ISBN : 2246779812
Éditeur : Grasset (2012)


Note moyenne : 3/5 (sur 4 notes) Ajouter à mes livres
Pékin, 2013.
La Chine vit son heure de gloire, alors que le monde n’a pas réussi à se relever de la crise économique. Fort et prospère, le pays semble flotter dans un équilibre harmonieux, les gens se sentent libres, capables de réaliser leurs rêves, si tant est ... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 3.00/5
    Par EMOTION, le 08 mars 2012

    EMOTION
    Chan Koonchung, écrivain chinois né à Shanghai, nous livre avec ce roman presque un traité de géopolitique. Nous naviguons également dans une sorte de politique fiction, de « meilleur des mondes » qui se passerait en 2013 ! Trois personnages, Lao Chen, Fang Caodi et Xiao Xi, vont s'apercevoir qu'il manque un mois dans la mémoire collective du peuple chinois, de sa majorité au moins, et dans la relation de l'histoire de la Chine qu'en font les autorités chinoises. Lao Chen, endormi comme ses compatriotes dans une heureuse béatitude, va prendre conscience de cette amnésie collective grâce à l'amour qu'il porte à Xiao Xi, mais cela après un long scepticisme ! Pourquoi avoir fait disparaître ce mois qui se trouve placé entre la crise économique des pays occidentaux et l'épanouissement économique de la Chine ? La minorité qui est consciente de cette « disparition » de vingt-huit jours, n'est pas heureuse, sans doute de par sa lucidité, contrairement à l'immense majorité qui est plongée dans un bonheur total. Mais vaut-il mieux un paradis contrefait qu'un bel enfer ? La liberté économique se conjugue avec un totalitarisme politique que n'acceptent pas nos trois amis. Ce sont des thèmes importants : amnésie historique, c'est-à-dire une négation des périodes qui gênent, souvent des périodes de massacres et d'élimination. Si l'on fait un rapport avec une autre société, la nôtre, on pense à certaines idéologies totalitaires qui essayent progressivement de nier les camps de concentration de la deuxième guerre mondiale ou les appels au meurtre de certains écrivains collaborationnistes. N'est-ce pas la dignité de l'homme de ne pas céder à cette reconstruction du passé qui génère à répétition les mêmes catastrophes ? Chan Koonchung nous appelle aussi à choisir entre l'ère du contentement et l'éveil lucide. Nous voici donc confrontés dans ce roman à un étonnant voyage à travers ce mystérieux pays qu'est la Chine, à travers une idéologie totalitaire, à travers les cerveaux d'êtres humains qui n'acceptent pas n'importe quoi.
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    Critique de qualité ? (15 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par valer.daviep, le 05 mars 2012

    valer.daviep
    Les années fastes est présenté comme un roman dans la lignée du célèbre 1984 : une anticipation plausible, où une société parfaite en extérieur s'avère corrompue et littéralement pourrie de l'intérieur. La dimension « exotique » du roman d'Orwell résidait surtout dans la date lointaine par rapport au moment de l'écriture. Il s'agissait d'un futur suffisamment proche pour se sentir concerné, mais suffisamment lointain pour ne pas faire directement écho au présent. Avec Les années fastes, premier roman traduit en français pour l'auteur, cette distanciation est surtout géographique. La Chine nous est méconnue, si ce n'est au travers de ce que les médias occidentaux nous disent et nous montrent, et nous inculquent en termes de modèle politique. Ici, un contexte proche de nous, contemporain même, et des problématiques géopolitiques familières. Mais, quand on creuse, on gratte une réalité complexe. Les années fastes est un roman ; c'est aussi un prétexte. Prétexte à critiques. C'est la dimension la plus simple. Prétexte à un questionnement plus global aussi sur le politique en général.
    Lao Chen est le narrateur principal, écrivain de son métier. Vivant en Chine, d'origine taïwanaise, ayant voyagé aux Etats Unis, il a tout du petit intellectuel qui connait certes un peu de succès, mais qui vivote plus qu'autre chose. Même s'il ne peut s'enorgueillir de sa réussite, son statut lui permet quand même de côtoyer quelques personnages importants du Parti. Cependant, toutes ses fréquentations ne sont pas aussi glorieuses : entre des amours ratés ou difficiles et des amis bruyants, l'environnement de Lao Chen est riche. Il est aussi paradoxal : faire le grand écart entre séances de projections de films propagandistes en compagnie d'un officiel insomniaque d'une part ; et ami antisystème qui martèle à qui veut l'entendre qu'un mois a disparu et que personne ne s'en rend compte, a de quoi rendre fou. Or, manifestement, ce mois ci a bien disparu. Il s'agit même précisément de celui qui succède à la crise financière du milieu des années 2000, annonçant « Les années fastes » chinoises. Comment se fait-il que tout le monde soit persuadé que l'âge d'or chinois et le déclin de l'occident coïncide jour pour jour ? Quel rôle les purges et la répression de l'Etat jouent-ils dans cette affaire ? Si tant est que ce ne soit pas, simplement, cette poignée archi minoritaire qui soit folle. le propos romanesque des Années fastes est de démêler cette pelote.
    Comme je le suggérais, il semble quand même que le vrai enjeu du roman soit un essai à peine déguisé. Chen Koonchung donne la parole, tour à tour aux dissidents, au citoyen lambda, au membre de base du Parti, à un de ses officiels. L'occasion de mettre en avant des réalités très variées, parfois antagonistes. L'occasion aussi de donner du grain à moudre et de rappeler quelques données qui nous sont quand même étrangères (en France en tout cas). L'auteur le souligne bien : gouverner un pays comme la Chine revient à gouverner un pays de plus de 1350 millions d'âmes répartis sur un large territoire. C'est autrement plus imposant que l'hexagone. On peut aussi se dire que d'autres problématiques se posent. Aux yeux de l'officiel, la Chine repose certes sur un parti unique, qui organise tant bien que mal l'ensemble, mais quelle autre « meilleure » solution ? Et puis, parti unique ne veut pas dire membre unique, souligne-t-il. Ce à quoi les dissidents opposent les répressions, la révolution culturelle, les exécutions proches des assassinats, un système pourri de l'intérieur et propagandiste, près à modifier des pans entiers de l'histoire. Au-delà de ce débat crucial, le citoyen lambda, lui, vit bien. Bien sûr, il faut respecter certaines normes, mais il estime qu'il dispose d'assez de liberté pour en profiter pleinement, d'assez de possibilité pour s'accomplir. N'est ce pas l'un des rôles d'un Etat ?
    Les années fastes est donc intéressant sur de nombreux points : la trame du roman est rondement menée, un rythme de croisière qui connait de nombreuses étapes ; pour peu qu'on s'intéresse à la géopolitique, il propose des pistes intéressantes ; il soulève aussi des points d'histoires pertinents et des problématiques que Machiavel n'aurait pas renié. Cependant, à trop vouloir en mettre, le roman-prétexte lasse des limites. Les deux faces du roman ne s'entremêlent pas mais se succèdent presque mécaniquement, comme si l'auteur les avait écrites séparément et les avait réunies artificiellement, sans prendre la peine de soigner les transitions. Par ailleurs, je m'interroge sur ce qu'on va retenir du roman dans quelques années, quand les contextes économiques et politiques, auront changé.
    Note : III
    Les Murmures.

    Lien : http://les-murmures.blogspot.com/2012/03/les-annees-fastes-de-chan-k..
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    • Livres 3.00/5
    Par brigittelascombe, le 12 avril 2012

    brigittelascombe
    La Chine, dans un futur proche, deviendra-t-elle Le Meilleur des mondes (d'Aldous Huxley)?
    Voilà ce que nous suggère, Chan Koonching (journaliste,cinéaste et écrivain) dans Les années fastes, roman d'anticipation situé à Pékin (interdit de publication en Chine) qui fait froid dans le dos).
    Cette "contre-utopie" engagée, plus réaliste que celle d'Aldous Huxley mais tout aussi perturbante (tout régime totalitaire étant forcément mauvais), conte l'étonnement de Lao Chen (écrivain en panne d'écriture et intellectuel) quant au "sentiment de bonheur" et "l'amnésie collective totale" (concernant un mois entier situé juste après la crise de l'économie chinoise) de la population; ses retrouvailles avec Xiao Xi, ex-juge déprimée, ex-restauratrice internée, "impondérable" pour certains et "sexuellement attirante" pour lui, qui vont l'amener à enquêter, via internet et divers témoignages sur une éventuelle manipulation.
    Ce roman (pour moi) ardu (question politique, histoire et économie), sous des couverts "d'idylle romantique" dénonce la propagande du parti communiste chinois, la censure sur les écrits,le contrôle permanent,les persécutions sur dénonciation,la corruption,la manipulation politique, la répression,l'éradication,l'élimination des dissidents,la dictature.
    Ce "mettez-vous ça dans le crane" (trop c'est trop) m'a poussée à un trois étoiles. et non cinq. J'aurais préféré un pamphlet dénonçant le non respect des droits de l'homme, avec vraies preuves à l'appui, car là pour le coup,en tant que lectrice je me sens manipulée!
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Bernard Fauconnier pour le Magazine Littéraire

    En 2013, dans une Chine prospère, un écrivain découvre qu'il manque à l’histoire récente un mois entier. Que s’est-il passé, pendant vingt-huit jours, ent... > lire la suite

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Critiques presse (3)


  • LesEchos , le 21 février 2012
    « Les Années fastes » sont particulièrement saisissantes par leur description d'un monde lisse et rutilant, vaine vitrine de grande surface... un monde où l'amnésie est la plus douce des liqueurs.
    Lire la critique sur le site : LesEchos
  • LeMonde , le 10 février 2012
    Rares sont les romans d'anticipation politique sur la Chine d'aujourd'hui. Celui-ci permet d'appréhender plusieurs facettes d'un modèle à peine caricaturé.
    Lire la critique sur le site : LeMonde
  • Lexpress , le 06 février 2012
    Chan Koonchung redouble de malice pour dépeindre une nation où le pouvoir a réussi à contrôler tous les esprits, où la satisfaction matérielle est devenue l'opium du peuple, où les intellectuels ont choisi le camp de Panurge, où "ceux qui se rappellent sont des anormaux".
    Lire la critique sur le site : Lexpress

> voir toutes (7)

Citations et extraits

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  • Par EMOTION, le 06 mars 2012

    La plupart des coïncidences sont sans doute de la prédestination et rien d'autre. Elles ne sont coïncidences qu'en apparence. Comme le vieux Laozi l'a dit: "Entre ses larges mailles, le grand filet du Ciel ne laisse rien glisser." Il existe toujours des tenants et des aboutissants. Et toujours des explications à tout. Seulement la plupart du temps nous ne les voyons pas.
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  • Par brigittelascombe, le 12 avril 2012

    "Quel est le sens de l'existence" me demanda-t-elle un jour.Je balbutiai, essayant de trouver quelque chose de profond à répondre. Elle cita Jean-Paul Sartre: Nous devons être responsable de notre vie". J'étais amoureux.
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  • Par brigittelascombe, le 12 avril 2012

    De toutes les choses qui ne peuvent pas faire de mal, la flatterie n'aura jamais de conséquences fâcheuses. Quel mal y aurait-il à rendre les gens heureux?
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  • Par brigittelascombe, le 12 avril 2012

    Tu sais Xiao Xi, certaines personnes se sentent mieux en se mentant à elles-mêmes, et simuler est alors un bon moyen pour protéger son moi profond.
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  • Par brigittelascombe, le 12 avril 2012

    Les philosophes occidentaux disent que le bonheur consiste à être modérément célèbre et raisonnablement fortuné.
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