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Critiques sur Le grand cahier (14)


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    • Livres 5.00/5
    Par vincentf le 20/10/2011


    Impression rare de lire quelque chose qui ne ressemble à rien de déjà lu. D'abord, tout est raconté par un nous, deux jumeaux qui ne se distinguent jamais l'un de l'autre, comme s'ils ne formaient qu'une seule personne, qu'une seule voix, double et une. Puis, tout est décrit sans le moindre écart émotif, sans le moindre effet pathétique, sans le moindre sentiment exprimé. Cela pourrait être froid. Cela ne l'est pas. L'humanité de ces deux sauvages d'enfants recueillis par une grand-mère, sorcière qui perd petit à petit, sans crier gare, son hostilité et sa rudesse, nait au fil des pages, sans que leur cruauté et leur cynisme ne disparaissent, revenant même dans toute leur splendeur à la toute fin du bouquin. le climat ignoble de la guerre et de la terreur totalitaire (on devine qu'on se trouve à la fin de la Deuxième Guerre mondiale quelque part dans un pays de l'Est) est rendu, naïvement mais d'une naïveté fausse, dans sa plus crue expression. Rien n'est épargné au lecteur, ni les obus, ni les perversions, ni la violence (celle des mots d'abord), ni la pauvreté crasse. Les deux narrateurs, qui se blindent contre toute faiblesse, évitent l'apitoiement dû aux enfants. Ils ne sont pas des victimes, ou plutôt ne se reconnaissent pas comme tels. Ils embobinent tout le monde, jusqu'au lecteur, qui, finalement, ne sait pas quoi penser d'eux (tiens, j'avais écris "deux"...), car, hors de toute morale, ils sont pourtant attachants, renforcés et détruits par la guerre, mystérieux.

    critique de qualité ? (12 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par JeanLouisBOIS le 05/10/2011


    C'est toujours un plaisir de se replonger dans un livre d'Agota Kristof! On ne voit pas le temps passer et pourtant sa petite voix, sa petite musique est minimaliste. Jamais d'emphase, de faux-brillants ou de faux-semblants. Elle semble appliquer pour elle-même la consigne que les jumeaux se donnent dans Le grand cahier (à moins que ce soit l'inverse!): : "Les mots qui définissent les sentiments sont très vagues il vaut mieux éviter leur emploi et s'en tenir à la description des objets, des êtres humains et de soi-même, c'est-à-dire à la description fidèle des faits. (p. 34). ". Il n'y a pas à s'y tromper : Agota Kristof , c'est d'abord un style.
    Et pourtant ce livre, constitué de nombreux petits chapitres, raconte des horreurs qui ne "passent" que parce que les mots mettent une distance suffisante entre ce qui a lieu et notre conscience, on frôle souvent la ligne rouge (pédophilie, zoophilie, indifférence face à la mort, ...) sans jamais, me semble-t-il, la dépasser. Toutes ces attitudes servent l'histoire sans la dénaturer.
    On retrouve dans ce roman, d'abord et avant tout, le déchirement provoqué par l'exil subi plus qu'accepté : les deux jumeaux portant des prénoms qui sont pratiquement l'anagramme l'un de l'autre et qui racontent l'histoire en utilisant le "nous" si bien qu'on ne sait jamais lequel fait l'action décrite, et bien sûr lors la séparation finale où on ne sait pas lequel part et lequel reste.
    La deuxième force du roman repose sur la narration qui allie la pudeur, la concision et le manque total et apparent de valeurs de civilisation. C'est certainement une façon de montrer que les guerres et les systèmes totalitaires font régresser l'humanité vers un état de bestialité qui semble toujours prêt à se manifester si on lui en laisse la moindre occasion.

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par litolff le 14/11/2010


    Un livre absolument déroutant, dérangeant, émaillé de descriptions extrêmement choquantes, malsaines, et pourtant... j'ai beaucoup aimé cette trilogie d'Agota Kristof : dure, crue, l'écriture évoque puissamment l'abandon total dans lequel sont laissés deux enfants et la force terrible qui les anime pour ne pas se laisser abattre et survivre au dénuement qui les entoure.
    Un livre choc !

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par quenlore le 18/12/2011


    au-je lu ce livre trop jeune? J'en garde un souvenir très mitigé; j'avais été dérangé par la crudité de certaines scènes, et j'avais refermé le livre avec un dégoût assez marqué...

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par lecassin le 06/11/2011


    Un roman tendre et cruel à la fois... Et tellement original dans sa forme qu'il ne laissera personne indifférent.

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 2.00/5
    Par BoulieBouffeTout le 02/02/2011


    Alors je dois dire que je n'avais entendu que du bien de ce livre et je suis assez déroutée.
    Ce livre résume grossièrement au travers d'un 'grand cahier' tenu par deux jumeaux pendant la guerre les vices et les sévices du monde au rayon 'horreur'.
    C'est une suite de chapitres très courts, qui sans être jamais trop vulgaires (heureusement et merci !), liste chaque travers de l'homme...
    En passant de la pédophilie à la zoophilie, sans oublier le sado masochisme et le viol, l'homosexualité ou la torture : tout y passe.
    Mais également (et heureusement) les travers moraux de l'homme, l'avarice, la cupidité, la jalousie etc.
    Je ressors de ce livre avec l'impression qu'il ne m'a rien apporté qu'un triste constat des dérives de la vie quand elle vous joue un très sale tour !
    Franchement pas convaincue.

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par MALIKA le 23/01/2011


    Un roman très singulier qui nous plonge dans un univers intense et profond, et puis surtout des personnages monstrueusement et atrocement attachants et bouleversants.

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Yourievitch le 02/01/2011


    Immense que ce récit de deux petits jumeaux lâchés dans un monde hostile, le monde les détruira et les transformera en barbares.


    La société a la délinquance qu'elle mérite, la guerre a donc transformé les créatures les plus pures en ces démons insensibles.

    La forme, le style, la grand mère, bec de lièvre, le curé, tout est magistral.

    Les épreuves et la relation ultra changeante avec la grand mère, femme monstre et terriblement précieuse à la fois, renforcent encore le récit de ses déshumanisation des chérubins, des anges coupant eux même leurs ailes pour s'abreuvoir du sang des autres.

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par ZetaZeta le 29/03/2010


    J'avais très vaguement entendu parler de ce livre (premier tome de La Trilogie des jumeaux), mais suffisamment pour attiser ma curiosité. L'écriture d'Agota Kirstof m'a surprise, avec des phrases très brèves, directes, pas de figures de styles encombrantes et une manière de raconter l'horreur comme on le ferait pour décrire une journée à la plage. C'est justement ce ton sec qui fait la force du livre, et j'ai parfois relu la même phrase une dizaine de fois juste pour ressentir le même choc qu'à la première lecture. Cette façon de prendre du recul par rapport au sentiment rend l'intrigue encore plus percutante et douloureuse. J'ai trouvé ce livre très beau avec tout ce qu'il a de malsain, de révoltant. La Trilogie des jumeaux dans son ensemble est d'ailleurs géniale et complètement déroutante.

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par iarsenea le 11/01/2010


    Le grand cahier est un livre dérangeant, horrible, original, unique et sans commune mesure avec aucun livre que j'ai lu jusqu'à présent. Pourtant, il est aussi comme une véritable drogue. Je n'arrivais plus à arrêter de lire, même si je savais qu'à chaque page je risquerais d'être dégoûtée. Il y a certains détails que je n'aurais pas voulu savoir, des bouts de l'histoire que j'aurais préféré ne pas lire. Pourtant, dès que j'en ai terminé la lecture, je me suis précipitée à la bibliothèque pour emprunter les tomes suivants... Allez donc savoir pourquoi. Je suis troublée. Mais je veux à tout prix lire la suite.
    Les chapitres sont très courts, et écrits à la première personne du pluriel. Il s'agit en fait du grand cahier dans lequel les jumeaux racontent leurs méfaits. Ceux-ci, pourtant très jeunes, écrivent de façon très objective. Ils n'écrivent que des observations, sans jamais y apporter le moindre jugement. Je crois que c'est ce qui rend le roman si troublant. On a l'impression que les enfants que sont ces jumeaux sont froids, cruels, et qu'ils n'éprouvent aucun sentiment. Il doit y avoir un côté sombre de moi-même que je ne connais pas pour vouloir continuer à lire de telles horreurs... Je suis sans mots.


    Lien : http://lecturesdisabelle.blogspot.com/2010/01/le-grand-cahier-notebo..

    critique de qualité ? (1 votes positifs)






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