ISBN : 2020259214
Éditeur : Editions du Seuil (1995)


Note moyenne : 3.6/5 (sur 20 notes) Ajouter à mes livres
Quel sera le sort de Fama, authentique prince malinké, aux temps de l'indépendance et du parti unique ? L'ancien et le nouveau s'affrontent en un duel tout à la fois tragique et dérisoire tandis que passe l'histoire, avec son cortège de joies et de souffrances. Au-delà ... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 4.00/5
    Par Orphea, le 31 mars 2012

    Orphea
    Les Soleils de Indépendances est le premier roman écrit par Ahmadou Kourouma. Il fut publié en 1968.
    1968 : cela fait seulement huit ans que la Côte d'Ivoire est indépendante. La colonisation a pourtant laissé des traces dans le pays, Fama Doumbouya a payé pour le savoir. Ruiné par les Soleils des Indépendance, Fama n'a pas d'autre choix que de gagner sa vie en déambulant d'obsèques en obsèques. Ne vous étonnez pas, les obsèques dans certaines tribus africaines durent quarante jours et tout le monde peut y participer, y ont lieu des palabres sans fin et une distribution générale de nourriture. Fama est donc un vautour. Quel sort amer pour ce dernier descendant d'une longue lignée de chefs de tribu malinké ! Salimata, son épouse, travaille dur pour le nourrir mais elle ne le supporte plus. Fama est incapable de lui faire un enfant, alors elle dépense tout son argent chez les marabouts. Quel triste ménage !
    Alors Fama décide de retourner au village natal au fin fond des plaines arides et de reprendre les rênes de la tribu.
    La suite, vous la saurez en lisant le livre !
    Le style de ce livre est très particulier, Ahmadou Kourouma met la langue française au service de sa culture africaine malinké pour nous offrir ce roman. Ne passez pas à côté d'un des plus grand auteurs africains francophones !
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Citations et extraits

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  • Par Orphea, le 20 mars 2009

    Les soleils des Indépendances s'étaient annoncés comme un orage lointain et dès les premiers vents Fama s'était débarrassé de tout : négoces, amitiés, femmes pour user les nuits, les jours, l'argent et la colère à injurier la France, le père, la mère de la France. Il avait à venger cinquante ans de domination et une spoliation. Cette période d'agitation a été appelée les soleils de la politique. Comme une nuée de sauterelles les Indépendances tombèrent sur l'Afrique à la suite des soleils de la politique. Fama avait comme le petit rat du marigot creusé le trou pour le serpent avaleur de rats, ses efforts étaient devenus la cause de sa perte car comme la feuille avec laquelle on a fini de se torcher, les Indépendances une fois acquises, Fama fut oublié et jeté aux mouches.
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  • Par Piling, le 18 octobre 2008

    Il y avait une semaine qu'avait fini dans la capitale Koné Ibrahima, de race malinké, ou disons-le en malinké : il n'avait pas soutenu un petit rhume...

    Comme tout Malinké, quand la vie s'échappa de ses restes, son ombre se leva, graillonna, s'habilla et partit pour le lointain pays malinké natal pour y faire éclater la funeste nouvelle des obsèques. Sur des pistes perdues au plein de la brousse inhabitée, deux colporteurs malinké ont rencontré l'ombre et l'ont reconnue. L'ombre marchait vite et n'a pas salué.
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  • Par Orphea, le 25 avril 2012

    Pourquoi les Malinkés fêtent-ils les funérailles du quarantième jour d'un enterré ? Parce que quarante jours exactement après la sépulture les morts reçoivent l’arrivant mais ne lui cèdent une place et des bras hospitaliers que s'ils sont tous ivres de sang. Donc rien ne peut-être plus bénéfique pour le partant que de tuer, de beaucoup tuer à l'occasion du quarantième jour. Avant les soleils de Indépendances et les soleils des colonisations, le quarantième jour d'un grand Malinké faisait déferler des marigots de sang. Mais maintenant avec le parti unique, l'indépendance, le manque, les famines et les épidémies, aux funérailles des plus grands enterrés on tue au mieux un bouc. Et quelle sorte de bouc ? Très souvent un bouc famélique gouttant moins de sang qu'une carpe. Et quelle qualité de sang ? Du sang aussi pauvre que les menstrues d'une vieille fille sèche. C'était pour ces raisons que Balla aimait affirmer que tous les morts des soleils des Indépendances vivaient au serré dans l'au-delà pour avoir été tous mal accueillis par leurs devanciers.
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  • Par Orphea, le 25 avril 2012

    Et le matin d'harmattan comme toute mère commençait d'accoucher très péniblement l'énorme soleil d'harmattan. Vraiment péniblement, et cela à cause des fétiches de Balla. Le féticheur jurait que le soleil ne brillait pas sur le village tant que ses fétiches restaient exposés. Comme le matin il se réveillait tard, il les sortait tous pour leur tuer le coq rouge. Donc pendant un lourd moment le soleil gêné s’empêtrait et s'embrouillait dans un fatras de brouillard, de fumée et de nuages. Les fétiches de Balla rengainés, entrés et enfermés, le soleil réussissait à se libérer, alors qu'il était au sommet du manguier du cimetière. D'un coup il éclatait. Et après le soleil éclatant et libéré, comme les poussins après la mère poule suivaient tous les enfants de l'harmattan : les tourbillons, les lointains feux de brousse, le ciel profond et bleu, le vol des charognards, la soif, évidemment la chaleur ; tous, tous les enfants de l'harmattan.
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  • Par Orphea, le 20 mars 2009

    Fama Doumbouya ! Vrai Doumbouya, père Doumbouya, mère Doumbouya, dernier et légitime descendant des princes Doumbouya du Horodougou, totem panthère, était un "vautour". Un prince Doumbouya ! Totem panthère faisait bande avec les hyènes. Ah ! les soleils des Indépendances !
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Vidéo de Ahmadou Kourouma

Sujet sur la venue d'Ahmadou Kourouma au théâtre Le Magasin pour la dernière du spectacle "Allah n'est pas obligé".








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