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ISBN : 2757801783
Éditeur : Points (2006)

Note moyenne : 4.34/5 (sur 106 notes)
Résumé :
Regroupe les trois tomes de la trilogie des jumeaux Klaus et Lucas (Le Grand Cahier, La Preuve, Le Troisième mensonge)
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Critiques, Analyses & Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
zabeth55
18 décembre 2014
  • 4/ 5
Pendant la guerre, deux jumeaux, Claus et Lucas, sont placés par leur mère chez leur grand-mère qu'ils ne connaissent pas.
A priori, ils ont entre sept et huit ans. La grand-mère est sale, méchante, intransigeante, les force à travailler.
D'une intelligence peu commune, ils font face à tout, s'adaptent à toutes les atrocités de la guerre et des hommes, avec un détachement et une clairvoyance sidérants. Tout est consigné dans un grand cahier.
Leur comportement est si étrange qu'ils font penser à des extraterrestres.
Dans cette première partie, le ton est sec, sans émotions ; Les évènements s'enchainent, frôlant souvent l'horrible, sans que rien n'entache la force et la détermination des jumeaux. C'est dur.
A quinze ans, Claus est parti. Il a réussi à franchir la ligne de démarcation. Lucas se retrouve seul dans la maison de la grand-mère.
Le pays est sous un régime totalitariste. Il devient un homme, fait quelques rencontres déterminantes, rachète une librairie, fait sien l'enfant de Yasmine, mais il reste toujours un être à part.
Dans cette deuxième partie, il n'est question que de Lucas qui, toute sa vie, attend le retour de son frère.
Le ton est plus doux, le style plus allongé, les personnages plus humains.
Dans la dernière partie, Claus refait surface, mais plusieurs versions de l'histoire des deux frères se succèdent.
Quelle et la bonne version ?
Qui est Lucas, qui est Claus ?
Y a-t-il vraiment deux frères.
On se perd en conjectures. Qui croire ? Que croire ?
Là aussi, le style est plus élaboré
C'est une trilogie absolument passionnante et qui se dévore d'une traite. le sentiment de malaise sordide du début se transforme en sentiment de mal-être des deux frères et se termine en sentiment d'incompréhension. Mais chaque lecteur se fera sa propre opinion de la vérité.
En tous cas, c'est une véritable réussite.
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Olivia_Lanchois
04 novembre 2014
  • 5/ 5
LE GRAND CAHIERLe grand cahier est un roman tout à fait déroutant sur bien des points. Composé de très courts chapitres, il relate l'arrivée et la vie de jumeaux confiés à leur grand-mère pendant la guerre. Chaque chapitre aborde un aspect différent de la nouvelle vie des deux jeunes frères. Écrits à la troisième personne du pluriel, les chapitres s'avèrent vite être des compositions écrites par les frères eux-mêmes, s'astreignant ainsi à divers exercices quotidiens de multiples natures, scolaires, pratiques, psychologiques, etc.Le style est laconique, concis, sans fioritures, les enfants essayant d'écrire des compositions ne relatant que la vérité et les faits bruts.Cette forme de récit peut surprendre, mais le rythme en devient soutenu, sans temps mort ni longueur. Cette objectivité et cette froideur donnent le ton général.Livrés à eux-mêmes, ignorés par leur grand-mère à la triste réputation, les jumeaux mettent à profit leur intelligence peu commune pour survivre. Ils s'obligent à s'endurcir, s'imposant des « exercices » réguliers, souvent violents, physiques ou intellectuels, pour devenir peu à peu insensibles aux attaques du monde extérieur. Les enfants sont troublants, au-delà de leur intelligence on devine effectivement une absence totale de sentiment, bien illustrée par leurs compositions objectives, sans nuances. Certains épisodes relatés sont franchement écoeurants, les jumeaux assistent à des scènes de zoophilie, sont victimes de pédophilie. Ces passages sont assez pénibles, mais heureusement sans manière et très brefs, et ce qui choque, c'est presque plus l'absence de réaction des enfants que ces scènes contre-nature pourtant déjà bien dérangeantes.Les jumeaux, dont on ne connait pas les noms, continuent de retranscrire des scènes incroyables, peu imaginables. Leur absence de sentiments est de plus en plus troublante, les actes qu'ils commettent envers les animaux ou les humains sont à difficilement concevables et n'éveillent chez eux aucune émotion. Des enfants anonymes apparaissant comme des robots, sans âmes, endurcis, victimes de la guerre comme tant de populations innocentes.Le contexte familial, lourd, (leur grand-mère est un bien beau personnage d'odieuse vieille), ajoute à l'horrible réalité de la guerre, ses privations, ses deuils, ses traîtrises. On peut comprendre le comportement des jumeaux comme une réaction, une adaptation à cette vie misérable privée d'amour et de tendresse.La fin du volume marque un tournant dans leur vie, tournant qui sera pris dans La preuve.Violent, glauque, glacial, pessimiste, noir et profondément douloureux, ce roman initiatique peut déranger mais on a du mal à le lâcher tant le récit reste atypique et captivant.LE PREUVEVous l'aurez compris, je suis en train de dévorer cette trilogie qui réserve un sacré lot de surprises. Qu'attendre d'autre d'une histoire de jumeaux, si ce n'est des rebondissements ?Nous avions quitté les jumeaux et leur grand cahier peu après la mort de leur grand-mère et leur séparation. Nous retrouvons dans La preuve l'un des frères, resté dans le village. le récit est cette fois raconté par un narrateur extérieur, toujours dans un style épuré et concis. Lucas grandit, seul, sans son frère, et nous assistons à bien des chamboulements dans sa vie d'adolescent trop précoce.Certains événements laissent voir un nouveau Lucas, ambivalent, prêt à noyer un nourrisson pour rendre servir à la mère en difficulté, et à s'attacher à ce bébé et à l'élever comme son fils.Les jumeaux étaient des enfants malmenés par la vie, dénués de sens moral et de sentiments, Lucas est un adolescent qui peut faire preuve de maturité et être responsable. Sa personnalité est réellement troublante, on a du mal à se faire une opinion sur lui, il sort totalement des sentiers battus. Il n'a pas beaucoup voire pas de moralité, mais s'avère capable d'attachement et de générosité. Ce point peut aussi être sujet à débat car la psychologie du personnage reste très complexe et plusieurs interprétations seraient possibles.Fascinant roman qui augure d'un dernier volume tout aussi déroutant. Joie !LE TROISIÈME MENSONGEVoilà le dernier tome la trilogie achevé et je suis abasourdie. le style d'Agota Kristof reste inchangé d'un bout à l'autre des trois volumes, et pourtant elle réussit à insuffler à l'histoire une toute autre dimension.Après les cahiers des jumeaux, et la vie de Lucas après le départ de son frère, nous voilà proche du dénouement, où l'on touche du doigt une vérité, qui, si elle n'est pas tout à fait limpide, nous éclaire tout de même sur bien des points de l'histoire.Lucas et Claus, deux frères aux destins si éloignés, nous dévoilent une nouvelle version des faits. Tout est remis en cause, jusqu'à l'existence du frère jumeau.Le récit passe de main en main, tour à tour Lucas devient Claus, qui devient Lucas. Et soudain une autre histoire apparaît, et l'on commence à faire des recoupements, et à se taper sur les cuisses en se disant « bon sang mais c'est bien sûr ! » (enfin presque car j'espère être plus élégante que ça)L'intrigue change de visage et les jumeaux aussi. On tombe carrément en empathie en découvrant leur histoire. La froideur clinique de premier volume laisse place à l'émotion pure, l'histoire de Lucas et Claus est forte, triste, elle n'est que douleur, séparation.Je n'en dirai pas plus sur ce que je qualifierai de chef-d'oeuvre, car en dire trop gâcherait le plaisir de la découverte.t pourtant il y en aurait tant à dire...Un grand moment donc !
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LiliGalipette
03 juillet 2009
  • 5/ 5
La guerre a éclaté. Une femme confie ses enfants, des jumeaux, à sa mère, à la campagne. Les garçons sont fusionnels et ne font rien l'un sans l'autre. Pour faire face à toutes les douleurs, ils décident de s'endurcir et se livrent à de cruels exercices. « À force d'être répétés, les mots perdent peu à peu leur signification et la douleur qu'ils portent en eux s'atténue. » (p. 27) de l'insensibilité à la cruauté, les jumeaux font l'apprentissage d'une résistance à toute épreuve. Mais il reste une chose qu'ils doivent surmonter : la séparation. L'un part donc, traverse la frontière, se rend dans l'autre pays. Lucas reste seul, sans Claus, dans la maison de la grand-mère. Il continue à écrire dans le grand cahier, pour que Claus sache qu'il ne l'a pas oublié. « Nous avons décidé de nous séparer. Cette séparation devait être totale. Une frontière n'y suffisait pas, il y fallait aussi le silence. » (p. 319) Lucas rencontre Yasmine et Mathias : il essaie de former une famille avec cette femme et cet enfant, mais sans Claus, il n'est que claudiquant, incomplet. « Je connais la douleur de la séparation. […] le départ d'un frère avec qui je ne faisais qu'un. Il est parti. Il a traversé la frontière. » (p. 220) Quand vient l'heure de tomber les masques, il faut relire toute l'histoire et démêler le vrai du faux, le véridique de l'inventé.
La générosité froide et automatique du/des protagonistes est effrayante, tout comme leur histoire aux accents si vrais et pourtant si faux. « Ne me remerciez pas. il n'y a aucun amour et aucune bonté en moi. » (p. 233) Qui sont Lucas et Claus ? Existent-ils ? Où est la vérité dans leur histoire ? Qu'y a-t-il dans ce grand cahier ? « Je suis convaincu, Lucas, que tout être humain est né pour écrire un livre, et pour rien d'autre. Un livre génial ou un livre médiocre, peu importe, mais celui qui n'écrira rien est un être perdu, il n'a fait que passer sur la terre sans laisser de trace. » (p. 256) Les trois parties de cette trilogie ne sont en fait que trois versions de la même histoire, celle d'un drame si bouleversant qu'il a fallu écrire sur les mots pour les faire taire. « J'essaie d'écrire des histoires vraies mais, à un moment donné, l'histoire devient insupportable par sa vérité même, alors je suis obligé de la changer. » (p. 335) Les dialogues sont terriblement efficaces, incisifs et décisifs. S'il y a beaucoup de mensonges entre les lignes, les répliques disent beaucoup. « Quelqu'un qui n'existe pas ne peut pas revenir. » (p. 276)
J'ai lu ce roman une première fois, il y a près de 10 ans. Déjà, le texte m'avait éblouie, bouleversée, retournée. Forcément, une histoire de jumeaux et de séparation… Cette relecture est tout aussi poignante, le choc est le même. Ce superbe roman, une nouvelle fois, m'a mise KO.
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Sycorax
13 août 2015
  • 4/ 5
C'est dans un style très simple, très épuré, qu'Agota Kristof nous emporte dans le récit passionnant de deux frères jumeaux durant la Seconde Guerre Mondiale.
Moi qui m'attendais à un récit terre-à-terre du genre "Au revoir les enfants", j'ai été fort surpris par ce style très particulier. En effet, derrière l'apparence d'un conte pour enfants et au fur et à mesure que le lecteur entre dans le récit, c'est à l'ápreté d'une vie cruelle et misérable, aux horreurs de la guerre, que l'on est confronté.
Et puis, survient ce qui confère à cette "trilogie" son cachet si particulier, sa touche personnelle qui en fait une oeuvre unique : une touche subtile de fantastique, un zeste de dérèglement psychologique que l'auteur laisse lentement pėnétrer dans l'esprit du lecteur... Qui des deux jumeaux est le narrateur ? Derrière l'anagramme formé par les prénoms de Lucas et Claus, n'est-on pas face à une maladie psychique magistralement restituée par le talent littéraire d'Agota Kristof ?...
Une tournure dramatique totalement bluffante attend le lecteur qui se plongera dans ce roman.
Une belle découverte en ce qui me concerne !
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SagnesSy
03 novembre 2015
  • 4/ 5
Dans le premier, le grand cahier, c'est un récit à 2 voix que 2 jeunes garçons, jumeaux, Lucas et Claus, rédigent pendant une guerre, dans un pays indéterminé. C'est leur quotidien en faits bruts, petits enfants précoces et surdoués qui vivent en autarcie, expérimentant tout ce qui passe à leur portée. Dans le 2°, la preuve, c'est la vie de Lucas, après la guerre, plus introspectif et se terminant par un coup de théâtre tout à fait énorme. Enfin le 3°, on retrouve Claus, qui retrouve Lucas, enfin en quelque sorte, car l'interrogation perdure longtemps, sont-ils deux ou pas, et tout s'explique, tout étant imbriqué et atroce. le fait qu'Agota Kristof ait écrit directement en français, langue qui n'est sienne que d'adoption, donne à cette histoire une dimension tout à fait hors norme, une écriture factuelle et précise, sobre, qui glace complètement les évènements déjà tout sauf ordinaires qu'elle décrit. Les 3 livres sont très différents les uns des autres, mais complètement cohérents, à tiroirs et c'est prenant en diable. Attention cependant, l'atmosphère glauque colle à la peau.
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Citations & extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
TomsolubleTomsoluble13 septembre 2010
" J'essaye de raconter mon histoire, mais je ne peux pas, je n'en ai pas le courage, elle me fait trop mal. Alors j'embellis tout." Agota Kristof.
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LiliGalipetteLiliGalipette15 août 2014
« Je suis convaincu, Lucas, que tout être humain est né pour écrire un livre, et pour rien d’autre. Un livre génial ou un livre médiocre, peu importe, mais celui qui n’écrira rien est un être perdu, il n’a fait que passer sur la terre sans laisser de trace. » (p. 256)
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LiliGalipetteLiliGalipette15 août 2014
« Quelqu’un qui n’existe pas ne peut pas revenir. » (p. 276)
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dodieberthedodieberthe18 août 2013
j'ai lu ce livre il y a quelques années maintenant et je m'en souviens comme si c'était hier....très marquant. Un petit chef d'œuvre comme il y en a peu, tout simplement!
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LiliGalipetteLiliGalipette15 août 2014
« J’essaie d’écrire des histoires vraies mais, à un moment donné, l’histoire devient insupportable par sa vérité même, alors je suis obligé de la changer. » (p. 335)
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Le Grand Cahier au Théâtre Outremont
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