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ISBN : 2707311030
Éditeur : Editions de Minuit (1987)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 134 notes)
Résumé :
« Si un chien rencontre un chat – par hasard, ou tout simplement par probabilité, parce qu'il y a tant de chiens et de chats sur un même territoire qu'ils ne peuvent pas, à la fin, ne pas se croiser ; si deux hommes, deux espèces contraires, sans histoire commune, sans langage familier, se trouvent par fatalité face à face – non pas dans la foule ni en pleine lumière, car la foule et la lumière dissimulent les visages et les natures, mais sur un terrain neutre et dé... >Voir plus
Critiques, Analyses & Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
ATOS
ATOS22 juillet 2013
  • Livres 5.00/5
Cet obscur objet du deal...le désir.
Le désir : l' élément moteur de l'échange soumis à la loi de nos marchés.
Et si le désir n'était en fait lui même que l'unique sujet de ce marché.
Le désir serait il l'enjeu de nos échanges, et ce que nous désirons ne serait il qu'un prétexte ?
Nous désirons tous. Sur ce terrain nous voilà, humains, au moins égaux.
Celui qui ne désire pas, ne vit pas. Donc nous désirons...
Mais que désirons nous exactement ? Et comment ?
L'intensité du désir a t elle une incidence sur son assouvissement ?
Faut il mieux « bien » désirer que fortement désirer ?
Que désire t on vraiment ?
Ce qui nous manque ? Ce que l'autre possède ?
Et si nous ne désirions que le propre désir de l'autre ?
Pacte diabolique en somme qui sous entend l'absence d'amour.
Chacun a intérêt au deal.
C'est la loi du marché : l'offre et la demande crée le marché.
Pas de hasard.
Le désir n'est pas involontaire.
Le vouloir est la racine du désir. le pouvoir quant à lui en est la sève.
Parce qu'il y a pouvoir, il y a possibilité, entente, la négociation peut s'établir.
Si le pouvoir vient à manquer d'un seul côté et c'est toute l'architecture, la structure de l'échange qui s'écroule.
Le jeu consiste donc, ou plutôt la règle, à ce que l'on fasse croire à l'autre aussi longtemps que possible que l'on possède le pouvoir sur le vouloir.
Être maître de sa situation,... rester maître..., même si on risque d'aller traîner sa solitude dans un champ de coton..
L'empathie donne lecture au désir, et de la souffrance également.
On ne peut saisir le désir de l'autre que si ce désir ne nous est pas étranger.
Il en est même de la souffrance, puisqu'on ne peut concevoir que la souffrance qu'il est possible de ressentir soi même.
Et il en va de même pour chacun de nos sentiments : la peur, la joie etc..
Preuve est faite que l'empathie est une faculté et non une qualité.
Désireux – désirable, qui chassera, qui sera la proie ? Tout n'est peut être qu'une question d'angle, d'orientation.
Tout est également dans nos secrètes armures.
Qui baisse la garde, se dévoile. le désirable devient vulnérable.
Mais gare au refus, qu'il soit dans la fuite, ou dans le dénis. le refus désarme celui qui le reçoit.
Dans le grand attelage du deal, où chacun devient à la fois désirant-désiré qui a les rênes en mains ?
Combat incessant pour maîtriser son désir tout en tentant de maîtriser le désir de l'autre.
Du deal au duel , ton arme tu choisiras !
Point trop d'arrogance, point trop d'humilité, subtil jeu de l'âme.
La Poésie retrouve sa place : le Théâtre de Koltès.
C'est vertigineux, beau, intense et flamboyant, tellement humain et donc forcément tragique.
Astrid Shriqui Garain
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patatipatata
patatipatata03 septembre 2012
  • Livres 5.00/5
La solitude des champs de coton de Bernard-Marie Koltes est un huis clos à ciel ouvert. Un duel entre chien et loup où les mots sont des armes. C'est l'histoire de deux solitudes en mal d'amour. L'un a tout à offrir, peut-être trop, l'autre est vide de désir ou peut-être trop plein de désir que rien, ni personne ne pourrait assouvir. Trop préoccupés de rester sur leur garde (par orgueil ?) , ils se laissent entraîner dans le jeu d'une joute verbale et ne sauront pas reconnaître l'instant où tout aurait pu basculer. C'est l'histoire d'une occasion manquée qui s'achèvera, lorsque les arguments viendront à manquer, dans la violence d'un corps à corps sans amour.
Un texte écrit dans une langue magnifique, très classique, où l'on ne peut s'empêcher de penser qu'«on ne badine pas avec l'amour».
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vincentf
vincentf29 juin 2010
  • Livres 5.00/5
Ils se rencontrent. de quoi parlent-ils ? de la nature de leur rencontre sans doute. Un dealer, qui vend ce que l'autre désire, un client qui ne désire rien à première vue. Leur rencontre, entre chien et loup, à l'heure illicite, imprévue, vaguement nécessaire. Suite de monologues, captation impossible du désir, l'autre ici, ailleurs, pas de rencontre. Drame de l'illusion de communication. Ils ne savent pas de quoi ils parlent, mais ils parlent, comme Vladimir et Estragon. Ils attendent aussi, mais hostiles, sans entrevoir la possibilité de devenir couple, sous violence larvée. Il ne se passera rien tant qu'ils ne se seront pas éliminés et même s'ils s'éliminent, il ne se passera rien. Drame des rapports de force, incontournables, c'est parce qu'ils se sont rencontrés que leur rencontre est impossible. Rapports animaux, monde animal partout, no man's land, pas même l'arbre d'En attendant Godot. Qu'attendent-ils ? Ils s'attendent, ne s'entendent pas. le dealer sera voleur, s'il n'a rien à fourguer. le client ne se laissera pas faire, mais les chiens lui mordront le cul. A la fin, ils se battront, à mort. Ils feront l'amour sans amour, en répétant qu'il n'y a pas d'amour. le client l'emportera. Pour rien.
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Laura94
Laura9402 août 2013
  • Livres 4.00/5
Comment qualifier cette pièce? Angoissante? Inquiétante? Paradoxale? Avant toute chose, cette pièce se révèle particulièrement saisissante, le lecteur ne peut rester de marbre en la découvrant. Certaines personnes de mon entourage avaient comparée cette pièce à certaines oeuvres de Beckett. Certes l'atmosphère est comparable, mais seulement l'atmosphère, notamment car les pièces de Beckett sont souvent caractérisées par la forte présence de stychomitie; or, chez Koltès, les tirades sont particulièrement longue, j'irai même jusqu'à dire, des tirades parfois rhétoriques.
Dans cette pièce, tout se passe comme si les deux personnages se parlaient sans pourtant réussir à sa comprendre; dialogue de sourd donc, ce qui en soit n'est pas rare au théâtre. Mais Koltès mène ce dialogue avec tant de finesse et d'ambiguïtué qu'il est difficile pour le lecteur (spectateur) de savoir où il en est.
Ce qui, à mon sens, est donc remarquable dans cette oeuvre, c'est justement qu'elle n'est pas qu'une simple pièce, au contraire, elle parvient à "habiter" le lecteur, qui même s'il n'assiste pas directemment à la pièce, parvient à se la représenter, à la vivre en quelque sorte.
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ertiammot
ertiammot19 septembre 2015
  • Livres 4.00/5
Très beau dialogue de théâtre qui serait presque d'ailleurs une rencontre de deux monologues plutôt qu'un dialogue.
Un dialogue de sourd où un vendeur qui n'a rien à vendre un et client qui ne désire rien acheter se rencontrent et échangent dans une incompréhension qui n'en est pas une.
Le texte est juste, les images saisissantes, et l'écriture d'une qualité rare.
On se surprend à le lire à haute voix tant la mélodie des mots est évidente.
Très belle découverte.
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Citations & extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
petitourspetitours02 décembre 2008
Si un chien rencontre un chat – par hasard, ou tout simplement par probabilité, parce qu'il y a tant de chiens et de chats sur un même territoire qu'ils ne peuvent pas, à la fin, ne pas se croiser ; si deux hommes, deux espèces contraires, sans histoire commune, sans langage familier, se trouvent par fatalité face à face – non pas dans la foule ni en pleine lumière, car la foule et la lumière dissimulent les visages et les natures, mais sur un terrain neutre et désert, plat, silencieux, où l'on se voit de loin, où l'on s'entend marcher, un lieu qui interdit l'indifférence, ou le détour, ou la fuite ; lorsqu'ils s'arrêtent l'un en face de l'autre, il n'existe rien d'autre entre eux que de l'hostilité – qui n'est pas un sentiment, mais un acte, un acte d'ennemis, un acte de guerre sans motif
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JoohJooh09 juillet 2014
Mais que faire de son regard ? Regarder vers le ciel me rend nostalgique et fixer le sol m’attriste, regretter quelque chose et se souvenir qu’on ne l’a pas sont tous deux également accablants. Alors il faut bien regarder devant soi, à sa hauteur, quel que soit le niveau où le pied est provisoirement posé ;
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MonsieurToukiMonsieurTouki03 janvier 2013
"Alors ne me refusez pas de me dire l'objet, je vous en prie, de votre fièvre, de votre regard sur moi, la raison, de me la dire ; et, s'il s'agit de ne point blesser votre dignité, eh bien, dites-la comme on la dit à un arbre, ou face au mur d'une prison, ou dans la solitude d'un champ de coton dans lequel on se promène, nu, la nuit ; de me la dire sans même me regarder. Car la vraie seule cruauté de cette heure du crépuscule où nous nous tenons tous les deux n'est pas qu'un homme blesse l'autre, ou le mutile, ou le torture, ou lui arrache les membres et la tête, ou même le fasse pleurer ; la vraie et terrible cruauté est celle de l'homme ou l'animal inachevé, qui l'interrompt comme des points de suspension au milieu d'une phrase, qui se détourne de lui après l'avoir regardé, qui fait, de l'animal ou de l'homme, une erreur du regard, une erreur du jugement, une erreur, comme une lettre qu'on a commencée et qu'on froisse brutalement juste après avoir écrit la date."
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JoohJooh08 juillet 2014
Mais plus un vendeur est correct, plus l’acheteur est pervers ; tout vendeur cherche à satisfaire un désir qu’il ne connaît pas encore, tandis que l’acheteur soumet toujours son désir à la satisfaction première de pouvoir refuser ce qu’on lui propose ; ainsi son désir inavoué est exalté par le refus, et il oublie son désir dans le plaisir qu’il a d’humilier le vendeur.
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lastmadeleinelastmadeleine27 juin 2013
Je vous préférais retors plutôt qu'amical. L'amitié est plus radine que la traîtrise. Si ç'avait été de sentiment dont j'avais eu besoin, je vous l'aurais dit, je vous en aurais demandé le prix, et je l'aurais acquitté. Mais les sentiments ne s'échangent que contre leurs semblables ; c'est un faux commerce avec de la fausse monnaie, un commerce de pauvre qui singe le commerce. Est-ce qu'on échange un sac de riz contre un sac de riz ? Vous n'avez rien à proposer, c'est pourquoi vous jetez vos sentiments sur le comptoir, comme les mauvais commerces font de la ristourne sur la pacotille, et après il n'est plus possible de se plaindre du produit. Moi, je n'ai pas de sentiments à vous donner en retour ; de cette monnaie-là, je suis dépourvu, je n'ai pas pensé à en emporter avec moi, vous pouvez me fouiller. Alors, gardez votre main dans votre poche, gardez votre mère dans votre famille, gardez vos souvenirs pour votre solitude, c'est la moindre des choses.
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Extraits DANS LA SOLITUDE DES CHAMPS DE COTON (Théâtre 2010)
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Paru en 1872, La Curée, deuxième roman de la série des Rougon-Macquart d'Emile Zola se déroule en 1851. Il dépeint les milieux enrichis et spéculateurs à Paris peu après le coup d'Etat de Louis-Napoléon Bonaparte. Ceci est:

parfaitement exact
faux
partiellement exact: le roman se passe en 1869, peu avant la guerre
La Curée est bien d'Emile Zola mais est un roman indépendant qui ne fait pas partie du cycle des Rougon-Macquart

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