiments : la peur, la joie etc..
Preuve est faite que l'empathie est une faculté et non une qualité.
Désireux – désirable, qui chassera, qui sera la proie ? Tout n'est peut être qu'une question d'angle, d'orientation.
Tout est également dans nos secrètes armures.
Qui baisse la garde, se dévoile. le désirable devient vulnérable.
Mais gare au refus, qu'il soit dans la fuite, ou dans le dénis. le refus désarme celui qui le reçoit.
Dans le grand attelage du deal, où chacun devient à la fois désirant-désiré qui a les rênes en mains ?
Combat incessant pour maîtriser son désir tout en tentant de maîtriser le désir de l'autre.
Du deal au duel , ton arme tu choisiras !
Point trop d'arrogance, point trop d'humilité, subtil jeu de l'âme.
La Poésie retrouve sa place : le Théâtre de Koltès.
C'est vertigineux, beau, intense et flamboyant, tellement humain et donc forcément tragique.
Astrid Shriqui Garain
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patatipatata
patatipatata03 septembre 2012
  • Livres 5.00/5
La solitude des champs de coton de Bernard-Marie Koltes est un huis clos à ciel ouvert. Un duel entre chien et loup où les mots sont des armes. C'est l'histoire de deux solitudes en mal d'amour. L'un a tout à offrir, peut-être trop, l'autre est vide de désir ou peut-être trop plein de désir que rien, ni personne ne pourrait assouvir. Trop préoccupés de rester sur leur garde (par orgueil ?) , ils se laissent entraîner dans le jeu d'une joute verbale et ne sauront pas reconnaître l'instant où tout aurait pu basculer. C'est l'histoire d'une occasion manquée qui s'achèvera, lorsque les arguments viendront à manquer, dans la violence d'un corps à corps sans amour.
Un texte écrit dans une langue magnifique, très classique, où l'on ne peut s'empêcher de penser qu'«on ne badine pas avec l'amour».
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Sivoj
Sivoj10 mars 2016
  • Livres 5.00/5
Cette pièce – ou plutôt cette nouvelle, car elle a été adaptée au théâtre mais avait été écrite comme un exercice tout ce qu'il y a de plus littéraire – est une sorte dialogue entre un dealer et un client ; "sorte de" car il ne s'agit pas de répliques de type question/réponse, il n'y a pas vraiment d'échange d'informations et l'on est pas toujours sûr qu'il s'adressent l'un à l'autre ; il s'agit plutôt d'un échange de tirades dans lesquelles chacun livre ses pensées, ses impressions, ses réflexions sur leur situation et leurs attentes vis-à-vis de l'autre ; l'un croit qu'il va acheter, l'autre qu'il va vendre, et on les voit se tourner autour, jauger de leur rapport de force, argumenter, espérer quelque chose tout en restant méfiant.
Bernard-Marie Koltès construit son dialogue autour de maintes circonvolutions, car rien n'est avoué de manière abrupte : tout est dit à demi-mot, par des phrases longues et douces qui prennent des chemins détournés, qui se répètent, s'enroulent sur elles-même, dans un vocabulaire courant mais un style poétique, agrémenté de comparaisons et métaphores parabolique, ou de références messianiques, de la part du dealer notamment. Par exemple, première page :
« le dealer
Si vous marchez dehors, à cette heure et en ce lieu, c'est que vous désirez quelque chose que vous n'avez pas, et cette chose, moi, je peux vous la fournir ; car si je suis à cette place depuis plus longtemps que vous et pour plus longtemps que vous, et que même cette heure qui est celle des rapports sauvages entre les hommes et les animaux ne m'en chasse pas, c'est que j'ai ce qu'il faut pour satisfaire le désir qui passe devant moi, et c'est comme un poids dont il faut que je me débarrasse sur quiconque, homme ou animal, qui passe devant moi.
C'est pourquoi je m'approche de vous, malgré l'heure qui est celle où d'ordinaire l'homme et l'animal se jettent sauvagement l'un sur l'autre, je m'approche, moi, de vous, les mains ouvertes et les paumes tournées vers vous, avec l'humilité de celui qui propose face à celui qui achète, avec l'humilité de celui qui possède face à celui qui désire ; et je vois votre désir comme on voit une lumière qui s'allume, à une fenêtre tout en haut d'un immeuble, dans le crépuscule ; je m'approche de vous comme le crépuscule approche cette première lumière, doucement, respectueusement, presque affectueusement, laissant tout en bas dans la rue l'animal et l'homme tirer sur leurs laisses et se montrer sauvagement les dents.
Non pas que j'aie deviné ce que vous pouvez désirer, ni que je sois pressé de le connaître ; car le désir d'un acheteur est la plus mélancolique chose qui soit, qu'on contemple comme un petit secret qui ne demande qu'à être percé et qu'on prend son temps avant de percer ; comme un cadeau que l'on reçoit emballé et dont on prend son temps à tirer la ficelle. Mais c'est que j'ai moi-même désiré, depuis le temps que je suis à cette place, tout ce que tout homme ou animal peut désirer à cette heure d'obscurité, et qui le fait sortir hors de chez lui malgré les grognements sauvages des animaux insatisfaits et des hommes insatisfaits ; voilà pourquoi je sais, mieux que l'acheteur inquiet qui garde encore un temps son mystère comme une petite vierge élevée pour être putain, que ce que vous me demanderez je l'ai déjà, et qu'il vous suffit, à vous, sans vous sentir blessé de l'apparente injustice qu'il y a à être le demandeur face à celui qui propose, de me le demander. »
L'auteur ne craint pas, comme c'est souvent le cas, d'utiliser des adjectifs, des adverbes ou des points-virgules ; d'ailleurs j'adore les points-virgules. Les métaphores sont maitrisées, l'imagination est fertile, le résultat est romantique à souhait.
Reste à se poser la question du sens : on peut le prendre tel quel, comme une relation vendeur/acheteur, ou l'on peut y voir un jeu de séduction, certains y voient une analogie avec la colonisation.
Certaines phrases m'ont paru obscures et je me suis demandé comment on a pu faire le saut d'une idée à l'autre, mais l'écriture est tellement envoutante qu'on est obligé de continuer à lire, et à la fin, de se poser des questions, car c'est le genre de texte qu'on peut passer des heures à interpréter
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Marti94
Marti9415 février 2016
  • Livres 3.00/5
Je suis sceptique. J'ai lu "Dans la solitude des champs de coton" de Bernard-Marie Koltès avant d'aller voir l'excellente interprétation d'Anne Alvaro et Audrey Bonnet au théâtre des bouffes du nord à Paris, dans une mise en scène très originale de Roland Auzet. C'est Patrice Chéreau qui a monté cette pièce pour la première fois en 1987, au Théâtre des Amandiers à Nanterre.
J'étais très motivée par la renommée de l'auteur. Mais, comment dire, je suis partie sur un hors sujet. le champ de coton m'a évoqué dans un premier temps l'esclavage. Mais non, ce n'est pas le sujet. Ensuite, j'ai lu l'introduction : une définition du « deal » qui m'a évoqué les bas-fonds et la drogue. Et bien non, ce n'est pas le sujet non plus.
Alors, j'ai essayé de comprendre la conversation entre le dealer et le client, car cette pièce à la particularité d'être un dialogue, un échange aux élans philosophiques qui n'a pas de cadre particulier, un peu comme une pièce radiophonique.
Koltes semble s'intéresser d'abord aux relations humaines et on est plutôt dans les échanges mercantiles et les rapports frontaux. Mais j'ai eu beau lire le résumé de la pièce dont le sujet annoncé est le désir, j'avoue que je n'ai pas compris grand-chose à ce dialogue en huis clos. Ce qui est surprenant c'est que le texte est plaisant, très bien écrit et que la pièce ne m'a pas ennuyé une minute même si je n'ai pas tout saisi. J'ai trouvé la lecture du texte agréable tout en restant en dehors de l'univers de Koltès. Mais je vais persévérer, c'est sûr.
Lu en février 2016
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vincentf
vincentf29 juin 2010
  • Livres 5.00/5
Ils se rencontrent. de quoi parlent-ils ? de la nature de leur rencontre sans doute. Un dealer, qui vend ce que l'autre désire, un client qui ne désire rien à première vue. Leur rencontre, entre chien et loup, à l'heure illicite, imprévue, vaguement nécessaire. Suite de monologues, captation impossible du désir, l'autre ici, ailleurs, pas de rencontre. Drame de l'illusion de communication. Ils ne savent pas de quoi ils parlent, mais ils parlent, comme Vladimir et Estragon. Ils attendent aussi, mais hostiles, sans entrevoir la possibilité de devenir couple, sous violence larvée. Il ne se passera rien tant qu'ils ne se seront pas éliminés et même s'ils s'éliminent, il ne se passera rien. Drame des rapports de force, incontournables, c'est parce qu'ils se sont rencontrés que leur rencontre est impossible. Rapports animaux, monde animal partout, no man's land, pas même l'arbre d'En attendant Godot. Qu'attendent-ils ? Ils s'attendent, ne s'entendent pas. le dealer sera voleur, s'il n'a rien à fourguer. le client ne se laissera pas faire, mais les chiens lui mordront le cul. A la fin, ils se battront, à mort. Ils feront l'amour sans amour, en répétant qu'il n'y a pas d'amour. le client l'emportera. Pour rien.
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Citations & extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
petitourspetitours02 décembre 2008
Si un chien rencontre un chat – par hasard, ou tout simplement par probabilité, parce qu'il y a tant de chiens et de chats sur un même territoire qu'ils ne peuvent pas, à la fin, ne pas se croiser ; si deux hommes, deux espèces contraires, sans histoire commune, sans langage familier, se trouvent par fatalité face à face – non pas dans la foule ni en pleine lumière, car la foule et la lumière dissimulent les visages et les natures, mais sur un terrain neutre et désert, plat, silencieux, où l'on se voit de loin, où l'on s'entend marcher, un lieu qui interdit l'indifférence, ou le détour, ou la fuite ; lorsqu'ils s'arrêtent l'un en face de l'autre, il n'existe rien d'autre entre eux que de l'hostilité – qui n'est pas un sentiment, mais un acte, un acte d'ennemis, un acte de guerre sans motif
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JoohJooh09 juillet 2014
Mais que faire de son regard ? Regarder vers le ciel me rend nostalgique et fixer le sol m’attriste, regretter quelque chose et se souvenir qu’on ne l’a pas sont tous deux également accablants. Alors il faut bien regarder devant soi, à sa hauteur, quel que soit le niveau où le pied est provisoirement posé ;
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MonsieurToukiMonsieurTouki03 janvier 2013
"Alors ne me refusez pas de me dire l'objet, je vous en prie, de votre fièvre, de votre regard sur moi, la raison, de me la dire ; et, s'il s'agit de ne point blesser votre dignité, eh bien, dites-la comme on la dit à un arbre, ou face au mur d'une prison, ou dans la solitude d'un champ de coton dans lequel on se promène, nu, la nuit ; de me la dire sans même me regarder. Car la vraie seule cruauté de cette heure du crépuscule où nous nous tenons tous les deux n'est pas qu'un homme blesse l'autre, ou le mutile, ou le torture, ou lui arrache les membres et la tête, ou même le fasse pleurer ; la vraie et terrible cruauté est celle de l'homme ou l'animal inachevé, qui l'interrompt comme des points de suspension au milieu d'une phrase, qui se détourne de lui après l'avoir regardé, qui fait, de l'animal ou de l'homme, une erreur du regard, une erreur du jugement, une erreur, comme une lettre qu'on a commencée et qu'on froisse brutalement juste après avoir écrit la date."
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JoohJooh08 juillet 2014
Mais plus un vendeur est correct, plus l’acheteur est pervers ; tout vendeur cherche à satisfaire un désir qu’il ne connaît pas encore, tandis que l’acheteur soumet toujours son désir à la satisfaction première de pouvoir refuser ce qu’on lui propose ; ainsi son désir inavoué est exalté par le refus, et il oublie son désir dans le plaisir qu’il a d’humilier le vendeur.
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lastmadeleinelastmadeleine27 juin 2013
Je vous préférais retors plutôt qu'amical. L'amitié est plus radine que la traîtrise. Si ç'avait été de sentiment dont j'avais eu besoin, je vous l'aurais dit, je vous en aurais demandé le prix, et je l'aurais acquitté. Mais les sentiments ne s'échangent que contre leurs semblables ; c'est un faux commerce avec de la fausse monnaie, un commerce de pauvre qui singe le commerce. Est-ce qu'on échange un sac de riz contre un sac de riz ? Vous n'avez rien à proposer, c'est pourquoi vous jetez vos sentiments sur le comptoir, comme les mauvais commerces font de la ristourne sur la pacotille, et après il n'est plus possible de se plaindre du produit. Moi, je n'ai pas de sentiments à vous donner en retour ; de cette monnaie-là, je suis dépourvu, je n'ai pas pensé à en emporter avec moi, vous pouvez me fouiller. Alors, gardez votre main dans votre poche, gardez votre mère dans votre famille, gardez vos souvenirs pour votre solitude, c'est la moindre des choses.
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Vidéo de Bernard-Marie Koltès
Extraits DANS LA SOLITUDE DES CHAMPS DE COTON (Théâtre 2010)
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