Ce très beau roman de Krapivine fait partie du Cycle Dans la profondeur du Grand Cristal. On peut considérer cet ouvrage comme une contre-utopie. L'utopie de la Machine qui gère la vie de tous les citoyens pour leur bonheur. L'index qui est inoculé à la naissance est à la fois notre carte vitale, notre carte de crédit, notre curriculum vitae, la clé qui permet de rentrer chez soi, mais à la moindre infraction il y a toujours un uhlan qui vient capter l'index du contrevenant. Selon la gravité de l'infraction, la chance de passer à la casserole par tirage au sort de la Machine, varie de une sur un million à une pour cent. Quant à la peine, elle est toujours la même, c'est la mort… Cornélius est un petit-bourgeois, un philistin, plutôt sympathique, mais il n'a rien d'un héros… Ses deux premières journées à la prison, dans l'attente d'une fin malheureuse, se passent dans la fureur, l'angoisse, l'accablement, avec cependant des accalmies. Entre temps, des souvenirs reviennent à sa mémoire, en raison de la similitude de prénom de l'inspecteur et de son meilleur ami d'enfance. On découvre un garçon gentil, mais pusillanime. Qu'a-t-il fait de sa vie ? En deux jours, il a le temps d'y penser. Les relations qui se nouent entre le condamné et l'inspecteur sont intéressantes. Mouk se confie à Cornélius, pour un peu, ce serait Cornélius qui lui remonterait le moral. Et c'est surtout la seconde partie du livre qui retient l'attention lorsque Cornélius se trouve en face de treize enfants, garçons et filles, en marge de la société de la Machine alors qu'ils ne sont coupables de rien.
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