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ISBN : 2757801783
Éditeur : Points (2006)


Note moyenne : 4.39/5 (sur 72 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Regroupe les trois tomes de la trilogie des jumeaux Klaus et Lucas (Le Grand Cahier, La Preuve, Le Troisième mensonge)
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Olivia_Lanchois, le 04 novembre 2014

    Olivia_Lanchois
    Le grand cahierLe grand cahier est un roman tout à fait déroutant sur bien des points. Composé de très courts chapitres, il relate l'arrivée et la vie de jumeaux confiés à leur grand-mère pendant la guerre. Chaque chapitre aborde un aspect différent de la nouvelle vie des deux jeunes frères. Écrits à la troisième personne du pluriel, les chapitres s'avèrent vite être des compositions écrites par les frères eux-mêmes, s'astreignant ainsi à divers exercices quotidiens de multiples natures, scolaires, pratiques, psychologiques, etc.Le style est laconique, concis, sans fioritures, les enfants essayant d'écrire des compositions ne relatant que la vérité et les faits bruts.Cette forme de récit peut surprendre, mais le rythme en devient soutenu, sans temps mort ni longueur. Cette objectivité et cette froideur donnent le ton général.Livrés à eux-mêmes, ignorés par leur grand-mère à la triste réputation, les jumeaux mettent à profit leur intelligence peu commune pour survivre. Ils s'obligent à s'endurcir, s'imposant des « exercices » réguliers, souvent violents, physiques ou intellectuels, pour devenir peu à peu insensibles aux attaques du monde extérieur. Les enfants sont troublants, au-delà de leur intelligence on devine effectivement une absence totale de sentiment, bien illustrée par leurs compositions objectives, sans nuances. Certains épisodes relatés sont franchement écoeurants, les jumeaux assistent à des scènes de zoophilie, sont victimes de pédophilie. Ces passages sont assez pénibles, mais heureusement sans manière et très brefs, et ce qui choque, c'est presque plus l'absence de réaction des enfants que ces scènes contre-nature pourtant déjà bien dérangeantes.Les jumeaux, dont on ne connait pas les noms, continuent de retranscrire des scènes incroyables, peu imaginables. Leur absence de sentiments est de plus en plus troublante, les actes qu'ils commettent envers les animaux ou les humains sont à difficilement concevables et n'éveillent chez eux aucune émotion. Des enfants anonymes apparaissant comme des robots, sans âmes, endurcis, victimes de la guerre comme tant de populations innocentes.Le contexte familial, lourd, (leur grand-mère est un bien beau personnage d'odieuse vieille), ajoute à l'horrible réalité de la guerre, ses privations, ses deuils, ses traîtrises. On peut comprendre le comportement des jumeaux comme une réaction, une adaptation à cette vie misérable privée d'amour et de tendresse.La fin du volume marque un tournant dans leur vie, tournant qui sera pris dans La preuve.Violent, glauque, glacial, pessimiste, noir et profondément douloureux, ce roman initiatique peut déranger mais on a du mal à le lâcher tant le récit reste atypique et captivant.LE PREUVEVous l'aurez compris, je suis en train de dévorer cette trilogie qui réserve un sacré lot de surprises. Qu'attendre d'autre d'une histoire de jumeaux, si ce n'est des rebondissements ?Nous avions quitté les jumeaux et leur grand cahier peu après la mort de leur grand-mère et leur séparation. Nous retrouvons dans La preuve l'un des frères, resté dans le village. le récit est cette fois raconté par un narrateur extérieur, toujours dans un style épuré et concis. Lucas grandit, seul, sans son frère, et nous assistons à bien des chamboulements dans sa vie d'adolescent trop précoce.Certains événements laissent voir un nouveau Lucas, ambivalent, prêt à noyer un nourrisson pour rendre servir à la mère en difficulté, et à s'attacher à ce bébé et à l'élever comme son fils.Les jumeaux étaient des enfants malmenés par la vie, dénués de sens moral et de sentiments, Lucas est un adolescent qui peut faire preuve de maturité et être responsable. Sa personnalité est réellement troublante, on a du mal à se faire une opinion sur lui, il sort totalement des sentiers battus. Il n'a pas beaucoup voire pas de moralité, mais s'avère capable d'attachement et de générosité. Ce point peut aussi être sujet à débat car la psychologie du personnage reste très complexe et plusieurs interprétations seraient possibles.Fascinant roman qui augure d'un dernier volume tout aussi déroutant. Joie !Le troisième mensongeVoilà le dernier tome la trilogie achevé et je suis abasourdie. le style d'Agota Kristof reste inchangé d'un bout à l'autre des trois volumes, et pourtant elle réussit à insuffler à l'histoire une toute autre dimension.Après les cahiers des jumeaux, et la vie de Lucas après le départ de son frère, nous voilà proche du dénouement, où l'on touche du doigt une vérité, qui, si elle n'est pas tout à fait limpide, nous éclaire tout de même sur bien des points de l'histoire.Lucas et Claus, deux frères aux destins si éloignés, nous dévoilent une nouvelle version des faits. Tout est remis en cause, jusqu'à l'existence du frère jumeau.Le récit passe de main en main, tour à tour Lucas devient Claus, qui devient Lucas. Et soudain une autre histoire apparaît, et l'on commence à faire des recoupements, et à se taper sur les cuisses en se disant « bon sang mais c'est bien sûr ! » (enfin presque car j'espère être plus élégante que ça)L'intrigue change de visage et les jumeaux aussi. On tombe carrément en empathie en découvrant leur histoire. La froideur clinique de premier volume laisse place à l'émotion pure, l'histoire de Lucas et Claus est forte, triste, elle n'est que douleur, séparation.Je n'en dirai pas plus sur ce que je qualifierai de chef-d'oeuvre, car en dire trop gâcherait le plaisir de la découverte.t pourtant il y en aurait tant à dire...Un grand moment donc !
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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 03 juillet 2009

    LiliGalipette
    La guerre a éclaté. Une femme confie ses enfants, des jumeaux, à sa mère, à la campagne. Les garçons sont fusionnels et ne font rien l’un sans l’autre. Pour faire face à toutes les douleurs, ils décident de s’endurcir et se livrent à de cruels exercices. « À force d’être répétés, les mots perdent peu à peu leur signification et la douleur qu’ils portent en eux s’atténue. » (p. 27) De l’insensibilité à la cruauté, les jumeaux font l’apprentissage d’une résistance à toute épreuve. Mais il reste une chose qu’ils doivent surmonter : la séparation. L’un part donc, traverse la frontière, se rend dans l’autre pays. Lucas reste seul, sans Claus, dans la maison de la grand-mère. Il continue à écrire dans le grand cahier, pour que Claus sache qu’il ne l’a pas oublié. « Nous avons décidé de nous séparer. Cette séparation devait être totale. Une frontière n’y suffisait pas, il y fallait aussi le silence. » (p. 319) Lucas rencontre Yasmine et Mathias : il essaie de former une famille avec cette femme et cet enfant, mais sans Claus, il n’est que claudiquant, incomplet. « Je connais la douleur de la séparation. […] Le départ d’un frère avec qui je ne faisais qu’un. Il est parti. Il a traversé la frontière. » (p. 220) Quand vient l’heure de tomber les masques, il faut relire toute l’histoire et démêler le vrai du faux, le véridique de l’inventé.
    La générosité froide et automatique du/des protagonistes est effrayante, tout comme leur histoire aux accents si vrais et pourtant si faux. « Ne me remerciez pas. il n’y a aucun amour et aucune bonté en moi. » (p. 233) Qui sont Lucas et Claus ? Existent-ils ? Où est la vérité dans leur histoire ? Qu’y a-t-il dans ce grand cahier ? « Je suis convaincu, Lucas, que tout être humain est né pour écrire un livre, et pour rien d’autre. Un livre génial ou un livre médiocre, peu importe, mais celui qui n’écrira rien est un être perdu, il n’a fait que passer sur la terre sans laisser de trace. » (p. 256) Les trois parties de cette trilogie ne sont en fait que trois versions de la même histoire, celle d’un drame si bouleversant qu’il a fallu écrire sur les mots pour les faire taire. « J’essaie d’écrire des histoires vraies mais, à un moment donné, l’histoire devient insupportable par sa vérité même, alors je suis obligé de la changer. » (p. 335) Les dialogues sont terriblement efficaces, incisifs et décisifs. S’il y a beaucoup de mensonges entre les lignes, les répliques disent beaucoup. « Quelqu’un qui n’existe pas ne peut pas revenir. » (p. 276)
    J’ai lu ce roman une première fois, il y a près de 10 ans. Déjà, le texte m’avait éblouie, bouleversée, retournée. Forcément, une histoire de jumeaux et de séparation… Cette relecture est tout aussi poignante, le choc est le même. Ce superbe roman, une nouvelle fois, m’a mise KO.
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    • Livres 4.00/5
    Par Cely, le 21 décembre 2008

    Cely
    La Trilogie des jumeaux rassemble en fait les trois volumes d'un roman, à savoir Le grand cahier, La preuve et Le troisième mensonge. L'histoire est assez difficile à résumer car elle évolue au fur et à mesure qu'on progresse dans la lecture. Tout du moins la perception que l'on en a évolue. En effet, aucune certitude n'est acquise, car tout est subjectif. Il y a toutefois une constante, c'est la guerre. Une guerre inconnue dans un pays sans nom. Et cette guerre va influer sur la vie des personnages, sur leur ressenti, leurs souvenirs.
    Ces trois volumes réservent beaucoup de surprises, magistralement orchestrées. La dureté du 1er volume, la découverte de ces enfants qui n'en ont plus que l'apparence. le style, net et incisif. La guerre ensuite, qui pourrait constituer un 3e personnage, extérieur, flou, car on ne l'apperçoit que du point de vue de ce peuple qui n'y comprend rien et subit l'invasion, la libération, les violences. Et finalement, la vérité, que l'on connait jamais vraiment, qui se faufile entre les doigts du lecteur, qui s'échappe et revient quelques pages plus loin.
    Tous ces éléments en font un livre passionnant, vraiment à part, et qui vaut vraimentla peine d'être découvert.
    (...)

    Lien : http://lemonde2cely.canalblog.com/archives/2007/03/30/4475555.html
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    • Livres 5.00/5
    Par Heureuse, le 16 octobre 2010

    Heureuse
    A lire absolument sous la forme de trilogie sous peine d'en perdre tout le sens. Un livre énorme, troublant, dérangeant, bouleversant.

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    • Livres 4.00/5
    Par Lunoelle, le 27 juin 2009

    Lunoelle
    Histoire alambiquée, un peu tordue... le Vrai et les mensonges se mélangent, avec un peu de folie finalement!
    Le premier est d'une beauté crue et dure... une opale!^^
    les deux autres parties sont... à comprendre!
    A lire!!!
    style de l'auteur simple et bien plaisant!
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Citations et extraits

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  • Par Tomsoluble, le 13 septembre 2010

    " J'essaye de raconter mon histoire, mais je ne peux pas, je n'en ai pas le courage, elle me fait trop mal. Alors j'embellis tout." Agota Kristof.

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  • Par LiliGalipette, le 15 août 2014

    « Quelqu’un qui n’existe pas ne peut pas revenir. » (p. 276)

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  • Par LiliGalipette, le 15 août 2014

    « Je suis convaincu, Lucas, que tout être humain est né pour écrire un livre, et pour rien d’autre. Un livre génial ou un livre médiocre, peu importe, mais celui qui n’écrira rien est un être perdu, il n’a fait que passer sur la terre sans laisser de trace. » (p. 256)

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  • Par dodieberthe, le 18 août 2013

    j'ai lu ce livre il y a quelques années maintenant et je m'en souviens comme si c'était hier....très marquant. Un petit chef d'œuvre comme il y en a peu, tout simplement!

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  • Par LiliGalipette, le 15 août 2014

    « J’essaie d’écrire des histoires vraies mais, à un moment donné, l’histoire devient insupportable par sa vérité même, alors je suis obligé de la changer. » (p. 335)

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