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ISBN : 2707311030
Éditeur : Editions de Minuit (1987)


Note moyenne : 3.92/5 (sur 88 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
« Si un chien rencontre un chat – par hasard, ou tout simplement par probabilité, parce qu'il y a tant de chiens et de chats sur un même territoire qu'ils ne peuvent pas, à la fin, ne pas se croiser ; si deux hommes, deux espèces contraires, sans histoire commune, sans ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par ATOS, le 22 juillet 2013

    ATOS
    Cet obscur objet du deal...le désir.
    Le désir : l' élément moteur de l'échange soumis à la loi de nos marchés.
    Et si le désir n'était en fait lui même que l'unique sujet de ce marché.
    Le désir serait il l'enjeu de nos échanges, et ce que nous désirons ne serait il qu'un prétexte ?
    Nous désirons tous. Sur ce terrain nous voilà, humains, au moins égaux.
    Celui qui ne désire pas, ne vit pas. Donc nous désirons...
    Mais que désirons nous exactement ? Et comment ?
    L'intensité du désir a t elle une incidence sur son assouvissement ?
    Faut il mieux « bien » désirer que fortement désirer ?
    Que désire t on vraiment ?
    Ce qui nous manque ? Ce que l'autre possède ?
    Et si nous ne désirions que le propre désir de l'autre ?
    Pacte diabolique en somme qui sous entend l'absence d'amour.
    Chacun a intérêt au deal.
    C'est la loi du marché : l'offre et la demande crée le marché.
    Pas de hasard.
    Le désir n'est pas involontaire.
    Le vouloir est la racine du désir. Le pouvoir quant à lui en est la sève.
    Parce qu'il y a pouvoir, il y a possibilité, entente, la négociation peut s'établir.
    Si le pouvoir vient à manquer d'un seul côté et c'est toute l'architecture, la structure de l'échange qui s'écroule.
    Le jeu consiste donc, ou plutôt la règle, à ce que l'on fasse croire à l'autre aussi longtemps que possible que l'on possède le pouvoir sur le vouloir.
    Être maître de sa situation,... rester maître..., même si on risque d'aller traîner sa solitude dans un champ de coton..
    L'empathie donne lecture au désir, et de la souffrance également.
    On ne peut saisir le désir de l'autre que si ce désir ne nous est pas étranger.
    Il en est même de la souffrance, puisqu'on ne peut concevoir que la souffrance qu'il est possible de ressentir soi même.
    Et il en va de même pour chacun de nos sentiments : la peur, la joie etc..
    Preuve est faite que l'empathie est une faculté et non une qualité.
    Désireux – désirable, qui chassera, qui sera la proie ? Tout n'est peut être qu'une question d'angle, d'orientation.
    Tout est également dans nos secrètes armures.
    Qui baisse la garde, se dévoile. Le désirable devient vulnérable.
    Mais gare au refus, qu'il soit dans la fuite, ou dans le dénis. Le refus désarme celui qui le reçoit.
    Dans le grand attelage du deal, où chacun devient à la fois désirant-désiré qui a les rênes en mains ?
    Combat incessant pour maîtriser son désir tout en tentant de maîtriser le désir de l'autre.
    Du deal au duel , ton arme tu choisiras !
    Point trop d'arrogance, point trop d'humilité, subtil jeu de l'âme.
    La Poésie retrouve sa place : le Théâtre de Koltès.
    C'est vertigineux, beau, intense et flamboyant, tellement humain et donc forcément tragique.
    Astrid Shriqui Garain
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    • Livres 5.00/5
    Par patatipatata, le 03 septembre 2012

    patatipatata
    La solitude des champs de coton de Bernard-Marie Koltes est un huis clos à ciel ouvert. Un duel entre chien et loup où les mots sont des armes. C'est l'histoire de deux solitudes en mal d'amour. L'un a tout à offrir, peut-être trop, l'autre est vide de désir ou peut-être trop plein de désir que rien, ni personne ne pourrait assouvir. Trop préoccupés de rester sur leur garde (par orgueil ?) , ils se laissent entraîner dans le jeu d'une joute verbale et ne sauront pas reconnaître l'instant où tout aurait pu basculer. C'est l'histoire d'une occasion manquée qui s'achèvera, lorsque les arguments viendront à manquer, dans la violence d'un corps à corps sans amour.
    Un texte écrit dans une langue magnifique, très classique, où l'on ne peut s'empêcher de penser qu'«on ne badine pas avec l'amour».
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    • Livres 5.00/5
    Par vincentf, le 29 juin 2010

    vincentf
    Ils se rencontrent. De quoi parlent-ils ? De la nature de leur rencontre sans doute. Un dealer, qui vend ce que l'autre désire, un client qui ne désire rien à première vue. Leur rencontre, entre chien et loup, à l'heure illicite, imprévue, vaguement nécessaire. Suite de monologues, captation impossible du désir, l'autre ici, ailleurs, pas de rencontre. Drame de l'illusion de communication. Ils ne savent pas de quoi ils parlent, mais ils parlent, comme Vladimir et Estragon. Ils attendent aussi, mais hostiles, sans entrevoir la possibilité de devenir couple, sous violence larvée. Il ne se passera rien tant qu'ils ne se seront pas éliminés et même s'ils s'éliminent, il ne se passera rien. Drame des rapports de force, incontournables, c'est parce qu'ils se sont rencontrés que leur rencontre est impossible. Rapports animaux, monde animal partout, no man's land, pas même l'arbre d'En attendant Godot. Qu'attendent-ils ? Ils s'attendent, ne s'entendent pas. le dealer sera voleur, s'il n'a rien à fourguer. le client ne se laissera pas faire, mais les chiens lui mordront le cul. A la fin, ils se battront, à mort. Ils feront l'amour sans amour, en répétant qu'il n'y a pas d'amour. le client l'emportera. Pour rien.
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    • Livres 4.00/5
    Par Lolo94, le 02 août 2013

    Lolo94
    Comment qualifier cette pièce? Angoissante? Inquiétante? Paradoxale? Avant toute chose, cette pièce se révèle particulièrement saisissante, le lecteur ne peut rester de marbre en la découvrant. Certaines personnes de mon entourage avaient comparée cette pièce à certaines oeuvres de Beckett. Certes l'atmosphère est comparable, mais seulement l'atmosphère, notamment car les pièces de Beckett sont souvent caractérisées par la forte présence de stychomitie; or, chez Koltès, les tirades sont particulièrement longue, j'irai même jusqu'à dire, des tirades parfois rhétoriques.
    Dans cette pièce, tout se Passe comme si les deux personnages se parlaient sans pourtant réussir à sa comprendre; dialogue de sourd donc, ce qui en soit n'est Pas rare au théâtre. Mais Koltès mène ce dialogue avec tant de finesse et d'ambiguïtué qu'il est difficile pour le lecteur (spectateur) de savoir où il en est.
    Ce qui, à mon sens, est donc remarquable dans cette oeuvre, c'est justement qu'elle n'est Pas qu'une simple pièce, au contraire, elle parvient à "habiter" le lecteur, qui même s'il n'assiste Pas directemment à la pièce, parvient à se la représenter, à la vivre en quelque sorte.
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  • Par PiertyM, le 10 octobre 2013

    PiertyM
    C'est dans un théâtre que j'ai découvert ce texte. Et c'était ma première fois de découvrir de Bernard Marie Koltès dont j'entendais parler comme l'un des grands dramaturges des temps modernes. le spectacle était tellement merveilleux que j'avais voulu lire le texte car pour part au lieu de ne voir que deux personnages sur scène, j'avais l'impression d'en voir dix.
    Puis la précision dans l'écriture m'avait beaucoup fasciné....
    Puis je me suis mise à chercher du Koltès, du Koltès, du Koltès encore et encore du Koltès
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Citations et extraits

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  • Par Jooh, le 17 juillet 2014

    Un désir comme du sang à vos pieds a coulé hors de moi, un désir que je ne connais pas et ne reconnais pas, que vous êtes seul à connaître, et que vous jugez.

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  • Par Jooh, le 09 juillet 2014

    Mais que faire de son regard ? Regarder vers le ciel me rend nostalgique et fixer le sol m’attriste, regretter quelque chose et se souvenir qu’on ne l’a pas sont tous deux également accablants. Alors il faut bien regarder devant soi, à sa hauteur, quel que soit le niveau où le pied est provisoirement posé ;

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  • Par Jooh, le 10 juillet 2014

    On ne peut revenir sur l’insulte, alors qu’on peut revenir de sa gentillesse, et il vaut mieux abuser de celle-ci que d’user une seule fois de l’autre.

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  • Par DreamCatcher, le 09 juillet 2014

    LE CLIENT - [...] je suis celui qui a peur et qui a raison d'avoir peur ; je suis celui qui ne vous connaît pas, qui ne peut vous connaître, qui ne fait que supposer votre silhouette dans l'obscurité. [...] Vous, vous ne risquez rien ; vous connaissez de moi l'inquiétude et l'hésitation et la méfiance ; vous savez d'où je viens et où je vais ; vous connaissez ces rues, vous connaissez cette heure, vous connaissez vos plans ; moi, je ne connais rien et moi, je risque tout. [...] Car votre main s'est posée sur moi comme celle du bandit sur sa victime ou comme celle de la loi sur le bandit, et depuis lors je souffre, ignorant, ignorant de ma fatalité, ignorant si je suis jugé ou complice, de ne pas savoir ce dont je souffre, je souffre de ne pas savoir quelle blessure vous me faites et par où s'écoule mon sang.
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  • Par petitours, le 02 décembre 2008

    Si un chien rencontre un chat – par hasard, ou tout simplement par probabilité, parce qu'il y a tant de chiens et de chats sur un même territoire qu'ils ne peuvent pas, à la fin, ne pas se croiser ; si deux hommes, deux espèces contraires, sans histoire commune, sans langage familier, se trouvent par fatalité face à face – non pas dans la foule ni en pleine lumière, car la foule et la lumière dissimulent les visages et les natures, mais sur un terrain neutre et désert, plat, silencieux, où l'on se voit de loin, où l'on s'entend marcher, un lieu qui interdit l'indifférence, ou le détour, ou la fuite ; lorsqu'ils s'arrêtent l'un en face de l'autre, il n'existe rien d'autre entre eux que de l'hostilité – qui n'est pas un sentiment, mais un acte, un acte d'ennemis, un acte de guerre sans motif
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